Ehdaa, Łiidlįį Kų́ę́ (Fort Simpson) (Territoires du Nord-Ouest)
Document d'information
Depuis les débuts de la tradition orale des Dénés Łįįdłįį Kų́ę́, des célébrations festives et des prières solennelles chuchotées se font entendre de façon saisonnière à Ehdaa. Cet endroit est devenu un lieu de rassemblement traditionnel pour les Dénés depuis bien longtemps avant l’arrivée des Européens. Dans le passé, les gens s’y réunissaient annuellement pour faire du commerce, décider des aires de cueillette, résoudre des conflits et participer à des cérémonies de guérison et de remerciements. De la période de la traite des fourrures jusqu’à la signature du traité no 11 en 1921 et à la visite du pape Jean-Paul II en 1987, cet endroit est resté important pour les Dénés Łįįdłįį Kų́ę́, lesquels affirment les liens qu’ils entretiennent avec ce lieu par l’entremise de célébrations saisonnières au Cercle des tambours.
Ehdaa, un terrain ouvert, plat, bas et invitant, est situé à l’extrémité sud-est de l’île sur laquelle se trouve Fort Simpson, près du confluent des rivières Mackenzie (Deh Cho) et Liard (Nácháh Dehé). Les Dénés s’y sont rendus dans le cadre de leurs déplacements saisonniers sur leur territoire afin de solidifier et de renouveler leurs liens sociaux et spirituels. L’utilisation des terres était décidée par les aînés. Des rites d’initiation à la puberté étaient pratiqués, des mariages étaient célébrés, des conflits étaient résolus, des biens, du savoir et des techniques étaient échangés et des jeux étaient organisés. De plus, des cérémonies de guérison spirituelle, notamment des danses au tambour, étaient pratiquées.
Au cours de la période de la traite des fourrures, à la suite de l’établissement d’un fort près d’Ehdaa aux environs de 1804, les Dénés ont fait du commerce avec les Européens et ont rencontré des représentants de la Compagnie de la Baie d’Hudson, des missionnaires et des représentants du gouvernement près de ce site. Le fort a plus tard pris le nom de fort Simpson. De nos jours, les paiements annuels prévus par le traité sont toujours effectués au Cercle des tambours, à Ehdaa.
Dans les années 1980, un autre événement important s’est produit lorsque le pape Jean-Paul II s’est entretenu avec des groupes de Premières Nations, de Métis et d’Inuits. Il a reconnu d’anciennes injustices commises par l’Église catholique envers les peuples autochtones et a déclaré que l’Église appuyait l’autonomie des Autochtones. Aujourd’hui, trois structures témoignent de la visite proposée du pape en 1984 (annulée en raison des mauvaises conditions météorologiques) et de sa visite en 1987 : une armature de perches de tipi d’une hauteur de 15 m qui a servi de scène au cours de la visite du pape, une structure en bois liée au Cercle des tambours de 38 m de diamètre et un monument en béton en forme de croix qui représente les quatre points cardinaux et les quatre éléments naturels, et qui comporte également trois tambours et une hutte de castor symbolique.
Le lien entre les Dénés et ce lieu d’importance culturelle demeure intact. De nos jours, cet endroit sert toujours de lieu de rassemblement saisonnier pour les Dénés Łįįdłįį Kų́ę́. Ces derniers continuent d’y célébrer le renouvellement spirituel et communautaire.