Rapport annuel sur l’application de la Loi sur le multiculturalisme canadien 2018-2019

Respecter la diversité et améliorer la capacité de réagir

Sur cette page

Liste des acronymes et des abréviations

AAC
Agriculture et agroalimentaire Canada
AMC
Affaires mondiales Canada
ACS+
Analyse comparative entre les sexes plus
APA
Administration de pilotage de l’Atlantique
ARC
Agence du revenu Canada
APECA
Agence de promotion économique du Canada atlantique
AIMH
Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste
BCP
Bureau du Conseil privé
BDC
Banque du développement du Canada
CCDP
Commission canadienne des droits de la personne
CERD
Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination raciale
CNRC
Conseil national de recherches Canada
CRSH
Conseil de recherches en sciences humaines
DestCan
Destination Canada
D&I
Diversité et inclusion
EACL
Énergie atomique du Canada limitée
EE
Équité en matière d’emploi
EF
Exercice financier
FMC
Fonds des médias du Canada
GRC
Gendarmerie royale du Canada
ILA
Initiative des langues autochtones
ISDE
Innovation, Sciences et Développement économique
PCH
Patrimoine canadien
PSCMLR
Programme de soutien aux communautés, au multiculturalisme et à la lutte contre le racisme
OIRPC
Office d’investissement du régime de pensions
SAFF
Sondage auprès des fonctionnaires fédéraux
SC
Santé Canada
SCHL
Société canadienne d’hypothèque et de logement
SICL
Société immobilière du Canada limitée
SPAC
Services publics et Approvisionnement Canada
StatsCan
Statistiques Canada

Avant-propos du ministre du Patrimoine canadien

Steven Guilbeault

Nos valeurs et nos principes d’inclusion et de diversité sont ancrés non seulement dans notre société, mais aussi dans des lois comme la Loi sur le multiculturalisme canadien. Au cours de la dernière année, nous avons souligné son 30e anniversaire et renouvelé notre engagement à l’égard de ces principes.

Des événements récents au Canada et à l’étranger ont montré qu’aucune collectivité n’est à l’abri des effets de la rhétorique haineuse. Notre gouvernement reconnaît que nous sommes dans une position unique pour lutter contre le racisme dans nos institutions et dans notre société. La lutte contre toutes les formes de racisme, de xénophobie, d’intolérance et de discrimination religieuse doit se poursuivre.

Tout au long de l’année, nous avons continué de souligner l’importance de défendre les droits de la personne, la diversité des individus, puis d’établir des collectivités inclusives. Nous donnons suite à ces priorités grâce aux mesures annoncées dans le budget de 2018, qui prévoyaient une augmentation de financement pour renforcer le Programme du multiculturalisme. Le budget 2018 a également augmenté les fonds destinés à renforcer les capacités des communautés racisées, des minorités religieuses et des groupes autochtones, ainsi que le soutien communautaire aux jeunes Canadiens noirs afin de répondre aux préoccupations critiques qui pourraient entraver leur participation pleine et équitable à notre société. En outre, un financement a été attribué pour célébrer, partager les connaissances et renforcer les capacités de nos communautés noires canadiennes dynamiques, en reconnaissance de la Décennie internationale des Nations unies pour les personnes d'ascendance africaine.

Tous les Canadiens en profitent lorsque nous accueillons la diversité avec un esprit d’ouverture et de coopération. Le budget 2018 a octroyé un soutien financier aux consultations nationales sur l'élaboration d’une nouvelle stratégie nationale de lutte contre le racisme et la discrimination. Le budget de 2019 a renforcé l’engagement du gouvernement à lutter contre le racisme et la discrimination en élaborant cette nouvelle stratégie de lutte contre le racisme. Au cœur de cette stratégie, un secrétariat de lutte contre le racisme pangouvernemental s’emploiera à cerner des occasions, à coordonner des activités et à collaborer avec nos communautés diverses.

Le gouvernement continuera d’être à l’écoute des Canadiens et de les mobiliser en vue de favoriser une sensibilisation publique accrue au racisme et à la discrimination systémiques et de renforcer l’appui aux communautés sous-représentées.

Cette année, le multiculturalisme a été mis en avant dans tout le pays, alors que les Canadiens célébraient la diversité au sein de leurs communautés et entre celles-ci. Le gouvernement du Canada et ses partenaires ont soutenu l’engagement international et national par des activités de sensibilisation du public et de promotion comme le Mois du patrimoine asiatique et le Mois de l’histoire des Noirs. Ensemble, nous avons également contribué au financement des célébrations de la Journée canadienne du multiculturalisme à Montréal, Vancouver et Toronto le 27 juin 2018.

En tant que ministre du Patrimoine canadien, je suis fier de tout ce que nous avons accompli en 2018-19, et je vous invite à lire le présent rapport pour en apprendre davantage.

Introduction

Le gouvernement du Canada reconnaît que la lutte contre toutes les formes de racisme systémique, de xénophobie, d’intolérance et de discrimination religieuse exige un engagement continu. Le Canada demeure déterminé à se doter de politiques et de programmes qui reflètent l’essence du multiculturalisme, de la diversité et de l’inclusion. C’est dans cet esprit que nous présentons cette année le Rapport annuel sur l’application de la Loi sur le multiculturalisme canadien.

La diversité du Canada ne cesse de croître et elle est considérée comme l’un de nos attributs les plus importants sur les plans social et économique. Statistique Canada prévoit que d’ici 2036, entre 31 % et 36 % de la population appartiendra à une minorité visible, comparativement à environ 22 % aujourd’hui.

Cependant, malgré notre réputation d’être une société diversifiée et accueillante, il persiste des inéquités. Il existe de nombreuses preuves que le racisme et la discrimination continuent d’avoir des répercussions sur les nouveaux arrivants, les groupes racisés, les minorités religieuses, les peuples autochtones et les Canadiens de plusieurs générations aux appartenances culturelles variéesNote de bas de page 1. Ces collectivités continuent de dénoncer le fait qu’elles sont victimes de discrimination au travail notamment lorsque ces membres postulent pour des emplois ou demandent des promotions, ce qui se traduit par des taux de chômage plus élevés. De plus, un écart salarial persiste parmi les personnes ayant fait des études universitaires, et certaines collectivités sont surreprésentées dans le système de justice pénale, ce qui a été souligné par la Commission canadienne des droits de la personne (Figure 1).

Figure 1 : Statistiques sur la discrimination et les crimes haineux
Figure 1 : Statistiques sur la discrimination et les crimes haineux, version texte ci-dessous
Figure 1 : Statistiques sur la discrimination et les crimes haineux – version texte
  • 25 % du nombre total de plaintes de discrimination déposées auprès de la Commission en 2016 étaient liées à la race, la couleur, l’origine nationale ou ethnique et la religion.
  • 43 % des crimes haineux déclarés à la police en 2017 avaient été motivés par la haine d’une race ou de l’origine ethnique.
  • 16 % Les crimes visant les Noirs sont demeurés le type le plus répandu de crimes haineux motivés par la race ou l’origine ethnique (16 % des crimes haineux en 2017)
  • 17 % Les crimes haineux ciblant les musulmans représentaient 17 % des crimes haineux déclarés au Canada en 2017.
81¢
Les Canadiens racisés gagnent également en moyenne 81 cents par rapport aux autres Canadiens.
3x
Les hommes noirs vivant à Toronto sont trois fois plus susceptibles d’être arrêtés pour vérification d’identité par la police.
40 %
Environ 40 % des employeurs sont plus susceptibles d’accorder une entrevue à une personne à la recherche d’un emploi dont le nom est à consonance anglaise qu’à d’autres personnes dont le niveau d’éducation, de compétence et d’expérience est identique.

Les données sur les crimes haineux signalés à la police sont l’une des preuves de racisme et de discrimination dont sont victimes les minorités racisées et religieuses. Les données sur les crimes haineux signalés à la police ont culminé en 2017, ce qui représente une augmentation de 47 % par rapport à l’année précédente. Ce résultat est principalement attribuable à une montée de manifestations de crimes haineux sur des propriétés, par des graffitis et du vandalisme. Ces incidents ciblaient principalement les populations musulmane, juive et noire et représentaient la majeure partie de la hausse observée à l’échelle nationale. Le nombre de crimes haineux en 2018 a légèrement diminué de 13 %, mais demeure plus élevé que toute autre année depuis 2009, à l’exception de 2017.

Le Canada n’est pas à l’abri de la résurgence mondiale de la rhétorique nationaliste ethnique, du sentiment anti-immigrant et de la xénophobie. Compte tenu de l’importance et de la portée des médias sociaux dans la société, il ne faut pas négliger leur puissant rôle dans la diffusion de discours haineux et du sectarisme. Cette puissance s’observe particulièrement auprès des jeunes sur qui les médias sociaux exercent une influence considérable. La désinformation en ligne peut diminuer la cohésion sociale et propager le racisme et la haine en ligne. De plus, les technologies de filtration de contenu en ligne peuvent réduire l’exposition des Canadiens à des points de vue différents et accroître la polarisation. L’exposition constante à des sources d’information peu fiables fait maintenant partie de l’expérience en ligne des Canadiens. La meilleure protection possible contre la désinformation en ligne est une population informée capable de repérer le contenu faux et trompeur. Il reste donc impératif de fournir aux Canadiens les outils dont ils ont besoin pour naviguer dans le nouvel écosystème d’information.

La première partie du présent rapport résume les réalisations du Programme du multiculturalisme à PCH, ainsi que d’autres initiatives entreprises par PCH et les organismes de son portefeuille, qui contribuent à la mise en œuvre de la politique canadienne du multiculturalisme.

La deuxième partie du présent rapport résume la façon dont les autres institutions fédérales ont respecté leurs obligations en vertu de la Loi sur le multiculturalisme canadien dans quatre domaines thématiques :

  1. la collecte de données,
  2. l’éducation et la sensibilisation,
  3. la prévention et les solutions, et
  4. la promotion et la célébration.

Cette section démontre comment les institutions fédérales appliquent les exigences de la Loi et met en évidence une série de pratiques prometteuses qui reflètent la réalité multiculturelle du Canada.

Partie 1 : Patrimoine canadien

Description du Programme du multiculturalisme

La Loi sur le multiculturalisme canadien vise à favoriser le respect mutuel entre les Canadiens, à encourager la participation équitable dans une société composée de personnes de toutes origines ethniques, raciales et religieuses, et à promouvoir un sentiment d’attachement et d’appartenance au Canada. La Loi ordonne au ministre d’élaborer et d’exécuter des programmes et des pratiques à l’appui de sa mise en œuvre. Le Programme du multiculturalisme dirige des travaux à l’échelle du gouvernement fédéral pour faire progresser la mise en œuvre de la Loi et vise à :

Infographie sur le Programme du multiculturalisme, version texte ci-dessous
Infographie sur le Programme du multiculturalisme – version texte
Bâtir une société intégrée et cohésive sur le plan social
  • En jetant des ponts pour promouvoir la compréhension interculturelle et interconfessionnelle;
  • En favorisant la commémoration civique, la fierté et le respect des valeurs démocratiques;
  • En favorisant l’égalité des chances pour les personnes de toutes origines.
Améliorer la réceptivité des institutions aux besoins d’une population diversifiée
En aidant les institutions fédérales et publiques à mieux s’adapter à la diversité en intégrant le multiculturalisme à l’élaboration des politiques et des programmes et à la prestation des services.
Participer activement aux discussions sur le multiculturalisme et la diversité à l’échelle internationale
En faisant la promotion des approches canadiennes de la diversité comme étant des modèles de réussites, tout en contribuant à un dialogue stratégique international sur les enjeux liés au multiculturalisme.

Pour atteindre ces objectifs, le Programme du multiculturalisme axe ses interventions sur cinq domaines d’activité :

Investissements communautaires – le Programme de soutien aux communautés, au multiculturalisme et à la lutte contre le racisme (PSCMLR), auparavant appelé Inter-Action, verse des subventions et des contributions dans le cadre de trois volets : Projets, Évènements et Renforcement des capacités communautaires. Un autre volet, l’initiative de Soutien communautaire pour les jeunes Canadiens noirs, finance des projets qui visent à relever les défis uniques auxquels font face les jeunes Canadiens noirs.

Politique stratégique – fournis des conseils stratégiques fondés sur des données probantes sur le cadre législatif, stratégique et réglementaire global pour l’application de la Loi sur le multiculturalisme canadien au Canada. La direction effectue également des activités de surveillance, de recherche et d’analyse des besoins et des intérêts de divers groupes, ainsi que des tendances et des enjeux émergents dans les domaines du multiculturalisme, de la diversité et de l’inclusion.

Sensibilisation et promotion auprès du public – mène des activités de sensibilisation et informe le public des initiatives relatives et au multiculturalisme, comme le Mois du patrimoine asiatique, le Mois de l’histoire des Noirs et la Journée du multiculturalisme, afin d’accroître la sensibilisation, la compréhension et le dialogue public au sujet du multiculturalisme au Canada.

Soutien aux institutions fédérales et publiques – aide les institutions fédérales à respecter leurs obligations en vertu de la Loi sur le multiculturalisme canadien en partageant les défis, les pratiques exemplaires et les ressources pour améliorer la mise en œuvre de la Loi.

Engagement international – appuie la participation du Canada à des accords et à des organismes internationaux, comme la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale et l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste.

Principaux engagements fédéraux et internationaux

Dans le rapport annuel de l’an dernier (2017-18), le Canada a accueilli favorablement les recommandations découlant de la comparution du Canada en 2017 devant le Comité des Nations Unies pour l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale (CERD)Note de bas de page 2, et y a répondu, ainsi que le dixième rapport du Comité permanent du patrimoine canadien intitulé « Agir contre le racisme systémique et la discrimination religieuse, y compris l’islamophobie » (2018)Note de bas de page 3. Ces deux comités ont recommandé au Canada différentes façons dont il pourrait tirer parti d’une approche fédérale renouvelée et coordonnée visant à éliminer les obstacles auxquels font face les communautés racisées, les minorités religieuses et les peuples autochtones, et ont souligné le besoin de recueillir des données plus nombreuses et mieux ventilées selon la race pour éradiquer efficacement le racisme institutionnel.

Au cours de l’exercice 2017-18, une évaluation du Programme du multiculturalisme a été effectuée pour la période du 1er avril 2011 au 31 mars 2017. Les constatations de cette évaluation ont été rendues publiques en mars 2018 et ont souligné le besoin de : renouveler les objectifs; examiner la structure du Programme; se doter de mesures et d’instruments de données améliorés; revoir les critères d’admissibilité des projets pour régler les problèmes systémiques aux échelles régionale et locale; mettre en œuvre des mesures pour assurer le respect des normes de service. Les recommandations de l’évaluation ont servi à orienter les travaux du Programme du multiculturalisme tout au long de 2018-19. Voici un aperçu des principales réalisations du Programme au cours de la dernière année.

Principales réalisations du Programme du multiculturalisme

Afin d’accroître sa capacité de répondre aux priorités nouvelles et émergentes, le Programme a modifié sa structure et la conception de sa programmation. En effet, il a créé la Direction générale du multiculturalisme en 2018, sous l’égide de Patrimoine canadien, qui a regroupé l’ensemble des fonctions clés susmentionnées du programme, notamment celles responsables des subventions et contributions, de la politique stratégique, de la sensibilisation et de la promotion auprès du public, du soutien aux institutions publiques fédérales et de la mobilisation internationale.

Comme promis en 2018, Patrimoine canadien a reçu 23 millions de dollars sur deux ans pour renforcer le Programme du multiculturalisme. Cette enveloppe comprenait 21 millions de dollars en subventions et contributions consacrées à la lutte contre le racisme et la discrimination, en mettant l’accent sur les peuples autochtones et les femmes et les filles racisées, et 2 millions de dollars pour tenir des consultations pancanadiennes sur une nouvelle approche nationale de lutte contre le racisme, réunissant des experts, des organismes communautaires, des citoyens et des dirigeants interconfessionnels afin de trouver de nouvelles façons de collaborer et de lutter contre le racisme et la discrimination.

En 2018, le programme Inter-Action a été renommé PSCMLR, afin de refléter les nouveaux objectifs pour les subventions et contributions du Programme du multiculturalisme. Deux nouvelles composantes ont été ajoutées au programme de financement révisé, soit le « Renforcement des capacités communautaires » et le « Soutien communautaire pour les jeunes Canadiens noirs ». Ces révisions appuient le Programme dans le financement des mesures communautaires ciblant les communautés racisées, les peuples autochtones et les minorités religieuses, et permettant de mieux répondre aux besoins locaux et régionaux uniques.

Dans le budget de 2018, des changements supplémentaires ont été apportés aux modalités du programme, notamment au volet relatif aux événements du programme, afin de faire passer le montant maximal payable de 25 000 $ à 100 000 $ par événement, d’éliminer l’exigence de financement de contrepartie et de permettre la célébration d’événements communautaires uniques. À la suite de ces changements, le Programme a connu une augmentation importante des demandes de financement pour des événements (Figure 2).

Séances de mobilisation à l’échelle du pays – Stratégie canadienne de lutte contre le racisme, version texte ci-dessous
Séances de mobilisation à l’échelle du pays – Stratégie canadienne de lutte contre le racisme – version texte

D’octobre 2018 à mars 2019, des séances de mobilisation ont été tenues partout au pays pour aider à orienter l’élaboration d’une nouvelle stratégie fédérale de lutte contre le racisme. Celles-ci comprenaient 22 forums en personne qui ont accueilli environ 600 personnes et 443 organismes. Des séances particulières ont été tenues en partenariat avec des groupes communautaires et des peuples autochtones, y compris les Premières Nations, les Métis et les Inuits. De même, tous les Canadiens ont été invités à participer au sondage en ligne. Au total, 866 répondants ont répondu à au moins une des six questions du sondage en ligne.

Les nouveaux volets du PSCMLR sont les suivants :

Figure 2 : Nombre d’événements financés et montant total du financement
Figure 2 : Nombre d’événements financés et montant total du financement, version texte ci-dessous
Figure 2 : Nombre d’événements financés et montant total du financement – version texte
2017-2018 2018-2019
Nombre d’événements financés 234 291
Montant total du financement 2,7 M$ 4,7 M$

Ces changements au PSCMLR représentent collectivement une augmentation de 24 % du nombre d’événements soutenus et de 71 % de la valeur monétaire totale.

En 2018, le gouvernement prévoyait également neuf millions de dollars sur trois ans pour Patrimoine canadien, afin de prendre en charge les problèmes liés aux jeunes Canadiens noirs, et dix millions de dollars sur cinq ans pour l’Agence de la santé publique, afin de relever les défis auxquels font face les Canadiens noirs en appuyant des programmes de santé mentale axés sur la culture au Canada.

Pour donner suite à l’engagement pris par le gouvernement, le nouveau volet, Soutien communautaire aux jeunes Canadiens noirs, a été ajouté au PSCMLR. Ce volet servira à financer des projets qui répondent aux défis uniques auxquels font face les jeunes Canadiens noirs en :

Le financement appuiera également la mobilisation des jeunes Canadiens noirs; l’élaboration d’une campagne d’éducation et de sensibilisation; la recherche sur des questions propres aux Canadiens noirs; et l’élaboration d’un solide cadre de mesure du rendement pour l’approche dans son ensemble.

PSCMLR – Programme de subventions et de contributions

En 2018-19, le PSCMLR a financé 51 projets et 291 événements communautaires qui font la promotion de la diversité et de l’inclusion en encourageant l’interaction positive entre les Canadiens de toutes origines. Ces projets et événements contribuent à l’édification d’une société intégrée et cohésive sur le plan social. D’après les rapports que nous avons reçus jusqu’à maintenant des bénéficiaires de financement, nous savons que près d’un million de Canadiens ont été rejoints grâce au financement du PSCMLR.

Sensibilisation et promotion auprès du public

Les activités de sensibilisation et de promotion du Programme du multiculturalisme comprennent traditionnellement le Mois de l’histoire des Noirs, le Mois du patrimoine asiatique, diverses ressources sur le Web et d’autres initiatives. Ces activités permettent à tous les Canadiens d’être exposés à de nouveaux récits sur le multiculturalisme, tout en représentant véritablement la grande diversité de la société canadienne. Le Mois de l’histoire des Noirs et le Mois du patrimoine asiatique ont tous deux fait l’objet d’activités de promotion grâce à des trousses de médias sociaux qui comprenaient des affiches éducatives téléchargeables, qui mettaient en évidence le thème de la campagne et qui étaient accessibles aux écoles, aux bibliothèques, aux musées et au public sur demande. Le financement a également été facilité dans le cadre du volet Événements du PSCMLR pour les collectivités qui voulaient célébrer ces patrimoines culturels à l’échelle locale.

Mois de l’histoire des Noirs

Chaque année, en février, les Canadiens sont invités à participer aux festivités et aux événements du Mois de l’histoire des Noirs qui rendent hommage au patrimoine et à toutes les contributions des Canadiens noirs d’hier et d’aujourd’hui. En 2019, le thème de la campagne du Mois de l’histoire des Noirs du gouvernement du Canada était « Les jeunes Canadiens noirs : Sans limites, enracinés et fiers ». Voici un exemple des nombreuses activités qui ont été mises en œuvre au cours de ce mois.

Infographie de la campagne du mois de l’histoire des Noirs : « Les jeunes canadiens noirs : sans limites, enracinés et fiers »
Iqaluit célèbre son premier Mois de l’histoire des Noirs

La capitale du Nunavut, Iqaluit, a lancé sa première cérémonie du Mois de l’histoire des Noirs en février. Les descendants africains sont présents sur le territoire canadien depuis le début du XVIIe siècle, ce que de nombreux habitants d’Iqaluit et la majorité des Canadiens ignoraient. Jean Augustine, la première femme noire élue à la Chambre des communes, était l’une des conférencières d’honneur lors de cet événement au Cadet Hall d’Iqaluit. Le succès de cet événement a surtout été marqué par les liens partagés et la fusion des cultures inuite et africaine qu’il a créé. Ces activités mettent également en lumière les expériences de racisme et de discrimination auxquelles font face les Canadiens noirs et les Inuits encore aujourd’hui. Environ 100 résidents d’Iqaluit de toutes origines ont participé à cet événement, reflétant la diversité de l’Iqaluit qui accueille de plus en plus d’immigrants du monde entier.

Le logo du Mois de l’histoire des Noirs d’Iqaluit, conçu par Lekan Thomas, combine des éléments de la culture africaine, du Nunavut et du Canada.

Mois du patrimoine asiatique

Le Mois du patrimoine asiatique rend hommage aux nombreuses réalisations et contributions des Canadiens d’origine asiatique qui, au cours de l’histoire, ont tant fait pour que le Canada devienne le pays riche, sur le plan culturel, qu’il est aujourd’hui. Le thème de la campagne du Mois du patrimoine asiatique de 2019 était « Jeunes Canadiens d’origine asiatique : Modeler l’avenir du Canada ». La campagne a attiré l’attention sur le rôle que jouent les jeunes Canadiens d’origine asiatique dans notre société et sur leur contribution à notre identité canadienne. L’histoire de l’immigration asiatique au Canada remonte à plus de 150 ans.

Infographie de la campagne du patrimoine du mois asiatique : « Les jeunes asiatiques : Modeler l’avenir du Canada ».
MS St Louis – Excuses officielles

Le 7 novembre 2018, le Premier ministre a présenté des excuses officielles à la Chambre des communes au sujet du sort malheureux du MS Saint Louis et de ses passagers. En 1939, le Canada a refusé l’asile à 907 juifs allemands, dont 254 ont perdu la vie pendant l’Holocauste. Le Premier ministre a présenté ses excuses aux passagers, à leurs familles et aux communautés juives du Canada et du monde entier. Le Premier ministre a aussi présenté des excuses aux réfugiés juifs que le Canada a détournés, et pour la rhétorique politique antisémite qui prônait qu’« aucun, c’est encore trop » qui ont mené à l’incident du MS Saint Louis.

« Aujourd’hui, je prends la parole dans la Chambre des communes afin de présenter des excuses, attendues depuis trop longtemps, aux réfugiés juifs que le Canada a détournés. J’espère sincèrement qu’en présentant ces excuses, nous pourrons mettre en lumière ce douloureux chapitre de notre histoire et nous assurer de ne jamais oublier ses leçons apprises. L’antisémitisme, la xénophobie et la haine n’ont pas leur place dans notre pays, ni ailleurs dans le monde. Les récents attentats visant la communauté juive témoignent du travail qu’il nous reste à faire. Nous devons toujours nous opposer aux attitudes xénophobes et antisémites et contre toutes les formes d’haine. »Note de bas de page 4

Infographie de Bibliothèque et archives Canada sur Twitter sur le MS St. Louis.

Adoption des mois nationaux commémoratifs en 2018-19

Conformément au riche patrimoine culturel de notre pays et à l’esprit de la politique de multiculturalisme – qui reconnaît le droit de tous les membres de la société canadienne de maintenir, de valoriser et de partager leur patrimoine culturel – le Parlement du Canada a adopté deux nouvelles initiatives parlementaires proclamant la contribution inestimable des communautés philippine et latino-américaine à la société canadienne. Depuis 2018, le mois de juin est maintenant reconnu comme le Mois du patrimoine philippin et octobre comme le Mois du patrimoine latino-américain, afin de rendre hommage à ces communautés qui ont apporté et continuent d’apporter une contribution indéniable au tissu social, économique et politique du pays. Ces mois sont une excellente occasion pour les Canadiens d’en apprendre davantage sur ces collectivités.

Infographie de PCH sur Twitter pour le mois du patrimoine philippin.
Infographie de PCH sur Twitter pour le mois du patrimoine latino-américain.

Mobilisation internationale

Les activités du Programme du multiculturalisme s’étendent au-delà des frontières canadiennes. En participant à des forums internationaux et en appuyant les engagements internationaux du Canada, le Programme tire des leçons du dialogue sur les politiques internationales en matière de diversité, et y contribue, tout en faisant progresser les objectifs de la Loi sur le multiculturalisme canadien.

Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale

Le Canada est signataire de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale des Nations Unies, qui promeut et encourage le respect universel des droits de la personne et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction fondée sur la race, le sexe, la langue ou la religion. Comme nous l’avons mentionné plus tôt dans ce rapport, les discussions du Canada avec le CERD ont donné l’occasion d’examiner notre travail de façon objective et d’améliorer les initiatives de lutte contre le racisme mentionnées plus hautNote de bas de page 5.

Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste

Établie en 1998, l’AIMH est une coalition de pays membres gouvernés par les principes exprimés dans la Déclaration du Forum international de Stockholm sur l’Holocauste (Déclaration de Stockholm). Le Canada est devenu un État membre de l’AIMH en 2009. En sa qualité de membre, le Canada a l’occasion de partager son expertise en matière d’éducation, de recherche et de commémoration de l’Holocauste, et joue un rôle central en tant que conciliateur et « bâtisseur de ponts ». En 2018, l’AIMH a établi une priorité quinquennale pour préserver la mémoire de l’Holocauste et contrer la distorsion des antisémites à l’égard des Juifs. Une définition pratique de la négation et de la distorsion de l’Holocauste avait déjà été adoptée par l’AIMH sous la présidence du Canada en 2013. Par ailleurs, en 2018, l’Union européenne est devenue un partenaire international permanent de l’AIMH.

Principales initiatives à Patrimoine canadien : Améliorer le mandat relatif au multiculturalisme

Le ministère de PCH et les organismes de son portefeuille ont été des chefs de file dans l’avancement de la priorité du gouvernement en matière de diversité et d’inclusion. Ils s’efforcent de remplir le mandat de préserver et de renforcer le multiculturalisme en faisant la promotion de la diversité ethnoculturelle des Canadiens dans leurs programmes, politiques et services.

Le Ministère appuie la culture, les arts, le patrimoine, les langues officielles, l’engagement et la participation des citoyens, les initiatives pour la jeunesse et les sports, ainsi que les langues et les cultures autochtones. C’est grâce à ces programmes et à ceux de ses nombreux organismes du portefeuille que PCH fait la promotion du multiculturalisme et de la diversité au Canada.

Voici quelques initiatives entreprises par le ministère de PCH et les organismes de son portefeuille en 2018- 19 qui ont contribué à renforcer le multiculturalisme.

Stratégie d’exportation créative

En juin 2018, la Stratégie d’exportation créative a été mise en œuvre grâce à un investissement de 125 millions de dollars sur cinq ans pour aider les entrepreneurs canadiens créatifs à maximiser leur potentiel d’exportation. La Stratégie élargit les débouchés pour les industries créatives canadiennes et fait la promotion du secteur culturel du Canada à l’étranger. Elle propose une approche modernisée et adaptée aux défis que doivent relever les industries créatives d’aujourd’hui.

Voici trois activités que la Stratégie a appuyées en 2018-2019 et qui ont aidé les entrepreneurs créatifs canadiens à élargir leur portée mondiale et à atteindre leurs objectifs d’affaires internationales :

Fonds des médias du Canada

Le Fonds des médias du Canada (FMC) a pour mission de favoriser, promouvoir, développer et financer la production de contenu canadien et d’applications pertinentes pour toutes les plateformes de médias audiovisuels, afin de produire du contenu personnalisé pour les Canadiens, en temps opportun. Les organismes soutenus par le FMC comprennent, entre autres, les entreprises canadiennes de production pour la télévision et les médias numériques. Les communautés autochtones, les communautés de langue officielle en situation minoritaire, ainsi que les communautés de la diversité linguistique bénéficient d’enveloppes spéciales de financement de la production sous forme de contributions.

Sur les 352 millions de dollars du budget du FMC, 0,9 % ont été affectés au programme de Langues diverses. Avec l’enveloppe du Programme pour les autochtones incluse, ce pourcentage a augmenté à 3,3 % en 2018-19. Le Programme de diversité linguistique appuie les productions qui reflètent la diversité canadienne en finançant des projets dans des langues autres que l’anglais, le français ou les langues autochtones.

Conseil des arts du Canada

Le mandat du Conseil des Arts du Canada est de favoriser et de promouvoir l’étude et la diffusion des arts, ainsi que la production d’œuvres d’art. Le Programme d’évaluation par les pairs du Conseil des Arts du Canada est à la base de la majorité des décisions du Conseil sur le financement des artistes, des projets et des organismes. Les pairs évaluateurs sont sélectionnés grâce à leur diverse spécialisation professionnelle, pratique artistique, démographie (âge, sexe, origine ethnique) et leur région, afin d’éviter intentionnellement les types d’arts homogènes.

Le Conseil des Arts du Canada présente des exposés contextuels sur diverses pratiques artistiques que les pairs ne connaissent peut-être pas pour favoriser la compréhension des pratiques artistiques émergentes ou moins connues. Il vise à les sensibiliser aux contextes culturels historiques et actuels, ainsi qu’aux obstacles auxquels font face les groupes prioritaires désignés, lors de l’évaluation et de la notation des demandes. Les exemples d’exposés contextuels comprennent les arts de diverses cultures et l’appropriation culturelle.

Sport Canada

Sport Canada favorise et augmente la participation des Canadiens au sport, de l’initiation au sport jusqu’aux niveaux les plus élevés, grâce aux paiements de transfert et au leadership en matière de politiques sportives. Il veille à ce que tous les Canadiens aient accès à des programmes sportifs harmonisés et de qualité dans un environnement sécuritaire et accueillant, peu importe leur race, leur sexe ou leur handicap physique. Le tout, dans le but de favoriser le développement d’athlètes de haut niveau, d’entraîneurs, d’officiels, de dirigeants et d’organisations au sein du système sportif canadien. Sport Canada aide également les collectivités canadiennes à accueillir les Jeux du Canada et des événements sportifs internationaux.

Voici quelques activités qui ont eu lieu dans le domaine du sport en 2018-19 :

Programme Échanges Canada

Le programme Échanges Canada a permis à plus de 13 900 jeunes de mieux connaître et comprendre le Canada; de créer des liens les uns avec les autres; et d’accroître leur appréciation de la diversité et des aspects communs de l’expérience canadienne. En participant à des forums et à des échanges de groupe, les jeunes ont eu l’occasion de tisser des liens avec d’autres jeunes et d’en apprendre davantage sur l’histoire, la géographie, l’industrie, les institutions, les communautés, les cultures et les langues du Canada.

En raison de leur participation au programme Échanges Canada, 90 % des jeunes ont déclaré avoir créé de nouveaux liens avec des membres d’autres collectivités; 87 % des jeunes participants ont déclaré qu’ils appréciaient davantage la diversité du Canada; 83 % ont reconnu qu’ils avaient appris de nouvelles choses sur le Canada; 82 % ont déclaré mieux comprendre ce que les Canadiens ont en commun; et 81 % ont déclaré un sentiment accru d’attachement au Canada.

Partie 2 : Mise en œuvre de la Loi sur le multiculturalisme canadien dans l’ensemble des institutions fédérales

Méthodologie et approches d’analyse

La deuxième partie du rapport annuel suit la structure de l’article 3.2 de la Loi sur le multiculturalisme canadien, qui décrit les responsabilités des institutions fédérales en matière de multiculturalisme. La Loi sur le multiculturalisme canadien ont reconnu le rôle crucial que les organismes fédéraux pourraient jouer au chapitre de la préservation et de la valorisation du multiculturalisme au Canada. En plus d’inciter les institutions fédérales à « mener leurs activités d’une manière sensible et adaptée à la réalité multiculturelle du Canada », la Loi permet aux institutions fédérales d’aborder la question de l’égalité des chances au sein de leurs institutions, de promouvoir le renforcement des capacités, d’améliorer la compréhension et le respect de la diversité, de recueillir des recherches et des données qui appuient l’élaboration de politiques, de programmes et de pratiques pertinents, et d’utiliser de façon appropriée les compétences linguistiques et les connaissances culturelles des personnes de toutes origines.

Afin de recueillir des renseignements auprès des institutions fédérales aux fins de la rédaction du présent rapport annuel, PCH a distribué des questionnaires aux institutions gouvernementales de toutes tailles et de tous mandats confondus. Les questionnaires visaient à déterminer et à évaluer les efforts déployés par le gouvernement fédéral pour sensibiliser la société à la diversité et à l’inclusivité culturelles du Canada. Le présent rapport vise à offrir un aperçu des activités entreprises par les institutions fédérales à l’appui de l’application de la Loi, ainsi qu’à assurer la responsabilisation et un espace commun pour disséminer les pratiques dites prometteuses.

Sur les 159 ministères qui ont reçu le questionnaire, 105 y ont répondu. Chaque questionnaire comportait environ 20 questionsNote de bas de page 6 divisées en trois sectionsNote de bas de page 7. Les contributions reçues ont été examinées et analysées en regard des quatre thèmes suivants de l’article 3.2 de la Loi sur le multiculturalisme canadien.

Les quatre thèmes tirés de l’article 3.2 de la Loi sur le multiculturalisme canadien, version texte ci-dessous
Les quatre thèmes tirés de l’article 3.2 de la Loi sur le multiculturalisme canadien - version texte
Collecte de données
Efforts pour recueillir et utiliser des données afin de concevoir des politiques, des programmes, et des pratiques fondés sur des données probantes qui sont sensibles à la réalité multiculturelle du Canada.
Éducation et sensibilisation
Efforts pour éduquer et sensibiliser à la diversité culturelle et raciale, et aux défis auxquels ces groupes sont confrontés, et efforts pour promouvoir l’inclusion et la cohésion sociales.
Prévention et solutions
Efforts visant à assurer l’accès intégral et équitable des personnes et des collectivités de toutes origines.
Promotion et célébration
Efforts pour promouvoir et célébrer la contribution historique, et le patrimoine des communautés de toutes origines à la société canadienne.

Les initiatives décrites ci-dessous sont un échantillon des nombreuses initiatives présentées par les institutions fédérales pour les fins du rapport de cette année.

Réalisations des autres institutions fédérales – Analyse thématique

Pratiques prometteuses identifiées

Collecte de données

De nombreux ministères et organismes gouvernementaux tirent de plus en plus parti du pouvoir des données pour prendre de meilleures décisions et, en fin de compte, mieux servir les Canadiens. Les données fournissent une base solide pour l’amélioration des politiques, des programmes et des pratiques et, dans l’ensemble, renforcent le travail basé sur des données factuelles du gouvernement.

Pour les fins du rapport annuel de cette année, on a demandé aux institutions fédérales de déclarer si elles recueillent des données statistiques sur la diversité raciale, ethnique, et religieuse, autres que des données relatives à l’équité en matière d’emploi (EE), et si elles ont utilisé ces données pour élaborer ou améliorer des politiques, des programmes, des pratiques et des services internes et externes. Ces questions ont été incluses dans le questionnaire afin d’avoir une meilleure idée de la capacité des institutions de recueillir des données à l’appui des politiques, des programmes, et des services internes et externes, du type de données recueillies, et de la raison de leur collecte.

Quarante-trois pour cent des institutions fédérales ont déclaré qu’elles recueillaient des données pour appuyer leurs programmes, politiques, services et initiatives, à des fins internes (32 %) et externes (11 %), 35 % ont indiqué qu’elles ne recueillaient pas de données, et 22 % n’ont fourni aucune information (Figure 3). Seulement 5 % des institutions fédérales ont déclaré qu’elles recueillent des données à l’interne et à l’externeNote de bas de page 8. Les institutions qui ont recueilli des données l’ont fait principalement au moyen d’enquêtes afin de mieux comprendre les défis rencontrés selon le sexe, l’âge, la religion, la culture, le groupe ethnique et le niveau de scolarité des individus. Plus précisément, la collecte de telles données a permis aux institutions de fournir un soutien personnalisé à leur personnel ou à leurs clients en fonction de leur perspective et de leurs besoins particuliers; d’acquérir une compréhension multidimensionnelle de la diversité dans leur milieu de travail (au-delà des données sur l’EE) et de corriger les problèmes cernés; de comprendre le système de croyances des clients et des employés, et pour comportement entre autres résultats. Les plus petites institutions ont fait remarquer que la collecte de données peut représenter un défi, car la taille de leur organisation rend difficile la protection des renseignements personnels des employés ou de ceux à qui ils offrent des services.

La revue de cette année montre une amélioration importante des résultats par rapport à ceux présentés dans le rapport annuel précédent. Cette année, seulement 35 % des institutions fédérales ont déclaré ne pas avoir recueilli de données sur la diversité raciale, ethnique et religieuse, comparativement à 55 % l’an dernier.

Le multiculturalisme et l’équité en matière d’emploi ne sont pas synonymes.

L’équité en matière d’emploi est axée sur quatre groupes désignés – les femmes, les Autochtones, les personnes handicapées et les membres des minorités visibles – en milieu de travail. Le multiculturalisme a une portée plus vaste et encourage la participation de tous les groupes ethnoculturels à la vie sociale, culturelle, économique et politique du Canada.

Figure 3 : Institutions fédérales qui recueillent des données à l’interne ou à l’externe (autres que des données sur l’EE)
Figure 3 : Institutions fédérales qui recueillent des données à l’interne ou à l’externe (autres que des données sur l’EE), version texte ci-dessous
Figure 3 : Institutions fédérales qui recueillent des données à l’interne ou à l’externe (autres que des données sur l’EE) – version texte
35 %
Non
32 %
Oui (à l’interne)
11 %
Oui (à l’externe)
22 %
S.O.

Le gouvernement du Canada continue de reconnaître l’importance des données dans l’élaboration de ses politiques. Il s’est engagé à veiller à ce que l’amélioration continue du milieu de travail soit fondée sur des données probantes, comme celles recueillies dans le cadre du Sondage auprès des fonctionnaires fédéraux (SAFF), qui est géré par le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada. Le SAFF permet à la fonction publique fédérale de cerner ce qu’elle fait plutôt bien et ce qu’elle pourrait faire mieux, du point de vue de ses employés, et pour veiller à l’amélioration continue des pratiques de gestion des ressources humaines au gouvernement.

En 2018, 163 121 employés de 84 ministères et organismes fédéraux ont répondu au Sondage auprès des fonctionnaires fédéraux, ce qui représente un taux de réponse de 57,7 %. Certains des résultats du sondage comprenaient de l’information sur l’expérience des employés victimes de discrimination au travail au cours des 12 mois précédents. En 2018, 8 % des employés qui ont répondu au sondage ont indiqué qu’ils avaient été victimes de discrimination; les personnes en autorité (77 %) et les collègues (36 %) étaient les sources de discrimination les plus fréquemment citées. Les types de discrimination les plus courants étaient ceux fondés sur le sexe (29 %), l’âge (26 %) et la race (25 %). Parmi les employés qui ont indiqué avoir été victimes de discrimination, 6 % ont déposé un grief ou une plainte officielle, et 49 % n’ont pris aucune mesure. Les résultats du sondage permettront aux ministères et organismes fédéraux de cerner les points forts et les sujets de préoccupation en ce qui a trait aux pratiques de gestion des ressources humaines, de comparaison, et de suivi des progrès réalisés au fil du temps, ainsi que d’éclairer l’élaboration et l’amélioration des plans d’action. De meilleures pratiques de gestion des ressources humaine mènent à de meilleurs résultats pour la fonction publique et, en retour, à de meilleurs résultats pour les Canadiens.

Cette section met en lumière certaines des activités de recherche et de collecte de données sur le multiculturalisme entreprises par les institutions fédérales au cours de la période visée par le présent rapport :

Nom de l’institution fédérale Initiative
Banque de développement du Canada (BDC) Reconnaissant les obstacles auxquels se heurtent de nombreux nouveaux arrivants, la BDC a mis sur pied « Newcomer Entrepreneur Success Team » (NEST), un groupe d’employés voués au soutien des nouveaux arrivants entrepreneurs. La collecte de données sur les langues a permis à la BDC de déterminer dans quelles langues serait offert le programme NEST et dans quel ordre de priorité.
Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) L’institution a élargi et amélioré ses capacités d’analyse des données sur les personnes. La SCHL recueille des données démographiques dans le cadre de son Sondage sur la mobilisation des employés afin d’élaborer un indice de diversité et un indice d’inclusion. L’indice de diversité a influencé la transformation de son milieu de travail, ses communications, et son image de marque. Un indice d’inclusion a été ajouté en 2018 pour améliorer la compréhension de la dynamique d’inclusion et de la marginalisation fondée sur les groupes à la SCHL.
Commission canadienne des droits de la personne (CCDP) Cette institution recueille des données sur les plaintes à des fins internes et externes. Les données internes servent à suivre la nature et le résultat des plaintes. La CCDP recueille des données relatives aux enjeux racial, ethnique et religieux des plaintes. Ces données sont utilisées, à l’interne, pour élaborer des politiques, des objectifs en matière de rapport, et des énoncés de position, et à l’externe, pour les présentations de la CCDP au Parlement, ou à d’autres intervenants externes, et pour les communiqués de presse. De plus, la CCDP a utilisé des statistiques d’enquête nationale pour son quatrième rapport dans sa série sur les droits à l’égalité, afin d’examiner la situation des adultes appartenant à une minorité visible au Canada, par rapport aux adultes ne faisant pas partie d’une minorité visible, en fonction des sept dimensions du bien-être (social, émotionnel, spirituel, environnemental, professionnel, intellectuel et physique).
Destination Canada (DestCan) DestCan a établi son approche en matière d’études de marché en recueillant des données spécifiques, par pays, sur les comportements des voyageurs internationaux. Ces renseignements aident à éclairer divers programmes et activités de marketing qui ciblent les voyageurs étrangers visitant le Canada.
Conseil national de recherches du Canada (CNRC) L’objectif du programme d’équité, de diversité et d’inclusion (EDI) est d’appuyer l’engagement du CNRC à constituer une main-d’œuvre diversifiée et représentative, en veillant à ce que le travail du CNRC avec les clients, les partenaires et les entrepreneurs soit exempt de discrimination raciale, d’obstacles et qu’il contribue à un système d’innovation et à un CNRC plus inclusifs. Les données sur la nationalité sont recueillies au moment de l’embauche. Ces données sont utilisées pour comprendre la diversité du personnel du CNRC. Les données sur les minorités visibles et les peuples autochtones, recueillies dans le cadre du processus d’auto-identification, servent à éclairer les décisions sur l’élaboration et la mise en œuvre de programmes et de politiques à l’appui d’un recrutement et d’un maintien en poste équitables; et à cerner et à régler les défis empêchant les membres de ces groupes d’accéder aux occasions qui devraient être offertes à tous les employés.
Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) Cette institution recueille des données sur l’auto-identification auprès des demandeurs de subventions et de bourses de recherche, afin de surveiller le rendement sur le plan de l’EE des programmes du CRSH, et de concevoir de nouvelles mesures qui favorisent une plus grande équité, diversité, et inclusion dans l’entreprise de recherche.
Statistique Canada (StatsCan) Le Centre des statistiques sur le genre, la diversité et l’inclusion axe ses travaux sur trois buts et objectifs clés : la production régulière de rapports aux Canadiens, la production de nouveaux renseignements pour combler les lacunes statistiques et le renforcement des capacités statistiques. Le tout, en partageant et en collaborant avec des partenaires nouveaux et existants. Entre autres activités, le Centre a mis sur pied un centre de données destiné au public, qui comprend le thème de l’immigration et de la diversité ethnoculturelle, afin d’appuyer l’élaboration de politiques et la prise de décisions fondées sur des données probantes, tant au sein du gouvernement fédéral qu’à l’extérieur de celui-ci. En 2018-19, un document infographique et une brochure sur la population noire du Canada, publiés pendant le Mois de l’histoire des Noirs, ont présenté et célébré la croissance démographique, et la diversité de la population noire du Canada, et ont contribué à informer le public et les décideurs.
Éducation et sensibilisation

L’éducation et la sensibilisation du public demeurent deux des moyens les plus efficaces de lutter contre le racisme et la discrimination, en particulier en ce qui concerne, d’une part, la compréhension des origines multidimensionnelles du racisme et son utilisation pour opprimer des groupes particuliers, et d’autre part, de déconstruire les stéréotypes et les récits raciaux qui perpétuent les préjugés, la rhétorique violente et les sentiments xénophobes.

On a demandé aux institutions fédérales d’indiquer dans leurs formulaires de présentation si elles avaient désigné un champion du multiculturalisme qui est responsable de toutes questions liées au multiculturalisme. Près de neuf institutions sur dix (87 %) ont déclaré avoir désigné un cadre supérieur ou un champion qui est responsable de veiller à ce que les activités quotidiennes de son institution fédérale respectent la Loi sur le multiculturalisme canadien; 13 % ne l’avaient pas fait. (Figure 4) Dans la plupart des cas, les cadres supérieurs ou le personnel des ressources humaines du ministère agissent à titre de champions.

Figure 4 : Institutions fédérales ayant désigné des champions qui servent à promouvoir le multiculturalisme en milieu de travail
Figure 4 : Institutions fédérales ayant désigné des champions qui servent à promouvoir le multiculturalisme en milieu de travail, version texte ci-dessous
Figure 4 : Institutions fédérales ayant désigné des champions qui servent à promouvoir le multiculturalisme en milieu de travail – version texte
2017-2018 2018-2019
Champions qui font la promotion du multiculturalisme 86 % 87 %
Aucun champion du multiculturalisme 11 % 13 %
Aucune information fournie 3 %

Les institutions fédérales ont également été interrogées sur la participation de leurs employés aux formations de lutte contre le racisme et de discrimination raciale.

En 2018, on a mesuré une légère augmentation, par rapport à 2017, de l’offre de formations des institutions fédérales pour sensibiliser les employés à un large éventail de défis qui nuisent à l’expérience quotidienne, à la santé mentale, au développement personnel et au perfectionnement professionnel du personnel (Figure 5). Toutefois, plus de la moitié des formulaires de présentation reçus indiquaient que la formation sur la lutte contre le racisme et la discrimination de leur institution provenait de cours offerts par l’École de la fonction publique du Canada, comme le cours « Créer un milieu de travail respectueux ». La majeure partie des formations mentionnées dans ces formulaires de présentation ne portait pas exclusivement sur la lutte contre le racisme et la discrimination, ces enjeux demeuraient un thème mineur de la formation. Les types de formation les plus cités par les institutions comprenaient la formation sur la diversité et l’inclusion, les directives de travail pour créer un milieu respectueux, l’harcèlement et la discrimination, les valeurs et l’éthique, et la formation sur l’analyse comparative entre les sexes plus (ACS+). Bien que cette approche puisse être la norme, les institutions devraient envisager de donner une formation traitant spécifiquement du racisme et de la discrimination raciale afin d’aborder ces sujets plus en profondeur.

Figure 5 : Institutions fédérales qui ont offert une formation sur la lutte contre le racisme et la discrimination raciale
Figure 5 : Institutions fédérales qui ont offert une formation sur la lutte contre le racisme et la discrimination raciale, version texte ci-dessous
Figure 5 : Institutions fédérales qui ont offert une formation sur la lutte contre le racisme et la discrimination raciale – version texte
2017-2018 2018-2019
Oui 72 % 76 %
Non 17 % 12 %
Aucune information 11 % 12 %

Il est important que les ministères et organismes fédéraux comprennent mieux les nombreuses façons dont les gens sont victimes ou perpétuent le racisme systémique. Les conversations sur le racisme devraient se dérouler en toute franchise et être axées sur les solutions, en cernant et en éliminant les obstacles historiques qui ont une incidence négative sur les groupes racisés, les minorités religieuses et les peuples autochtones dans leur vie quotidienne. Il est essentiel d’offrir des occasions d’éduquer et de sensibiliser les Canadiens aux défis et aux obstacles propres à ces communautés, ainsi que de favoriser le respect mutuel et la réflexion pour créer une société inclusive et accueillante.

Voici des exemples d’initiatives d’éducation et de sensibilisation mentionnées dans les formulaires de présentation reçus des institutions fédérales :

Nom de l’institution fédérale Initiative
Agence de promotion économique du Canada atlantique (APECA) L’institution a organisé une formation sur les compétences interculturelles qui fait la promotion de la sensibilisation culturelle, des aptitudes et compétences interculturelles auprès des employés, afin de les aider à cerner les tendances de la discrimination raciale et d’y mettre fin.
Administration de pilotage de l’Atlantique (APA) En réponse au manque de représentativité des cultures et des genres dans la structure organisationnelle du Service de la marine canadienne, l’APA a organisé, en collaboration avec l’Institut nautique du Collège communautaire de la Nouvelle- Écosse « Increase Diversity in the Marine Industry » (accroître la diversité dans l’industrie maritime). Cette table ronde visait à attirer plus de femmes et de peuples autochtones dans l’espace de travail, à discuter de la sécurité en milieu de travail (y compris du racisme et des mesures de prévention d’harcèlement sexuel) et à cerner les obstacles auxquels font face les minorités ethniques dans l’industrie maritime. Il s’agissait d’une étape nécessaire dans la préparation d’une action globale continue visant à convaincre un plus grand nombre de Canadiens d’envisager une carrière en uniforme en assurant l’embauche et la participation pleine et équitable de personnes de toutes origines.
Commission canadienne des droits de la personne (CCDP) La CCDP a accueilli une table ronde intitulée « Fast Talk on Hate and Intolerance » (discussion éclair sur la haine et l’intolérance) avec des experts pour déterminer les obstacles stratégiques, législatifs et réglementaires à la justice, ainsi que les rôles potentiels de la CCDP dans la lutte contre la montée des crimes des incidents et des discours haineux au Canada. La présentation écrite et les témoignages ont éclairé l’élaboration des objectifs, des mesures de suivi et des produits livrables dans les plans d’action stratégiques de la CCDP. De plus, la CCDP, en collaboration avec Sécurité publique Canada et le Forum des politiques publiques, a organisé une table ronde sur la haine et l’intolérance en ligne. Ce groupe d’experts a aidé à acquérir des connaissances sur les façons pratiques de lutter contre la haine en ligne, de fournir un soutien communautaire, et des mécanismes de recours appropriés aux victimes de crimes haineux. Les membres du groupe d’experts comprenaient plusieurs personnes ayant une expérience pertinente sur la question de la haine et de l’intolérance.
Office d’investissement du régime de pensions du Canada (OIRPC)

L’OIRPC a réévalué sa formation « Impact of Unconscious Bias » (impacts des biais inconscients) et a cerné ses limites pour redéfinir ses besoins, et a mis à l’essai un nouvel atelier intitulé « Managing through Inclusion » (gestion par l’inclusion). Cet atelier a permis de mieux outiller les gestionnaires à favoriser l’inclusion et la productivité. Compte tenu du succès des séances pilotes, il a été décidé de rendre cette formation obligatoire pour tous les gestionnaires. Voici les résultats de cet atelier :

  1. a exploré la manière dont la diversité et les comportements inclusifs peuvent influer sur les résultats opérationnels;
  2. a accru la sensibilisation sur les réactions aux différences qui peuvent influer sur la gestion des talents, l’engagement, la productivité, le travail d’équipe et l’innovation;
  3. a déterminé ce qui pourrait empêcher un plus grand nombre de personnes d’avoir un rendement supérieur;
  4. a enseigné et a utilisé des outils et des stratégies d’inclusion qui permettront à tous les employés de réussir;
  5. a communiqué et modélisé les comportements attendus qui contribuent à créer et à maintenir une culture d’inclusion.
Santé Canada Santé Canada a lancé l’initiative « Building a Purposeful Career » (bâtir une carrière motivée) qui a mobilisé les minorités visibles dans des activités de développement de leadership, d’acquisition de compétences tangibles et d’apprentissage de pratiques exemplaires pour créer et mettre en œuvre des stratégies ciblées qui maximisent le potentiel et font progresser les carrières des personnes issues d’une minorité visible.
Bureau du Conseil privé (BCP) Le BCP a organisé un dialogue d’information sur le thème « Building a More Inclusive PCO » (bâtir un BCP plus inclusif) pour présenter les principaux concepts et outils qui mèneraient à son succès organisationnel, en créant un milieu de travail plus inclusif, en examinant et en remettant en question les préjugés raciaux de son personnel, entre autres choses, en explorant les concepts de l’EE et de la diversité au BCP, et en réfléchissant aux attentes et aux approches du personnel en ce qui concerne l’inclusion.
Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) SPAC a organisé un programme d’apprentissage conjoint intitulé « Respect des différences et lutte contre la discrimination » pour que les employés reconnaissent et comprennent les raisons pour lesquelles le multiculturalisme est une valeur canadienne importante, tout en expliquant et en comprenant les avantages d’avoir un personnel qui reflète la diversité de notre société.
Prévention et solutions

Le gouvernement du Canada doit jouer un rôle de premier plan dans la lutte contre le racisme et la discrimination systémiques qui existent dans nos institutions fédérales et dans les politiques, les programmes et les services publics. Par conséquent, les ministères et organismes fédéraux prennent des mesures concrètes pour prévenir et éliminer le racisme et la discrimination dans toutes les sphères de la société, en assurant l’accès complet et équitable des personnes et des collectivités de toutes les origines et de tous les secteurs. Dans ce rapport, on a demandé aux institutions fédérales si elles établissaient des partenariats avec des parties prenantes pour promouvoir le multiculturalisme ou en apprendre davantage sur les communautés multiculturelles. Nous croyons que la mobilisation des parties prenantes leur donne l’occasion de définir et de cerner les défis auxquels ils font face, selon leurs propres termes et perspectives. Ces consultations contribuent à l’établissement de nouveaux objectifs, tout en tirant parti de façon durable de leur expertise pour prévenir et éliminer les obstacles.

Cette année, les institutions fédérales ont signalé une augmentation des efforts de collaboration avec des partenaires dans le cadre des discussions sur le multiculturalisme et de la promotion de celui-ci (Figure 6). La plupart des formulaires de présentation ont démontré que les plans d’action sur l’EE, s’appuyant sur les possibilités d’emploi et les progrès réalisés, sont axés sur la prévention de la discrimination raciale et les solutions à celle-ci.

Figure 6 : Institutions fédérales qui ont collaboré avec des experts/intervenants multiculturels compétents
Figure 6 : Institutions fédérales qui ont collaboré avec des experts/intervenants multiculturels compétents, version texte ci-dessous
Figure 6 : Institutions fédérales qui ont collaboré avec des experts/intervenants multiculturels compétents – version texte
2017-2018 2018-2019
A établi des partenariats 70 75
N’a pas établi de partenariats 19 25
Aucune information fournie 11

Une légère augmentation a également été observée dans les formulaires de présentation reçus aux fins de la préparation du présent rapport, passant de 70 % en 2017-18 à 75 % en 2018-19. Voici des exemples de mesures pratiques prises par les institutions fédérales pour appliquer une perspective antiraciste à la prise de décisions. Considérées comme des tremplins vers des solutions efficaces, les initiatives mentionnées ci-dessous ont aidé à prévoir et à éliminer les préjugés inconscients dans les politiques, les programmes et les décisions à venir :

Nom de l’institution fédérale Initiative
Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) Le Réseau des minorités visibles d’AAC a organisé une série d’ateliers de perfectionnement professionnel pour appuyer la mobilité ascendante des employés racisés. La série comprenait une table ronde intitulée « Advancing Your Career and Setting the Stage for the Future » (faire progresser votre carrière et préparer le terrain pour l’avenir), au cours de laquelle des conférenciers, y compris des cadres supérieurs racisés, ont fait part de leurs expériences de carrière, de leurs leçons tirées et des stratégies pratiques d’avancement professionnel, et ont formulé des recommandations sur la façon d’influencer les politiques pour aider à créer un environnement équitable et propice à l’avancement professionnel. La série comprenait également un atelier intitulé « Problem Solving Through Coaching » (la résolution de problèmes par l’encadrement) qui a permis au réseau de réfléchir stratégiquement à des situations complexes, d’explorer des possibilités novatrices et de prendre des décisions en toute confiance. Cette série d’ateliers a donné lieu à une discussion franche et a suscité un sentiment d’espoir, d’autonomie et de persévérance chez les participants.
Banque de développement du Canada (BDC) En collaboration avec Embauche immigrante Ottawa, l’institution a mis sur pied l’initiative « Embauche immigrante Ottawa », qui vise à accroître la sensibilisation culturelle et à mettre à profit les compétences multilingues pour aider les employés à établir des liens, à surmonter les obstacles linguistiques et à communiquer avec un plus grand nombre de nouveaux arrivants entrepreneurs dans des langues autres que l’anglais et le français.
Société immobilière du Canada limitée (SICL) La Société immobilière du Canada a collaboré avec Clear View Connects MC, un service de dénonciation confidentielle et anonyme, accessible 24 heures sur 24, qui est conçu pour mettre les employés en contact avec leur organisation, sans crainte de violation aux obligations de confidentialité. Cette tierce partie indépendante fournit une évaluation impartiale et objective pour [traduction] « répondre aux besoins particuliers des utilisateurs finaux, tout en fournissant un système de gestion des cas entièrement intégré et en temps réel, qui permet aux organisations d’examiner en ligne les dénonciations anonymes des employés ». Ce service met à la disposition des employés un espace pour exprimer leurs doléances sans crainte de jugement, d’exclusion ou de représailles.
Agence du revenu du Canada (ARC) L’ARC a établi l’« Annuaire des habilités des employé(e)s dans une troisième langue », qui dresse la liste des employés qui sont disposés et disponibles d’offrir leurs services bénévolement afin d’éliminer les obstacles linguistiques entre leur institution fédérale et leurs clients. Cette initiative vise à encourager les employés à apprendre et à pratiquer une troisième langue, autre que le français ou l’anglais, afin de s’assurer que tous les clients sont à l’aise et accompagnés tout au long de leur processus de demande de renseignements et pour autres exigences en matière de fiscalité.
Justice Canada Justice Canada a organisé une séance de mobilisation avec les organisations autochtones nationales au sujet du Plan d’action stratégique de Justice Canada visant à réduire la surreprésentation des Autochtones dans le système de justice pénale, que ce soit à titre de victimes/survivants, d’accusés/délinquants.
Innovation, Sciences et Développement économique (ISDE) Le Programme fédéral de stages pour les nouveaux arrivants offre aux nouveaux arrivants la possibilité d’acquérir une expérience de travail et des possibilités de formation temporaires au Canada auprès d’organismes fédéraux, provinciaux et municipaux. Ce programme vise à réduire les obstacles qui empêchent les minorités ethniques, raciales et religieuses d’entrer dans le milieu de travail d’ISDE et à accroître la diversité des talents recrutés au ministère. ISDE y parvient en embauchant des employés en fonction de besoins contractuels occasionnels ou à durée déterminée.
Gendarmerie royale du Canada (GRC)

Les partenariats avec des organisations culturelles, religieuses et éducatives de premier plan permettent à la GRC de collaborer avec des organisations telles que :

  • Immigration Services Association of Nova Scotia, pour offrir à ses membres de la formation sur la réalité des nouveaux arrivants au Canada et Affaires afro-néo-écossaises afin d’éduquer ses membres sur la réalité de la communauté africaine présente dans la province;
  • le Conseil canadien des imams, afin d’établir des liens plus étroits avec la communauté musulmane et de coordonner des messages cohérents de la GRC en réponse à des événements dans le monde impliquant des musulmans;
  • la Division de l’Île-du-Prince-Édouard de la GRC, au sein de laquelle le commandant a mis sur pied un comité pour aider à familiariser les groupes culturels au rôle des policiers de la GRC et pour aider à sensibiliser les membres de la Division aux différences culturelles et à leur incidence sur leurs interactions quotidiennes avec le public.
Promotion et célébration

Le multiculturalisme appuie la conviction voulant que tous les citoyens soient égaux. L’unification par la diversité et la célébration du multiculturalisme sont des forces motrices. Le multiculturalisme permet également à tous les citoyens de conserver leur identité, d’être fiers de leurs ancêtres et d’avoir un sentiment d’appartenance. La reconnaissance et la célébration de la diversité de notre histoire et de notre patrimoine peuvent contribuer au développement d’un sentiment commun d’identité communautaire, et de cohésion.

On a demandé aux institutions fédérales de décrire certaines des activités qu’elles ont entreprises pour reconnaître et célébrer le patrimoine et la contribution des nombreuses collectivités qui composent notre population diversifiée. Les institutions ont confirmé leur engagement à promouvoir et à célébrer notre patrimoine multiculturel en faisant état d’une vaste gamme d’initiatives de célébration entreprises au sein de leur organisation, notamment : la Semaine de sensibilisation aux cultures autochtones, la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, la Journée des peuples autochtones, la Journée du multiculturalisme, le Mois de l’histoire des Noirs et le Mois du patrimoine asiatique, pour ne nommer que ceux-ci.

De nombreuses institutions ont fait participer le public à la célébration de notre patrimoine diversifié. Les petites organisations ont indiqué que le manque de ressources les empêchait de participer à certaines célébrations importantes. Toutefois, une légère augmentation a été observée quant au pourcentage d’institutions fédérales qui tiennent des activités de promotion et de célébration de notre patrimoine multiculturel, selon les données fournies pour le rapport annuel de cette année, passant de 87 % en 2017-18 à 90 % en 2018-19 (Figure 7).

Figure 7 : Institutions fédérales qui ont célébré et fait la promotion de la diversité raciale, ethnique et religieuse
Figure 7 : Institutions fédérales qui ont célébré et fait la promotion de la diversité raciale, ethnique et religieuse, version texte ci-dessous
Figure 7 : Institutions fédérales qui ont célébré et fait la promotion de la diversité raciale, ethnique et religieuse – version texte
2017-2018 2018-2019
Célébrations organisées 87 % 90%
Aucune celebration organisée 9 % 10%
Aucune information fournie 4 %

Voici quelques-unes des façons dont les institutions fédérales ont fait la promotion et la célébration de notre patrimoine multiculturel au cours de la période visée par le rapport :

Nom de l’institution fédérale Initiative
Énergie atomique du Canada limitée (EACL) Tirant parti de l’élan naturel vers le divertissement et les nouveaux apprentissages de son personnel, EACL a organisé un jeu « Jeopardy multiculturel » pour découvrir d’autres fêtes culturelles, ethniques et religieuses afin de sensibiliser le personnel sur leur importance et la façon dont elles sont célébrées partout dans le monde, de manière à favoriser un sentiment de découverte et d’interconnectivité. Cette initiative a été couronnée de succès et a permis de réunir plus de la moitié des employés qui ont participé activement aux activités.
Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) AAC a organisé la « bibliothèque vivante », qui met en vedette des employés de tout le ministère qui ont partagé leurs histoires de vie. L’événement visait à explorer la diversité au sein du ministère, à créer un dialogue positif, à favoriser l’ouverture d’esprit et à accroître la compréhension de la diversité chez les employés en racontant différentes expériences de vie. Les « livres » vivants, qui comprenaient deux membres des minorités visibles et un Autochtone, ont partagé leurs expériences sur des sujets comme la transition du statut de réfugié à celui de cadre supérieur du gouvernement, l’affirmation de son orientation sexuelle en milieu de travail et devenir le défenseur des droits des employés LGBTQ2+, la fuite de la violence familiale et la construction d’une vie meilleure.
Affaires mondiales Canada (AMC)

Pendant 10 jours en novembre, à l’ambassade du Canada à Séoul, en Corée du Sud, AMC a mené la campagne #InclusionMeans de 2018 sur les médias sociaux, qui s’est avérée un discours positif sur l’inclusion et la diversité culturelle. La campagne a utilisé Facebook, Twitter et Instagram pour discuter de l’égalité des sexes, de la communauté LGBTQ2+, du commerce progressiste et de la diversité linguistique, entre autres sujets. Les enseignes d’affichage avec mots-clics en trois langues (coréen, anglais et français) sont apparues dans tous les messages pour conférer un aspect uniforme de messages appartenant à une même série. La campagne a rejoint plus de 40 000 utilisateurs, dont plus de 22 000 sur Twitter, plus de 15 000 sur Facebook et plus de 5 000 sur Instagram. La mission du Canada a également participé à la Journée « Together », organisée par le service d’immigration de la Corée du ministère de la Justice, une journée commémorative nationale visant à promouvoir une société où les Coréens et les résidents étrangers en Corée apprennent de la culture et des traditions de l’autre et les respectent.

La mission du Canada à Berlin a appuyé la promotion de l’inclusion, de la diversité et de l’innovation sur la scène culturelle canadienne en finançant de solides institutions partenaires allemandes pour un total de 78 projets culturels. Ces projets comportent des volets relatifs à la célébration et à la promotion des perspectives autochtones sur les changements climatiques dans l’Arctique. La tournée comprenait Madrid, Stockholm, Berlin, Potsdam, Stuttgart et Paris. La mission a soutenu d’importantes expositions dans plusieurs grandes institutions d’art allemand reflétant les influences multiculturelles de l’art contemporain canadien.

Conclusion

Ce rapport présente un aperçu de ce qui a été accompli en 2018-19 en matière de promotion du multiculturalisme au Canada. Les réalisations ont été mises en relief et regroupées sous les quatre domaines thématiques suivants : 1) la collecte de données, 2) l’éducation et la sensibilisation, 3) la prévention et les solutions, et 4) la promotion et la célébration.

Les institutions fédérales ont réalisé des progrès dans l’élaboration de pratiques prometteuses en matière de collecte de données internes et externes sur la diversité raciale, ethnique et religieuse. L’utilisation de données ventilées sur les questions raciales a contribué à cerner les besoins et les défis particuliers soulevés par les communautés ethnoculturelles et les minorités religieuses et à y répondre plus efficacement dans le cadre de divers forums et exercices de consultation. Les institutions fédérales continuent également d’apporter des améliorations en offrant davantage de formation dont les thèmes principaux d’éducation et de sensibilisation sont la lutte contre le racisme et la discrimination au lieu de traiter de ces sujets comme des sous-thèmes de la formation. On a également observé une augmentation des efforts de collaboration avec des parties prenantes au-delà de la promotion du multiculturalisme comme moyen de définir clairement, de repérer et de prévenir le racisme et la discrimination dans toutes les sphères sociales. Ces partenariats essentiels servent de tremplin pour éclairer la conceptualisation de pratiques antiracistes fondées sur des données probantes durables, afin de prévenir et contrer le racisme. Enfin, les institutions fédérales poursuivent leurs efforts pour célébrer le patrimoine culturel et les contributions des nombreuses communautés qui composent la société diversifiée du Canada.

Bien que des progrès aient été réalisés, il existe des possibilités d’améliorer la façon dont les institutions fédérales mènent leurs activités à l’appui de la Loi sur le multiculturalisme canadien. Une formation portant spécifiquement sur la discrimination raciale, en marge de la formation sur le respect, la diversité et la civilité en milieu de travail pourrait être offerte dans un plus grand nombre d’institutions fédérales. De plus, on pourrait envisager d’examiner les mécanismes institutionnels de traitement des plaintes. La plupart des mécanismes de traitement des plaintes des institutions fédérales utilisent le même processus pour les griefs relatifs à la discrimination raciale et les griefs relatifs à l’harcèlement. Il est essentiel de trouver des solutions et de comprendre les formes insidieuses de racisme pour s’assurer de les traiter efficacement. Enfin, les institutions fédérales pourraient envisager des façons plus significatives de commémorer les événements multiculturels, au-delà de l’affichage de messages sur l’intranet et de la distribution de courriels aux employés.

La préparation du présent rapport annuel n’aurait pas été possible sans la collaboration précieuse et constante de toutes les institutions fédérales qui ont participé activement à cet exercice annuel. Elles apportent continuellement des changements progressifs pour relever les défis cruciaux qui entravent la mise en œuvre efficace de la réalité du multiculturalisme au Canada. Le multiculturalisme est une réalité évolutive et dynamique qui exige que le gouvernement adapte et modernise ses politiques et ses programmes à mesure que la société canadienne évolue, tout en trouvant des solutions efficaces pour lutter contre le racisme et la discrimination.

© Sa Majesté la Reine du Chef du Canada, 2019
Catalogue No. CH31-1F
ISSN 1497-7435

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