«Protection, Sécurité, Engagement» – Une nouvelle politique de défense pour le Canada

Discours

C’est un honneur pour moi, au nom du gouvernement du Canada, de publier le document intitulé Protection, Sécurité, Engagement – Une nouvelle politique de défense pour le Canada

Les hommes et les femmes en uniforme des Forces armées canadiennes sont au cœur de cette politique. Elle leur est dédiée.

Le Canada a demandé, à maintes reprises, à ses troupes d’en faire beaucoup au cours des dernières années. Et, chaque fois, ils sont à la hauteur.

Pourtant, les gouvernements successifs n’ont pas fait d’investissements adéquats et prévisibles dans l’équipement, les soins et le bien-être des Forces armées canadiennes.

Dans un monde de plus en plus imprévisible, nous continuerons de dépendre de nos Forces au cours des prochaines années. Il est temps que le gouvernement respecte ses engagements à l’égard de nos Forces. Et notre gouvernement les respectera.

Dans la politique Protection, Sécurité, Engagement le soutien à nos militaires et à leur famille occupe une place sans précédent. Cela commence au moment où ils s’enrôlent dans les Forces et continue jusqu’à l’étape cruciale de la transition, lorsqu’ils mettent un terme à leur carrière militaire et enlèvent l’uniforme.

Nous investirons dans une approche plus complète à l’égard de soins, appelée « Stratégie du bien-être et de la santé globale », qui accorde la priorité à la santé physique et mentale préventive et est adaptée aux besoins de chaque personne.

Un nouveau Groupe de transition des Forces armées canadiennes réinventera notre façon de gérer la transition. Ce nouveau groupe travaillera en étroite collaboration avec le ministère des Anciens Combattants afin qu’aucun militaire ne quitte les Forces avant que les avantages et les services dont il a besoin soient en place.

Fournir tous les soins dont les militaires en service et leur famille ont besoin est notre obligation fondamentale. C’est nécessaire pour la sécurité du Canada.

Pour maintenir l’excellence opérationnelle de nos Forces armées canadiennes, ces dernières doivent refléter toute la diversité du Canada, être inclusives et fournir, en tout temps, et quel que soit le grade, un environnement de travail respectueux et sain pour les femmes. Nous nous engageons également à augmenter à 25 pour cent la représentation des femmes dans les Forces d’ici 2026, ce qui nous classera au premier rang parmi nos pairs.

Nous irons plus loin que jamais pour témoigner la gratitude de notre pays à ceux qui servent. Lorsqu’un être cher part en mission à l’étranger, les familles de militaire font de grands sacrifices.

L’exemption pour l’impôt fédéral sur le revenu, accordée à tout le personnel des Forces armées canadiennes participant aux opérations internationales nommées, jusqu’au niveau de solde de lieutenant-colonel, est une des façons pour nous de reconnaître ce sacrifice.

La clé, pour bien traiter notre personnel, est de s’assurer d’en avoir suffisamment.
 Nous embaucherons 3 500 militaires supplémentaires pour la Force régulière et 1 500 pour la Force de réserve, pour un plafond total de 71 500 et 30 000 respectivement.

Nous devons dire clairement aux Canadiens ce qu’il en coûte de prendre soin de nos militaires, et de les équiper. Voilà pourquoi notre gouvernement annonce aujourd’hui cette nouvelle politique.

Toutefois, pour y parvenir, il ne suffit pas de prononcer des discours musclés et de lancer des paroles en l’air. Il faut arrêter de se vanter d’adopter une position plus ferme à l’égard de la défense que ses opposants politiques. Cela n’a jamais rien changé, et ne changera jamais rien, pour aucun soldat.

Aujourd’hui, nous changeons de cap.

Cette nouvelle politique renverse une tendance constante de baisses et entraînera une augmentation de plus de 70 pour cent sur dix ans du financement annuel en espèces accordé à la Défense.

Ce financement passera de 18,9 milliards de dollars en 2016-2017 à 32,7 milliards de dollars en 2026-2027.

Ce montant exclut les coûts des opérations majeures futures ou de la modernisation du NORAD, dont je parlerai plus tard.

Protection, Sécurité, Engagement est la politique de défense la plus rigoureusement chiffrée, financée entièrement et de manière transparente, jamais produite au Canada.

Pour la première fois, le ministère de la Défense nationale et les Forces armées canadiennes auront un engagement de financement de 20 ans, écrit noir sur blanc.

Cette transparence nous permettra, plus que jamais auparavant, de planifier à long terme et de gérer efficacement les fonds publics.

Nous simplifions également la structure du budget de la Défense, afin qu’il soit plus facile pour le Parlement et le public canadien de demander des comptes aux gouvernements successifs concernant les dépenses de défense au cours des prochaines années.

Je n’ai jamais caché que des années de sous-financement ont plongé nos Forces armées dans un gouffre financier. Protection, Sécurité, Engagement est le plan qui permettra de les sortir de ce gouffre, de bâtir des Forces armées canadiennes encore plus fortes, d’investir et de fonctionner de façon durable au cours des deux prochaines décennies.

Protection, Sécurité, Engagement prévoit l’acquisition d’une flotte complète de 88 chasseurs avancés pour remplacer les CF-18 vieillissants. Cela aurait dû être fait il y longtemps.

Le gouvernement précédent avait l’intention d’acheter seulement 65 chasseurs, mais il n’en a pas réellement acheté et n’a pas adéquatement budgétisé cet achat, même pour cette flotte inadéquate. Nous avons besoin de 88 chasseurs pour répondre simultanément à toutes nos obligations à l’égard du NORAD et de l’OTAN, si nous ne voulons pas nous contenter de gérer les risques liés à ces obligations, comme l’ARC a dû le faire pendant plusieurs années.

Ce plan finance entièrement, pour la première fois, les 15 navires de combat de surface canadiens de la Marine royale canadienne nécessaires pour remplacer les frégates actuellement en service et les destroyers mis hors service. J’ai bien dit quinze. Je n’ai pas dit « jusqu’à » quinze et je n’ai pas dit douze, et encore moins six. Six, c’est le nombre de navires que le plan du gouvernement précédent aurait permis de financer, comme l’a rapporté le directeur parlementaire du budget la semaine dernière.

Protection, Sécurité, Engagement renouvellera également en grande partie les capacités de combat terrestre et les flottes de véhicules vieillissants de l’Armée canadienne. Nous moderniserons ses systèmes de commandement et de contrôle et étendrons sa capacité de forces légères, ce qui lui permettra d’être plus agile dans les théâtres opérationnels complexes, qu’il s’agisse d’opérations conventionnelles ou de soutien de la paix.

Nous augmenterons la taille de nos Forces spéciales et leurs achèterons du nouvel équipement.

La plupart de ces investissements auraient dû être faits il y a longtemps. Il faut combler les lacunes actuelles et imminentes dans les capacités existantes.

En outre, Protection, Sécurité, Engagement prend un nouvel engagement à l’égard de nouveaux domaines, plus particulièrement l’espace, le cyberdomaine et les systèmes télépilotés.

Cette orientation politique et ces investissements sont essentiels pour protéger le Canada ainsi que les intérêts et la souveraineté canadiens, pour conserver un avantage technologique par rapport à nos adversaires potentiels, et assurer l’interopérabilité avec nos alliés au cours des prochaines décennies, compte tenu de l’évolution rapide continue de la technologie.

Le changement fait partie de la vie. La technologie et la nature changeante du conflit en soi ont fondamentalement modifié le paysage dans lequel nous menons nos opérations. Ce changement rapide continuera, c’est pourquoi nous devons être plus agiles que dans le passé.

C’est particulièrement vrai pour les opérations de soutien de la paix, qui sont une priorité centrale pour le Canada. Les opérations modernes de maintien de la paix exigent des troupes bien armées et entraînées, lesquelles mènent des opérations dans des zones complexes de conflit armé où les populations sont à risque.

J’aimerais prendre un instant pour parler du processus d’élaboration de cette politique et de la vision qui s’en est dégagée.

Notre gouvernement n’a pas entrepris l’Examen de la politique de défense avec en tête un chiffre ou un pourcentage du PIB. Nous nous y sommes pris très différemment.

Nous avons entrepris l’exercice de consultation le plus ouvert et complet jamais entrepris par le ministère de la Défense. Les Canadiens ont soumis plus de 20 000 commentaires en ligne et ont participé aux séances de discussion ouverte organisées par les députés de tous les partis.

Des experts et des intervenants du milieu ont fourni leur point de vue lors de tables rondes organisées partout au pays, tandis que les comités de la Chambre des communes et du Sénat ont déposé d’excellents rapports.

Et, bien sûr, nous avons consulté nos alliés tout au long du processus.

Cet exercice de mobilisation a servi de base à une analyse de notre monde, de notre continent et de notre contexte national. Il nous a guidés dans l’établissement des tâches que l’actuel gouvernement et les gouvernements futurs confieront aux Forces armées. À partir de cela, nous avons dressé la liste des équipements et des capacités dont les femmes et les hommes des Forces armées canadiennes auront besoin pour accomplir efficacement leur mission et de la façon la plus sécuritaire possible.

L’analyse des coûts, l’examen par un tiers expert, et l’examen interorganisations réalisés pour ces capacités sont les plus rigoureux jamais réalisés au gouvernement pour une politique de défense du Canada.

Il en résulte une nouvelle vision pour les Forces armées canadiennes : la contribution des Forces pour la Protection du Canada, la Sécurité en Amérique du Nord et l’Engagement dans le monde.

C’est la bonne vision, car aujourd’hui, les menaces auxquelles nous sommes confrontés sont rarement des menaces purement nationales ou purement étrangères. Le terrorisme et les cyberattaques, par exemple, ont peu d’égard pour les frontières.

En conséquence, nous ne pouvons pas protéger le Canada à moins d’être engagés dans le monde. Et il est essentiel d’être en sécurité en Amérique du Nord, tant pour notre confiance au Canada et notre efficacité à l’étranger.

Protection du Canada signifie que la souveraineté du Canada est bien défendue. Nous renforcerons la surveillance côtière, ainsi que notre présence dans l’Arctique et notre capacité d’y mener des opérations.

Protection du Canada signifie également que les Forces sont prêtes et capables d’aider les Canadiens lors de catastrophes naturelles et d’autres urgences, et de mener des opérations de recherche et sauvetage. Nous aurons une Force de réserve plus grande et mieux entraînée, présente dans les collectivités partout au pays.

Sécurité en Amérique du Nord signifie que nous sommes des acteurs actifs dans un partenariat de défense moderne et continental au sein du NORAD, avec les États‑Unis. Ce commandement binational est unique au monde et nous a bien servis pendant près de 60 ans. Toutefois, les menaces qui planent sur notre continent ont évolué et le NORAD doit évoluer pour garder une longueur d’avance.

Nous entamerons des discussions avec nos homologues américains sur la modernisation du NORAD. Cela comprend le remplacement du Système d’alerte du Nord par une nouvelle technologie. Et cela comprendra une approche tous risques pour se protéger contre toute la gamme de menaces, notamment aériennes, maritimes et sous-marines. 

Engagement dans le monde signifie que les Forces armées canadiennes sont bien équipées pour collaborera à la contribution du Canada à un monde plus stable et pacifique, notamment par les opérations de soutien à la paix.

L’engagement du Canada dans le monde exige que nous soyons un acteur de premier ordre dans nos alliances multilatérales.

L’OTAN reste essentielle, face aux nouvelles agressions russes et à la montée de l’extrémisme violent. Grâce à notre gouvernement, le Canada occupe de nouveau un rôle de leadership au sein de l’OTAN. Nous conserverons ce rôle.

En ce moment même, nous sommes sur le terrain, en Iraq, où nous apportons une contribution substantielle pour vaincre Daech. C’est la menace directe et immédiate. À long terme toutefois, nous collaborerons également avec nos alliés pour empêcher les extrémistes violents de s’enraciner dans des régions instables, leur prochain objectif.

Ensemble, avec nos alliés et partenaires, nous contribuerons à prévenir et à contenir efficacement les conflits.

Comme l’a éloquemment déclaré la ministre des Affaires étrangères à la Chambre des communes hier, nous vivons à une époque où le Canada doit être engagé dans le monde Canada.

Nous avons beaucoup à offrir à la cause de la paix, de la stabilité et de la prospérité mondiales. Faire notre part est la bonne chose à faire et c’est dans notre propre intérêt.

Pour les Forces armées canadiennes, faire notre part comprend des opérations de soutien à la diplomatie, de développement, d’aide humanitaire, de secours aux sinistrés, de renforcement de la capacité et de soutien à la paix. Cela comprend un soutien indéfectible aux droits de la personne et aux valeurs progressistes, y compris l’égalité entre les sexes. Au besoin, en dernier ressort, cela comprend l’utilisation de la force, en collaboration avec nos alliés et partenaires, et en conformité avec le droit international.

Les Forces armées canadiennes sont un instrument indispensable de la politique étrangère du Canada. Si nous prenons notre rôle dans le monde au sérieux, nous devons prendre au sérieux le financement de nos Forces armées. Et nous le faisons.

En terminant, j’aimerais remercier tous ceux qui ont contribué à l’Examen de la politique de défense. Les Canadiens sont, à juste titre, fiers de leurs Forces armées, il est donc approprié que nous ayons fait participer le public et que nous présentions cette nouvelle politique aux Canadiens d’abord.

J’aimerais remercier tout particulièrement les membres du Groupe consultatif du ministre – Bill Graham, Louise Arbour, Margaret Purdy et Ray Henault. Ils ont travaillé sans relâche, en collaboration avec le Ministère, sur l’analyse et m’ont donné de la rétroaction. Ils ont ajouté beaucoup de profondeur au résultat que vous voyez aujourd’hui.

Il s’agit d’une politique du gouvernement du Canada et je tiens à remercier mes collègues du Cabinet, surtout Bill Morneau, le ministre des Finances, dont les décisions difficiles et la compréhension du rôle des Forces ont joué un rôle déterminant.

Je remercie le premier ministre de m’avoir confié ce rôle et le mandat d’entreprendre un examen exhaustif de la politique de défense. Son leadership, son respect profond pour le service et le sacrifice de nos troupes, et sa vision du rôle du Canada dans le monde sont reflétés dans tous les chapitres de cette politique.

Je tiens également à féliciter le général Jonathan Vance, chef d’état-major de la défense, et John Forster, sous-ministre de la Défense nationale, et leurs équipes d’avoir contribué à cette entreprise sans précédent.

Leur travail fait honneur à la fonction publique et à la tradition militaire du Canada, et je les remercie, ainsi que tous ceux qu’ils ont dirigés dans le cadre de l’Examen de la politique de défense.

Je tiens surtout à remercier les femmes et les hommes des Forces armées canadiennes. L’objectif de cette politique est de mieux vous servir, afin que vous puissiez mieux servir le Canada. Votre service à ce pays est inspirant. Vos dirigeants – militaires, civils et gouvernementaux – s’engagent solennellement à mettre en œuvre fidèlement et vigoureusement ces politiques et investissements au cours des prochaines années. 


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