L’essor de Whitney Pier     

Document d'information

Le quartier Whitney Pier, à Sydney, en Nouvelle-Écosse, était autrefois l’un des quartiers les plus multiethniques des Maritimes. À la fin du 19e et au début du 20e siècle, des milliers d’immigrants venus d’Europe, des Antilles, des États-Unis et d’ailleurs furent attirés au Cap-Breton par les possibilités d’emploi dans l’industrie métallurgique et sidérurgique. Bon nombre de ces nouveaux arrivants s’établirent à Whitney Pier, où ils finirent par développer une solide identité collective fondée sur leur statut d’ouvriers malgré leurs différences. Les nombreuses institutions religieuses, sociales et culturelles encore présentes à Whitney Pier témoignent de l’univers durable que cette classe ouvrière réussit, en dépit de difficultés économiques, à construire autour d’elle à l’ombre de l’aciérie. 

Avant le 20e siècle, ce secteur était connu sous le nom d’« Eastmount » ou de « South Sydney Harbour », et il abritait une communauté bien établie de pêcheurs et d’agriculteurs. En 1899, Henry Melville Whitney, homme d’affaires de Boston, fonda la Dominion Iron and Steel Company, qui construisit une aciérie sur les lieux. Cette usine était assez grande pour engager des milliers de travailleurs, mais la population locale ne suffisait pas à la demande de main-d’œuvre. C’est ainsi que des travailleurs spécialisés et non spécialisés se mirent à affluer de tous les coins de la planète pour y travailler. Bon nombre de ces immigrants s’établirent près de l’aciérie, dans un quartier qui en vint à porter le nom de « Whitney Pier ». L’arrondissement fut intégré à la ville de Sydney en 1904, et sa population passa de quelque 500 personnes en 1891 à 4 000 personnes en 1903, pour finalement atteindre 8 000 habitants en 1913. 

D’une superficie d’environ 7,7 km2, Whitney Pier était séparé géographiquement du reste de Sydney par l’aciérie, la voie ferrée et le ruisseau Muggah’s. La séparation était aussi symbolique, car de nombreux habitants de Whitney Pier étaient exclus de Sydney en raison de leur statut social et de leurs origines ethniques. Cependant, les résidents de Whitney Pier réussirent à transformer cette exclusion à leur avantage. Ils développèrent une culture locale qui gravitait autour de la mise en valeur des traditions ethniques et d’un profond respect pour l’autosuffisance de la classe ouvrière. Les immigrants eux-mêmes fondèrent de solides institutions communautaires, dont un syndicat fort, des sociétés de bienfaisance, des clubs sportifs, des groupes culturels et des entreprises. Au fil des générations, un puissant esprit de communauté est apparu à Whitney Pier, défini par la diversité de ses habitants et par leur identité commune d’ouvriers. 

Aujourd’hui, plus d’un siècle après les débuts de la production sidérurgique à Sydney, les étangs bitumineux et un vaste terrain vague marquant l’emplacement de l’usine sont les seuls vestiges physiques de l’aciérie. Néanmoins, la collectivité de Whitney Pier continue de prospérer.

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