Commission internationale de surveillance et de contrôle - Laos (I) (CISC - Laos)

Nom de l'opération internationale :  Commission internationale de surveillance et de contrôle - Laos

Dates de l'opération internationale :   1954/08/11 – 1958/05/31 et 1962/05 –1974/06/15

Organisme responsable :  Accord relatif à la cessation des hostilités au Laos

Nom de la région :  Asie

Lieu :  Laos

Nom de l'opération canadienne : Commission internationale de surveillance et de contrôle - Laos (CISC - Laos)

Dates de l'opération canadienne : 1954/08/10 – 1958/07/19 et 1962/05 –1974/06/15

Mandat de la mission :  

Mettre en œuvre les modalités de l’Accord de Genève

Notes sur la mission :  

Après la Seconde Guerre mondiale, le Laos était un foyer d'intrigues politiques. À la fin de la guerre, les membres du mouvement Lao Issara (Laos libre) se sont établis comme dirigeants du pays. En octobre 1945, ils ont édicté une nouvelle constitution proclamant l’indépendance du pays par rapport à la France. En avril 1946, Sisavang Vong s’est joint à eux et a été proclamé roi du Laos. Deux jours après son couronnement, les forces françaises et les guérilleros laotiens, se qualifiant de « Français libres », ont envahi Vientiane, la capitale, et défait les forces du Lao Issara de même que certaines forces nord-vietnamiennes installées dans le pays. Les Français contrôlaient de nouveau le Laos, mais celui-ci éprouvait de graves difficultés économiques et financières que le gouvernement de Paris ne pouvait pas aider à régler. À la fin de 1946, les Français ont demandé au Lao Issara d’entamer des pourparlers officiels pour la transition du pouvoir. Malheureusement, à ce stade, le Lao Issara s’était scindé en trois factions.

Le prince Souphanouvong, l'un des chefs d'une faction, souhaitait obtenir l'aide du Viet Minh afin de créer un État laotien indépendant. En 1948, il s'est adressé à Ho Chi Minh, qui, en plus de l'appuyer, a aussi soutenu Kaysone Phomvihane, lequel était occupé à rallier des tribus à la cause communiste le long de la frontière entre le Laos et le Vietnam. Ils ont créé le Front laotien libre, mieux connu sous le nom de Pathet Lao, avec l'appui du Viet Minh en 1950, mais ont été complètement dominés par les Nord-vietnamiens. À deux reprises entre 1951 et 1954, le Viet Minh a envahi le pays pour exercer des pressions sur les forces françaises et ainsi contribuer à la défaite des Français au Vietnam.

La France a accordé l’indépendance au Laos en octobre 1953. Toutefois, elle a maintenu des troupes dans le pays. Par suite de la défaite des Français à Dien Bien Phu, au Vietnam, en 1954, la résistance du Lao s'est accrue à la campagne. Les États-Unis ont expédié de plus en plus d'aide à l'appui du gouvernement. Selon l'Accord de Genève, le Pathet Lao devait être intégré à l'armée et à la société laotiennes. Le Laos était autorisé à importer des armes pour assurer sa propre défense, mais ne pouvait prendre part à aucune alliance militaire. La France pouvait conserver deux bases et assurer l'entraînement des forces militaires laotiennes, du personnel français devant être intégré à ces dernières. Des élections étaient prévues pour 1955. On a également demandé aux forces du Pathet Lao de se regrouper dans les deux provinces du Nord, ce qui allait se révéler une source de problèmes plus tard.

La CISC Laos comportait un quartier général à Vientiane et cinq équipes stationnaires dont le fonctionnement était régi par des règles semblables à celles qui s'appliquaient à la CISC Vietnam. Comme dans le cas des autres commissions, les problèmes internes et les signataires de l'accord entravaient les activités de la CISC Laos. Le Pathet Lao a imposé des restrictions sur le déplacement des équipes de la CISC pour « assurer leur sécurité », ce qui lui permettait en même temps de dissimuler efficacement ses propres activités illégales. Il a aussi lancé une campagne systématique de harcèlement, d'obstruction et de violence contre les équipes de la CISC. À un certain point, il a même complètement encerclé l'une des équipes et l'a empêchée de se déplacer.

Les membres polonais de la CISC ont tenté de limiter les importations d'armes faites par le gouvernement royal du Laos et les Français, bien que de telles importations aient été autorisées par l'Accord. Les tentatives des Polonais pour aider le Pathet Lao et le Viet Minh ont été favorisées par l'indécision des Indiens, ces derniers ne condamnant pas certaines violations du cessez-le-feu pourtant évidentes.

Le fait que la CISC ne disposait tout simplement pas d'assez de personnel pour accomplir sa mission constituait un autre problème. Pour garantir que des troupes étrangères n'infiltraient pas le Laos, il aurait fallu plusieurs milliers d'observateurs, et non simplement les quelques-uns (moins de 100) qui s'y trouvaient.

Le 18 novembre 1957, toutes les parties au Laos ont signé l'Accord de Vientiane, qui servait de base pour la tenue d'élections et l’intégration du Pathet Lao au système politique établi. La CISC avait joué un rôle important dans la continuation du processus de négociation entre les deux parties, et une fois les élections du 4 mai 1958 passées, sa présence n’était plus requise. Le gouvernement royal du Laos a donc demandé à la CISC de se retirer, ce qu’elle a fait à la fin de mai 1958. Cependant, on a simplement suspendu les activités de la CISC Laos, à titre de compromis entre les chefs de délégation canadiens, indiens et polonais.

Les résultats des élections de mai 1958 et le rapprochement du Pathet Lao et du gouvernement royal du Laos ne devaient être que temporaires. Les élections ont montré que le Pathet Lao jouissait d'un soutien populaire généralisé dans les deux provinces du Nord-Est, où il a remporté 13 des 21 sièges. Par suite de ces résultats, les États-Unis ont coupé toute aide au Laos, aide qui avait constitué une partie importante de l'économie du pays. Parallèlement, l'intégration des combattants du Pathet Lao dans l'Armée royale du Laos a causé certains problèmes, principalement au sujet de la question des grades. Une réaction de la droite a entraîné l'arrestation des ministres et députés du Pathet Lao au sein du gouvernement, ce qui a mené le Pathet Lao à s'établir de nouveau à la campagne. Avec l'aide des Nord-vietnamiens, le Pathet Lao a commencé à exercer une domination sur les tribus dans le Nord et le Nord-Est. Des combats ont éclaté sur la plaine de Jars au cours de l'été de 1959 et se sont poursuivis en 1961. Par suite d'un coup d’État en août 1960, une faction neutraliste dirigée par Kong Le a pris le pouvoir.

La situation du Laos est devenue chaotique parce que la gauche, soit le Pathet Lao, une faction neutraliste et la droite manoeuvraient toutes pour assurer leur domination. Le Pathet Lao et la droite étaient appuyés par l'URSS et les États-Unis respectivement. En mai 1961, une conférence rassemblant 14 pays a commencé à Genève. En juillet 1962, on a signé de nouveaux accords qui prévoyaient la création d’un Laos indépendant et neutre. La CISC Laos a été rappelée sur les lieux pour veiller au respect des accords.

En vertu de ces nouveaux accords, la CISC a mieux réussi que la première fois. Les initiatives visant à rendre la Commission plus efficace, comme la proposition du Canada de permettre à des équipes d'inspection mobiles d'effectuer des visites surprises, ont été entravées par les représentants polonais et indiens. De même, les trois factions au Laos ont tout fait pour gêner les activités de la CISC. Lorsque la Commission a effectivement constaté les violations commises par les Nord-vietnamiens, le Pathet Lao a renforcé les restrictions s'appliquant aux déplacements et aux inspections de la CISC.

Le deuxième Accord de Genève était voué à l'échec. Le Nord-Vietnam n'avait apparemment aucune intention de le respecter. En violation de l'Accord, il a maintenu plus de 7 000 soldats au Laos après la signature. Les trois factions ont également scellé le sort de l'Accord en se positionnant pour obtenir le pouvoir. Dans le Nord-Est, les neutralistes et le Pathet Lao combattaient au cours d'escarmouches en vue d'acquérir le contrôle, jusqu'à ce que les neutralistes et la droite s'allient pour s'opposer au Pathet Lao. Ce dernier a alors cessé tout effort de réconciliation et a demandé encore plus d'aide aux Nord-vietnamiens.

Au Laos, la CIA a entraîné des membres de la tribu Hmong à la guerre en montagne, sous le commandement de l'Armée royale du Laos et avec l'aide de la Thaïlande. Le Pathet Lao et l'Armée nord-vietnamienne ont augmenté leurs forces et, en 1971, ils recevaient même de l'aide des forces de défense aérienne chinoises et de civils qui construisaient des routes à l'appui de leurs efforts. Un accord de cessez-le-feu a été signé en 1973 et la CISC a été chargée d’en assurer la supervision. Cette fois, le Canada n’y a toutefois pas participé parce que le nouveau cessez-le-feu ne faisait pas partie du cadre de travail convenu au départ.

Après la signature de l'accord, le Pathet Lao a gagné de la force et a pu lancer une offensive en avril 1975. Les membres non communistes du gouvernement ont démissionné et, de mai à août 1975, le Pathet Lao a pu conserver le pouvoir pacifiquement.

Comme pour les deux autres CISC, le Canada a fourni du personnel militaire ainsi que du personnel civil du ministère des Affaires étrangères. Au plus fort de son intervention, en janvier 1956, la première CISC Laos comptait 23 officiers et 9 militaires du rang. Les premiers membres du personnel sont arrivés au Laos le 10 août 1954 et les derniers ont quitté le pays le 19 juillet 1958.

La participation canadienne à la deuxième CISC Laos a débuté le 8 mai 1961, avant même que l'accord ne soit signé. Cela a supposé la participation du futur commandant du contingent canadien aux négociations. Le personnel a commencé à arriver au Laos pour la seconde affectation en mai 1962 et n'a jamais compté plus de 19 membres. La plus grande partie a quitté le pays en décembre 1969, si bien qu'en 1971, seuls un officier et un militaire du rang s'y trouvaient encore, et ce, à la demande du gouvernement royal du Laos. Au moment où le Canada s'est retiré, soit le 15 juin 1974, il ne restait plus qu'un officier et un civil des Affaires étrangères.

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