Mot d'ouverture – Comparution de la ministre Khera, 9 octobre 2024

Ottawa (Ontario), le 9 octobre 2024

Madame la Présidente, membres du Comité, je vous remercie de m’avoir invitée à vous parler aujourd’hui d’un sujet qui me tient tout particulièrement à cœur.

J’aimerais d’abord souligner que nous sommes sur le territoire traditionnel non cédé de la Nation Anishinabe.

La reconnaissance territoriale nous permet de reconnaître le passé colonialiste, la haine et le racisme. Ces faits sont au cœur des traitements odieux infligés aux peuples autochtones dans ce pays, pendant des générations. En suivant le leadership et les conseils des Premières Nations, des Inuit et des Métis, nous cheminons vers la guérison de ce passé dévastateur.

Cela dit, en tant que société, nous ne semblons pas avoir tiré des leçons de notre passé, puisque nous assistons à une montée alarmante de la haine au Canada ces derniers temps.

Deux Canadiens sur cinq se disent victimes de discrimination au Canada, et ce taux atteint 50 % chez les Autochtones et 78 % chez les personnes raciséesNote de bas de page 1.

Le nombre de crimes haineux déclarés par la police a augmenté de 145 % de 2019 à 2023Note de bas de page 2.

L’augmentation du nombre d’incidents haineux touche de manière disproportionnée les Autochtones, les personnes noires, les personnes racisées, les minorités religieuses, les communautés 2ELGBTQI+, les femmes et les personnes en situation de handicap.

De plus, la haine ne blesse pas que les personnes directement ciblées. Ses tentacules affectent l’ensemble de la population. La haine menace notre bien-être, notre cohésion sociale et notre sécurité.

Ce n’est pas le Canada que nous voulons.

Madame la Présidente, nous sommes tous d’accord pour dire que chaque personne au Canada a le droit de se sentir en sécurité, indépendamment de sa race, de son origine nationale ou ethnique, de sa religion, de son genre, de son orientation sexuelle, de son identité ou expression de genre, de son incapacité mentale ou physique, ou de tout autre facteur d’identité.

Nous savons également que, si la liberté d’expression est fondamentale pour notre démocratie, nous ne devons toutefois pas la laisser se transformer en discrimination raciale ni en haine de quelque nature que ce soit.

Nous vivons une période difficile, Madame la Présidente. Les gens se sentent effrayés et déconnectés, ce qui peut les pousser à poser des gestes de colère.

Mais nous devons nous rappeler que la seule façon de surmonter les difficultés est de le faire ensemble.

Si chacun d’entre nous s’oppose au racisme et à la haine avec courage et conviction, nous nous en porterons tous mieux.

C’est pourquoi je suis fière du Plan d’action canadien de lutte contre la haine que notre gouvernement vient de lancer.

C’est le premier du genre. Il tient compte des expériences vécues par les gens et les communautés. Il est basé sur des études et des recommandations formulées par des organismes communautaires.

Le Plan d’action donne aux communautés les moyens de détecter et de prévenir la haine. Il soutient les victimes, les survivantes et les survivants. Il vise à développer des partenariats et à bâtir la confiance des communautés.

Le plan vient compléter la Stratégie canadienne de lutte contre le racisme 2024-2028 : Changer les systèmes pour transformer les vies. Cette stratégie est une démarche pangouvernementale pour prévenir et éliminer le racisme.

La stratégie tient compte des besoins diversifiés et des réalités distinctes des personnes et des communautés.

Quatre domaines d’intervention prioritaires ont été retenus :

  1. Favoriser le renforcement du pouvoir économique, social et culturel.
  2. Favoriser l’équité raciale dans les systèmes d’immigration, de santé et de logement.
  3. Réformer les systèmes de justice, d’application de la loi, du renseignement et de la sécurité publique.
  4. Faire en sorte que notre engagement international guide l’avancement de l’équité raciale et l’inclusion au pays.

La Stratégie et le Plan d’action proposent une démarche globale et intersectionnelle pour lutter contre la haine, le racisme et la discrimination. Ainsi, nous reconnaissons que personne ne peut y arriver seul.

Notre objectif est d’améliorer la vie quotidienne des personnes directement touchées par le racisme. De faire tomber et de démanteler les barrières qui se dressent trop souvent sur notre chemin. De veiller à ce que nous nous sentions tous en sécurité, que ce soit à la maison, dans la rue, au travail ou sur notre lieu de culte. De renforcer la confiance, la sécurité et l’unité.

Et nous voyons déjà des résultats. L’année dernière, nous avons accordé du financement au Conseil canadien des femmes musulmanes afin qu’il élabore un projet visant à prévenir la haine en ligne et hors ligne à l’encontre des femmes et des filles musulmanes.

Grâce à ce financement, le Conseil a tenu plus de 100 ateliers de lutte contre la haine dans des villes de tout le pays et donné à plus de 7 000 personnes de l’information sur la manière de reconnaître la haine et de réagir correctement aux incidents de haine qui se produisent.

Madame la Présidente, membres du Comité, pour lutter contre la haine au Canada, nous devons voir plus d’initiatives de ce genre.

Avec notre plan d’action et notre stratégie de lutte contre le racisme, nous passons à l’action pour protéger toute la population du Canada. Et pour bâtir un Canada meilleur, plus inclusif et plus équitable. Le Canada que nous voulons tous et toutes.

Je serai ravie de répondre à vos questions.

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2025-02-05