Nouveaux défis pour la gestion de crises en Asie‑Pacifique

Discours

Notes d’allocution de L’honorable Harjit Singh Sajjan
Ministre de la Défense nationale

International Institute for Strategic Studies
Dialogue de Shangri‑La de 2017

Singapour
Le 3 juin 2017

Seul le texte prononcé fait foi

(Merci…)

Estimés panélistes,

Mesdames et messieurs,

C’est un honneur pour moi de prendre part au Dialogue de Shangri‑La pour la deuxième année consécutive et d’y être de nouveau accueilli chaleureusement.

Je veux remercier et féliciter l’International Institute for Strategic Studies pour son leadership visant à favoriser la coopération et le dialogue sur la sécurité par l’intermédiaire d’occasions de création de liens comme celle‑ci. Comme toujours, j’accueille la possibilité de prendre connaissance des points de vue des autres, en plus de communiquer les approches et les contributions du Canada à la gestion de crises.

Le Canada a une longue histoire de participation en Asie‑Pacifique. Nous pouvons fièrement dire que le Canada a été l’un des premiers pays à établir des liens avec Singapour en 1965, et des liens diplomatiques avec la Chine en 1970. Alors que l’Association des Nations de l’Asie du Sud‑Est (ANASE) célèbre son 50e anniversaire cette année, vous savez peut‑être également que cela marque le 40e anniversaire du Canada en tant que partenaire du Dialogue.

Comme vous le savez, nous sommes l’un des membres fondateurs du Forum régional de l’ANASE et un grand partisan du rôle important de l’Association dans l’établissement de la façon dont les pays asiatiques collaborent aujourd’hui.

Mesdames et messieurs, le Canada est une grande part de la communauté du Pacifique. Nous aurons toujours un vaste intérêt pour la sécurité, la stabilité et la prospérité continue de la région.

Nous sommes un pays ayant une ligne de côte du Pacifique de 25 000 km et un grand nombre de nos principaux partenaires commerciaux sont en Asie.

Sur une note plus personnelle, je ressens un lien particulier lorsque je voyage dans d’autres pays de l’Asie‑Pacifique puisque c’est ici que je suis né, ainsi que de nombreux autres Canadiens.

Depuis de nombreuses années, l’Asie a été la plus grande source d’immigrants pour le Canada. Tout comme moi, plus de 2,3 millions de Canadiens ont immigré dans ce pays à partir de l’Asie. Plus d’un million d’entre eux provenaient de l’Asie du Sud‑est. Ils ont ajouté une énorme richesse et une immense diversité au tissu culturel du Canada.

Le Canada considère que la diversité constitue un atout, qu’elle nous lie, les uns les autres au monde. Je sais qu’il s’agit d’une croyance qui est partagée par les États membres de l’ANASE.

Depuis mon entrée en fonction, j’ai voyagé plusieurs fois en Asie‑Pacifique. En tant que ministre de la Défense, la valeur de la création de liens entre le Canada et cette région est très claire.

En avril dernier, j’ai voyagé en Inde et en Malaisie, où j’ai rencontré mes homologues pour discuter de toute une gamme de préoccupations communes en matière de sécurité et de possibilités de coopération pour appuyer des buts communs. L’année dernière, je me suis rendu en Nouvelle‑Zélande et en Australie pour renforcer nos excellentes relations en matière de défense et en tirer parti.

Alors que le Canada s’engage à jouer un rôle en Asie‑Pacifique, nous sommes conscients de la nature changeante des conflits et des crises modernes. Le message d’extrémisme violent est capable de se propager plus rapidement que jamais auparavant par l’intermédiaire des nouvelles technologies.

Les catastrophes naturelles dévastatrices sont de plus en plus influencées par les effets des changements climatiques. De plus, les disputes concernant les frontières territoriales et maritimes peuvent entraîner davantage d’entraves au niveau de la stabilité de la région.

Je crois que la gestion de crises va plus loin que le fait de seulement agir de la bonne manière. Elle englobe également le fait de faire ce qui est juste.

C’est pourquoi, comme un grand nombre de ses amis dans la région, le Canada adopte une approche constructive et renouvelle son engagement envers le principe du multilatéralisme.

Nous savons que les approches coordonnées et multilatérales de la gestion de crises, en plus des investissements dans la prévention, constituent la clé de la préparation aux crises. Le Canada applique ces connaissances à l’aide d’engagements concrets en matière de défense auprès des partenaires et des alliés.

Je suis fier du fait que le Canada finance l’opération Sunbird de l’ANASE, un partenariat antiterroriste avec Interpol basé à Singapour. Seulement le mois dernier, cette initiative a entraîné l’arrestation de 17 personnes suspectées d’activités terroristes.

Le Canada a également continué à investir dans le Programme d’aide au renforcement des capacités antiterroristes qui offre de la formation, de l’équipement et de l’assistance antiterroristes aux membres du Forum régional de l’ANASE.

Plus particulièrement, le programme anti‑engin explosif improvisé (anti‑EEI) avec l’Indonésie et les Philippines a permis de former plus de 900 agents d’application de la loi au Jakarta Center for Law Enforcement Cooperation.

Le Canada a aussi mis en place un partenariat avec la Malaisie pour aider les premiers répondants à se préparer à faire face à des attaques terroristes.

Le gouvernement du Canada applaudit la Malaisie pour ses efforts de déradicalisation à l’aide de son centre novateur de contre‑messagerie numérique.

Nous savons bien sûr qu’un conflit violent n’est pas la seule chose qui déstabilise une région. Les catastrophes naturelles peuvent tout aussi bien plonger des nations, des populations et des gouvernements dans le chaos. Le Canada s’engage à prendre des mesures décisives concernant la sécurité climatique.

Par exemple, l’Équipe d’intervention en cas de catastrophe du Canada, l’EICC, a été mise sur pied pour collaborer avec les gouvernements locaux et régionaux dans les régions touchées par une catastrophe.

Elle emploie du personnel militaire et civil qui peut intervenir rapidement en cas de catastrophe naturelle et d’urgence humanitaire n’importe où dans le monde.

Au cours des dernières années, l’EICC a fait partie de l’équipe d’intervention internationale pour le tremblement de terre de 2015 au Népal et en 2013 après le passage du typhon Haiyan aux Philippines.

Pendant les périodes difficiles, le Canada s’engage toujours à collaborer avec les pays touchés, les intervenants en aide humanitaire et la communauté internationale.

Le récent exercice militaire pour l’intervention en cas de catastrophe de l’ANASE, organisé par Singapour en janvier dernier, est un excellent exemple d’efforts communs en matière d’aide humanitaire et de secours en cas de catastrophe.

Nous établissons également notre relation avec cette importante région d’autres manières. Au cours des deux derniers mois, nous avons déployé deux navires de guerre en Asie‑Pacifique pour l’exercice Poseidon Cutlass. Pendant ce déploiement de six mois, le Canada visitera de nombreux ports, participera à des exercices d’interopérabilité et s’entraînera avec des partenaires régionaux. Le HMCS Winnipeg est arrivé seulement cette semaine, ce qui marque la troisième visite de ce genre.

De plus, en septembre, nos femmes et nos hommes des Forces armées canadiennes ont participé à l’opération RENDER SAFE en compagnie de la force de défense australienne afin d’éliminer les restes d’explosifs datant de la Seconde Guerre mondiale.

Finalement, le Canada est la seule parmi trois nations à avoir participé à chaque exercice Rim of the Pacific (RIMPAC) depuis sa mise en œuvre.

Lorsqu’ils sont entrepris au moyen de cadres et de normes de sécurité établis, tous ces efforts aident à éroder d’autres obstacles importants.

Nous sommes également profondément inquiets face aux tensions régionales qui ont augmenté depuis un certain nombre d’années et qui peuvent potentiellement miner la paix et la stabilité.

Il est essentiel que tous les États de la région fassent peuvent de retenue et évitent la coercition et les mesures qui augmenteront les tensions.

Par exemple, les tensions actuelles auxquelles fait face la péninsule de Corée.

Le Canada demande à la Corée du Nord de se conformer entièrement à ses obligations internationales et de cesser ses actions illégales et déstabilisantes.

Nous continuerons de collaborer avec les partenaires internationaux pour répondre aux actions déstabilisantes de la Corée du Nord.

Le Canada est déterminé à jouer un rôle très constructif dans la résolution des crises et des défis multilatéraux dans l’ensemble de la région de l’Asie‑Pacifique ainsi que dans le monde entier.

Comme de nombreux partenaires asiatiques, nous augmentons également notre soutien pour les travaux de l’Organisation des Nations Unies (ONU), en plus de promettre du personnel supplémentaire et des capacités connexes pour les opérations de paix. Je suis heureux d’annoncer qu’en novembre, le Canada organisera la prochaine réunion des ministres de la Défense portant sur les opérations de maintien de la paix de l’ONU, à Vancouver.

Nous croyons que le rôle des militaires dans le maintien de la paix devrait être de stabiliser une région afin que les activités de développement, économiques et humanitaires puissent avoir lieu en toute sécurité. La raison est que nous comprenons que ce sont les fondements de la paix.

Le Canada est prêt à faire sa part pour créer un monde plus sécuritaire. Nous reconnaissons que les défis auxquels la communauté mondiale fait face, y compris l’Asie, sont trop vastes et trop complexes pour être résolus par un seul pays ou une seule région.

Une approche multinationale coordonnée est nécessaire pour améliorer notre capacité collective à y faire face.

Cette semaine, j’aurai le plaisir de dévoiler notre nouvelle Politique sur la défense aux Canadiens.

Cette politique est le résultat de la plus vaste consultation du gouvernement du Canada auprès des Canadiens, des experts en matière de défense et de nos alliés à ce jour. Je me réjouis à l’avance des nombreuses autres conversations qui auront lieu dans les jours à venir.

Comme toujours, nos partenaires de l’Asie‑Pacifique peuvent compter sur le Canada. Nous serons là pour nouer des liens avec vous, apprendre de vous et vous soutenir alors que nous allons de l’avant tous ensemble. Notre engagement envers la gestion de crises, la résolution de conflits et le soutien de la paix est inébranlable dans un monde plein de défis et en constante évolution.

Merci.


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