La cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption, Moncton (Nouveau-Brunswick)
Document d'information
Construite entre 1939 et 1940 en tant que Monument de la Reconnaissance, la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption est un symbole des réalisations et de la résilience des Acadiennes et des Acadiens. Elle raconte leur histoire dans ses éléments décoratifs, dont la sculpture de leur sainte patronne Notre-Dame de l’Assomption au pied du clocher, les chapiteaux sculptés par des Acadiens et les vitraux illustrant des épisodes religieux et laïcs de l’histoire de l’Acadie dont la création du drapeau acadien. L’architecture extérieure de la cathédrale marie des éléments des styles Art déco et néo-gothique, tandis que l’intérieur s’inspire du style roman. Édifiée comme instrument d’affirmation identitaire, sa construction a rassemblé la communauté et la diaspora autour d’un projet visant à ériger le premier grand édifice qui les commémoraient comme un peuple distinct. La cathédrale est associée à la création de l’archidiocèse de Moncton en 1936.
La cathédrale a été bâtie d’après les plans dessinés par l’architecte Louis Napoléon Audet (1881‑1971). Nombre de ses éléments décoratifs évoquent le peuple acadien et son histoire. À l’intérieur de la cathédrale, les chapiteaux des colonnes qui font face au maître-autel ont été sculptés par des artisans acadiens. Ils illustrent, entre autres, divers éléments de l’économie locale, dont un pêcheur, un laboureur et autres ouvriers, emplois traditionnels de la région, de même qu’un homard, une gerbe de blé en plus d’un avion et d’une locomotive, symboles du rôle que jouait Moncton comme « carrefour des Maritimes ». Les vitraux de la nef, réalisés par l’artiste et mosaïste français Auguste Labouret, donnent un cachet tout à fait original et unique à la cathédrale : ils sont composés de deux parties dont l’une est un personnage féminin de l’Ancien Testament et l’autre un mystère de la vie de Marie. Les monumentales statues extérieures, tant celle de Notre-Dame de l’Assomption, que celles des quatre évangélistes, Mathieu, Marc, Luc et Jean, sont sculptées à même la pierre des pilastres de la façade. Hautes de quatre mètres, elles sont l’œuvre du sculpteur italien Sebastiano Aiello.
La cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption est la concrétisation matérielle de décennies d’efforts des Acadiennes et des Acadiens pour obtenir la reconnaissance de leur présence, de leur importance démographique et de leurs droits légitimes en tant que citoyens à part entière. Sa construction a obtenu non seulement le soutien des Acadiennes et des Acadiens de l’archidiocèse, mais aussi de ceux ailleurs aux Maritimes, du Québec, de la Louisiane et de la Nouvelle-Angleterre.
La cathédrale s’élève sur le site d’une ancienne crypte et d’une chapelle jamais achevée qui a servi de lieu de culte aux premiers paroissiens francophones de Moncton après leur départ de la paroisse St. Bernard en 1914. Les Acadiennes et les Acadiens du Nouveau-Brunswick et des Maritimes la considèrent comme le joyau de leur patrimoine architectural. Son importance historique et patrimoniale repose en grande partie sur la portée mémorielle et symbolique que lui confère la communauté acadienne.
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