Caroline J. Simard au congrès annuel de l’Association des radiodiffuseurs de l’Ontario

Discours

Toronto (Ontario),
Le 9 novembre 2017

Caroline J. Simard, Vice-présidente, Radiodiffusion
Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes

Priorité à l’allocution

Je vous remercie de cette amiable présentation. J’aimerais souligner que nous nous rencontrons sur le territoire traditionnel des peuples autochtones. Je les remercie et je rends hommage à leurs aînés.

C’est avec plaisir que je participe à Connection 2017 au nom du CRTC.

Est-ce que ce silence de cinq secondes vous a paru long? Cinq secondes, ce n’est pas long, mais cinq secondes de silence à la radio peuvent être catastrophiques. La raison est simple : cela brise le lien avec les auditeurs. Comme tout le monde dans cette salle le sait, il est essentiel d’entretenir des liens solides avec l’auditoire pour réussir en radiodiffusion.

C’est une leçon que j’ai apprise à mes dépens. Il y a de cela bien des années, j’ai passé une entrevue pour un poste en ondes dans une station de radio. J’ai toujours eu la passion des communications et du droit, et à l’époque, j’essayais encore de déterminer mon parcours de carrière.

J’ai donc passé l’entrevue pour une station qui se trouvait loin de chez moi. Je ne connaissais pas trop les gens qui vivaient là, et je n’étais même pas certaine de la prononciation du nom de certains villages avoisinants. Mais le pire, c’était mon accent – les auditeurs pouvaient savoir que je ne venais pas de leur région. Au Québec, les accents sont différents d’une région à l’autre, tout comme ils le sont dans les autres régions du Canada.

Il va sans dire que je n’ai pas obtenu l’emploi. Mais, j’ai appris l’importance d’établir un lien avec l’auditoire. Les radiodiffuseurs prospères cultivent ce lien. Leurs auditeurs éprouvent souvent un lien personnel avec les personnalités en ondes, les stations et les émissions. Après avoir laissé tomber mon rêve de devenir une animatrice, j’ai étudié cet aspect de la radiodiffusion. De fait, ma thèse de doctorat a porté sur la façon dont les forces technologiques, comme la convergence, influencent ce lien.

Les auditeurs sont avides d’un lien personnel. Et la technologie à elle seule — peu importe sa puissance ou son caractère novateur — ne peut créer ce type de lien. Les radiodiffuseurs prospères utilisent la technologie qui peut le mieux créer un lien solide avec l’auditoire. Or, compte tenu de l’évolution rapide des technologies des communications au cours de ces dernières années, il devient extrêmement difficile pour les radiodiffuseurs de déterminer la meilleure technologie à utiliser.

Et ce ne sont pas seulement les technologies qui évoluent, mais aussi la façon dont les gens les utilisent. Les changements technologiques sont le moteur des changements sociaux. Les satellites, la lecture en continu, la baladodiffusion, la large bande mobile – tout cela influence la manière dont les gens consomment les médias et les partagent. Qu’ils accèdent au contenu au moyen de la radio de la voiture, d’un téléphone cellulaire ou d’un ordinateur, les auditeurs cherchent tous la même chose : un lien personnel.

Le CRTC comprend l’importance cruciale de créer un lien avec les auditeurs. Nous sommes aussi conscients que les radiodiffuseurs doivent maintenir des modèles d’entreprise rentables.

Il y a de cela près de 50 ans, le Canada a créé le CRTC comme moyen de servir l’intérêt public. Et même si cela peut sembler évident, il vaut la peine de dire que la présence d’une forte industrie canadienne de la radiodiffusion est l’un des meilleurs moyens de servir l’intérêt public.

Le travail du CRTC est complexe et ambitieux, surtout dans une période de changements technologiques et sociaux rapides. Nous devons travailler dans les limites du cadre juridique et réglementaire du Canada, et respecter les engagements internationaux de ce pays, lorsque nous prenons en compte les intérêts de tous les Canadiens, y compris les particuliers et les radiodiffuseurs privés et publics.

Ce qui justifie en partie la raison de réglementer la radiodiffusion dans ce pays est l’idée que les ondes sont du domaine public – elles nous appartiennent tous.

Bon nombre de pays sont confrontés au même défi. De fait, il y a plus de 100 organismes de réglementation des communications dans le monde. Alors que je travaillais pour l’Union internationale des télécommunications, un organisme des Nations Unies, j’en ai appris davantage au sujet de la façon dont les organismes de réglementation s’échangent des pratiques exemplaires. Le CRTC collabore activement avec les organismes de réglementation d’autres pays. Cette collaboration est de plus en plus importante dans un contexte interrelié en constante évolution.

Évidemment, pour les radiodiffuseurs, le changement, ce n’est rien de nouveau. En premier lieu, l’invention de la radio a contribué à créer l’industrie. Et l’industrie a réussi à relever les défis présentés par une longue liste de nouvelles technologies. Je suis certaine que les femmes et les hommes présents ici aujourd’hui trouveront des moyens de relever les défis actuels et nouveaux en misant sur ce qu’ils font de mieux : établir des liens avec les gens.

Instaurer le sentiment d’un lien personnel avec chacun des auditeurs est depuis toujours la pierre angulaire du succès de la radio. La création de ce lien a permis à la radio de poursuivre son chemin malgré une série continue de nouvelles technologies, comme les microsillons, les cassettes et les lecteurs MP3.

Aujourd’hui, la radio est confrontée à de nouveaux compétiteurs, comme les services de lecture en continu et la baladodiffusion. Afin d’assurer leur réussite, je crois que les stations de radio doivent tirer profit du rapport d’intimité qu’elles créent avec les auditeurs et des liens qu’elles tissent avec la collectivité. Des applications comme iHeartRadio et Radioplayer Canada sont des technologies que les radiodiffuseurs peuvent utiliser pour établir un lien avec les auditoires.

De même, l’accès aux données actuelles et une analyse éclairée sont des moyens pratiques de surmonter les obstacles que posent les changements technologiques et sociaux. Ce congrès sera certainement utile, en partie car il vous donnera l’occasion d’en apprendre davantage sur la fluctuation du nombre d’auditeurs et les nouvelles technologies.

Par exemple, la présentation qu’a donnée ce matin Jeff Vidler d’Audience Insights a mis en lumière des renseignements utiles sur les personnes âgées de 25 à 54 ans, un groupe qui est crucial pour les radiodiffuseurs. La séance de cet après-midi, intitulée « Radio Matters » [La radio compte], fournira un aperçu important de la façon dont certains radiodiffuseurs continuent de tirer profit des forces véritables du média que bon nombre d’entre nous considèrent toujours comme étant le média le plus intime.

Une autre ressource précieuse est l’édition 2017 du Rapport de surveillance des communications du CRTC. Hier, nous avons publié les données de ce rapport qui ont trait à la radiodiffusion. Elles relèvent certains des changements à la manière dont les auditeurs de la radio et les téléspectateurs accèdent au contenu.

Au cours des cinq dernières années, le temps que le téléspectateur moyen consacre à regarder la télévision traditionnelle a chuté d’une heure par semaine. Cela dit, au cours de la même période, le temps que les Canadiens consacrent à regarder des émissions de télévision en ligne a augmenté de plus de deux heures.

De même, le temps que les Canadiens consacrent à écouter la radio traditionnelle a chuté de plus de deux heures au cours des cinq dernières années. Et le pourcentage de Canadiens qui utilisent des services personnalisés de musique en continu a doublé, passant de 13 % à 27 % au cours des cinq dernières années.

La plupart des analystes s’attendent à ce que cette tendance se poursuive, autant pour la télévision que pour la radio. Les radiodiffuseurs doivent trouver des moyens de tirer profit de leurs plateformes numériques.

Au chapitre des médias, les Canadiens ont accès à de plus en plus d’options, peu importe l’endroit ou le moment, et grâce à un éventail croissant d’appareils. Les changements à la façon dont les auditeurs accèdent aux émissions sont sans aucun doute d’une importance cruciale. Le mois dernier, le gouvernement du Canada a demandé au CRTC de préparer un rapport sur les modèles éventuels de distribution de contenu. Les consultations occuperont une place de premier plan dans ce rapport. Il est essentiel que les radiodiffuseurs fassent part de leurs idées et je vous encourage à participer. La date limite pour la première phase des observations a été fixée au 1er décembre.

Pour le CRTC, ces consultations sont capitales, car elles nous permettent d’entendre les points de vue de toutes les parties prenantes. Le mois dernier, nous avons tenu une audience publique sur le renouvellement des licences de plusieurs câblodistributeurs, et récemment, nous avons lancé une instance afin de renouveler les licences des services de télévision qui bénéficient des ordonnances de distribution obligatoire.

Plus tard ce mois-ci, le CRTC tiendra une audience à Toronto afin d’examiner des demandes d’exploitation de nouvelles stations de radio à Grimsby/Beamsville et à Georgina.

De plus, nous amorcerons bientôt le processus pour réexaminer le renouvellement des licences des grands groupes de propriété de télévision, à la demande du Cabinet. Pour plus de détails, surveillez l’annonce.

La technologie continuera d’évoluer, comme elle l’a fait tout au long de l’histoire de la radiodiffusion. L’industrie continuera de s’adapter, en mettant à profit et en intégrant les nouvelles technologies qui lui permettront de créer et de maintenir des liens avec l’auditoire. Et comme toujours, les radiodiffuseurs prospères seront ceux qui auront tissé les liens les plus étroits avec l’auditoire. Je vous incite fortement à continuer d’innover et d’établir des liens personnels avec les Canadiens.

Je sais que vous attendez tous de connaître le nom des lauréats des prix de cette année. Je ne vous ferai pas attendre une seconde de plus, mais je félicite tous celles et ceux auxquels on rend hommage aujourd’hui.

Merci.

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