David Brown Milne (1882 1953)

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David Milne fut l’un des artistes les plus marquants du début du 20e siècle au Canada. Il a créé des milliers d’œuvres originales et absolument magnifiques – huiles, aquarelles, gravures et croquis – qui ont été largement exposées au Canada et ailleurs dans le monde. Peintre moderniste, qui croyait à la prééminence des caractéristiques formelles – forme, trait et composition – sur le sujet traité, Milne était un « artiste parmi les artistes ». Son style unique et original a connu plusieurs transformations : des scènes vibrantes des rues de New York aux paysages bucoliques des campagnes de l’État de New York puis du Canada, en passant par des représentations étudiées des champs de bataille de la Première Guerre mondiale, et finalement à une synthèse de contenus émotionnels aux caractéristiques formelles et esthétiques marquées. L’œuvre de Milne, qui confère de la majesté aux objets et aux paysages du quotidien par la composition et l’ordonnance réfléchies, la simplification du trait et des couleurs et une économie de moyens, traduit bien son lien affectif avec la nature, l’austérité de son mode de vie et son dévouement total à son art. Milne est aussi à l’origine de nombreuses innovations comme la pointe sèche en couleur, technique jusqu’alors pratiquée uniquement en noir et blanc, et la technique du « point aveugle ». Ce talentueux intellectuel a également laissé un grand nombre d’écrits qui constituent un témoignage inestimable de sa vision de la transcendance de la nature et de son propre concept d’émotion esthétique.

David Milne voit le jour à Burgoyne, près du lac Huron, en Ontario, en 1882. Excellent élève, il affiche dès son plus jeune âge un intérêt marqué pour la botanique et le dessin. Il enseigne brièvement avant de s’installer, en 1903, à New York, où il poursuit des études à l’Art Students League tout en codirigeant un studio commercial. En 1909, il expose ses premières œuvres, qui allient les techniques de l’aquarelle aux leçons tirées du style postimpressionniste. Ses œuvres audacieuses et avant‑gardistes reçoivent un accueil favorable, et il est rapidement reconnu par les plus grandes sociétés américaines d’aquarelle. Ayant de la difficulté à trouver un équilibre entre la nécessité de gagner sa vie et son aspiration à devenir un peintre à part entière, il déménage à Boston Corners, dans les monts Berkshire, dans le nord‑ouest de l’État de New York. Il peint alors avec une confiance renouvelée, utilisant le symbolisme et une palette de couleurs réduite, et se consacrant essentiellement aux paysages. En 1917, il s’engage dans les Forces canadiennes et obtient plus tard un poste de peintre de guerre en Europe. Il produit plus de cent toiles rigoureuses sur le plan esthétique, des aquarelles qui sont de véritables documents sur la guerre, illustrant les champs de bataille, des villes en ruines et des camps de soldats.

De retour à Boston Corners, il adopte la philosophie des transcendentalistes américains comme Ralph Waldo Emerson, Henry David Thoreau et Walt Whitman, pour qui la nature est un vecteur de transcendance spirituelle. Dans les années 1920, Milne commence à tenir un journal sur son travail de peintre, dans lequel il analyse les divers médias et techniques qu’il utilise. Il se consacre également à la peinture à l’huile et à la pointe sèche en couleur, une technique qu’il a inventée et dont il est toujours considéré comme un des maîtres.

Milne rentre définitivement au Canada en 1929. Ayant désespérément besoin d’argent, il se met à chercher des acheteurs pour ses œuvres. C’est ainsi qu’il rencontre Alice et Vincent Massey, collectionneurs d’œuvres d’art et mécènes, qui organisent plusieurs expositions et le présentent à quelques chefs de file du monde de l’art au Canada. Dans les années 1930, Milne perfectionne sa méthode particulière d’utilisation des couleurs, dont il use avec parcimonie, parfois juste pour créer un accent, avec une palette réduite qui fait la part belle au blanc et parfois de la place au gris et au noir. Il fait également l’expérience de la technique du « point aveugle », qui attire l’œil de l’observateur vers le point central d’une œuvre.


L’art de David Milne, vers la fin de sa vie, prend un virage important. En 1937, il se remet à l’aquarelle et utilise des couleurs plus vives. Dans les années 1940 et au début des années 1950, il commence à peindre des sujets plus fantaisistes et parfois même religieux. Si certains critiques y voient un rejet du modernisme qui caractérisait ses premières œuvres, d’autres pensent qu’il a atteint l’apogée d’un style unique qui allie le modernisme à d’autres influences. En 1948, David Milne s’installe au bord du lac Baptiste, près de Bancroft et parcourt le parc Algonquin pour peindre des paysages du Canada.

 

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2016-11-02