Discours devant le Comité sénatorial permanent des langues officielles le 30 octobre 2023
Merci beaucoup, monsieur le président. Honorables sénateurs, j’aimerais également souligner que nous sommes réunis sur le territoire traditionnel non cédé de la nation algonquine anishinabe.
C’est une joie d’être ici parmi vous. Je suis très content d’avoir l’occasion de passer ces moments avec vous avec ma très chère collègue et amie la présidente du Conseil du Trésor. Comme vous l’avez mentionné, monsieur le président, je suis ici avec Isabelle Mondou, sous-ministre de Patrimoine canadien, et Julie Boyer, sous-ministre adjointe, Langues officielles, patrimoine et régions.
Je suis honoré de comparaître devant ce comité en ma nouvelle qualité de ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et des Langues officielles. J’abrège ce titre en « ministre de l’Emploi et des Langues officielles ». J’estime beaucoup le travail de ce comité pour contribuer à ce que les deux langues officielles du Canada soient respectées et valorisées.
En tant que Franco-Albertain, je sais ce que c’est de vivre, grandir et étudier en français, et de tenter de creuser un terrain francophone, francophile, francocurieux et francoqueer dans l’Ouest canadien, en Acadie ou dans le Grand Nord. Ce n’est pas évident, mais nous sommes ici à cause des politiques et processus que des gouvernements successifs ont mis en place. J’aimerais, du fond du cœur, m’assurer que la francophonie albertaine et canadienne peut s’épanouir et s’enrichir du talent de plus de gens partout au pays. Je suis convaincu que c’est la même chose dans les communautés de langue officielle en situation minoritaire d’un océan à l’autre.
En tant que ministre, j’ai de nouvelles responsabilités qui m’enthousiasment et je vais y consacrer toute mon énergie. Ma priorité sera de mettre en œuvre la modernisation du régime linguistique canadien. En septembre, j’ai eu la chance de souligner la contribution de votre comité à cette modernisation, et je profite de l’occasion de vous remercier encore une fois de votre remarquable travail.
Le 20 juin 2023, la Loi visant l’égalité réelle entre les langues officielles du Canada est entrée en vigueur. La mise en œuvre de cette loi nous aidera à favoriser la langue française partout au Canada, y compris au Québec, et à accroître la prospérité et la vitalité des communautés de langue officielle en situation minoritaire.
La loi reconnaît que l’immigration francophone est essentielle pour contribuer au rétablissement du poids démographique des francophones en milieu minoritaire et la loi modernisée permettra d’augmenter notre appui à l’éducation dans la langue minoritaire, du berceau à la berçante, pour assurer un véritable continuum de l’éducation.
Enfin, la loi comprend de nouvelles obligations pour que toutes les institutions fédérales prennent des mesures positives en faveur des langues officielles.
Les intervenants et les communautés ont bien accueilli nos efforts en vue de renforcer la partie VII de la loi. C’est un excellent point de départ et je vais collaborer avec la présidente du Conseil du Trésor au développement du règlement envisagé pour la mise en œuvre de la loi. Je vous invite à poser des questions là-dessus.
En tant que ministre des Langues officielles, je veillerai également à la mise en œuvre du Plan d’action pour les langues officielles de 2023-2028. Ce plan d’action porte notre investissement dans les langues officielles à un montant historique de 4,1 milliards de dollars sur cinq ans. Grâce à ce financement, notre gouvernement pourra faire avancer les objectifs de la loi et appuyer des projets concrets dans les communautés, comme l’immigration francophone, l’éducation tout au long de la vie et le soutien aux organismes communautaires. Le gouvernement fédéral doit être exemplaire. Nous savons tous ici que nos investissements en matière de langues officielles ont des impacts concrets dans les communautés.
On va continuer de faire notre travail, parce qu’on a financé plusieurs projets d’infrastructures scolaires et communautaires, des programmes pour l’enseignement dans la langue des minorités, la création d’emploi pour les jeunes et j’en passe. Ce sont de belles réalisations et je vais m’assurer de veiller à ce travail se poursuive avec la collaboration de tous.
Mesdames et messieurs les membres du comité, ma très chère collègue a fait allusion à une anecdote, alors j’aimerais conclure mes remarques en précisant que j’avais 15 ans. Il y a un professeur qui m’avait mis la puce à l’oreille et conseillé de venir à Ottawa pour participer au Forum pour jeunes Canadiens, ce que j’ai fait. Ma mère craignait cela parce qu’elle pensait que si elle me mettait dans un avion je ne voudrais plus jamais voulu revenir à la maison; elle avait à moitié raison. Cela dit, l’expérience a été marquante et amusante. Je n’étais pas capable de parler avec la moitié des délégués, parce que mon français n’était pas assez bon.
Je suis allé étudier au Campus Saint-Jean et je me suis forcé à apprendre la langue de Molière. Je n’étais même pas capable de mettre deux phrases ensemble lorsque j’ai commencé. Je n’aurais jamais cru devenir ministre des Langues officielles. Je suis donc un produit du système qui a été mis en place depuis 1968, et ce, avant même d’être né. Je suis donc très fier d’être ici comme chef d’orchestre de tout ce beau processus en vue de valoriser nos réalisations en matière de dualité linguistique ici. Merci.