Les migrations abénakises en Nouvelle-France (1675-1748)

Document d'information

À la fin du XVIIe siècle, quand les nations autochtones s’engagent dans un conflit avec les colonies de la Nouvelle-Angleterre, les Abénakis immigrent massivement en Nouvelle-France, cherchant refuge et sécurité. S’ensuivent trois flots migratoires entre 1675 et 1748. Les établissements abénakis de Saint-François (Odanak) et de Bécancour (Wôlinak) deviennent des lieux de refuge pour des centaines d’Abénakis. En échange d’aide et de protection, ils deviennent de précieux alliés pour les Français.

Ayant déjà développé des liens commerciaux avec les Français, les Abénakis cherchent la sécurité auprès d’eux. Ils quittent donc leurs terres ancestrales et s’établissent près du lac Champlain, du lac Mégantic, de Chambly, le long des rivières Bécancour, Chaudière et Saint-François, ainsi que sur les rives du Saint-Laurent à Sillery où la pratique traditionnelle de la chasse et de la pêche assure leur survie. Au début du XVIIIe siècle, des terres leur sont concédées dans deux établissements permanents, Saint-François (Odanak) et Bécancour (Wôlinak).

Ce rapprochement avec les Abénakis est également avantageux pour les Français. En effet, les Abénakis se joindront à eux dans plusieurs incursions, soit contre des tribus ennemies, soit contre des établissements anglais. Situés au cœur de la colonie française, les villages de Saint-François (Odanak) et de Bécancour (Wôlinak) deviendront des bases à partir desquelles des expéditions guerrières seront menées en Nouvelle-Angleterre. Cette aide se manifestera aussi dans la défense de la colonie française. 

À la suite de la défaite des Français en 1760, les Abénakis acceptent la neutralité offerte par les Britanniques, mais, puisque considérés comme des «Indiens canadiens», ils perdent leurs terres situées sur le territoire de la Nouvelle-Angleterre. Les établissements de Saint-François (Odanak) et de Bécancour (Wôlinak) permettront aux Abénakis de conserver une partie de leurs terres.

Les migrations abénakises ont assuré la survie des populations qui se sont établies au cœur de la colonie française, lorsque repoussées de leurs terres ancestrales entre 1675 et 1748. Dans le cadre de l’alliance franco-abénakise, elles ont renforcé la défense de la colonie française et contribué à sa survie. Par l’établissement et le maintien de deux communautés abénakises au Québec, ces migrations ont permis de conserver l’identité et la culture des Abénakis jusqu’à nos jours.

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2017-06-13