Notes d’allocution de L’honorable Harjit S. Sajjan, ministre de la Défense nationale, pour un discours prononcé à la CANSEC 2017, Ottawa (Ontario), le 31 mai 2017

Discours

Mesdames et Messieurs,

Membres des Forces armées canadiennes,

Distingués invités, bonjour.

Permettez-moi d’abord de transmettre mes condoléances aux familles et aux victimes des dernières attaques déclenchées en Égypte et à Manchester. Ces événements tragiques nous rappellent de nouveau que nous vivons à une époque complexe, imprévisible et difficile. Les forces armées modernes doivent être flexibles et agiles, et elles doivent intervenir rapidement dans ce contexte de sécurité mondiale.

Les militaires luttent contre le terrorisme, protègent les civils, interviennent en cas de catastrophe naturelle et s’efforcent d’assurer une plus grande paix sur la planète.

Nous avons besoin de forces armées qui disposent des meilleures technologies et des meilleurs outils. L’innovation que nous pouvons constater ici est remarquable. Il en est de même de votre engagement à offrir tous les avantages technologiques aux femmes et aux hommes canadiens en uniforme qui œuvrent sur le champ de bataille et en dehors du champ de bataille.

Je vais bientôt annoncer de quelle façon nous pourrons travailler étroitement ensemble en faveur de cet engagement, dans l’intérêt de tous les Canadiens. Le 7 juin, je dévoilerai la nouvelle politique du Canada en matière de défense. Cette politique indiquera clairement la façon dont le gouvernement compte investir dans l’avenir de nos forces armées... la façon dont nous allons relever les défis d’aujourd’hui, et ceux de demain.

La plupart d’entre vous connaissent bien ces défis. Un bon nombre d’entre vous étaient présents lorsque j’ai parlé de ces défis à l’Institut de la CAD plus tôt ce mois-ci. Là-bas, vous m’avez entendu dire que les gouvernements qui se sont succédé n’ont pas investi de manière adéquate et prévisible dans un certain nombre de secteurs essentiels.

En conséquence, la capacité des Forces armées canadiennes présente maintenant plusieurs lacunes. Les chasseurs à réaction et les combattants au sol constituent les exemples les plus connus, mais ils sont loin d’être les seuls.

Le sous-investissement nous a laissés dans un trou. Je ne dis pas ça pour blâmer quiconque, mais pour établir clairement notre point de départ et pour nous approprier ce défi. Notre gouvernement résoudra ce problème.

Pendant que nous nous y consacrerons, nous allons faire en sorte que votre industrie sache où nous allons et comment elle peut se préparer.

Nous allons mettre en place un financement prévisible et constant, de sorte que vous puissiez planifier vos propres investissements stratégiques. Nous allons accroître la transparence et la responsabilisation du gouvernement, pour que les Canadiens puissent comprendre la façon dont nos politiques et nos programmes fonctionnent.

En outre, nous allons poursuivre la collaboration avec l’industrie et les universités, parce que nous savons que nous ne pouvons pas relever ces défis seuls. L’industrie a un rôle important à jouer, en faisant en sorte que les femmes et les hommes des Forces armées canadiennes soient équipés de façon adéquate. Si nous voulons écarter les menaces auxquelles nous sommes confrontés, nous devons travailler ensemble en tant que nation. 

La politique en matière de défense constituera notre feuille de route pour les 20 prochaines années. Cette politique a été élaborée à la suite du processus de consultation le plus ouvert et le plus complet jamais entrepris par la Défense nationale, y compris une table ronde de l’industrie à laquelle bon nombre d’entre vous ont participé. La politique contiendra de nombreuses initiatives qui paveront la voie de nos forces armées pour toute une génération.

L’innovation sera l’un des principaux objectifs de la nouvelle politique.

Grâce à une leçon apprise du secteur des hautes technologies, nous allons mettre en place des programmes spécialisés – et financés –, en vue de favoriser l’innovation dans les petites et moyennes entreprises, qui constituent des générateurs d’innovation essentiels.

Notre travail s’intégrera aux priorités plus larges du gouvernement en matière d’innovation, et nous allons incorporer les principes de base de ces priorités dans nos programmes. L’initiative constituera un catalyseur pour le secteur canadien de la recherche et du développement.

Elle reliera les besoins de la défense et de la sécurité à l’innovation dans les universités et dans le secteur privé.

Elle réunira certains des novateurs les plus brillants et des plus grands leaders de l’industrie et du monde des affaires du Canada, et elle favorisera l’établissement de communautés de collaboration. 

De plus, elle stimulera la créativité, en nous permettant de miser sur la diversité des talents présents dans cette salle et de ceux de vos collègues de partout au pays.

Pour être plus précis, nous allons établir des groupes de recherche de classe mondiale, formés de chercheurs universitaires, de leaders de l’industrie, de scientifiques du gouvernement et d’autres partenaires. Nous allons réunir des gens qui sont particulièrement doués pour accélérer l’innovation, pour faire croître les affaires et pour étendre les marchés.

En travaillant ensemble, ces innovateurs mèneront des travaux de recherche et développement de pointe dans des secteurs comme les carburants de remplacement, les outils de surveillance, les systèmes téléguidés et les solutions pour neutraliser les engins explosifs improvisés.

Ce sont des secteurs qui promettent de révolutionner les tactiques militaires en une génération.

Pour les Forces armées canadiennes, le programme favorisera l’innovation, du concept jusqu’aux essais; il permettra à la Défense nationale de s’engager rapidement à l’égard de nouvelles idées prometteuses.

Mais en fin de compte, nos efforts de recherche et développement doivent se concentrer sur nos gens.

Une de nos principales priorités sera la recherche et développement portant sur les traitements de troubles mentaux et de blessures de stress opérationnel… tout ce qui peut renforcer les membres de notre personnel et les aider à guérir.

Les meilleures idées, c’est peut-être vous qui les avez. Nous vous donnerons la possibilité de présenter vos solutions les plus créatives aux défis de notre défense et notre sécurité. Nous allons lancer des concours qui permettront à la Défense nationale de s’engager à un stade précoce du développement de nouvelles idées pleines de promesses. Et nous allons collaborer étroitement avec Innovation, Sciences et Développement économique Canada pour faire croître notre industrie de la défense, soutenir l’entrepreneuriat, et tirer parti des talents exceptionnels qu’il y a ici-même dans cette salle.

Les nombreux avantages de cette approche pour nos Forces sont évidents. Nos soldats auront accès à des solutions de pointe et profiteront de technologies supérieures à celles de nos adversaires.

Mais qu’est-ce que tout cela signifie pour vous? Cela signifie que nous allons collaborer avec vous dans toute la mesure du possible. Cela signifie que nous allons aider les entreprises à mettre leurs produits à l’essai sur le terrain avec les Forces armées canadiennes, pour veiller à ce que les nouvelles capacités qu’ils développent répondent aux besoins de nos militaires. Cela signifie que nous allons donner aux entreprises une expérience et une visibilité qui pourront leur servir dans la recherche de débouchés sur les marchés mondiaux.

Nous reconnaissons l’importance cruciale d’une relation productive entre l’industrie et le gouvernement. Il nous reste tant à faire en travaillant ensemble au cours des années qui viennent, tant d’améliorations à apporter au bénéfice de nos soldats, nos marins et nos aviateurs.

C’est pourquoi notre gouvernement est déçu des mesures prises par un de nos principaux partenaires de l’industrie. Nous sommes en net désaccord avec la décision du département du Commerce des États-Unis d’initier un recours commercial suite à la plainte de Boeing contre Bombardier.

Comme l’a indiqué mon collègue ministre des Affaires étrangères, le Canada réexamine actuellement les projets d’achat impliquant Boeing. Comme vous le savez tous, un de ces projets est la possibilité d’une mesure provisoire d’achat d’avions de chasse.

J’aimerais profiter de l’occasion pour situer cela dans son contexte.

Nous avons un écart de capacité en ce qui a trait au nombre de jets de combat prêts à l’action. Le nombre de jets est insuffisant pour nous acquitter simultanément de nos obligations envers NORAD et l’OTAN. Depuis un certain nombre d’années, l’Aviation royale du Canada fait un excellent travail de gestion des risques qu’entraîne cet écart de capacité.

Notre gouvernement a décidé qu’il n’était pas suffisant de faire de la gestion de risques avec nos obligations. Nous avons l’intention d’honorer nos engagements. Nous savons qu’il faudra un certain temps pour y arriver.

En novembre dernier, lorsque nous avons annoncé notre intention d’explorer l’achat d’avions de chasse comme mesure provisoire pendant que nous entamons le processus concurrentiel pour le renouvellement complet de notre flotte, nous avons clairement indiqué que cette solution provisoire était une des trois mesures importantes visant à remédier à l’écart de capacité au cours des prochaines années.

Nous intensifions également nos efforts de recrutement et de formation afin de combler l’écart en matière de personnel, et nous procédons à de nouveaux investissements afin de prolonger l’utilisation de la flotte existante de F-18.

L’achat d’une flotte provisoire exige un partenaire industriel de confiance. Pendant des décennies, Boeing a été un excellent partenaire des Forces armées canadiennes, du gouvernement canadien et de nombreuses collectivités à travers le pays. Je m’attends à ce que ce soit encore le cas dans les décennies à venir.

Cependant, notre gouvernement est d’avis que sa plainte contre Bombardier est sans fondement. Ce comportement n’est pas digne d’un partenaire de confiance, et nous demanderons à Boeing de retirer sa plainte.

En même temps, nous demandons à tous nos partenaires de l’industrie de parler d’une seule voix de l’interdépendance des chaînes d’approvisionnement de l’industrie de la défense au Canada aux États-Unis. Nous avons besoin de votre aide pour défendre la libre circulation des marchandises entre nos deux pays. Nous avons besoin de vos voix pour exprimer clairement les conséquences d’une fermeture éventuelle de nos frontières. Le gouvernement continuera de livrer ce même message.

La Politique de défense précisera davantage nos attentes, officialisera nos intentions en matière d’acquisition, et permettra de mieux répondre à vos besoins tout en comblant les nôtres. J’ai hâte de partager avec vous la nouvelle Politique de défense du Canada le 7 juin prochain, et je me réjouis à la perspective de travailler étroitement avec vous au cours des semaines et des mois qui viennent.

Merci.

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