Discours de l’honorable Jim Carr, ministre des Ressources naturelles, prononcé à la Conférence annuelle de l’Association nucléaire canadienne - Le 23 février 2017, à Ottawa

Discours

Merci Kim [Kim Rudd, députée de Northumberland–Peterborough South et secrétaire parlementaire pour le ministre des Ressources naturelles], et je tiens particulièrement à vous remercier des efforts incroyables que vous déployez pour promouvoir et appuyer l’industrie nucléaire du Canada — au pays comme à l’étranger.

Il n’y a pas meilleure mesure de votre succès que l’accueil chaleureux que vous avez reçu ce matin. J’apprécie énormément le travail que vous faites ainsi que les contributions positives que vous apportez.

Je tiens également à remercier Monsieur John Barrett [président et chef de la direction de l’Association nucléaire canadienne] pour son discours d’ouverture, les points de vue qu’il a partagés avec nous et son inlassable leadership. John a eu une carrière fascinante; il a déjà été ambassadeur et aussi rédacteur de discours pour des premiers ministres et des gouverneurs généraux. Aujourd’hui, il laisse sa marque ici, avec l’Association nucléaire canadienne.

Encore une fois, merci à vous deux. Et maintenant, bonjour à tous.

J’aimerais vous faire part brièvement d’un aspect de ma vie personnelle et vous parlez de mon oncle, David Golden. Il a été une grande source d’inspiration pour ma famille, et il nous a appris plus particulièrement deux choses. En tant que plus jeune sous-ministre de l’histoire du Canada — il a été sous-ministre pour C.D. Howe au milieu des années 1950 — oncle David nous a d’abord enseigné l’importance et la valeur de la fonction publique — message que notre gouvernement communique depuis le premier jour, y compris dans la lettre de mandat du premier ministre à tous ses ministres, c’est-à-dire travailler de concert avec nos partenaires de la fonction publique du Canada. Nous ne pouvons concrétiser notre programme sans eux, sans leur créativité, leur loyauté et leur dévouement. Alors, je tiens à dire à tous les fonctionnaires présents dans la salle aujourd’hui combien nous apprécions tout ce que vous faites pour le Canada. Je vous remercie.

En plus d’être le président fondateur et directeur général de Télésat Canada, un conseil auquel a également siégé Michael Binder [président et premier dirigeant de la Commission canadienne de sûreté nucléaire], oncle David a été membre du conseil d’administration d’EACL pendant de nombreuses années. En tant que directeur d’EACL, il nous a enseigné l’importance de l’industrie nucléaire pour le Canada, car il voyait le potentiel mondial de cette technologie que nous avions si savamment conçue. Oncle David est décédé à l’âge de 92 ans, encore vif d’esprit. Il a transmis à ses enfants ainsi qu’à ses nièces et neveux la valeur de la fonction publique et l’importance de votre industrie.

Votre industrie se trouve à la croisée de nombreux chemins et enjeux importants auxquels notre pays de même que la planète entière sont confrontés : les changements climatiques, des énergies propres et une infrastructure verte, une croissance durable et de bons emplois. Nous sommes à un moment charnière de notre histoire. Le monde s’apprête à faire la transition vers une économie à faibles émissions de carbone. Il est donc impératif d’investir dans l’innovation et les technologies propres.

La bonne nouvelle est que le secteur nucléaire du Canada est bien positionné pour profiter des possibilités de demain. Votre industrie tire parti de nombreuses années de leadership et d’innovation dans un vaste éventail d’activités nucléaires et contribue aux principales priorités du gouvernement en matière de changement climatique.

Le Canada est le deuxième plus grand exportateur d’uranium au monde. Nous possédons une technologie nucléaire de pointe dans divers domaines comme les soins de santé, la salubrité des aliments et l’ingénierie des matériaux. Nous avons des réacteurs CANDU en exploitation dans sept pays et notre industrie nucléaire tire son épingle du jeu dans les marchés nucléaires qui connaissent la croissance la plus rapide au monde, plus particulièrement en Chine. Comme vous le savez, ma collègue la ministre McKenna [l’honorable Catherine McKenna, ministre de l’Environnement] et la secrétaire parlementaire Rudd ont toutes deux fait la promotion active de la technologie nucléaire canadienne lors de leurs visites en Chine. La force du Canada à l’échelle du pays a un impact direct sur sa force à l’étranger.

Mission Possible est bien plus qu’un thème judicieusement choisi pour votre conférence et votre convention. Mission Possible représente cette nouvelle réalité et un appel à l’action dans ce siècle de la croissance propre. Maintenant, la question qui se pose est : Comment saisir cette occasion? J’ai quelques suggestions modestes ainsi qu’un défi à vous proposer. Mais, tout d’abord, permettez-moi de vous ramener aux premiers jours de pouvoir de notre gouvernement.

Ma première affectation à l’étranger au poste de ministre des Ressources naturelles fut de représenter le Canada à Paris lors d’une réunion de l’Agence pour l’énergie nucléaire deux semaines avant la CdP21. C’est lors de cette réunion que j’ai entendu parler pour la première fois de la proposition d’un nouveau partenariat mondial appelé Mission Innovation. Son objectif consiste à stimuler l’innovation et la recherche-développement dans le domaine des énergies propres comme jamais auparavant en incitant les gouvernements de la planète à travailler ensemble et à déployer plus d’efforts individuels en doublant les investissements dans la R-D en matière d’énergie propre au cours des cinq prochaines années.

À l’attrait que représente Mission Innovation s’ajoutait l’importance simultanée accordée au secteur privé. Cet aspect complétait les travaux entamés par certains des plus grands entrepreneurs de la planète — des gens comme Bill Gates, Richard Branson et Mark Zuckerberg — grâce à leur « Breakthrough Energy Coalition » qui vise à mobiliser le secteur privé en vue de commercialiser les solutions énergétiques de demain. Mais, plus important encore, il existait un lien naturel entre Mission Innovation et un engagement que nous avions pris pendant la campagne électorale et qui consistait à augmenter nos investissements dans les technologies propres.

Alors, notre délégation est revenue à Ottawa et nous avons discuté de Mission Innovation avec le premier ministre. C’est toujours un peu stressant de discuter d’une dépense financière avec le premier ministre. Mais dans ce cas-ci, il est allé à Paris peu de temps après pour obtenir les appuis nécessaires à l’entente historique sur les changements climatiques et, pendant sa visite, il en a profité pour annoncer que le Canada serait un membre fondateur de Mission Innovation. Aujourd’hui, 15 mois plus tard, 22 pays sont membres de Mission Innovation et ce nombre ne cesse de croître.

Ceci est important pour deux raisons. Premièrement, avec Mission Innovation, nous avons établi les dépenses de référence du Canada dans la R-D en matière d’énergie propre à 387 millions de dollars en 2014-2015. Cela signifie que si nous doublons ce montant au cours des cinq prochaines années, nous devrons investir 775 millions de dollars d’ici 2020. Il s’agit d’un engagement considérable de notre part.

Deuxièmement, le Canada fait partie de seulement neuf pays membres de Mission Innovation à avoir inclus l’énergie nucléaire dans son portefeuille d’énergies propres. L’inclusion de l’énergie nucléaire en dit long sur l’importance accordée à votre industrie et sur l’occasion que Mission Innovation représente pour vous, l’occasion de démontrer que l’énergie nucléaire peut contribuer à façonner le paysage de l’innovation propre au Canada.

L’énergie nucléaire aide déjà le Canada à atteindre l’objectif fixé dans le cadre de Mission Innovation grâce aux investissements en cours dans les infrastructures et la R‑D pour appuyer la recherche en matière d’énergie propre aux Laboratoires de Chalk River. La secrétaire parlementaire Kim Rudd et moi-même avons été aux premières loges pour constater la valeur de ces investissements. Nous étions là, à l’automne dernier, pour la cérémonie d’ouverture du nouveau laboratoire Harriet Brooks, nommé en l’honneur de la première physicienne nucléaire canadienne.

Alors que le Canada célèbre le mois des femmes en sciences, j’aimerais reconnaître les réalisations de nos scientifiques nucléaires canadiennes et de toutes les femmes de ce secteur dont les contributions inestimables ont propulsé l’innovation et établi les capacités de notre pays dans la recherche de pointe. Quand je reviendrai l’an prochain pour prononcer mon discours, j’aimerais qu’il y ait équité 50-50, comme dans notre Cabinet.

À Chalk River, Kim et moi avons visité les nouveaux laboratoires ultramodernes et avons été témoins de la recherche de pointe qui y sera réalisée. Il s’agit d’une perspective prometteuse pour le Canada, pas seulement pour lutter contre les changements climatiques, mais aussi pour stimuler l’innovation dans les domaines des soins de santé, de la sécurité et des communications.

Évidemment, la recherche ne représente que la moitié de l’équation. Les percées technologiques n’ont que peu de valeur, à moins d’avoir en place un plan clair pour les mettre en application et leur trouver des utilisations pratiques. Le Cadre pancanadien en matière de croissance propre et de changement climatique est notre plan — un plan concret pour une économie à faibles émissions de carbone qui comporte d’énormes possibilités afin de rendre encore plus vert l’un des marchés de l’électricité qui est déjà parmi les plus propres au monde.

L’énergie nucléaire doit faire partie de cette équation, car elle compte déjà pour environ 16 pour cent du panier énergétique du Canada et parce qu’il n’y a tout simplement aucune raison pouvant empêcher l’énergie nucléaire ne constituer une plus grande part de ce panier. Je ne sais pas quand vous avez entendu un ministre des Ressources naturelles vous dire cela pour la dernière fois, mais je l’affirme avec confiance. Nous déployons les efforts nécessaires pour concrétiser cette vision en fixant un prix pour le carbone, en accélérant l’élimination progressive de la production d’électricité au charbon et en encourageant l’agrandissement des réseaux existants d’électricité propre. Nous avons inscrit ces efforts dans notre premier budget avec ce qu’on pourrait appeler une mise de fonds pour assurer la croissance propre du Canada, en promettant 1 milliard de dollars en nouveaux investissements qui appuieront les technologies propres au cours des quatre prochaines années.

Le ministre des Finances a également décrit d’autres nouvelles initiatives dans son Énoncé économique de l’automne en vue d’appuyer ces efforts, notamment 22 milliards de dollars dans des infrastructures vertes comme un réseau de transmission interprovincial qui réduira notre dépendance au charbon et au moins 35 milliards de dollars pour établir la banque de l’infrastructure du Canada, laquelle constituera une façon novatrice de financer un plus grand nombre de projets en matière d’énergie propre.

Nous savons tous que la production d’électricité est de compétence provinciale. À l’échelon fédéral, nous pouvons travailler avec nos partenaires pour aider à façonner la vision d’une électricité plus propre. Cependant, au final ce sont les provinces qui choisiront les sources d’électricité qui composeront leur réseau propre. C’est là que vous entrez en jeu. Voici votre chance de rallier les provinces et les territoires en leur démontrant comment l’énergie nucléaire peut aider le Canada à atteindre ses objectifs en matière de changement climatique. Des partenariats sont déjà en cours de développement. Mentionnons seulement le projet de 26 milliards de dollars de l’Ontario pour remettre à neuf les centrales nucléaires de Darlington et de Bruce; une combinaison d’investissements publics et privés qui confirment que les projets nucléaires peuvent attirer des capitaux privés, stimuler une croissance propre et créer des emplois.

Le Conference Board du Canada a évalué que les travaux de réfection en cours à Darlington créeront environ 8 800 emplois tout en augmentant le PIB du Canada de 14,9 milliards de dollars. Avec la technologie maison du Canada qui se développe sur les nouveaux marchés, les possibilités ne vont aller qu’en augmentant.

Notre gouvernement comprend cela. Nous voyons l’industrie nucléaire du Canada pour ce qu’elle est : un atout stratégique, une plaque tournante de l’innovation, mais surtout une part importante du panier d’énergie propre en croissance du Canada. Vous possédez l’expertise, la technologie et la chaîne d’approvisionnement.

Alors voici le défi que je vous lance aujourd’hui. La mobilisation : assurez-vous que l’énergie nucléaire contribue à notre vision pancanadienne pour une électricité propre. Saisissez cette occasion. Saisissons ensemble cette occasion. Faites-en votre mission possible.

Merci.

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