Discours

Archivé - Activité Newsmakers organisée par Thomson Reuters

Londres, Royaume-Uni
Le 1er avril 2016

Le texte prononcé fait foi

Merci, et bonjour, Mesdames et Messieurs.

Je suis ravi d’être ici à Londres, où j’ai passé quelques années, dans mon jeune temps, à la London School of Economics.

Je pourrais vous raconter d’innombrables anecdotes sur cette période, en ce jour du poisson d’avril, en plus; je suis toutefois ici pour vous parler du Canada.

Vous avez sans doute entendu le premier ministre Trudeau affirmer que le Canada est de retour. Je suis ici pour vous dire que c’est vrai. Et je peux vous affirmer que je me considère extrêmement privilégié d’agir à titre de ministre des Finances depuis les quelques derniers mois, qui ont été intenses et qui sont passés très vite.

Il s’agit véritablement d’une période historique pour le Canada. Nous nous trouvons à un moment de notre histoire où nous possédons à la fois la capacité et la volonté d’agir afin de garantir une vie meilleure à nos enfants et à nos petits-enfants. Notre gouvernement saisit ce moment. Les Canadiennes et les Canadiens sont derrière nous. La communauté internationale l’est également, et nous progressons. Le Canada est réellement de retour. Permettez-moi de vous expliquer pourquoi.

Il y a tout juste une semaine, j’ai déposé le premier budget de notre gouvernement. Ce budget a comme point de mire de dynamiser notre économie, en améliorant les conditions de vie des membres de ce vaste groupe représentatif de Canadiens que nous appelons la classe moyenne, ce qui, d’après de ce que je comprends, ne se traduit pas vraiment de ce côté-ci de l’Atlantique.

Voyez-les comme des Canadiens ordinaires ou des contribuables à revenu moyen – ceux qui travaillent plus longtemps et plus fort, mais qui sentent qu’ils ne prennent pas le dessus.

Ceux qui sont coincés financièrement, car ils doivent s’occuper de leurs enfants et de leurs parents vieillissants. Les familles, les aînés, les étudiants, les voisins. Le gouvernement met l’accent sur le soutien à apporter à ces gens. Parce que nous savons que notre pays a été édifié sur le principe selon lequel tous les Canadiens doivent avoir des chances réelles et égales de réussite.

Nous savons que les familles éprouvent des difficultés. Le Canada n’a pas été à l’abri du ralentissement de l’économie mondiale.

La baisse rapide des prix mondiaux du pétrole brut a assombri les perspectives à court terme du Canada.

Mais, en reculant encore plus dans le passé, nous constatons que le revenu salarial réel médian au Canada n’a pas augmenté de façon notable depuis les années 1970. Et depuis les dix dernières années, la croissance s’est avérée plus faible que ce que nous aurions voulu.

Des gens de partout au Canada m’ont mentionné directement qu’ils ont l’impression d’avoir plus de difficulté à améliorer leur situation.

Il semble que vivre dignement sa retraite devienne de moins en moins accessible, et certains s’inquiètent du fait que la prochaine génération fera pire que la leur.

C’est tout simplement inacceptable.

Je suis convaincu que tous ceux qui se trouvent ici dans cette salle conviendront qu’aucun pays ne peut s’attendre à une croissance économique notable si cette croissance n’est pas partagée par ceux qui se trouvent au cœur même de l’économie et de notre société.

En outre, grâce à son premier budget, notre gouvernement s’est libéré d’une approche économique qui ne fonctionnait pas, au profit d’une stratégie qui générera une croissance inclusive à long terme, dont tous les Canadiens profiteront.

Heureusement pour le Canada, nous sommes bien préparés à atteindre cet objectif clé.

Grâce à une sage gestion des finances publiques du Canada dans les années 1990, la santé financière du pays a été rétablie, ce qui nous permet d’afficher aujourd’hui le ratio de la dette nette au PIB le plus faible, et de loin, parmi les pays du G7.

Parallèlement, les taux d’intérêt n’ont jamais été aussi faibles, et nous profitons donc d’excellentes conditions pour emprunter – au moment où les principales organisations et groupes internationaux tels que le Fonds monétaire international, l’Organisation de coopération et de développement économiques et le G20 incitent les gouvernements à suivre cette voie.

Les banques canadiennes sont solides et bien capitalisées, nos taux d’imposition sont peu élevés, et nous continuons de promouvoir l’ouverture et la libéralisation des échanges commerciaux avec des pays de partout au monde.

Le Canada est une nation commerçante.

Notre prospérité est liée aux possibilités économiques qui se trouvent au-delà de nos frontières. Nos accords commerciaux visent à ouvrir de nouveaux marchés et à renforcer les marchés actuels.

Le gouvernement a récemment achevé les dernières étapes de l’élaboration de l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne. Nous sommes résolus à le ratifier rapidement.

Notre premier budget met en évidence ces atouts grâce à des investissements dans plusieurs secteurs névralgiques. Permettez-moi de vous donner quelques exemples.

Les familles ont surtout besoin d’une croissance économique vigoureuse, qui crée des emplois bien rémunérés. C’est pourquoi notre budget propose de réaliser de nouveaux investissements dans l’infrastructure à l’échelle du Canada.

Les nouvelles routes et les nouveaux ponts nous permettent de nous déplacer plus rapidement. Les usines de traitement des eaux, les égouts et les conduites d’eau assurent la propreté de l’eau. Internet nous relie de façon numérique. Les logements sociaux offrent des habitations abordables.

Ces avantages sont évidents. Toutefois, la façon dont l’infrastructure peut renforcer l’économie et créer des emplois n’est pas toujours claire.

Songez à quelque chose d’aussi simple que les bouchons de circulation. Tout le monde sait qu’ils sont agaçants. Mais ces bouchons ralentissent aussi la circulation des personnes, des biens et des services – c’est-à-dire qu’ils nuisent à l’économie.

Les investissements dans le transport en commun font bien plus que rendre la vie plus agréable pour les citoyens. Ils stimulent l’économie – aujourd’hui, bien sûr, mais aussi au cours des prochaines années, voire des prochaines décennies.

En conséquence, la première phase de notre plan d’infrastructure consiste à investir 11,9 milliards de dollars sur cinq ans.

Nous utiliserons ces fonds afin de moderniser et de remettre en état les réseaux de transport en commun, d’aqueducs et d’eaux usées, d’offrir des logements abordables et de protéger les systèmes d’infrastructure contre les effets du changement climatique.

Dans une perspective à plus long terme, au cours des dix prochaines années, nous investirons plus de 120 milliards de dollars dans l’infrastructure.

Parmi les projets éventuels, notons l’amélioration importante de l’infrastructure aéroportuaire et frontalière, et l’aide permettant de soutenir les corridors commerciaux qui gardent le Canada ouvert au Royaume-Uni, à l’Europe et au reste du monde.

De plus, dans le budget de 2016, le gouvernement définit une nouvelle vision pour l’économie canadienne : faire de notre pays un centre de l’innovation mondiale.

En termes simples, la transformation d’idées révolutionnaires en produits et services de grande valeur est logique, d’un point de vue économique. Elle génère davantage de possibilités pour les Canadiens et les entreprises canadiennes, y compris la diversification économique et l’intensification du commerce.

Afin d’aider les entreprises de toutes tailles, les établissements d’enseignement postsecondaire, les gouvernements et d’autres intervenants du domaine de l’innovation à collaborer de façon plus stratégique, le budget de 2016 accorde un montant pouvant atteindre 800 millions de dollars sur quatre ans afin de soutenir les réseaux d’innovation au Canada.

Afin de soutenir un accès accru aux marchés et à l’expertise à l’échelle mondiale et ainsi contribuer à la croissance des entreprises technologiques canadiennes, le budget de 2016 propose un financement de 4 millions de dollars sur deux ans, à compter de 2016-2017, pour renouveler l’initiative des accélérateurs technologiques canadiens.

Ce programme soutient les entreprises actives dans les domaines des technologies de l’information et des communications, des sciences de la vie et des technologies propres en leur offrant des possibilités de mentorat, l’accès à des clients et à des partenaires éventuels ainsi que des locaux dans des accélérateurs d’entreprises à l’étranger.

Géré par le Service des délégués commerciaux du Canada, le programme est offert ici au Royaume-Uni ainsi qu’aux États-Unis, en France et en Inde.

Mais il n’est pas uniquement question d’innovation dans le domaine de la haute technologie. Nous sommes également déterminés à promouvoir les exportations culturelles canadiennes sur la scène internationale.

Le budget de 2016 propose de consentir un montant de 35 millions de dollars sur deux ans afin de mettre en valeur les artistes et les industries culturelles du Canada, grâce aux missions canadiennes à l’étranger.

Qui plus est, en 2016 et en 2017, le gouvernement définira un nouveau plan audacieux, le programme d’innovation, afin de contribuer à réaliser la vision du Canada en tant que centre de l’innovation mondiale.

L’innovation et la croissance économique sont essentielles à notre lutte contre le changement climatique mondial.

La protection de l’environnement et la croissance de l’économie vont de pair.

Tout comme le ministère de l’Énergie et des Changements climatiques s’emploie à garantir que l’approvisionnement en énergie du Royaume-Uni est sûr, propre et abordable, le budget de 2016 positionne fermement le Canada en tant que champion de la croissance propre et l’engage à passer rapidement à une économie à faibles émissions de carbone.

Nous prenons un grand pas en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d’améliorer la qualité de l’air au Canada, en consacrant près de 2,9 milliards de dollars sur cinq ans à la lutte contre le changement climatique et la pollution de l’air.

En outre, notre gouvernement est déterminé à collaborer avec nos partenaires provinciaux et territoriaux en vue d’élaborer un nouveau cadre pancanadien en matière de croissance propre et de changement climatique.

Le marché mondial des technologies propres offre des débouchés prometteurs aux entreprises canadiennes, il constitue une source de nouveaux emplois propres pour les gens à revenu moyen, et il représente un catalyseur de la prospérité de tous.

Le Canada est dans une large mesure un pays d’immigrants. Notre grande diversité fait partie de nos atouts les plus importants.

Notre système d’immigration fonctionne le mieux lorsqu’il établit un équilibre entre, d’une part, les besoins économiques nationaux et, d’autre part, les valeurs fondamentales du Canada que sont la compassion et les possibilités pour tous.

En novembre dernier, le gouvernement a engagé 678 millions de dollars sur six ans afin d’accueillir 25 000 réfugiés syriens au plus tard le 29 février 2016.

J’ai été ému par la vague de solidarité et l’accueil que le Canada a réservé aux réfugiés syriens. Le monde a vu le Canada à son meilleur lors de notre intervention face à cette crise.

Le budget de 2016 engage de nouveaux fonds afin d’accueillir, d’ici la fin de l’année, 10 000 autres réfugiés syriens parrainés par le gouvernement.

Cette année, le gouvernement a l’intention d’admettre 300 000 nouveaux résidents permanents – le nombre le plus élevé depuis plus d’un siècle.

Grâce à cette nouvelle cible, le Canada offrira un refuge à ceux qui fuient la persécution et favorisera la prospérité économique à long terme au pays.

Je crois fermement que ces initiatives, tout comme les nombreuses autres annoncées dans notre nouveau budget, amélioreront considérablement les forces du Canada, autant à court qu’à long terme.

Grâce à des investissements s’élevant à plus de 50 milliards de dollars au cours des six prochaines années – en plus d’une baisse d’impôt pour les contribuables de la classe moyenne que nous avons annoncée en décembre dernier –, nous prévoyons que notre plan fera augmenter le niveau du PIB réel du Canada de 0,5 % en 2016-2017 – et de 1 % l’année suivante.

Nous nous attendons à ce que cette augmentation se traduise par la création ou le maintien de 100 000 emplois au cours des deux prochaines années, et par une activité économique d’environ 18 milliards de dollars.

Cela nous permettra ainsi de nous rétablir du choc des prix mondiaux du pétrole et – à mesure que nous reprenons notre élan – de nous diriger plus fermement vers une croissance soutenue à long terme.

À moyen terme, nous nous sommes engagés à maintenir notre fardeau de la dette à un niveau peu élevé. D’ici la fin de 2020-2021, le ratio de la dette nette fédérale au PIB sera encore plus bas qu’il l’est aujourd’hui.

Compte tenu de ces atouts, je crois qu’il est juste d’affirmer que notre nouveau budget fait du Canada un endroit encore plus attrayant où investir.

De même, je vous invite à venir nous visiter, ou si vous êtes originaires du Canada, à revenir chez vous l’an prochain – le budget de 2016 offre aussi l’admission gratuite dans tous les parcs nationaux dans le cadre du 150e anniversaire du Canada en 2017.

Le Canada et le Royaume-Uni entretiennent depuis longtemps une relation fière et mutuellement avantageuse.

Nous avons de nombreux points en commun : un système de gouvernement, une langue, une participation au Commonwealth et un engagement profond à bâtir un avenir meilleur pour nos citoyens.

En ce qui concerne le Canada, nous croyons que le moment est venu de réaliser des investissements importants afin d’atteindre ce dernier objectif.

Nous saisissons l’occasion d’investir dans les gens et dans l’économie, et de préparer le Canada pour un avenir meilleur.

Bien entendu, ce n’est qu’un début. Il nous reste encore beaucoup de travail à faire, mais le gouvernement est absolument déterminé à obtenir des résultats.

Aujourd’hui, le Canada est l’un des grands pays du monde, mais je crois que nous pouvons devenir encore plus grands.

Notre gouvernement réalise des investissements substantiels pour réaliser cette vision.

Et nous nous réjouissons de votre amitié et de votre soutien, à mesure que nous nous employons à bâtir une économie encore plus prospère et plus inclusive au profit de notre pays, de ses habitants – et du monde entier.

Je vous remercie de votre attention.


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