L’honorable Jim Carr, ministre des Ressources naturelles Allocution prononcée à Washington au U.S. Chamber of Commerce Institute for 21st Century Energy le 29 mars 2017

Discours

Merci et bonjour à tous.

Il existe un endroit dans le nord-ouest de l’État de Washington appelé Sumas, mais cela pourrait être dans n’importe quelle petite ville des États‑Unis. C’est une localité d'environ 1 300 habitants située à seulement 20 milles d’une autoroute. Un défilé et des feux d’artifice y sont organisés tous les étés, et la ville a une légion américaine ainsi qu’une succursale de la Bank of America. La ville nous rappelle les États‑Unis autant que la bannière étoilée, sauf que techniquement, une grande partie de Sumas se trouve au Canada. Certaines parties de la ville se trouvent jusqu’à un mille au nord du 49e parallèle.

 

Le cas de la ville de Sumas n’est pas unique. Il existe des singularités semblables tout au long de notre frontière de 5 500 milles.

 

À Dundee, au Québec, et à Fort Covington, dans l’État de New York, les propriétaires d’un hôtel ont déjà peint la frontière internationale sur le plancher de leur bar, juste à côté de la table de billard.

 

De nombreuses maisons chevauchent encore la frontière, ce qui signifie que les habitants de ces résidences pourraient prendre leurs repas aux États‑Unis et dormir au Canada.

 

Ces histoires nous rappellent que très peu de choses nous séparent. Nous partageons des valeurs semblables, des intérêts communs et les mêmes ambitions. Nous nous épousons, faisons des achats dans les magasins et visitons les attractions touristiques de l’autre.

 

Comme un journaliste américain l’a souligné il y a de nombreuses années : « Il est généralement impossible de distinguer les Canadiens des Américains, et le moyen le plus sûr de faire la distinction entre les deux est d’en faire la remarque à un Canadien. »

 

Nous sommes peut-être trop polis, mais les Canadiens ont à cœur leur identité nationale. Nous considérons comme crise qui a trop durée le fait qu’une équipe canadienne de hockey n’ait pas remporté la Coupe Stanley depuis 1993.

 

Mais aujourd’hui, j’aimerais aborder un autre aspect de la relation entre le Canada et les États‑Unis que vous ignorez peut-être, et qui permet d’accomplir des choses auxquelles vous ne vous attendez peut-être pas. Il s’agit d’une relation économique vraiment unique qui est plus vaste et plus forte que jamais. Une relation qui n’a pas d’égal ailleurs dans le monde.

 

Tout commence par des échanges commerciaux et des investissements de plus de mille milliards de dollars américains entre les deux pays chaque année. Pour mettre les choses en perspective, près de 2 milliards de dollars en biens et services, et quelque 400 000 personnes, traversent la frontière chaque jour. C’est l’équivalent de plus de 80 millions de dollars en échanges commerciaux chaque heure, chaque jour.

 

Aucun autre pays n’achète plus de produits américains que le Canada. Nous achetons plus de marchandises des États-Unis que tous les pays membres de l’Union européenne réunis. 

 

Le Canada est le principal client des deux tiers des États américains, et fait partie des trois principaux clients de 48 États différents. Tout ce commerce se traduit par des emplois. Pour les deux pays.

 

Ici, aux États-Unis, cela signifie neuf millions d’emplois, et ce, dans tous les districts du Congrès.

 

Nos économies sont si étroitement liées, que peu importe qu’une automobile soit assemblée à Détroit, au Michigan ou à Oshawa, en Ontario, ses pièces traverseront la frontière cinq ou six fois.

 

Nos secteurs des ressources naturelles affichent une prospérité commune plus prononcée – ou plus importante – que tout autre secteur : les ressources naturelles constituent l’épine dorsale de l’économie d’aujourd’hui et de la croissance propre de demain, depuis le bois d'œuvre de résineux canadien utilisé pour construire des maisons américaines jusqu'aux minéraux employés dans la fabrication de pointe. Et bien sûr, le Canada et les États-Unis ont la relation la plus étroite au monde sur le plan de l’énergie.

 

Comme le premier ministre Justin Trudeau l’a dit à Houston plus tôt ce mois-ci, « Rien n’est plus essentiel pour l’économie américaine que l’accès à une source d’énergie sûre et fiable. Et le Canada est cette source. »

 

Voici quelques exemples.

 

Possédant la troisième réserve de pétrole brut au monde, le Canada fournit aux États-Unis 43 pour cent de tout le pétrole brut qu’il importe. L’Alberta à elle seule envoie 2,5 millions de barils par jour aux États-Unis. Environ 86 pipelines différents traversent notre frontière.

 

Et il ne s’agit pas seulement de pétrole et de gaz!

 

Pas moins de 34 lignes de transport traversent notre frontière dans un réseau réellement intégré. Le Canada fournit ainsi plus d’électricité et d’uranium aux États‑Unis que tout autre pays.

 

Dans le cas de l’électricité, le Canada fournit assez d’énergie électrique chaque année pour alimenter près de sept millions de foyers américains. Et l’uranium canadien génère six pour cent de l’électricité américaine – assez pour alimenter un foyer sur 17.

 

Cette intégration énergétique profite à nos deux pays en augmentant la sécurité énergétique, en diminuant les coûts énergétiques et en capital, en plus d'améliorer la fiabilité de l’approvisionnement.

Elle crée également de bons emplois pour la classe moyenne dans les milliers d’entreprises américaines qui approvisionnent l’industrie de l’énergie du Canada.

 

Nos deux pays travaillent aussi ensemble sur l’énergie propre. Par exemple, l’harmonisation de nos normes d’efficacité énergétique a diminué les coûts d’exploitation pour les entreprises et a contribué à créer un marché intégré pour les technologies propres qui transformeront les secteurs des ressources traditionnelles et favoriseront le développement de toutes nouvelles industries.

 

Le Canada et les États-Unis sont aussi des marchés importants pour leurs secteurs miniers respectifs.

 

Les États-Unis exportent près de 40 milliards de dollars en minéraux et en métaux au Canada, créant ainsi des milliers d’emplois américains. Le Canada, en retour, exporte 49 milliards de dollars en minéraux et en métaux aux États-Unis – y compris 60 pour cent de l’aluminium que les Américains utilisent pour fabriquer des avions, des automobiles et d’autres produits.

 

Les industries de l’acier de nos pays sont équitablement intégrées, et le Canada est la première destination pour les produits de l’acier américains, soutenant une industrie clé qui emploie des centaines de milliers d’Américains.

 

Il en va de même pour la foresterie.

 

Le bois de résineux canadien joue un rôle important dans la construction de maisons aux États-Unis. En fait, un tiers de tout le bois de résineux utilisé dans la construction aux États-Unis provient du Canada – assez pour construire un million de maisons américaines.

 

L’approvisionnement de ce bois d’œuvre d’un autre fournisseur augmenterait les coûts de construction, ce qui rendrait l’accession à la propriété plus coûteuse pour les Américains.

 

Plus coûteuse de combien?

 

La National Association of Home Builders estime que pour chaque tranche de 1 000 dollars américains d’augmentation dans le prix des maisons, 153 000 ménages américains supplémentaires ne se qualifieraient plus pour les hypothèques moyennes.

 

Et cela va dans les deux sens.

 

Le Canada, par exemple, est un grand consommateur des produits forestiers américains. Chaque année, nous importons des États-Unis presque 5 milliards de dollars de produits du papier ainsi que 615 millions de dollars de mobilier fabriqué aux États-Unis.

 

Ces chiffres confirment ce que nous savons en notre for intérieur.

 

Les rapports entre les États-Unis et le Canada sont sans parallèle. Nos économies, nos entreprises, nos infrastructures et même nos liens familiaux dépendent de notre capacité à garder notre frontière aussi accessible que possible tout en limitant dans la mesure du possible les obstacles au commerce.

 

La continuité des chaînes d’approvisionnement permet à nos deux pays de maintenir les coûts à un faible niveau, de créer des emplois et de générer des recettes fiscales pour tous les ordres de gouvernement.

 

Les ajustements fiscaux à la frontière, les droits à l’importation et les autres obstacles commerciaux causent une certaine fébrilité. Ces mesures nous obligent à agir en bureaucrates parcimonieux en comptabilisant chaque transport et en percevant des taxes pour chaque opération, ce qui perturbe non seulement l’économie canadienne, mais également l’économie américaine, et se traduit par la perte de bons emplois des deux côtés de la frontière.

 

Les Américains le comprennent aussi bien que nous. J’étais à Houston avec notre premier ministre à l’occasion de la semaine organisée par Cambridge Energy Research Associates (CERA), la plus importante conférence mondiale sur l’énergie. Pendant mon séjour, j’ai rencontré six secrétaires de cabinet. Je me suis entretenu avec onze PDG ou leur représentant, des chefs de file de l’industrie à la tête de certaines des plus grandes entreprises mondiales. Aucune de ces personnes n’a mentionné vouloir d’ajustements fiscaux à la frontière. Ces dirigeants ont même affirmé qu’ils étaient des partisans du libre-échange.

 

Tout comme nous.

Maintenant plus que jamais, nous devons nous employer à collaborer plus étroitement, à élargir nos débouchés économiques et à accroître notre prospérité commune.

 

Ainsi, je veux terminer là où j’ai commencé, à Sumas, dans l’État de Washington.

 

Selon la légende, le fait que Sumas est à cheval sur la frontière serait attribuable à une erreur d’arpentage. Mais, à l’instar de tout ce qui a jalonné les 150 ans d’histoire de notre pays, nous réglons ces situations avec vous de façon pacifique… et en formant des comités.

 

Dans le cas présent, c’est la Commission de la frontière internationale qui a assuré l’entretien d’une frontière pacifique pendant plus d’un siècle. Selon le site Web conjoint, la Commission attribue le fruit de ses efforts à un « véritable partage des ressources, de raisonnement et de bonne volonté au profit d’un objectif commun ».

 

Nous sommes deux nations fières qui, par chance, partagent le même continent. Mais, nous sommes également des amis et des partenaires économiques, par choix.

 

Continuons à travailler ensemble comme amis, à partager ensemble comme de bons voisins et à poursuivre ensemble nos échanges commerciaux comme partenaires.

 

Nous avons déployé trop d’efforts et réalisé trop de progrès pour nous contenter de moins.

 

Merci.

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