Discours principal : Colloque du printemps 2017 de l’Association canadienne de l’énergie éolienne (CanWEA)

Discours

L’honorable Jim Carr
Ministre des Ressources naturelles du Canada
Discours principal
Colloque du printemps 2017 de l’Association canadienne de l’énergie éolienne (CanWEA)
Le 5 avril 2017
Gatineau (Québec)

 

Je vous remercie de votre chaleureuse présentation et de nous rappeler qu’un professionnel peut occuper de nombreuses fonctions au cours de sa carrière. Lorsque j’ai été élu pour la première fois à l’Assemblée législative du Manitoba en 1988, je n’avais que 36 ans et j'avais trois enfants en bas âge. Maintenant, à 65 ans, j’ai six enfants qui ne sont plus du tout jeunes et une toute nouvelle carrière en politique. Je suis d’avis que les nombreux évènements qui ont touché notre pays au cours de cette période devront faire l’objet de réflexions approfondies au fil du temps.

Toutefois, je suis particulièrement heureux d’être ici aujourd’hui pour reconnaître que nous nous trouvons sur un territoire de la Nation algonquine. Vous comptez sur cette reconnaissance de la part des politiciens simplement parce que c’est ce qu’il convient de faire. Cependant, c’est plus que ça : il s’agit d’une reconnaissance de la relation historique que nous entretenons avec le sol, l’air et l’eau en tant qu’êtres humains.

Nous tenons ces éléments pour acquis. Les Autochtones, en revanche, ne les ont jamais tenus pour admis, car ces éléments font partie intégrante de leur identité et qu’ils engagent leurs responsabilités envers les générations qui les précèdent et celles qui leur succéderont. Ainsi, nous devrions tous nous pencher sur l’importance de cette relation avant d’aborder l’avenir du Canada sur le plan de l’énergie.

Il a été dit qu’il n’existe que trois sons de base dans la nature : la pluie qui tombe, le ressac des vagues sur la plage et le vent qui souffle sur une forêt vierge. Tout au long de l’histoire, les humains se sont montrés fascinés par le mouvement de l’air, et particulièrement par son aptitude à déplacer les nuages, à remuer les arbres, à alimenter un feu ou à agiter un océan. Au fil du temps, nous avons appris à l’exploiter pour gonfler nos voiles, moudre nos grains et pomper notre eau.

Aujourd’hui, cette force indispensable de la nature est au cœur de nos solutions pour nous permettre de nous attaquer à l’un des défis les plus urgents à l’échelle mondiale : les changements climatiques.

Je suis fier d’affirmer que, grâce à vos efforts, le Canada se hisse tranquillement au rang de chef de file mondial en matière d’énergie éolienne. Les installations mises en place au pays ont actuellement une capacité éolienne de près de 12 000 mégawatts, ce qui nous classe au huitième rang dans le monde. Pendant ma conversation avec Robert [Robert Hornung, président de CanWEA] alors que nous nous traînions les pieds en attendant la présentation, il m’a rappelé que, depuis son arrivée en 2003, cette capacité est passée de 350 à 12 000 mégawatts. Alors, qui peut nier que la cadence du changement s’accélère à un rythme encore plus rapide que l’on aurait pu le prédire?

Au cours des cinq dernières années au Canada, l’énergie éolienne a été plus développée que toute autre source de production d’électricité. Aujourd’hui, les installations en place génèrent suffisamment d’énergie pour alimenter plus de trois millions de maisons et l’énergie éolienne constitue l’option la moins coûteuse en tant que nouvelle source d’électricité dans de nombreuses communautés. De Rivière-du-Moulin au Québec à l’installation éolienne K2 en Ontario, et même à Saint-Léon dans ma province natale, le Manitoba, les Canadiens constatent les avantages de l’énergie éolienne.

Avec les nouvelles installations en Saskatchewan et en Colombie-Britannique que nous prévoyons mettre en place, nous pouvons maintenant affirmer que nous sommes pour de bon dans l’ère de l’énergie éolienne. Bien que nous soyons sur la bonne voie, nous effleurons à peine notre potentiel dans ce domaine.

Mon message d’aujourd’hui à votre endroit est que le gouvernement est déterminé à lutter contre les changements climatiques et que l’énergie éolienne jouera un rôle crucial à cet effet.

Depuis mon entrée en fonction, nous avons fait preuve d’un dévouement clair et sans relâche envers cette lutte. Nous avons ratifié l’Accord de Paris sur les changements climatiques. Nous nous sommes joints à Mission Innovation, une entente selon laquelle les pays signataires s’engagent à doubler le montant de leur investissement dans les technologies énergétiques propres. Nous avons commencé à éliminer progressivement la production d’électricité à partir de charbon. Puis, nous avons signé le Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques, un plan directeur visant à réduire les émissions, à stimuler les innovations dans ces domaines, à mettre en place des mesures d’adaptation aux changements climatiques et à créer des emplois de qualité. Cette entente inclut notamment le fait de fixer un prix sur le carbone, soit le meilleur moyen de réduire les émissions, de stimuler l’innovation et de favoriser l’efficacité énergétique, selon un bon nombre d’entreprises, dont certaines du secteur de l’énergie.

Il s’agit d’un débat couramment caractérisé, surtout à la Chambre des communes, par une vive partisanerie. Comme d’autres avant elle, ma collègue, la ministre Catherine McKenna, a soulevé de manière éloquente que certains chefs conservateurs et chefs réformistes ont par le passé abordé la question de l’ajustement au marché et de mécanismes axés sur les conditions du marché; la tarification du carbone s’inscrit donc dans le cadre de ces mesures. Il ne s’agit pas d’une question idéologique. C’est plutôt une question qui nous permet d’amorcer une démarche de longue haleine vers la durabilité et elle n’appartient à aucun parti politique.

Même si chaque province et territoire adoptera sa propre approche en matière de tarification du carbone, chacun tentera de réduire sa dépendance à l’égard des combustibles fossiles. Cela annonce une excellente occasion pour le secteur de l’énergie éolienne. Les changements climatiques représentent sans contredit l’un des plus grands défis de notre époque, mais pour nous, ils sont également synonymes d’une belle occasion à saisir. La valeur des technologies propres sur le marché mondial se chiffre déjà à plus de 1 billion de dollars par année et elle continue de croître. Ces technologies contribuent à transformer les secteurs traditionnels et à ouvrir la voie à de toutes nouvelles industries. Notre gouvernement travaille d’arrache-pied pour s’assurer que les entreprises canadiennes comme la vôtre tirent parti de ce secteur en croissance, qui, à notre avis, marquera le 21e siècle.

Nous avons démontré cette certitude non seulement par la signature de différents accords, mais également par les divers investissements que nous avons réalisés. Dans notre premier budget, nous avons alloué 2 milliards de dollars dans le fonds pour une économie à faibles émissions de carbone en vue de stimuler l’innovation et d’encourager les nouvelles idées dans le domaine des écotechnologies. Dans le cadre de notre programme d’innovation, nous investissons plus d’un milliard de dollars pour soutenir le développement d'écotechnologies, notamment dans les industries des ressources naturelles, et pour encourager les entreprises à adopter des sources d’énergie renouvelable, y compris pour en ajouter de nouvelles à l’éventail déjà existant. Nous avons en outre augmenté les déductions pour amortissement relatives aux investissements dans l’énergie propre.

Nous améliorons la collaboration régionale en matière d’électricité au moyen de discussions actuellement en cours avec les régions de l’Ouest et de l’Atlantique, et nous continuons à travailler de concert avec nos partenaires continentaux afin de trouver des manières d’ajouter de nouvelles sources d’énergie renouvelable au réseau nord-américain. J’ai passé une bonne partie de la semaine dernière à Washington où j’ai eu l’occasion de rencontrer pour la première fois M. Perry, dont la nomination à titre de secrétaire à l’Énergie des États-Unis a récemment été confirmée. Vous savez probablement qu’il a occupé le poste de gouverneur du Texas pendant près de 15 ans. Ce que vous ignorez peut-être par contre c’est que, malgré son poste de gouverneur de l’État du pétrole et du gaz, il a permis au Texas de prendre les devants en matière de promotion de l’énergie éolienne par rapport aux autres États. Il a porté un grand intérêt à notre discussion à ce sujet et nous avons convenu que l’environnement énergétique de l’Amérique du Nord s’inscrit dans un ensemble, puisque le Canada, les États-Unis et le Mexique ont beaucoup en commun sur ce plan.

Cette conversation et bien d’autres que j’ai eu la chance d’entretenir avec des décideurs de Washington m’ont permis de conclure que nous trouverons un moyen d’harmoniser les mesures prises entre nos trois pays. Voici notre budget le plus récent qui a été majoré en fonction de ces investissements (je m’excuse de vous mentionner autant de chiffres, mais ils en révèlent parfois plus que les mots et je n’en suis pas peu fier) :

  • 21,9 milliards de dollars pour les priorités relatives aux infrastructures écoénergétiques, dont l’électricité propre et l’interconnexion efficace des réseaux électriques;
  • 220 millions de dollars en appui aux technologies d’énergies renouvelabless existantes à l’étranger qui ne sont pas encore exploitées au Canada, comme le vent de terre et les appareils géothermiques;
  • 220 millions de dollars pour réduire la dépendance des communautés éloignées et nordiques au carburant diesel en appuyant la mise en place d’infrastructure fonctionnant à l’énergie propre et renouvelable;
  • 100 millions de dollars pour la démonstration d’un réseau électrique intelligent et sa mise en œuvre, une étape cruciale pour accroître la portée des énergies renouvelables;
  • 12 millions de dollars pour la mise en place d’une plateforme de croissance à l’égard de l’énergie propre qui favorisera l’accès aux ressources et aux laboratoires du gouvernement fédéral pour les entrepreneurs et les innovateurs.

Nous avons également convenu de créer la Banque de l’infrastructure du Canada, dont le but est de transformer la façon dont l’infrastructure est planifiée, financée et mise en place partout au pays. L’une de ses priorités sera manifestement les interconnexions de réseaux électriques.

Le budget prévoit également la somme de 1,4 milliard de dollars pour aider les sociétés les plus prometteuses à faire croître leurs affaires. La Banque de développement du Canada et Exportation et développement Canada recevront une somme considérable pour le financement par actions, le fonds de roulement pour les approvisionnements et l’investissement dans les technologies en développement.

Le budget de 2017 prévoit 11 millions de dollars pour accélérer l’élimination progressive de la production d’électricité à partir de charbon, une étape cruciale pour atteindre notre objectif visant à générer 90 % de l’électricité du pays à partir de sources à émissions nulles d’ici 2030. À l’heure actuelle, nous sommes à 80 %. Nous avons tout de même signé un accord avec le Mexique et les États-Unis en vue de réduire les émissions à 50 %. Nous sommes donc peu concernés par cette mesure. L’objectif ne sera toutefois pas aussi facile à atteindre pour les Américains et les Mexicains, mais nous leur traçons la voie.

J’ai mentionné un peu plus tôt que nous effleurions à peine notre potentiel en matière d’énergie éolienne. L’une des principales solutions pour stimuler la croissance de vos affaires est de diversifier vos marchés. Le budget de 2017 prévoit 15 millions de dollars afin de promouvoir une stratégie de développement international visant précisément à aider les entreprises canadiennes du secteur des écotechnologies à conquérir de nouveaux marchés.

La diversification des marchés représente un objectif des plus importants pour le gouvernement du Canada. Selon vous, quel pourcentage des exportations de pétrole et de gaz du secteur des ressources naturelles est destiné aux États-Unis? Quatre-vingt-dix-neuf pour cent. Vous comprenez maintenant pourquoi nous avons approuvé le projet d’agrandissement du réseau de Trans Mountain : nous cherchons des moyens de transporter le pétrole brut de l’Alberta vers la côte ouest en vue d’accéder aux marchés de l’Asie. C’est exactement pour cette raison que nous sommes préoccupés par le dossier du bois d’œuvre de résineux : 99 % des exportations du Québec sont également dirigées vers les États-Unis. La Colombie-Britannique est la province qui a le mieux réussi à orienter ses exportations vers les marchés de l’Asie. Nous encourageons fortement cette pratique.

Aucun marché n’est plus important aux yeux des Canadiens que celui de nos voisins du Sud, et sachez que nous avons consacré beaucoup d’efforts à collaborer avec nos amis américains à tous les échelons. Par « à tous les échelons », vous devez comprendre que je parle de discussions d’égal à égal entre le président et le premier ministre, entre deux législateurs, deux syndicats, deux directeurs généraux et deux maires, tous provenant du Canada et des États-Unis. Nos économies sont si fusionnées dans tous les aspects de nos vies que nous devons créer des liens d’amitié et formuler des arguments pour défendre nos idées. Nous invoquons ensuite ces arguments devant nos amis et leur disons de les propager à leur tour. Je vous mets au défi de faire de même.

Combien de personnes ici entretiennent des relations importantes avec des personnes ou entreprises des États-Unis? Veuillez lever la main. Plus de la moitié d’entre vous. Ce que je veux dire c’est que nous épousons des Américains, fréquentons leurs écoles, travaillons pour leurs entreprises, magasinons dans leurs centres commerciaux et vice versa. Chacun d’entre nous a un rôle à jouer dans cette relation en pleine évolution depuis la prise de pouvoir de la nouvelle administration.

C’est pourquoi je prévois que l’énergie éolienne jouera un rôle déterminant dans la lutte contre les changements climatiques et la création d’emplois. Je prédis également qu’elle créera des occasions en or pour les communautés autochtones. Comme le premier ministre l’a répété plus d’une fois, aucune relation ne revêt autant d’importance pour le gouvernement du Canada que celle qu’il entretient avec les Autochtones. Dans le cadre de mes fonctions à titre de ministre des Ressources naturelles, j’ai en premier lieu cherché à collaborer de manière significative avec les Premières nations relativement à tout projet important. Le fait que plusieurs des projets de parcs éoliens lancés l’an dernier se situent au cœur des communautés autochtones constitue une bonne nouvelle. De plus, ces projets créent des emplois et permettent un développement économique réel. Il ne faut se faire aucune illusion : la prospérité doit profiter à tous les Canadiens.

Notre gouvernement a conscience que la prospérité économique va de pair avec la protection de l’environnement. Toutefois, les emplois de l’avenir seront créés au sein d’industries comme les vôtres. Il faudra donc que nous soyons prêts à saisir les occasions offertes par une économie axée sur la croissance propre. Au courant du mois, j’annoncerai le lancement d’une importante initiative visant à convaincre les Canadiens de tracer la voie de notre avenir énergétique. Quelques mois plus tard, nous convierons les parties intéressées à une rencontre (j’espère que vous serez présents aux côtés des experts, des universitaires et des autres acteurs du secteur) au cours de laquelle nous tâcherons de concevoir des plans que nous pourrons mettre en œuvre à partir des commentaires reçus. Je vous invite tous à participer.

Alors que nous nous préparons à surmonter les difficultés et à saisir les occasions qui se présenteront à nous pendant notre transition vers un avenir à carbone réduit, les propos de Jeff Bezos, fondateur d’Amazon, me reviennent à l’esprit : « Il faut toujours que nous foncions vers l’avenir. Lorsque le monde qui nous entoure change et que ces changements nous déplaisent, nous constatons que le vent a tourné et que nous devons maintenant faire face à un vent qui nous poussait dans le dos, un instant auparavant. Il faut donc foncer et adopter la stratégie la mieux adaptée aux nouvelles circonstances, car nous plaindre ne nous mènerait nulle part. »

Votre association comprend l’importance de se lancer vers l’avenir, de proposer des stratégies et des solutions et de prendre le vent – peu importe d’où il souffle – pour en tirer une force qui peut façonner notre avenir.

Je vous souhaite, à vous et à toutes vos entreprises touchant à l’énergie éolienne, de connaître le succès.

Je vous remercie. 

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