Opération Mallard

Nom de l'opération internationale :  Organisation des Nations unies au Congo (ONUC)

Dates de l'opération internationale : 1960/07/14 to 1964/06/30

Organisme responsable :  Nations Unies

Nom de la région :  Afrique

Lieu :   Congo

Nom de l'opération canadienne :   Opération MALLARD

Dates de l'opération canadienne :   1960/07/28 – 1960/08/31

Mandat de la mission :   Assurer le transport aérien, de Trenton à Léopoldville, du contingent canadien affecté à l’Opération des Nations unies au Congo (ONUC).

Notes sur la mission :  

La République du Congo, qui avait été une colonie belge de 1885 jusqu’au 30 juin 1960, était mal préparée à son indépendance. La Belgique n’avait pas établi de cadres de leadership dans les domaines économiques, militaires ou politiques. La classe moyenne ou marchande indigène existait à peine et, sur une population de plus de 12 millions d’habitants, seulement 25 000 Congolais avaient fréquenté l’école secondaire. Essentiellement, les 120 000 Belges qui vivaient au Congo avaient dirigé la colonie, mais peu d’entre eux resteraient en poste après l’indépendance.

Aggravant cette absence d’infrastructure sociale, économique et politique, les rivalités régionales et tribales affaiblissaient l’autorité morale (et fonctionnelle) du gouvernement central. Le fait que celui-ci compte sur l’ancienne puissance coloniale pour fournir la majorité des officiers de l’armée – du moins jusqu’à ce que des officiers congolais soient formés pour les remplacer – contribuait aussi à cet affaiblissement. En outre, la province du Katanga demeurait pour ainsi dire une entité en elle-même : c’était la région la plus riche du nouveau pays, et son chef, Moïse Tshombe, entretenait d’étroits rapports avec les intérêts économiques belges à cet endroit et était prêt à faire appel aux soldats belges pour maintenir l’ordre.

La situation s’est très vite détériorée. Des troubles tribaux ont éclaté le 2 juillet 1960, soit deux jours après la déclaration de l’indépendance. L’armée congolaise s’est révoltée contre les officiers belges trois jours plus tard. Comme près de 100 000 Belges faisaient maintenant l’objet d’attaques, la Belgique a eu vite fait de dépêcher des troupes pour protéger ses citoyens, l’arrivée de soldats blancs faisant empirer la situation. Le Katanga et la province centrale du Kasaï, dirigée par Albert Kalonji, ont déclaré leur indépendance le 11 juillet. Le 12 juillet,  le président congolais, Joseph Kasavubu, et le premier ministre, Patrice Lumumba, ont fait appel aux États-Unis afin qu’ils les aident à faire partir les troupes étrangères (c.-à-d. belges) qui, selon eux, « menaçaient la paix ».

Détenant des preuves que les Congolais pourraient se tourner vers l’Union soviétique pour obtenir de l’aide unilatérale afin d’atteindre les mêmes objectifs – et inquiet que cela puisse introduire des divisions liées à la guerre froide au cœur de l’Afrique – le secrétaire général de l’ONU, Dag Hammarskjold,  a soumis la question au Conseil de sécurité le 13 juillet. Ce dernier a autorisé le secrétaire général à aider le Congo à restaurer l’ordre public. Au cours des semaines suivantes, Hammarskjold a élaboré les règles de base à l’intention de la force.

Le 15 juillet, les 1 500 premiers soldats, venus du Ghana et de Tunisie, étaient sur place. Ils se sont rapidement chargés de maintenir l’ordre à Léopoldville, remplaçant les soldats belges encore dans le pays. Le major‑général Carl Von Horn, qui avait été à la tête de l’Organisme des Nations Unies chargé de la surveillance de la trêve, a été transféré au Congo pour devenir commandant de la force et, sous son commandement, l’Opération des Nations Unies au Congo (ONUC) s’est rapidement développée. En effet, 14 000 membres du personnel venant de 24 pays sont arrivés en moins d’un mois.

Opération MALLARD

Les Nations Unies se sont adressées au Canada pour qu’il envoie un contingent au Congo. À la suite de la planification préliminaire, le gouvernement du Canada a donné son approbation le 28 juillet. Le Cabinet fédéral a également approuvé le transport, par l’ARC, du contingent canadien et de son équipement jusqu’au Congo. Désigné « Opération MALLARD », le pont aérien de l’Aviation royale canadienne (ARC) vers le Congo a été constitué en moins de trois semaines. On a fait appel à du personnel supplémentaire venant d’autres unités pour répondre aux importantes exigences opérationnelles. Le premier vol de l’ARC vers le Congo a décollé le 2 août avec à son bord du personnel devant servir sous les ordres du commandant des forces aériennes de l’ONUC, le colonel d’aviation W.K. Carr, de l’ARC. Le vol transportait aussi de l’équipement de communication, sept techniciens des communications et deux équipages de relève qui effectueraient différents tronçons du long vol. 

Le premier North Star de l’Op MALLARD a quitté Trenton le 9 août 1960 avec à son bord 2 jeeps et 9 spécialistes des transmissions ainsi que des fournitures diverses. D’autres appareils allaient suivre presque quotidiennement au cours des trois semaines suivantes, le dernier quittant Trenton le 27 août. D’une durée normale d’environ 41 heures, dont 34 dans les airs, les 22 vols entrepris dans le cadre de l’Op MALLARD ont permis de transporter au total 194 membres de l’Armée et 6 de l’ARC, 87 tonnes d’approvisionnements et d’équipement, 6 jeeps et 3 remorques.

Trois vols spéciaux ont également été effectués par les North Star. Les deux premiers, faits au nom des Nations Unies, ont assuré le transport de membres du personnel de l’Organisation mondiale de la santé et de l’ONU ainsi que de fournitures médicales venant de Pise, en Italie, jusqu’à Léopoldville, au Congo. Un appareil affecté à l’Op MALLARD a participé à l’un de ces vols. Le troisième, effectué à l’appui du contingent canadien, a permis de transporter davantage de matériel radio et de personnel des communications. Même s’ils n’étaient pas officiellement inclus dans l’Op MALLARD, ces vols ont fait partie intégrante du pont aérien général.

En raison de la durée du voyage, des équipages de relève étaient stationnés le long du parcours, à Dakar et à Lajes. Ainsi, un appareil North Star partait de Trenton et volait jusqu’à Lajes, aux Açores, en passant par Gander. À Lajes, l’équipage se voyait remplacé par un autre, qui menait l’aéronef jusqu’à Dakar. Un troisième équipage prenait alors la relève jusqu’à Léopoldville, via Accra. Il fallait compter quatre jours pour l’aller-retour d’un avion, mais pour l’équipage, de six à huit. Le 6 août, un vol spécial d’un appareil North Star a prépositionné les équipages de relève à Lajes, en vue de l’opération. Le dernier vol de l’opération MALLARD est passé chercher les équipages de relève en rentrant au Canada et est arrivé à Trenton le 31 août.

L’aviation américaine a elle aussi contribué à l’Op MALLARD. Le contingent canadien avait besoin de gros camions et véhicules dont le poids excédait la capacité de transport des North Star. D’ordinaire, on aurait eu recours à un navire marchand, mais cela aurait demandé trop de temps. On a donc demandé l'assistance du Military Air Transport Service (MATS) de la United States Air Force (USAF). Celui-ci a accepté de transporter les camions et les remorques, mais uniquement si la demande venait des Nations Unies. Ce volet de l’opération a été appelé « MATS MALLARD ». Il a débuté le 18 août et s’est terminé le 30 août, date à laquelle le dernier vol a quitté Trenton pour arriver au Congo le 2 septembre. Au total, les C-124 Globemaster de l’USAF ont effectué 13 vols et transporté 202 tonnes de fret, principalement constitué de 40 véhicules et remorques, ainsi que le reste du contingent canadien.

 

Soldats canadiens au Congo. Du personnel du 57e Escadron de campagne décharge de la marchandise d’un appareil North Star de l’ARC qui a atterri à l’aéroport civil de Léopoldville.

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