Discours devant le Comité permanent des langues officielles le 25 octobre 2023

Merci, monsieur le président et bonjour à tous les membres du Comité.

J'aimerais tout d'abord souligner que cette réunion a lieu sur le territoire traditionnel non cédé de la nation anishinabe algonquine.

Je vous remercie du fond du cœur de m'avoir invité aujourd'hui. Comme vous l'avez entendu, je suis accompagné de la sous-ministre du Patrimoine canadien, Isabelle Mondou, et de Julie Boyer, sous-ministre adjointe, Langues officielles, patrimoine et régions.

Chers collègues, il y a longtemps, j'ai dit à M. Généreux que, la dernière fois que j'étais ici, j'avais encore des cheveux ou, du moins, il me semblait que j'avais des cheveux en 2015.

Je ne dis rien à votre égard, mon très cher ami, mais je sais que les coupes de cheveux ont changé au cours des huit dernières années.

C'est la première fois que je comparais en tant que ministre de l'Emploi, du Développement de la main-d'œuvre et des Langues officielles.

Cependant, vous me connaissez depuis longtemps en raison des fonctions que j'ai occupées ici, sur la Colline du Parlement, notamment comme secrétaire parlementaire de Mme Joly. Vous savez que j'ai à coeur la situation de nos communautés de langue officielle en situation minoritaire.

Je suis conscient de l'excellent travail que vous accomplissez pour améliorer la vie des francophones de l'Ouest et des anglophones du Québec. Je peux vous dire que j'ai déjà eu l'occasion de souligner l'excellent travail de ce comité.

J'aimerais vous remercier du fond du cœur d'avoir étudié et approuvé le projet de loi C-13. Il aura fallu 50 ans pour moderniser la Loi sur les langues officielles. À tout un chacun, je tire mon chapeau et je vous félicite.

Il faut noter que l'entrée en vigueur, le 20 juin dernier, de la Loi visant l'égalité réelle entre les langues officielles du Canada est une grande avancée. La modernisation de la Loi sur les langues officielles répond à des préoccupations et des réalités que je vois régulièrement chez moi, à Edmonton. Mon appartenance à une communauté de langue officielle en situation minoritaire fait partie de qui je suis. Je crois profondément que ce qui se passe dans la francophonie albertaine, soit nos défis, nos réussites et la défense de nos droits, peut être utile à toute la francophonie canadienne et à la promotion des langues officielles à l'échelle du pays.

La mise en œuvre de la loi modernisée nous permettra de soutenir la langue française partout au Canada, y compris au Québec, et de défendre les communautés de langue officielle en situation minoritaire.

Étant donné que vous connaissez déjà parfaitement la loi modernisée, je vais mettre l'accent sur quelques aspects qui me semblent particulièrement importants.

En premier lieu, l'appui à l'éducation, de la petite enfance jusqu'au postsecondaire et plus...

D'accord. J'offre toutes mes excuses à nos chers interprètes, et je vais ralentir. C'est que je déborde de joie ici, au Comité.

Je suis ravi que vous entrepreniez une étude sur les établissements postsecondaires. Je trouve également que l'immigration francophone, qui est essentielle pour contribuer au rétablissement du poids démographique des francophones en milieu minoritaire, est un dossier critique. Je rappelle les nouvelles obligations obligeant toutes les institutions fédérales à prendre des mesures positives en faveur des langues officielles, et que le renforcement de la partie VII de la Loi sur les langues officielles a été bien accueilli par les intervenants et les communautés. Je vais travailler étroitement avec la présidente du Conseil du Trésor à la préparation des règlements prévus dans la Loi.

J'aimerais rappeler brièvement que, pendant l'été 2017, je me suis rendu dans 17 villes dans le cadre des consultations sur le Plan d'action pour les langues officielles 2018-2023. Constater tout le cheminement que nous avons fait dans ces dossiers, comme gouvernement et comme Parlement, est très important pour moi. Je suis ici pour défendre les langues officielles d'un océan à l'autre. Je suis ici pour défendre les francophones de l'Ouest et les communautés anglophones du Québec. Ce plan d'action est réel : un budget de 4,1 milliards de dollars, c'est très important.

Je vais terminer sur une anecdote. Je suis très attaché à nos deux langues officielles. Quand j'avais 15 ans, je suis venu ici comme participant au Forum pour jeunes Canadiens, mais j'étais incapable de parler à la moitié des délégués. Cela m'a tellement frappé que, de retour à Edmonton, je me suis dit qu'il fallait pousser davantage mes études en français. Avec un nom comme Boissonnault, il le fallait.

La première fois que j'ai fait une demande pour travailler comme guide parlementaire, je n'ai pas réussi l'entrevue parce que je n'ai pas su déterminer le sens du mot « chirurgie ». J'ai donné une réponse quelque peu surréaliste, mais cela n'a pas fonctionné. La deuxième fois, j'ai réussi l'entrevue et j'ai obtenu le poste. J'ai donc été guide parlementaire ici, en 1990, et je peux vous dire que jamais je n'aurais cru devenir un jour ministre des Langues officielles.

Je suis un produit du système. Ce système fonctionne, et je suis ici pour m'assurer qu'il fonctionne pour plusieurs autres. Merci.

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2024-02-13