Chaire de recherche en restauration des milieux aquatiques de Parcs Canada
Document d'information
Entre les années 1980 et 1900, un déclin rapide des populations de saumon sauvage de l’Atlantique avait amené Parcs Canada à entreprendre des activités de rétablissement dans la région. En 2019, s’appuyant sur les succès indépendants des divers travaux de recherche et méthodes de rétablissement, des parcs nationaux du Canada atlantique se sont engagés dans une approche régionale qui met à profit les pratiques exemplaires en matière de conservation du saumon de l’Atlantique. Cinq parcs nationaux du Canada atlantique : Fundy, des Hautes-Terres-du-Cap-Breton, du Gros-Morne, Terra-Nova et Kouchibouguac, travailleront de concert dans le cadre d’une étude collaborative échelonnée sur cinq ans. Chacun de ces parcs nationaux abrite une population particulière de saumon de l’Atlantique dont la taille varie. Les scientifiques étudieront simultanément les retombées des efforts de conservation à l’échelle des différentes populations de ces sites. Grâce à une utilisation collaborative des méthodes de conservation et des techniques de surveillance écologique dans chacun des parcs nationaux, ces travaux aideront à éclairer les décisions visant à protéger les populations de saumon de l’Atlantique pour les années à venir. En ajoutant le nouvel investissement supplémentaire d’un peu plus de 431 000 $ du programme de conservation et de restauration au financement fédéral de 2019, le gouvernement du Canada a investi un total d’un peu plus de 4,1 millions de dollars dans le projet de rétablissement du saumon des parcs nationaux de l’Atlantique.
Chaire de recherche en rétablissement des milieux aquatiques de Parcs Canada
Avec l’établissement de la toute la première chaire de recherche de Parcs Canada, le gouvernement du Canada, en partenariat avec l’Université du Nouveau-Brunswick, appuie la restauration des milieux aquatiques par l’entremise de la recherche, la surveillance et les mesures de rétablissement du saumon de l’Atlantique.
Cette chaire de recherche a été confiée à Dr Kurt Samways, de l’Université du Nouveau-Brunswick à Saint John. Dr Samways travaillera de concert avec le projet de conservation et restauration de Parcs Canada et le projet de rétablissement du saumon dans les parcs de l’Atlantique, en adoptant une approche régionale visant à évaluer la fonction écologique du saumon, avant et après la mise en œuvre des mesures de rétablissement. Ce travail aidera à éclairer un cadre décisionnel scientifique pour aider à orienter les décisions futures.
L’UNB, un chef de file en recherche comme en éducation, travaille en étroite collaboration avec Parcs Canada depuis plus d’une décennie. L’Université était donc le choix idéal pour accueillir une chaire de recherche pour cibler et concevoir des études sur la restauration des milieux aquatiques. Cette occasion offrira aux étudiants de l’UNB des possibilités de formation pratique sans pareilles, qui sauront les préparer à une carrière en biologie de conservation.
Description du projet régional de rétablissement du saumon de l’Atlantique
Parc national Fundy :
La population de saumon de l’Atlantique de l’intérieur de la baie de Fundy a été inscrite à la liste des espèces en voie de disparition de la Loi sur les espèces en péril en 2003. L’Agence Parcs Canada s’est associée au milieu universitaire, aux membres des collectivités autochtones, à l’industrie et à tous les ordres de gouvernement pour lancer un projet pilote visant à élever des saumons de l’Atlantique sauvages en milieu océanique, avant de les libérer dans la baie de Fundy. Il s’agissait du premier projet au monde visant à recueillir de jeunes poissons sauvages afin de les élever dans un environnement océanique. Le parc national Fundy demeure un partenaire de premier plan du projet de rétablissement du saumon de la baie de Fundy visant à améliorer l’intégrité écologique et l’abondance de cette population de saumon de l’Atlantique sauvage en voie de disparition. Ce projet est à l’origine des mesures de rétablissement qui visent les rivières Upper Salmon et Point Wolfe du parc national Fundy, ainsi que la rivière Peticodiac, gérée par la Première Nation de Fort Folly.
Parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton
La population de saumon de l’est du Cap-Breton est désignée comme une espèce en péril par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). En partenariat avec les collectivités autochtones et le milieu universitaire, le présent projet vise à accroître l’abondance de cette population de saumon sauvage à risque, et à restaurer l’écosystème aquatique du ruisseau Clyburn dans le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton. Le programme de surveillance de l’intégrité écologique de Parcs Canada le long du ruisseau Clyburn a montré que cette population de saumon de l’Atlantique avait connu un tel déclin qu’elle n’était plus durable. C’est pourquoi le saumon juvénile d’origine sauvage est recueilli dans le ruisseau et transporté dans les installations du laboratoire Aquatron de l’Université Dalhousie. Le saumon de l’Atlantique y est élevé jusqu’à l’âge adulte, avant d’être à nouveau libéré dans le ruisseau Clyburn. La stratégie consiste à accroître le nombre de saumons adultes frayeurs dans ce ruisseau.
Parc national du Gros-Morne
La population de saumon du nord-ouest de Terre-Neuve n’est pas à risque, mais le stock de saumon de la rivière Trout est en déclin, et le relevé de 2017 avait indiqué que seulement 13 saumons y étaient revenus pour effectuer la montaison. Ce déclin continu du nombre de saumons de l’Atlantique adultes qui reviennent dans le bassin versant de la rivière Trout pour y frayer exacerbe le déclin de la population adaptée à cette région. En partenariat avec la communauté de la rivière Trout, les collectivités autochtones, l’industrie et le milieu universitaire, ce projet vise à accroître le nombre de saumons sauvages. Les saumons seront élevés dans l’une des installations d’élevage hors-sol de l’Université Memorial, puis seront libérés dans la rivière Trout lorsqu’ils auront atteint la maturité.
Parc national Terra-Nova
La population du nord-est de Terre-Neuve n’est pas à risque, mais les connaissances acquises lors des efforts de rétablissement menés à Terra-Nova par le passé seront fort utiles dans le cadre de la présente approche régionale en matière de conservation. En 1995, lorsque le cours inférieur de la rivière Northwest a été cédé au parc national Terra-Nova, Parcs Canada a installé une barrière de dénombrement du saumon lui permettant de déterminer que la montaison du saumon de l’Atlantique était bien inférieure aux cibles de conservation de l’habitat de Pêches et Océans Canada (MPO). On s’était alors préoccupé de la santé de la population de saumon de la rivière Northwest, ce qui avait entraîné la fermeture de la pêche récréative en 1996. Malgré cette fermeture de la pêche, une surveillance continue avait montré qu’une disparition locale de l’espèce demeurait possible. En 2002, Parcs Canada a uni ses forces à celles du MPO et des résidents locaux pour établir une nouvelle approche de conservation du saumon dans cette rivière. Ils ont formé le Groupe de travail sur la conservation du saumon de l’Atlantique de la rivière Northwest, et ont collaboré à l’élaboration d’un plan de rétablissement et de conservation de cette population. On a ainsi donné à la population le temps de se rétablir, en plus de réduire la limite de prises pouvant être conservées par les pêcheurs récréatifs, et depuis 2003, le parc national Terra-Nova est parvenu, chaque année, à atteindre sa cible de conservation, observant le retour annuel de 500 saumons dans la rivière Northwest.
Parc national Kouchibouguac
La population de saumon de Gaspé et du sud du golfe du Saint-Laurent est désignée comme une espèce en péril par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Les rivières Kouchibouguac et Kouchibouguacis sont deux affluents de la région qui se démarquent par leur importante abondance de saumons juvéniles, mais les données à long terme indiquent une tendance générale à la baisse. En faisant appel à toutes les connaissances pertinentes et à la surveillance, le présent projet vise à accroître l’abondance de la population de saumon de l’Atlantique, y compris au moyen de relevés dans l’habitat et par pêche électrique, du marquage des adultes et de l’échantillonnage génétique. En partenariat avec les collectivités autochtones et des organismes sans but lucratif, le parc national Kouchibouguac et ses partenaires collaborent à la gestion des efforts de rétablissement comportant l’implantation d’œufs dans des plateaux de protection placés dans un habitat optimal. En comparant les résultats de nos efforts de surveillance et de conservation avec ceux d’autres parcs, selon les différentes situations en matière de conservation des populations, nous pouvons mieux comprendre les échéanciers qui favorisent l’efficacité des mesures visant les populations en déclin.