Discours

Archivé - Allocution de l’honorable Bill Morneau, ministre des Finances

Le 17 juin 2016
St. John’s (Terre-Neuve-et-Labrador)

Le texte prononcé fait foi

Merci Judy, et bonjour, Mesdames et Messieurs.

Je souhaite commencer en remerciant sincèrement la Chambre de commerce de St. John’s de sa collaboration si précieuse.

Je souhaite également remercier le premier ministre Dwight Ball, la ministre des Finances Cathy Bennett – et mes collègues Ken McDonald, Nick Whalen, Seamus O’Regan et, bien sûr, la ministre Judy Foote.

Vous savez peut-être que j’étais censé venir en avril pour un petit-déjeuner, mais qu’une tempête de neige printanière a contrecarré ce plan.

Quelqu’un m’a dit que c’était peut-être la tempête connue sous le nom de « Sheelagh’s Brush ».

Puisque nous sommes au Canada, je suppose que je devais m’attendre à ce qu’au moins une tempête de neige me mette des bâtons dans les roues après le dépôt d’un budget à la fin de mars.

Mais, malgré cela, vous avez eu la gentillesse de m’inviter de nouveau.

Chaque fois que je viens y faire un tour, je suis frappé par la beauté naturelle exceptionnelle de cet endroit et par la nature généreuse des Terre-Neuviens et des Labradoriens.

Et je sais que vous faites face à une période difficile sur l’île ces jours-ci.

Nous savons que dans l’ensemble du pays, les familles de la classe moyenne n’arrivent que difficilement à avoir l’impression qu’elles font des progrès – mais vous avez été particulièrement touchés dans cette province par la baisse des prix du pétrole et par les événements de la scène internationale.

Et vous avez peut-être l’impression que ces circonstances sont en grande partie hors de votre contrôle.

Nous observons ce qui se déroule en Chine, où l’économie ralentit, à la recherche d’un modèle de croissance plus viable.

Nous observons la situation des États-Unis, où la force du dollar pèse sur la croissance.

Au début de la semaine, j’étais à Londres, en Angleterre, où le risque du Brexit – la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne – est une véritable préoccupation non seulement pour l’Europe, mais aussi pour l’économie mondiale et le Canada.

J’y ai clairement énoncé la position du Canada : nous appuyons un Royaume-Uni fort dans une Union européenne solide.

Ce ne sont que certaines des choses que je surveille étroitement à titre de ministre des Finances – parce que je sais qu’elles peuvent avoir une véritable incidence sur la vie quotidienne des gens.

Cela, vous le savez trop bien.

Je suis toutefois content de vous faire part de signes que les choses vont bientôt s’améliorer.

Mercredi dernier, le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, a déclaré que même si notre économie devra en fin de compte s’adapter à un monde où les prix du pétrole sont nettement plus bas, il y a lieu d’être optimiste : nous sommes sur la bonne voie et nous réalisons de véritables progrès.

Je suis d’accord avec lui.

Je souhaite donc vous dire deux choses ce matin.

Premièrement, je souhaite vous dire que vous n’êtes pas seuls. Le gouvernement fédéral est là pour vous aider.

Deuxièmement, je souhaite vous dire que nous avons les yeux tournés vers l’avenir.

En ce qui a trait à ma première déclaration, sachez que nous collaborons avec la ministre Bennett et le premier ministre Ball sur cette question. Et je peux vous assurer que Judy et les autres membres du caucus ont vivement défendu vos intérêts.

À titre de première mesure, il y a quelques mois, nous avons versé un paiement anticipé de stabilisation fiscale d’environ 31,7 millions de dollars directement à la province.

Plus récemment, nous avons donné à la province une marge de manœuvre un peu plus grande en reportant les versements de prêts provinciaux jusqu’en 2022, ce qui signifie que la province ne sera pas tenue, pour le moment, de verser plus de 27 millions de dollars en paiements de prêts annuels.

Ce report a permis à la province d’axer ses efforts sur une croissance économique durable, et de réduire son nouvel impôt temporaire pour la réduction du déficit.

Tout ceci s’ajoute aux investissements que nous réalisons dans l’ensemble du pays, et dont vous tirerez également parti.

Nous savons, par exemple, que beaucoup de familles de cette province sont aux prises avec le chômage; c’est pourquoi nous prolongeons les prestations régulières d’assurance-emploi de cinq semaines dans de nombreuses régions de cette province.

Cette mesure aidera les familles à continuer à répondre aux besoins de leurs enfants pendant qu’elles prennent le temps nécessaire à la recherche de nouvelles possibilités.

Nous avons réduit l’impôt de près de 9 millions de Canadiennes et de Canadiens, et nous offrons encore plus d’aide aux familles grâce à l’Allocation canadienne pour enfants.

Lorsque les chèques arriveront à destination en juillet, 9 familles sur 10 recevront davantage que ce qu’elles recevaient dans le cadre du système précédent.

Pour les familles qui bénéficieront de ce changement, cela représente 2 300 $ de plus par année en moyenne.

C’est de l’argent qui peut servir à envoyer les enfants à un camp d’été ou à acheter du matériel scolaire pour l’automne, ou encore à mettre de côté pour leurs études futures.

Et il y a d’autres investissements conçus pour créer de bons emplois, faciliter le déplacement des personnes et des biens et assurer le dynamisme des collectivités.

Des 11,9 milliards de dollars que nous prévoyons investir sur cinq ans dans l’infrastructure, 4,9 millions seront consacrés à la rénovation et à l’amélioration des systèmes de transport en commun à Terre-Neuve-et-Labrador, et 70,6 millions à l’amélioration de l’infrastructure d’approvisionnement en eau et de traitement des eaux pluviales et des eaux usées à l’échelle de la province.

Ces projets ont une portée nationale, mais ils offrent des avantages concrets aux familles.

Nous savons tous ce que représente quitter la maison en essayant d’arriver au travail à l’heure, ou revenir à la maison après une longue journée.

Et chacun d’entre nous se fie à un accès immédiat à une eau potable propre et salubre.

Nous nous sommes également engagés à faire des investissements de 15 millions de dollars dans le logement abordable au Nunatsiavut, au Labrador.

Nous renonçons aux droits de 25 % sur les traversiers importés après le 1er octobre 2015, ce qui se traduit par des économies totales de 25,1 millions sur l’achat de vos deux nouveaux traversiers, le Veteran et le Legionnaire.

De plus, nous augmentons à 22 $ la déduction pour résidence maximale quotidienne qui fait partie des déductions pour les habitants de régions éloignées – la différence s’établira à environ 7 millions de dollars pour cette province sur les deux prochaines années.

Enfin, les principaux transferts s’élèveront à 723 millions de dollars en 2016-2017, soit une hausse de 31 millions par rapport à l’année dernière.

Nous savons qu’aucune de ces mesures ne représente une panacée.

Mais j’espère qu’elles démontrent notre volonté de collaborer avec vous alors que nous bravons la tempête ensemble.

En outre, sachez que nous regardons bien au-delà du mois prochain ou de l’année prochaine.

Nous nous tournons vers l’avenir pour adopter une vision à long terme portant non seulement sur ce qui s’annonce, mais aussi sur la place que nous voulons que le Canada occupe dans l’économie mondiale de demain.

Et pour obtenir la plus grande incidence favorable sur les gens, le gouvernement fédéral doit collaborer avec les autres.

Comme vous le savez, cela n’a pas toujours été le cas.

C’est dans cet esprit d’avant-garde et de collaboration que je me réunirai lundi avec Cathy et les autres ministres provinciaux et territoriaux des Finances à Vancouver pour travailler en vue d’assurer une retraite sûre et dans la dignité pour l’ensemble des Canadiens.

Et ce n’est pas seulement pour les aînés – il s’agit d’assurer la tranquillité d’esprit et de meilleurs résultats pour les générations de Canadiens à venir.

En fait, la sécurité du revenu de retraite est un sujet auquel j’ai réfléchi et à l’égard duquel j’ai travaillé une grande partie de ma vie professionnelle.

Nous savons qu’un nombre trop élevé de nos amis et de nos voisins – des jeunes adultes aux personnes ayant un peu plus de cheveux gris – craignent de ne pas épargner suffisamment pour la retraite.

Après tout, c’est la différence entre passer plus de temps avec leurs petits-enfants plus tard dans la vie et se soucier du loyer.

C’est pour cette raison que nous avons entamé une discussion importante en décembre dernier sur la bonification du Régime de pensions du Canada.

Évidemment, les points de vue à ce sujet varient grandement.

Mais ces points de vue ne font qu’alimenter les pourparlers. Ils enrichissent le débat, et je crois qu’ils nous mèneront à la bonne solution.

Toutes les provinces et tous les territoires ont promis de participer à notre discussion prochaine et, dans les mois qui ont suivi notre dernière réunion, ils ont tous participé activement au dialogue.

Nous avons réalisé de véritables progrès au cours des dernières semaines, et je souhaite remercier Cathy et mes homologues les ministres des Finances de l’ensemble du pays de leur collaboration, de leur franchise et de leur aide. Et je pense que nous sommes tous d’accord que pour atteindre notre objectif visant à favoriser une croissance inclusive et à assurer le dynamisme de la classe moyenne, rien n’est plus essentiel que de faire en sorte que tous les Canadiens ont la possibilité de jouir d’une retraite sûre et dans la dignité.

La transformation d’une économie pour faire en sorte qu’elle fonctionne pour la classe moyenne ne se fera pas du jour au lendemain, ni d’elle-même. Il faut du courage. Il faut du leadership. Il faut une vision.

Il faut notamment regarder plus loin que les questions évidentes.

Au fil des années, notre code fiscal s’est embourbé de déductions, d’exemptions et d’autres dépenses fiscales qui sont coûteuses, et qui peuvent ne plus être requises.

Parmi les exemples récents, on retrouve notamment les crédits d’impôt pour la condition physique et les activités artistiques des enfants, et les crédits d’impôt pour études et manuels que nous avons éliminés dans le cadre du dernier budget afin d’offrir des avantages mieux ciblés et plus généreux aux familles de la classe moyenne et aux étudiants.

En tout, il y a quelque 180 de ces dépenses fiscales dans le code fiscal, certaines remontant aussi loin qu’à l’instauration de la Loi de l’impôt de guerre sur le revenu en 1917.

Afin de s’assurer que les dépenses fiscales fédérales sont équitables, efficientes et responsables sur le plan budgétaire, les travaux sur l’examen des dépenses fiscales annoncé dans le budget ont commencé grâce à la mobilisation récente d’experts externes, dans l’objectif de donner des conseils aux fonctionnaires du ministère des Finances.

Cette approche veillera à ce que l’examen repose sur un éventail de points de vue, et à la fin du processus, nous serons un peu plus près de l’équité et de l’efficience pour tous.

De l’aide pour les familles de Terre-Neuve-et-Labrador, la sécurité du revenu de retraite et l’équité du régime fiscal – ce ne sont que quelques-unes des façons par lesquelles nous transformons le Canada d’aujourd’hui, en vue de façonner le Canada dont nos enfants auront besoin demain.

Et voici pourquoi nous le faisons.

Les Canadiens ont fait le bilan des 10 dernières années – où nous avons connu la pire croissance de l’emploi depuis la Grande Dépression – et ont dit : c’en est assez.

Notre gouvernement a confiance dans la voie à suivre : une croissance économique soutenue sera réalisée grâce à une classe moyenne prospère, et en confortant notre rôle de leader influent dans le monde.

N’imaginons pas que nous avons toutes les réponses. La portée de cette approche dépasse un seul budget, ou même un seul gouvernement.

Mais nous sommes sur une lancée.

Et nous nous appuyons sur cet élan pour rétablir l’espoir chez la classe moyenne.

L’espoir chez les familles qui éprouvent des difficultés depuis trop longtemps.

Et l’espoir chez les gens de Terre-Neuve-et-Labrador.

Nous y arriverons en prenant soin des gens aujourd’hui, et en veillant à ce que le Canada soit prêt à relever les défis et les possibilités qui se présenteront demain.

Je compte sur votre appui alors que nous collaborons en vue de réaliser notre énorme potentiel et de bâtir un avenir meilleur qui sera avantageux pour vous et pour l’ensemble des Canadiens.

Merci.


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