Le gouvernement du Canada soutient l’innovation en foresterie

Discours

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Bonjour à tous et merci d’être présents parmi nous en cette heure si matinale.

Je tiens à souligner que notre rencontre se déroule sur le territoire traditionnel des Algonquins. Bien avant l’installation de l’industrie du bois de sciage dans la ville de Bytown, les Algonquins habitaient les forêts de cette région – ils en faisaient partie.

Nous nous trouvons également dans l’un des bâtiments les plus beaux et les plus chargés d’histoire à Ottawa, là où le Parlement s’est réuni à la suite de l’incendie ayant ravagé l’édifice du Centre lors d’une nuit glaciale en 1916. À l’avant du bâtiment se trouve une tour de verre spectaculaire, nommée le Lanternon des reines. Il s’agit d’un ajout moderne à cet édifice historique, un clin d’œil au futur construit sur le passé.

Je vous mentionne tous ces détails non seulement pour vous impressionner avec mes connaissances de l’architecture locale, mais aussi parce que ce bâtiment m’apparaît le lieu parfait pour une discussion sur nos forêts canadiennes autour du thème « Notre patrimoine, notre avenir ». Depuis 150 ans, la foresterie est étroitement liée au patrimoine de notre pays. Elle nous a définis en tant que nation et nous a façonnés en tant que peuple. Aujourd’hui, cette industrie crée des emplois, favorise l’innovation et représente un élément essentiel de notre balance commerciale.

Cela étant dit, la dernière année n’a pas été la plus facile pour l’industrie de la foresterie. Les incendies à Fort McMurray, qui ont détruit près de 600 000 hectares, ont forcé 88 000 personnes à quitter leur foyer. Cet été, la Colombie-Britannique a combattu les plus grands feux de forêt de son histoire, qui ont mené à la déclaration d’un état d’urgence à l’échelle de la province.

Compte tenu de ces tragédies, et du risque que leur fréquence augmente en raison des changements climatiques, le travail que notre conseil a réalisé l’an dernier à Dawson City en vue de renouveler la Stratégie canadienne en matière de feux de forêt est d’autant plus important.

Les feux de forêt ne touchent pas uniquement la foresterie, mais aussi la sécurité publique, la santé publique et les communautés autochtones. Face à une telle menace, il est essentiel de miser sur les meilleures données scientifiques, les outils les plus efficaces et la plus grande collaboration possible pour en prévenir, ou atténuer, les répercussions.

Cette année, nous avons aussi vu l’effet dévastateur des ravageurs forestiers, dont les infestations ont détruit des milliers d’hectares de forêts à l’échelle du pays, de Hinton en Alberta jusqu’à Baie-Comeau. Puis, comme si la nature ne nous apportait pas assez de mauvaises nouvelles, nos voisins du Sud, les États-Unis, ont imposé des droits de douane punitifs injustes sur notre bois d’œuvre.

Or, comme c’est souvent le cas, l’adversité a fait ressortir le meilleur de chacun. En affrontant ces difficultés et ces défis, on s’est rappelé de la simple vérité qui est au cœur de notre pays : le Canada obtient ses meilleurs résultats lorsque les Canadiens travaillent ensemble.

Nous l’avons constaté lorsque la population canadienne s’est mobilisée autour des résidents de Fort McMurray et de la Colombie-Britannique en leur offrant des dons d’argent, d’aliments et de vêtements. Des milliers de gestes individuels de bienveillance et de gentillesse.

Nous avons également observé cet esprit de solidarité dans la collaboration des gouvernements pour former le Groupe de travail fédéral-provincial sur le bois d’œuvre résineux. Une des particularités les plus intéressantes de notre constitution est qu’elle attribue les ressources naturelles aux provinces, mais assigne les échanges et le commerce au gouvernement fédéral. Nous devons donc travailler en collaboration, en misant sur les forces de chacun. Ainsi, notre constitution instaure un système plus important que ce que pourraient accomplir nos gouvernements indépendamment les uns des autres.

Le Groupe de travail est un excellent exemple de ce phénomène et augure bien de l’avenir des relations entre les gouvernements fédéral et provinciaux. Ce groupe nous a permis de mettre en commun des renseignements sur les moyens les plus efficaces pour venir en aide aux travailleurs et aux collectivités touchés par ces événements. En outre, il nous a permis d’élaborer un plan d’action exhaustif. Notre gouvernement investit 867 millions de dollars pour offrir :

  • des garanties de prêts pour l’industrie, par la Banque de développement du Canada et Exportation et développement Canada;
  • un accès au Programme de travail partagé pour aider les employeurs et les employés à compléter leurs revenus;
  • du financement aux provinces pour aider les travailleurs à trouver de nouveaux emplois ainsi que des suppléments de salaire pendant leur transition;
  • de nouvelles ressources pour l’Initiative de foresterie autochtone dans le but de soutenir la participation autochtone au développement économique;
  • des prolongations du programme Investissements dans la transformation de l’industrie forestière (ITIF) et du Programme d’innovation forestière;
  • un accès au Programme de développement des marchés afin d’atteindre de nouveaux marchés et d’élargir l’utilisation de constructions en bois.

En somme, cette année a été difficile, mais elle nous a aussi permis de redécouvrir nos forces inexploitées et de rechercher de nouvelles occasions.

Le Forum que nous tiendrons aujourd’hui et les rencontres qui auront lieu au cours des prochains jours continuent dans ce sens. Nous explorerons la mobilisation des peuples autochtones, le rôle de la foresterie dans la bioéconomie ainsi que les occasions de diversifier nos marchés, de lutter contre les changements climatiques et de gérer l’habitat du caribou et d’autres espèces en péril.

Permettez-moi de vous parler brièvement de chacun de ces sujets. Premièrement, penchons-nous sur la mobilisation des communautés autochtones. Aujourd’hui, nous sommes honorés par la présence d’un grand nombre de chefs autochtones. Bon nombre de ces derniers m’ont parlé du rôle central des forêts dans la vie des membres de leurs communautés, aux niveaux culturel, spirituel et, de plus en plus, économique. Environ 70 % des communautés autochtones sont situées dans des régions forestières et plus de 9 000 Autochtones travaillent dans l’industrie forestière.

Depuis quelques années, il est de plus en plus commun que les communautés autochtones détiennent directement les ressources exploitées. Ces communautés ont presque doublé leur part du volume de tenure. Cela génère des recettes qui sont réinvesties dans leurs communautés afin de soutenir les écoles, les logements, le transport et le développement économique.

NorSask Forest Products en est un exemple exceptionnel. Détenue par le conseil tribal de Meadow Lake, elle soutient des programmes sociaux, l’emploi et les infrastructures dans neuf communautés qu’elle représente. En faisant participer la population locale au processus décisionnel, elle a pu évoluer et devenir l’une des plus grandes scieries canadiennes détenues par des Autochtones.

Alors que l’automne et la révision des évaluations environnementales arrivent à grands pas, la mobilisation autochtone sera essentielle. La foresterie a fait un travail remarquable en mobilisant les communautés autochtones. Nous devons adopter le même esprit et la même approche quant au développement de l’ensemble de nos ressources.

Deuxièmement, l’industrie forestière canadienne a subi une transformation remarquable au cours des dernières années, en élargissant ses gammes de produits et ses marchés.

Aujourd’hui, la fibre de bois est utilisée pour des applications qui auraient été inimaginables il y a seulement quelques décennies : renforcer les pièces d’automobiles en composite, rendre les véhicules plus légers, réduire les émissions et remplacer le plastique et les produits chimiques dérivés de combustibles fossiles.

Ces produits novateurs permettent d’ouvrir de nouveaux marchés, y compris la Chine, où les exportations de produits du bois ont été multipliées par 25 depuis 2002 et les exportations de bois de résineux ont été multipliées par 30 au cours de la même période.

En juin, j’ai eu le plaisir de mener en Chine une délégation de chefs autochtones et de chefs d’entreprise provenant de presque toutes les régions du Canada. Je vois que certains membres de cette délégation sont parmi nous aujourd’hui. L’un des événements les plus marquants de notre voyage a été la visite de l’écoquartier de Tianjin, construit avec du bois d’œuvre canadien.

D’autres écoquartiers semblables pourraient être construits dans toute la Chine, ce qui ferait augmenter la demande de bois et d’expertise du Canada de manière fulgurante au cours des prochaines années.

Le plan d’action pour le bois d’œuvre a aussi offert des fonds importants pour innover l’industrie et agrandir ses marchés. En tout, environ 163 millions de dollars sont disponibles dans le cadre du Programme de développement des marchés, de l’ITIF et des programmes d’innovation forestière.

Ces investissements aident les entreprises à poursuivre énergiquement de nouveaux marchés et à exploiter davantage les marchés existants. Ils créent aussi des occasions d’élargir l’utilisation des constructions en bois à l’échelle nationale. Le budget de 2017 consacre 40 millions de dollars à l’augmentation de l’utilisation du bois au Canada, en particulier la construction d’immeubles en bois de grande hauteur, un domaine dans lequel nous sommes le chef de file mondial.

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de lancer un appel des nouvelles propositions pour le financement par ITIF de la prochaine vague d’innovations technologiques inédites. Les 55 millions de dollars sur trois ans que le plan d’action pour le bois d’œuvre injecte dans ITIF contribueront à affermir la position du Canada en pointe de la transformation de l’industrie forestière et de la bioéconomie.

Troisièmement, ce qui est plus important que jamais, c’est que l’industrie forestière joue un rôle clé dans la lutte contre les changements climatiques. J’irais même jusqu’à dire qu’il serait impossible d’envisager une solution mondiale aux changements climatiques sans l’intervention du secteur forestier. Il est à ce point essentiel. Pourquoi? Cela s’explique par le fait que la foresterie se distingue parmi les secteurs de ressources dans le sens où elle est axée sur une ressource qui retire du carbone de l’atmosphère.

L’industrie développe également des technologies propres, produit de l’énergie verte et réduit ses besoins en énergie et en eau, ses émissions et sa production de déchets. Tandis que les émissions globales de gaz à effet de serre du Canada ont augmenté entre 1990 et 2012, les usines de pâtes et papiers ont réduit leurs émissions de façon impressionnante, soit de 66 %.

La bioéconomie émergente constitue le domaine détenant le plus grand potentiel de cette industrie. Demain, les ministres avaliseront un cadre de bioéconomie forestière, le produit d’un engagement d’un an auprès des provinces, de l’industrie, des universités et des groupes autochtones.

Ce cadre offrira une vision percutante et un objectif clair : faire du Canada un chef de file mondial dans le développement de la biomasse forestière. Peu de pays sont mieux positionnés pour réaliser une telle mission. Nous avons le plus haut taux de biomasse par habitant au monde et notre pays représente près de sept pour cent du potentiel bioénergétique mondial.

La bioéconomie offre une occasion incroyable de créer davantage d’emplois, de mobiliser les communautés autochtones, de forger de nouveaux partenariats, de développer de nouvelles chaînes d’approvisionnement et de construire une nouvelle industrie. Son heure est venue et le Canada doit montrer la voie.

Quatrièmement, nous examinerons l’importance de protéger les espèces en péril, particulièrement le caribou, une espèce importante qui dépend de la gestion durable de nos espèces forestières.

Le caribou se trouve partout au Canada, notamment dans les forêts boréales du Yukon, de la Colombie-Britannique et du Labrador, et le rétablissement de l’espèce exige un engagement sans précédent de la part de chacun de nous. En juillet, Environnement et Changement climatique Canada a publié un plan d’action pour protéger le caribou boréal. Nous recevons aujourd’hui des commentaires à ce sujet de la part d’intervenants de l’industrie, de groupes autochtones ainsi que de gouvernements provinciaux et territoriaux.

Notre gouvernement procède actuellement à l’établissement d’un consortium national de connaissances relatives au caribou boréal, un comité consultatif scientifique comprenant de nombreux intervenants dont la mission sera de rétablir cette espèce emblématique et d’assurer sa préservation pour les générations futures. Je reconnais que ce sera un défi de taille, autant pour l’industrie que pour les groupes autochtones et les gouvernements. Toutefois, il est important que nous prenions les bonnes mesures.

Nous avons donc un ordre du jour chargé, avec une multitude d’enjeux à considérer.

Oui, la dernière année a été difficile pour l’industrie forestière. Mais ne perdons pas de vue les progrès énormes que nous avons réalisés et les occasions intéressantes qui nous attendent.

Au cours des dix dernières années, l’industrie s’est transformée. Ses intervenants ont accueilli l’innovation, inventé de nouvelles technologies, créé de nouveaux produits, rehaussé sa compétitivité et développé de nouveaux modèles d’affaires.

Notre gouvernement croit en cette industrie et prévoie qu’elle jouera un rôle central dans certains des enjeux les plus importants de notre époque : la lutte contre les changements climatiques, la stimulation de l’innovation, la croissance des échanges commerciaux, le soutien de la biodiversité ainsi que la création d’emplois dans la classe moyenne et d’occasions économiques pour les populations rurales et autochtones.

Bien que la foresterie soit empreinte de notre histoire, elle demeure essentielle à notre avenir. En effet, ses meilleurs jours sont à venir.

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