Discours

Archivé - Offrir des chances réelles et égales de réussite

Le 20 avril 2016
Réserve fédérale de Chicago

Le texte prononcé fait foi

Bonjour, et merci d’être présents ici ce matin – et merci de cette présentation très chaleureuse.

Quel privilège pour moi, à ma première visite officielle à Chicago en tant que ministre des Finances du Canada, d’ouvrir le 10e sommet annuel sur la littératie financière.

Comme vous venez de l’entendre, les rôles de ministre des Finances et de politicien sont pour moi relativement nouveaux.

Je voulais donc commencer en disant qu’il n’y a pas si longtemps, j’aurais occupé une de vos places, littéralement, parce que les questions de littératie financière ont occupé une place importante au cours de ma carrière.

Au cours des 20 dernières années, j’ai bâti l’entreprise de ressources humaines la plus importante au Canada et le plus grand administrateur de régimes de retraite.

Présenter des renseignements aux employés sur leur situation financière, et sur leurs possibilités en matière de retraite, était mon travail à temps plein.

C’est donc pour moi, de manière très personnelle, un plaisir d’être ici.

Si je peux jouer un rôle positif dans une discussion qui porte sur la littératie financière, j’en suis ravi.

Je sais à quel point c’est important, et combien c’est difficile.

Je suis conscient que pour transmettre aux gens des renseignements qui leur permettent de prendre des décisions personnelles judicieuses, il faut des techniques de communication efficaces, et des investissements dans la technologie.

C’est une perspective que je transfère à mon nouveau rôle.

Maintenant, comme vous le savez, Chicago n’est pas très loin pour la majorité des Canadiennes et des Canadiens, mais j’ai parcouru de très nombreux milles par la voie des airs pour être ici aujourd’hui.

Mon périple a commencé le 22 mars dernier, à Ottawa, lorsque j’ai déposé le premier budget de notre nouveau gouvernement, cinq mois après avoir remporté l’élection fédérale.

C’est un budget dont nous sommes évidemment très fiers, principalement parce qu’il accorde la priorité aux gens. C’est un élément, je le sais, qui vous tient tous à cœur.

Et j’ai eu le grand privilège de me rendre non seulement dans de nombreuses régions de mon propre pays, mais aussi partout dans le monde pour parler du Canada.

De New York à Londres, en passant par Paris, et à Washington pour les réunions du Groupe des Vingt (G20) et du Fonds monétaire international pas plus tard que le week-end dernier, je me suis tenu devant des auditoires comme celui-ci, exposant longuement notre engagement inébranlable à l’égard de la classe moyenne du Canada, et notre plan axé sur une croissance forte et inclusive.

Aujourd’hui, je veux présenter certains des éléments principaux de ce plan du point de vue de la littératie financière, et des changements rapides et innovateurs qui se déroulent dans le secteur financier.

Après tout, la littératie financière et le bien-être financier vont de pair.

Au cœur de notre plan, se trouve la volonté d’offrir des chances de réussite réelles et égales à tous les Canadiens.

Nous croyons, comme nous l’avons dit plusieurs fois, que lorsque l’économie est à l’œuvre pour la classe moyenne, le pays est à l’œuvre pour tout le monde.

Notre plan permet aux membres de la classe moyenne de disposer de plus d’argent au moyen de réductions d’impôt et d’allocations pour enfants.

Il tire parti de notre marge de manœuvre budgétaire pour prévoir des investissements sans précédent dans l’infrastructure au cours de la prochaine décennie.

Il prévoit des mesures en vue de rendre l’économie plus novatrice et – surtout – il procure une aide afin que les membres les plus vulnérables de notre société – ceux qui travaillent fort pour faire partie de la classe moyenne – profitent de la croissance économique que nous créerons ensemble.

Cependant, pour favoriser le genre de croissance véritablement inclusive que nous recherchons, nous devons veiller à ce que les familles possèdent les connaissances et les outils nécessaires pour participer pleinement à l’économie.

Et c’est ici que la littératie financière et l’éducation des consommateurs entrent en jeu. C’est ici que vous avez un rôle à jouer.

Au bout du compte, si nous voulons que nos citoyens prennent des décisions financières judicieuses lorsqu’ils achètent une maison, paient les études de leurs enfants ou épargnent pour la retraite, nous avons alors l’obligation de veiller à ce que deux conditions essentielles soient présentes :

Première condition : Nous devons faire en sorte que l’économie en général appuie ces objectifs.

Deuxième condition : Nous devons faire en sorte que les gens – les familles et les consommateurs – possèdent la capacité de tirer pleinement parti de cette croissance.

Lorsque les citoyens possèdent des connaissances de base en matière de littératie financière, ils font des choix judicieux qui appuient en fin de compte une économie plus forte, où les personnes peuvent planifier et épargner tout au long de leur vie, et réaliser le plein potentiel de tout leur travail acharné.

Mais la relation entre le bien-être économique et une population qui possède des connaissances financières suffisantes n’est pas, comme vous le savez, une relation statique. Quoi qu’il en soit, nous devons nous assurer que les consommateurs sont bien servis.

Le gouvernement du Canada joue un rôle actif dans la promotion et l’avancement de la littératie financière, par l’intermédiaire de l’Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC). En fait, je suis heureux que la commissaire de l’ACFC, Lucie Tedesco, soit avec nous aujourd’hui.

Nous savons qu’il s’agit d’un domaine en constante évolution.

L’arrivée des devises numériques, du crédit d’entraide, du financement collectif et des paiements électroniques change la façon dont les personnes préparent leur budget, dépensent, épargnent et investissent.

Les changements apportés aux régimes de retraite du gouvernement et des organisations rendent la communication d’information essentielle encore plus importante – et plus difficile.

Des outils de modélisation dynamiques sont nécessaires, faisant naître le besoin de faire des efforts dans les domaines de l’éducation et de la littératie financières pour maintenir le rythme.

Nous devons veiller à ce que les consommateurs continuent d’être protégés et d’avoir les moyens d’agir.

C’est particulièrement vrai – et particulièrement difficile – pour ceux qui peuvent ne pas avoir accès aux technologies émergentes, ou qui ont besoin de renseignements et de produits personnalisés qui répondent à leurs besoins.

J’aimerais souligner plus précisément nos citoyens les plus démunis, les jeunes et les aînés comme des populations qui sont particulièrement vulnérables à cet égard.

La technologie peut nous mettre au défi d’être créatifs pour répondre aux besoins. Mais, à mesure que la technologie transforme les façons de faire, nous voulons nous assurer qu’aucun groupe ne soit involontairement laissé de côté.

C’est pourquoi, dans le cadre du budget de 2016, nous avons annoncé notre intention de moderniser notre cadre de protection des consommateurs de produits et services financiers visant les banques, en précisant et en renforçant les règles de protection des consommateurs, et au bout du compte, en rendant le cadre plus réceptif aux besoins changeants des Canadiens.

De plus, nous avons pris des engagements importants dans notre budget afin que le gouvernement améliore la communication d’information aux citoyens.

De meilleurs systèmes gouvernementaux en matière de technologie de l’information constituent des éléments de base pour la communication de renseignements aux Canadiens sur nos programmes sociaux.

Mais le bien-être financier ne se limite pas aux choix que font les gens.

Les gouvernements ont aussi un rôle à jouer pour veiller à ce que le secteur financier demeure résilient et stable.

C’est pourquoi notre budget a souligné notre intention d’entreprendre un examen des lois régissant le secteur financier.

Cet examen représente une bonne occasion de parler aux particuliers, ainsi qu’aux dirigeants et aux spécialistes de l’industrie, en vue d’obtenir leurs idées sur la meilleure façon de renforcer notre cadre réglementaire afin que notre secteur demeure parmi les plus solides au monde.

Cet engagement en vaut la peine si nous examinons comment notre plan réalise l’objectif plus général du bien-être économique, surtout pour les membres de la classe moyenne.

À cette fin, notre plan prévoit des investissements stratégiques et ciblés dans des secteurs qui peuvent assurer la croissance de notre économie à long terme.

Et il traite la diversité, les technologies propres, la croissance des entreprises et l’innovation comme des signes avant-coureurs du succès économique.

Nous sommes convaincus que nous avons bien fait, parce que parmi les nombreuses choses que nous avons faites depuis notre arrivée au pouvoir –, celle que nous avons faite le plus, c’est écouter.

L’écoute joue un rôle prépondérant dans l’exercice du leadership.

Nous avons été touchés à maintes reprises par l’engagement que manifestent les Canadiens à l’égard de leur collectivité, et par l’espoir et les aspirations qu’ils réservent pour leurs enfants.

C’est pourquoi notre plan visant à accorder des prestations aux familles qui ont des enfants permet d’améliorer la situation des familles plus que tout autre programme social depuis l’instauration du système de soins de santé universels du Canada.

Grâce à l’Allocation canadienne pour enfants, 9 familles sur 10 qui ont des enfants auront plus d’argent à consacrer à des choses aussi variées que des aliments sains, le paiement du loyer et l’achat de nouveaux vêtements pour la rentrée scolaire.

Les familles qui en tireront parti obtiendront en moyenne 2 300 $ de plus par année.

En ciblant nos mesures vers les familles ayant des enfants qui en ont le plus besoin, nous renforçons non seulement la classe moyenne au Canada, mais nous sortirons aussi des centaines de milliers d’enfants de la pauvreté.

Cela se traduira en une plus grande stabilité financière pour des milliers de familles.

Nous avons posé le fondement d’une meilleure vie familiale – si les citoyens font les bons choix sur la façon d’aider leur famille – et c’est précisément là où la littératie financière entre en jeu.

Nous avons aussi entendu l’appel d’organisations comme le Fonds monétaire international (FMI) et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), et de certains pays membres du G20, qui ont exhorté les pays comme le nôtre à utiliser leur capacité budgétaire pour réaliser des investissements ciblés qui stimuleront l’économie aujourd’hui et à l’avenir.

Nous avons écouté.

Et ensuite, nous avons pris les commentaires les plus porteurs et transformé ces nombreuses voix en un programme centré sur l’action.

Je ne suis donc pas étonné que les Canadiens aient réagi avec un si grand enthousiasme à notre plan, ou que la communauté internationale nous présente comme un exemple à suivre.

C’est le plan que les Canadiens ont voulu. C’est le plan dont ils ont besoin. Et c’est le plan que nous exécuterons.

De Wall Street au FMI et à l’OCDE, en passant par le G20, les gens savent que nous avons adopté une voie originale et prometteuse.

Le Financial Times appelle le Canada un « phare » en raison de l’utilisation judicieuse de notre politique budgétaire pour investir dans l’économie – un signe clair, disent-ils, que nous savons ce que nous devons faire.

Le Wall Street Journal a parlé du Canada comme un modèle à l’égard de la stratégie de croissance mondiale du FMI. Et récemment, Christine Lagarde, du FMI, a fait l’éloge de l’approche du Canada en ce qui a trait à l’utilisation crédible, ciblée et réaliste de sa marge de manœuvre budgétaire disponible.

Ainsi, si la littératie financière signifie de faire les bons choix financiers pour atteindre un but donné, le Canada est sur la bonne voie.

Comme toute personne qui doit faire face à des décisions financières complexes, notre gouvernement a recueilli les meilleurs renseignements.

Nous avons pris le temps d’écouter, de considérer et d’examiner.

Nous avons formulé notre objectif qui vise à assurer une croissance inclusive et à préparer le Canada pour réussir au XXIe siècle.

Et nous avons commencé à utiliser les outils à notre disposition pour prendre des mesures vers l’atteinte de cet objectif.

Maintenant, la politique budgétaire est nettement plus complexe que le fait de choisir la bonne carte de crédit ou le bon prêt hypothécaire.

Mais se fixer un but et préparer judicieusement un budget en vue de l’atteindre – que ce soit pour l’achat d’une première habitation ou pour rembourser un prêt étudiant – sont exactement le type de compétences que l’éducation en matière de littératie financière cherche à inculquer.

La gestion éclairée des finances et de l’endettement, la planification et l’épargne en prévision de l’avenir, et la prévention et la protection des gens contre la fraude et l’abus financier ne sont pas seulement des principes de base d’un programme réussi en matière de littératie financière.

Ce sont aussi des conditions immuables pour nous, alors que nous cherchons à réaliser notre vision.

Le Canada est prêt à joindre le geste à la parole – à montrer aux Canadiens, et au monde entier, qu’il est possible d’assurer la croissance de l’économie tout en mettant la classe moyenne au premier plan.

Le Canada est prêt à adopter une approche fondamentalement nouvelle à l’égard de la politique budgétaire qui tient compte de notre capacité, mais surtout, de notre volonté d’agir.

Le Canada est prêt à cerner des domaines comme l’infrastructure et l’innovation, où nos investissements ont le plus grand potentiel d’aider les familles canadiennes de la classe moyenne, tout en générant de fortes retombées économiques à long terme.

Et comme la marée qui soulève tous les navires, ces bénéfices seront aussi partagés.

L’innovation est un élément essentiel de notre plan et de notre vision.

Nous sommes au seuil d’une ère nouvelle, où les industries traditionnelles doivent s’adapter au rythme rapide du changement, et où de nouvelles technologies transforment l’économie mondiale.

Il est évident que les gens, les entreprises et les pays qui mettront sur pied l’économie de l’avenir prospéreront, et notre gouvernement est prêt à y jouer son rôle.

Nous voulons être à l’avant-garde des changements qui se déroulent dans l’économie mondiale – non seulement parce que c’est avantageux pour l’avenir, mais parce que ce l’est également aujourd’hui.

Au cours de l’année qui vient, nous définirons un nouveau programme d’innovation ambitieux qui fera du Canada un centre de l’innovation mondiale.

Nous avons besoin d’efforts plus originaux, plus vastes et davantage axés sur la collaboration pour saisir les occasions d’innovation qui accompagnent le changement.

La collaboration fait partie intégrante de l’approche canadienne.

Le secteur public doit collaborer avec le secteur privé pour aider à créer les conditions propices à la réussite.

Que ce soit une nouvelle application de technologie financière (fintech) pour la budgétisation qui aide les jeunes à épargner pour leurs études, ou une percée scientifique qui a la possibilité d’aider les personnes au Canada et partout dans le monde.

Tel est le pouvoir de la collaboration.

L’innovation financière en particulier signifie que les gouvernements et les organismes de réglementation collaboreront afin de veiller à ce que les innovations respectent les principes de sûreté, de stabilité, et de protection des consommateurs.

Je suis convaincu que cette approche visant à favoriser l’innovation engendrera la croissance économique dès aujourd’hui et dans les années à venir. Et surtout, qu’elle permettra à plus de personnes de profiter de cette croissance.

Permettez-moi de conclure en soulignant quelque chose que j’ai mentionné au tout début.

Le nouveau gouvernement du Canada croit que nous méritons tous d’avoir des chances réelles et égales de réussite.

Et je tiens à remercier les personnes ici présentes pour le rôle que vous jouez afin d’aider les consommateurs – les familles ordinaires – à atteindre ce but en prenant des décisions financières éclairées.

Que vous soyez innovateur, éducateur ou membre du secteur financier, nous avons tous la possibilité de participer à la réussite commune de façon positive.

Nous reconnaissons que la littératie financière est un élément essentiel pour bâtir une économie plus forte, et pour promouvoir la croissance inclusive, où aucun groupe n’est laissé de côté.

Ce sont là les conditions préalables à la croissance de l’économie et à la prospérité future.

L’amélioration des résultats éventuels pour les citoyens constitue un rôle important du gouvernement, mais nos efforts ne seront fructueux que si les gens sont en mesure de décider de la meilleure voie à suivre afin qu’ils puissent, à l’instar de leur famille, obtenir du succès.

La littératie financière, jumelée à l’éducation et à la protection des consommateurs, est essentielle. C’est pourquoi votre travail est un facteur déterminant de notre prospérité collective future.

La vision de l’avenir du Canada est audacieuse et ambitieuse, et nous sommes prêts à prendre des mesures nouvelles et nécessaires pour la réaliser.

Nous prenons des mesures audacieuses afin que nos enfants puissent hériter d’un Canada plus prospère et plus prometteur.

Et c’est pourquoi je suis si reconnaissant d’avoir votre soutien pour nous aider à atteindre cet objectif.

Merci.


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