Opération UMIAK – Équipe d’instruction militaire du Commonwealth en Ouganda (EIMC-U)

Nom de l'opération internationale: Équipe d’instruction militaire du Commonwealth en Ouganda (EIMC-U)

Dates de l'opération internationale: 1982/03/18 – 1984/03/24

Organisme responsable: Royaume-Uni

Région géographique:Afrique

Lieu: Ouganda

Nom de l'opération canadienne: Opération UMIAK

Dates des opération canadiennes: 1982/04/06 – 1982/09/03

Mandat de la mission:

Fournir un soutien médical au personnel du Commonwealth et aux soldats ougandais.

Notes sur la mission:

En 1972, le commandant des forces armées ougandaises, le général Idi Amin Dada, renverse le président Milton Obote et prend le pouvoir en Ouganda. L’Armée nationale de libération de l’Ouganda (UNLA) mène alors une campagne militaire pour renverser Idi Amin Dada qui fuit l’Ouganda le 11 avril 1979 et qu’un gouvernement intérimaire est mis en place.

L’UNLA, qui avait reçu une assistance considérable de l’armée tanzanienne voisine pour vaincre le dictateur Idi Amin Dada, devient la nouvelle armée nationale. Pendant la période de gouvernement intérimaire qui suit, plusieurs dirigeants de l’UNLA commencent à organiser leurs propres armées privées. Yoweri Museveni forme l’Armée de résistance nationale (NRA), dont la taille passe rapidement d’environ 80 hommes à 8 000 soldats. Parallèlement, Obote revient en Ouganda et entame un second mandat en tant que président après avoir remporté les élections contestées du 10 décembre 1980.

En moins de deux ans, l’Armée nationale voit ses effectifs gonfler de 600 à 24 000 soldats. De nombreux soldats sont issus de groupes ethniques durement maltraités par Idi Amin Dada. Dotés d’une instruction militaire minimale et combattant désormais la NRA, certains soldats de l’UNLA se vengent contre les habitants de la région natale d’Idi Amin Dada. Le président Obote s’efforce de rétablir des relations internationales cordiales et tente de reconstruire l’économie ougandaise en ruines, mais ses vaines tentatives de vaincre la NRA annulent toute avancée significative.

Le président Obote signe des accords avec la Corée du Nord, dont l’un prévoyant le déploiement en Ouganda de trente officiers instructeurs d’infanterie nord-coréens à Gulu. Au cours des années 1980, ces Nord-Coréens commandent souvent des troupes de l’UNLA lors de combats contre la NRA. La répression qui avait marqué le symbole du régime d’Idi Amin Dada commence alors à réapparaitre.

Confronté aux problèmes de la reconstruction de l’économie et de la lutte contre la NRA, le président Obote sollicite l’aide internationale. En 1982, le Royaume-Uni organise l’Équipe d’instruction militaire du Commonwealth en Ouganda (EIMC-U) pour former et organiser l’UNLA. Le Secrétariat du Commonwealth demande l’aide de ses pays membres. L’Australie, le Canada, le Guyana, la Jamaïque, le Sierra Leone, la Tanzanie et le Royaume-Uni répondent à l’appel en envoyant du personnel. Comptant 37 membres, l’EIMC-U opère depuis la ville de Jinja, située 50 km à l’est de Kampala. L’EIMC-U mène l’instruction d’officiers de différents grades en matière de compétences militaires, de tactiques des petites unités, des opérations au niveau du bataillon et de leadership. Les adjudants et les sergents sont formés à l’exercice et aux tactiques des petites unités.

Le Canada déploie en 1982 une équipe médicale composée d’un médecin militaire (major) et de deux assistants médicaux (adjudant et sergent) pour soutenir l’EIMC-U. Partis du Canada le 6 avril, ils arrivent à Jinja le 14 du même mois. Depuis Jinja, ils peuvent traiter les membres de l’EIMC-U, mais le plus souvent ils fournissent des soins médicaux aux soldats ougandais. Le principal problème à traiter est la malaria. Au début, la chloroquine parvient à traiter efficacement la malaria pendant la période où ils sont présents. Mais alors qu’ils quittent, une malaria résistante à la chloroquine fait son apparition dans la région. Les parasites comme l’ankylostome, l’ascaride et le ténia sont des problèmes courants, tout comme les maladies vénériennes et la tuberculose. L’équipe traite aussi des civils à l’occasion. La contribution du Canada à l’EIMC-U se poursuit jusqu’au 3 septembre 1982, soit moins de cinq mois au total, et elle n’est pas renouvelée.

L’influence des efforts de l’EIMC-U sur l’ensemble du pays reste insuffisante. L’organisation est active du 18 mars 1982 au 24 mars 1984. Au début de 1983, l’UNLA ne parvenant toujours pas à vaincre la NRA, le président Obote autorise le déplacement forcé de plus de 750 000 civils de la région de Luwero, région où celle-ci reçoit le plus de soutien. Les civils refusant de vivre dans les camps organisés par le gouvernement sont considérés comme hostiles. La police commence à procéder à des enlèvements et a recours à la torture systématique pour débusquer les partisans de la NRA. Les militaires mènent des attaques sans discrimination contre tout partisan présumé de la NRA. Selon les estimations, le régime du président Obote tue alors jusqu’à 500 000 personnes. Le régime tombe le 27 juillet 1985.



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