Discours

Archivé - Suivre une nouvelle voie : Assurer la croissance économique pour la classe moyenne

Le 22 février 2016
Ottawa

Le texte prononcé fait foi

Bonjour,

Je vous remercie d'être venus aujourd'hui. Vous savez, les 3 mois qui se sont écoulés depuis ma nomination au poste de ministre des Finances ont été franchement incroyables.

Tous les matins, j'ai le sentiment d'être privilégié, et je suis très conscient de notre responsabilité de collaborer avec vous pour rendre notre pays meilleur.

J'ai passé une grande partie du mois de janvier dans des salles comme celle-ci, en parcourant le pays de Halifax à Surrey, écoutant les gens exprimer leur avis sur les façons dont nous pouvons travailler ensemble pour faire croître l'économie.

Mon collègue et secrétaire parlementaire, François-Philippe Champagne, a aussi passé beaucoup de temps dans des endroits comme Québec, Moncton et Yellowknife.

Dans notre préparation du budget, je suis inspiré par des Canadiennes et des Canadiens comme vous, qui ont été actifs à nos côtés et qui ont l'avenir de notre pays à cœur.

Je l'ai constaté moi-même à Halifax, lorsque des dirigeants de petites entreprises de toute la ville se sont joints à moi très tôt un lundi matin de tempête, malgré une panne d'électricité. À la lueur des chandelles, ils ont parlé des défis, mais aussi de la satisfaction de gérer leurs entreprises au quotidien.

Par un matin glacial, tout près de Winnipeg, Calvin et Sandra Vaags ont pris le temps de me montrer leur ferme bovine à Dugald, au Manitoba, incapables de cacher leur fierté lorsque nous avons pris place à la table de cuisine. Leur fils y était, tout aussi rayonnant, fier de poursuivre le rêve de ses parents.

Et j'ai été très touché par les dizaines de milliers de jeunes Canadiens qui communiquent avec moi sur les médias sociaux pour poser de très bonnes questions et exiger des réponses tout aussi bonnes de leur gouvernement.

Aujourd'hui ne fait pas exception. J'aimerais reconnaître la présence de ceux qui sont avec nous en direct aujourd'hui par l'entremise de Facebook. Nous avons eu plus de 200 000 interactions avec les gens jusqu'ici dans les médias sociaux et en personne – c'est l'équivalent d'environ 10 matchs de la Ligue nationale de hockey à guichets fermés – et je vous assure que nous resterons en contact avec le plus grand nombre de personnes possible afin qu'elles aient leur mot à dire pendant que nous bâtissons un Canada meilleur.

***

L'un des aspects les plus révélateurs de ce que nous avons entendu d'un bout à l'autre du pays, c'est que les gens ont une bonne vue d'ensemble. Ils savent que les prix du pétrole ont contribué à la chute du dollar et ils sont inquiets.

Toutefois, ils comprennent que le ralentissement économique récent n'est vraiment qu'un symptôme de ce qu'ils pressentent depuis longtemps. L'économie ne fonctionne tout simplement pas pour la classe moyenne et pour les gens qui travaillent fort afin d'en faire partie.

Au cours des 40 dernières années, presque tous les groupes de la société ont vu leur revenu s'accroître. Par contre, lorsqu'on examine soigneusement les chiffres, on remarque que les groupes au sommet de l'échelle des revenus – la tranche supérieure de 1 % et celle de 0,1 % – ont bénéficié beaucoup plus de ces gains que la classe moyenne.

Niveaux d'inégalité des revenus, de 1976 à 2013, Canada

Nota – Le coefficient Gini est une mesure sommaire couramment utilisée de l'ampleur de l'inégalité de la répartition des revenus. Cette mesure accepte les valeurs situées entre 0 (où chaque personne a un revenu identique) et 1 (où tous les revenus reviennent à une seule personne). Ce coefficient Gini est fondé sur les revenus avant et après impôt et transferts, après ajustement en fonction de la taille de la famille.
Source : Statistique Canada

L'inégalité des revenus s'avère un défi encore plus imposant lors des périodes de tension économique, particulièrement pour les cols bleus qui tendent à être les premiers à ressentir des effets des ralentissements économiques. Pour les auditeurs de l'Alberta, de Terre-Neuve-et-Labrador ou de la Saskatchewan qui sont avec nous ce matin, ce n'est pas une surprise.

Cette inégalité touche de façon disproportionnée les membres les plus vulnérables de notre société, comme les femmes, les aînés, les réfugiés et les membres des collectivités autochtones.

Il est évident que les temps sont difficiles actuellement pour de nombreux Canadiens.

Un gouvernement moins ambitieux pourrait croire que ces conditions justifient l'inaction, les compressions ou la prudence excessive.

Toutefois, notre gouvernement croit fermement que le ralentissement économique rend notre plan de croissance économique encore plus pertinent aujourd'hui qu'il y a quelques mois. Cette approche est appuyée notamment par Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui a conseillé à tous les pays d'augmenter les investissements publics afin de stimuler la croissance économique.

C'est le moment d'agir.

Nous investirons dans le Canada. C'est la bonne chose à faire, autant sur le plan de la politique publique que sur le plan humain. Nous devons faire des investissements nécessaires et intelligents qui vont stimuler la croissance, appuyer notre classe moyenne et nous occuper des membres les plus vulnérables de la société pour nous assurer de prospérer tous ensemble.

Au moment de son dépôt dans exactement un mois, c'est-à-dire le 22 mars, le budget de 2016 sera la première grande étape de la mise en œuvre de cette nouvelle orientation et de ce nouveau plan.

Mais ce ne sera que le début. Au cours des prochains mois, le gouvernement élaborera une stratégie de croissance robuste conçue pour assurer une croissance forte et durable qui profitera à tous et un niveau de vie plus élevé pour tous les Canadiens – et nous présenterons cette stratégie aux Canadiens avant la fin de l'année.

Pour appuyer cette stratégie, j'annonce aussi aujourd'hui que le directeur général mondial de la société d'experts-conseils McKinsey and Company, monsieur Dominic Barton, a accepté de présider un nouveau Conseil consultatif en matière de croissance économique, dont les membres se réuniront régulièrement et me donneront des conseils sur des mesures publiques concrètes en vue de créer des conditions propices à une croissance économique à long terme centrée sur la classe moyenne.

Le Comité aura pour première tâche de trouver des façons d'accroître la productivité de notre économie pour que nous puissions continuer de profiter du niveau de vie le plus élevé possible, malgré les changements démographiques qui s'opèrent.

La discussion collective sur cette question aurait dû être tenue il y a très longtemps.

À la base, l'approche adoptée sera axée sur les Canadiens de la classe moyenne – notre qualité de vie, le genre de collectivités où nous vivons et travaillons, le niveau de vie que nous pouvons espérer et les possibilités qu'auront nos enfants au cours des prochaines décennies.

Je veux cependant être franc avec vous.

Notre point de départ est beaucoup moins avancé que nous le pensions. Et je sais qu'il est important de faire preuve d'ouverture et de transparence avec vous au sujet de notre situation économique alors que nous préparons le prochain budget.

Il y a 10 jours, j'ai rencontré des économistes du secteur privé qui s'attendent maintenant à ce que le baril de pétrole brut se vende cette année à 40 dollars américains en moyenne, comparativement à leur prévision de 54 dollars au moment de notre Mise à jour économique de l'automne. De plus, les économistes s'attendent à un taux de croissance de 1,4 % pour cette année, ce qui représente une réduction par rapport au taux de 2,0 % prévu dans la Mise à jour de l'automne.

Le Canada a terminé l'année 2015 – et commencé l'année 2016 – dans une position moins solide.

Et pourquoi? Après 10 ans de faible croissance, l'économie canadienne était tout simplement trop vulnérable lorsque nous avons été confrontés à la combinaison d'une chute des prix du pétrole et d'une incertitude économique à l'échelle mondiale.

Prix du pétrole brut West Texas Intermediate

Nota – Données quotidiennes en date du 17 février 2016.
Source : Commodity Research Bureau

Cette situation a un impact réel sur de nombreuses familles ainsi que sur les revenus du gouvernement.

Pour que nous puissions assurer la croissance dont la classe moyenne a besoin, les déficits seront plus importants que prévu à court terme.

Notre priorité consiste à surmonter ces défis dans une perspective à long terme.

Même si les demandes se font de plus en plus insistantes au cours des prochaines semaines, je ne permettrai pas que le budget de 2016 devienne une simple réponse automatique aux changements récents de la situation économique. Nous agirons de manière raisonnée.

Nous avons un plan pour l'avenir, et nous sommes déterminés à aider à renforcer la classe moyenne et les gens qui travaillent fort pour en faire partie.

Nous sommes prêts à prendre plus de temps pour le faire, si cela veut dire que nous y parviendrons ensemble.

***

À long terme, les Canadiens ont toutes les raisons de se montrer optimistes.

Nous possédons les ressources et l'ingéniosité qu'il faut pour supporter les problèmes à court terme.

Notre capacité de manœuvrer nous permet de nous positionner pour avoir du succès à l'avenir.

Notre philosophie est simple : mettre l'accent sur la classe moyenne, aider les personnes qui en ont le plus besoin, et investir de façon judicieuse dans des infrastructures qui permettent de créer des emplois, de nous rendre au travail plus rapidement, de transporter nos marchandises plus loin et de rendre nos collectivités plus écologiques.

Nous avons déjà fait les premiers pas en baissant les impôts pour 9 millions de Canadiens cette année. Dans le cadre de cette mesure, nous avons demandé aux plus nantis d'en payer un peu plus.

Nous avons aussi bougé pour aider les jeunes Canadiens, en investissant jusqu'à 113 millions de dollars de plus dans le programme Emplois d'été Canada. Cela aidera nos jeunes gens à obtenir la précieuse expérience de travail dont ils ont besoin, par la création de 35 000 emplois d'été additionnels pour les étudiants cette année.

De plus, nous avons annoncé des plans pour créer une nouvelle Allocation canadienne pour enfants plus simple et plus généreuse, qui profitera à 9 familles sur 10 et sortira des milliers d'enfants de la pauvreté. Nous nous attendons à ce que l'Allocation permette de réduire le pourcentage des enfants canadiens qui vivent dans la pauvreté de manière substantielle.

Proportion des enfants vivant dans une famille à faible revenu, certains pays de l'OCDE, fin des années 2000

Nota – L'OCDE utilise une mesure relative du faible revenu, où la pauvreté relative est définie comme l'état d'une personne vivant dans une famille dont le revenu représente moins de la moitié du revenu médian, après ajustement en fonction de la taille de la famille. L'année des données varie de 2011 à 2013, selon le pays. Les données pour le Canada se rapportent à l'année 2011.
Sources : OCDE, octobre 2015; ministère des Finances

Nous ferons également des investissements ciblés et judicieux dans l'infrastructure. Non seulement pour obtenir des gains à court terme, mais aussi pour nous assurer que le gouvernement jouera son rôle de soutien aux entreprises qui ont besoin d'un accès aux marchés, d'une productivité accrue et d'une croissance économique soutenue à long terme.

***

C'est un bon départ. La suite, c'est l'amélioration de notre économie afin que nous profitions pleinement des forces et de la diversité de notre pays.

Il est maintenant temps de tracer une nouvelle voie :

Le budget de 2016 préparera cet avenir, en précisant davantage les objectifs à long terme, tout en continuant de répondre aux réalités auxquelles la classe moyenne fait face aujourd'hui. Je suis heureux de dire qu'il y aura de bonnes surprises à annoncer le 22 mars.

Toutefois, une nouvelle vision pour l'économie canadienne ne peut se réaliser en une seule année ou dans un seul budget.

Ce sera plutôt les efforts combinés de nombreuses voix qui aideront à renforcer et à façonner notre vision.

Je pourrais comparer la situation dans laquelle nous nous retrouvons au réveil, le matin, après une tempête qui a enfoui votre voiture sous la neige.

Il faut du temps pour s'en sortir et on doit se mettre au travail.

Oh, voilà que vient votre voisin, pelle à la main... Les adolescents d'en face vous offrent de l'aide pour pousser votre voiture... On entend le chasse-neige plus loin sur la rue.

C'est ça le Canada. Nous nous en sortons ensemble.

Voilà pourquoi nous sommes ici aujourd'hui, non seulement pour expliquer notre vision et les défis que nous devons relever, mais aussi pour entendre ce que vous avez à nous dire sur ce dont vos collectivités ont besoin pour prospérer.

Je tiens à souligner que les consultations prébudgétaires demeurent ouvertes pendant deux jours de plus – elles prendront fin mercredi, à minuit. Les Canadiens peuvent s'exprimer en se rendant sur le site budget.gc.ca, en se joignant à nous sur Facebook ou en utilisant le mot-clic CPB16.

Demain, je comparaîtrai devant le Comité permanent des finances de la Chambre des communes pour discuter de la situation économique et pour répondre aux questions du comité.

Il est important que la discussion se poursuive, non seulement ici et maintenant, mais aussi tout au long de notre mandat.

Je vous invite maintenant à vous joindre à moi pour discuter.

Je prendrai maintenant quelques questions du public et, dans quelques minutes, celles des médias. Merci encore d'être venus. À vous la parole.


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