L’honorable Jim Carr, ministre des Ressources naturelles, prononce une allocution de circonstance dans le cadre de la Conférence des ministres de l’énergie et des mines le 14 août 2017.

Discours

La version prononcée fait foi

Merci Jean et bonsoir à tous.

Nous sommes réunis dans ce milieu naturel d’une incomparable beauté pour parler de l’avenir du Canada.

Soudainement, cet avenir est à notre portée. Il a comme fondement de mobiliser les peuples autochtones, de gagner la confiance des Canadiens et de s’assurer que le Canada est un chef de file mondial de la technologie propre et de l’innovation, qui définiront la nouvelle économie de demain, à faibles émissions de carbone. Voilà ce que nous cherchons à atteindre ici, à St. Andrews-by-the-Sea.

La perspective d’un avenir de croissance propre dans les secteurs de l’énergie et des mines au Canada est maintenant un objectif réalisable.

Comment y sommes-nous arrivés?

Nous ne le devons pas à la chance. Cela n’a pas été facile. Et, personne n’y est arrivé seul.

Cette conférence annuelle – et les travaux qui se font en son nom tout au long de l’année – est un lieu de partenariat fédéral, provincial et territorial, dans lequel on élabore des politiques, on harmonise les normes et l'on renforce les régimes réglementaires. On veille à la sécurité publique et nationale et à notre compétitivité à l’échelle mondiale.

Les efforts que nous avons déployés ici – grâce à la bonne volonté et à un travail acharné – ont contribué à trouver un terrain d’entente et un but commun sous l'égide du Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques. Nous sommes aussi parvenus à faire progresser la politique nationale et les programmes nationaux touchant tous les domaines, de l’efficacité énergétique aux interconnexions, de l’énergie propre aux nouvelles technologies.

L’objectif? Transformer la richesse naturelle que nous connaissons aujourd’hui en économie à faibles émissions de carbone demain.

Comme le premier ministre Trudeau l’a indiqué dans le cadre d’une conférence sur l’énergie à Houston plus tôt cette année : (traduction) « En camping, il faut allumer le feu de camp avant la tombée de la nuit. Cela ne signifie pas pour autant que nous sommes contre la lumière du jour. »

Nous pouvons – et nous devrions – chercher à avoir un accès élargi au marché, investir davantage dans nos sources d’énergie traditionnelle et devenir plus compétitifs à cet égard, et ce, pendant que nous ouvrons la voie à la croissance propre.

Il suffit d’adopter de nouvelles approches et de nouvelles façons de penser, en misant sur l’invention, l’innovation et l’imagination.

C’est l’ambition de notre gouvernement depuis son premier jour et c’est ce sur quoi je veux m'attarder ce soir.

À cette époque l’an dernier, notre gouvernement avait déjà commencé à réaffirmé la place importante du Canada sur la scène internationale, en tenant un rôle de leader lors de l’Accord de Paris sur les changements climatiques et en aidant à créer Mission Innovation, un partenariat mondial pour stimuler l’innovation et la recherche et développement dans l’énergie propre comme jamais auparavant.

Chez nous, nous avons poursuivi la mise en œuvre d'une stratégie énergétique continentale et fait avancer le dossier des technologies propres.

Au cœur de tout cela se situe la profonde conviction qu’aucune relation n’est plus importante pour le Canada que notre relation avec les peuples autochtones. Faire avancer la réconciliation et la création de la prospérité est un engagement national partagé.

Au cours des douze derniers mois, nous avons fait avancer les choses, souvent par des moyens sans précédent. Nous avons renforcé l’influence que le Canada exerce à l’étranger, en préconisant l’intégration économique avec nos partenaires nord-américains, en investissant dans l’économie sobre en carbone chez nous et en regagnant la confiance des communautés autochtones.

À la réunion annuelle des ministres de l’Énergie du G-7 à Rome au printemps, nous avons renforcé l’approche du Canada – en rendant nos sources d’énergie classiques plus écoénergétiques et en misant sur celles-ci pour alimenter les solutions de demain en énergie propre – tout en favorisant une plus grande collaboration internationale et en augmentant la sécurité de l'approvisionnement mondial en énergie.

Nous avons répété ces propos et nos priorités dans les réunions ministérielles consacrées à l’énergie propre et à Mission Innovation, et nous avons notamment joué un rôle de meneur dans les dossiers de la bioénergie, de la technologie du captage du carbone et de l’énergie nucléaire.

Le monde est à l’écoute. Il souhaite tirer parti de nos ressources, des compétences que nous avons mises au point et de l’expérience que nous avons acquise.

Je l’ai constaté lors de nos récentes missions commerciales, en Inde l’automne dernier et au Mexique cet hiver. En juin, nous avons passé une semaine en Chine à promouvoir non seulement nos ressources, mais aussi notre ingéniosité. Et la jonction entre ce que les Chinois cherchent à obtenir et ce que nous pouvons offrir est des plus prometteuses.

Des possibilités semblables existent au sud de la frontière. Je me suis rendu plusieurs fois aux États-Unis cette année – à Washington et à Houston – et je me suis entretenu en personne avec mon homologue Rick Perry, le secrétaire américain à l’Énergie, à trois occasions différentes.

Et chaque fois, mon message est aussi simple que convaincant : il n’y a rien de plus important pour l’économie américaine que l’accès à une source sûre et fiable d’énergie, de minéraux et de métaux. Et cette source, c’est le Canada.

Le message passe. L’idée d’une taxe d’ajustement à la frontière américaine est enterrée. Ce n’est pas rien et c’est le résultat direct de notre opération charme – une campagne sur le terrain, menée avec l’appui des Canadiens d’un océan à l’autre, y compris l'opposition fédérale, les premiers ministres provinciaux, les maires, les préfets, les dirigeants de l’industrie et les chefs de syndicats.

Ce front uni est plus important que jamais, car une nouvelle ronde de négociations de l’ALENA débute cette semaine à Washington.

La bonne nouvelle est que les Américains sont aussi des libre-échangistes convaincus. J’ai rencontré des secrétaires du Cabinet, des PDG, la chambre de commerce des États-Unis et des chefs syndicaux. Aucune de ces personnes n’a dit souhaiter davantage d’obstacles au commerce.

Nous pouvons miser là-dessus. Nous devons sans cesse leur rappeler que nous sommes leurs meilleurs clients, que nous achetons plus de produits fabriqués aux États-Unis que la Chine, le Japon et le Royaume-Uni réunis.

Et tout ce commerce signifie des emplois. Pour les deux pays. Aux États-Unis, cela se traduit par neuf millions d’emplois. Dans toutes les circonscriptions représentées au Congrès. Et cela donne lieu à des industries hautement intégrées comme celles de la production de l’acier et de l’aluminium, de l’énergie et de l’automobile.

Élargir cette relation d’interdépendance sous le régime de l’ALENA apportera son lot de récompenses, et c’est pourquoi nous discutons des moyens de tracer un portrait fidèle de la dépendance nette de l’Amérique du Nord en matière d'importation de minéraux et de métaux stratégiques.

La révolution des technologies propres présente de nouvelles possibilités pour les sociétés minières canadiennes : elles utilisent ces technologies pour produire les minéraux et les métaux dont l’économie moderne a besoin, puis elles utilisent leurs avancées technologiques pour stimuler la croissance propre de l’industrie.

Notre secteur minier fait déjà partie des premiers à avoir adopté des technologies vertes perfectionnées.

Notre gouvernement veut apporter son aide en investissant dans de nouvelles infrastructures, comme la route Tlicho utilisable en toutes saisons dans le Nord, et en offrant des mesures incitatives pour attirer de nouveaux investissements, notamment la prolongation cette année de la période de validité du crédit d’impôt pour l’exploration minière.

Nous soutenons les nouvelles découvertes, encourageons l’exploitation durable des ressources minérales et assurons la certitude réglementaire.

Ce qui m’amène au document de travail visant à réformer la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale.

Notre but – comme le vôtre – c'est de voir se réaliser des projets d’exploitation des ressources qui tiennent la route, qui créeront de bons emplois, des industries saines et une prospérité durable pour les générations à venir. Et de bien faire les choses, grâce à un système environnemental et réglementaire ouvert et transparent -- un système qui garantit des mécanismes de protection modernes, fait avancer la réconciliation avec les peuples autochtones et jouit de la confiance des Canadiens.

Il y a d’importantes leçons à tirer du secteur minier. Après tout, il y a une bonne raison pour laquelle le Canada s’est vu décerner le prix Meilleur pays lors de l’événement Mines and Money London l’hiver dernier, la plus importante conférence-exposition sur l’investissement minier en Europe :

  • L’image de marque du Canada est reconnue à l’échelle mondiale grâce à l'innovation, à la performance environnementale, à la mobilisation des populations autochtones et à la responsabilité sociale de nos entreprises du secteur minier;
  • La Bourse de Toronto est responsable de plus de la moitié du financement par actions de l’exploitation et de l’exploration minières dans le monde.
  • L’industrie de l’exploration et de l’exploitation minières du Canada est le plus important employeur d’Autochtones au pays – plus de 11 000 emplois dans ce secteur sont occupés par des Autochtones et plus de 370 ententes actives existent entre sociétés minières et communautés autochtones.

Les compagnies minières canadiennes offrent certaines des solutions les plus novatrices du point de vue social au pays et dans plus de 100 pays dans le monde.

Nous souhaitons que le Canada accède au rôle de leader mondial incontesté du domaine de l’exploitation durable des ressources minières et qu’il se dote d’un plan unifié afin d’atteindre cet objectif. Ce plan favoriserait le positionnement à long terme de l’industrie des mines et métaux en tant que secteur générateur de transformation, à haute technologie, inclusif et attrayant pour les investisseurs.

Même si le Canada jouit d’une grande richesse géologique, ce sont notre expertise, notre vision et notre dynamisme qui assureront la prospérité à long terme de notre pays en tant que leader de la mise en valeur novatrice des ressources naturelles.

Il en va de même pour notre secteur de l’énergie. L’Amérique du Nord constitue sa rampe de lancement.

Quelque 86 pipelines traversent la frontière canado-américaine et pas moins de 34 lignes de transport d’électricité relient nos deux pays, formant véritablement un réseau intégré. Nous fournissons plus d’électricité et d’uranium aux États-Unis que tout autre pays, et 43 % de son pétrole brut importé provient du Canada.

Cette intégration énergétique profite à nos deux pays en rehaussant la sécurité énergétique, en diminuant les coûts de l'énergie et les coûts en capital et en améliorant la fiabilité de l’approvisionnement.

Nos pays travaillent aussi ensemble sur des projets d’énergie propre. Par exemple, l’harmonisation de nos normes d’efficacité énergétique a réduit les coûts d’exploitation pour les entreprises et a contribué à la création d’un marché intégré pour les technologies propres qui transformeront les secteurs des ressources traditionnelles et favoriseront l'éclosion d'industries entièrement nouvelles.

Les personnes ici présentes ont toutes un rôle important à jouer. Notre tâche est de maximiser les avantages associés aux vastes ressources du Canada.

Nous devons façonner notre avenir ensemble.

Notre initiative Génération Énergie permettra d’atteindre cet objectif en encourageant des personnes qui ne se font pas souvent entendre – femmes, jeunes, Autochtones – à participer à une conversation nationale visant à façonner l’avenir énergétique du Canada.

Ce forum national aura lieu les 11 et 12 octobre à Winnipeg, ma ville natale.

Je vous invite à participer à cette occasion sans pareille afin de faire connaître votre vision de ce à quoi l’avenir énergétique du Canada devrait ressembler pour la prochaine génération.

Une stratégie énergétique canadienne sera aussi élaborée au cours de ce travail d’édification de la nation.

Ensemble, nous pouvons poursuivre les travaux que le Conseil de la fédération a entamés afin de promouvoir l’efficacité énergétique et de favoriser le développement des technologies énergétiques, l’innovation et la construction d’infrastructures. Au moyen des interconnexions, des réseaux intelligents et des infrastructures de gaz naturel, nous pouvons accélérer l’élimination progressive des centrales électriques alimentées au charbon pendant que nous développons des sources d’énergie plus propres.

Nous mobilisons les ressources du gouvernement fédéral pour soutenir ces efforts, y compris un investissement sans précédent de 21,9 milliards de dollars pour les infrastructures vertes. Grâce à des accords bilatéraux, des programmes nationaux et la Banque de l’infrastructure du Canada, nous réaliserons de grands projets et investirons dans d’autres stratégies spécifiques de réduction des émissions, ainsi que dans des technologies propres.

Nous pouvons aider les collectivités rurales et éloignées à réduire leur dépendance au diesel. Nous pouvons créer un réseau national de bornes de recharge pour véhicules électriques. Nous pouvons aussi soutenir le développement des technologies propres dans le secteur des ressources naturelles au Canada.

En renforçant le climat d'investissement au Canada, en augmentant notre compétitivité et en améliorant la gestion de l’environnement, nous pouvons multiplier les chantiers, multiplier les bons emplois pour les Canadiens et faire progresser notre économie pendant des décennies.

Nous avons fait beaucoup de chemin au cours des deux dernières années, mais ce n’est qu’un début.

Notre objectif est de travailler avec vous et avec tous les Canadiens pour que nos secteurs des ressources naturelles soient prospères, concurrentiels et pleinement innovateurs.

Ensemble, nous pouvons favoriser la prospérité que nous souhaitons tous, en préservant notre planète bien aimée.

Merci.

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