L’honorable Jim Carr, ministre des Ressources naturelles, parle de l’importance des forêts durables du Canada. 

Discours

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Merci * * * et bonjour à tous et à toutes. Bienvenue à Ottawa.

Vous avez choisi le meilleur moment pour être ici. 2017 marque le 150e anniversaire du Canada; c’est donc une année spéciale pour nous en tant que citoyens canadiens et en tant qu’hôtes de la SFI.

Le lieu de la réunion, ici à Ottawa, est aussi tout indiqué, non seulement parce qu’il s’agit de notre capitale, mais aussi parce que la ville a ses racines dans le bois d’œuvre. Les rives de la rivière des Outaouais étaient jadis un lieu de rencontre prisé des commerçants. En fait, le nom Outaouais vient d’un mot algonquin signifiant « commerce ».

Aujourd’hui, nous nous réunissons sur ces terres ancestrales algonquines. Et tandis que nous discutons des forêts en tant que mode de vie, nous honorons cette histoire et les valeurs que les peuples autochtones ont incarnées en tant que premiers gardiens de ce territoire.

La SFI comprend l’importance de la gestion responsable, alors nous vous remercions pour le travail que vous accomplissez et la différence que vous faites.

Sous la gouverne remarquable de Kathy (Abusow, présidente et première dirigeante), le nombre d’hectares de forêts certifiées conformes à la norme SFI – forêts qui s’étendent du Canada jusqu’au sud des États-Unis – est passé de 56 millions à plus d’un quart de milliard.

Ce n’est pas seulement un résultat impressionnant, c’est aussi une indication de la voie que le monde a choisie, en comprenant de mieux en mieux l’importance des forêts pour la force de nos économies et notre qualité de vie.

Il y a à peine quelques semaines, j’ai eu le plaisir de rencontrer tous les ministres des forêts du Canada, et nous avons justement discuté de la gestion de l’habitat des espèces en péril, notamment du caribou.

La veille de cette réunion, j’ai allumé mon téléviseur et devinez ce sur quoi je suis tombé?  Le caribou et d’autres espèces en voie de disparition au Canada. J’ai été frappé de constater à quel point la gestion des forêts était au premier rang des préoccupations mondiales. 

La foresterie durable est un sujet qui n’est pas étranger aux Canadiens et aux Canadiennes. Nous possédons presque 347 millions d’hectares – environ un million et demi de milles carrés – de terres forestières, soit 9 % du total mondial.

Environ la moitié de nos terres forestières a été certifiée de façon indépendante en tant que terres gérées de manière durable, ce qui représente 37 % de toutes les forêts certifiées au monde.

Les pratiques canadiennes sont reconnues parmi les meilleures qui soient. Elles sont ancrées dans la conservation et dictées par la science.

Notre système d’aménagement forestier durable est fondé sur une gamme d’indicateurs scientifiques : de la régénération aux perturbations des forêts, des émissions de carbone aux volumes de récolte.

Le Canada a également conçu un modèle de bilan du carbone qui simule les conditions de carbone des forêts. Il forme la base du système de surveillance et de comptabilisation du carbone que nous utilisons aux fins de déclaration à l’échelle internationale. Plus de 25 pays l’utilisent actuellement.  

Notre pays est unique en ce sens que 93 % de ses forêts appartiennent à l’État. D’où l’importance d’une gestion publique transparente et responsable.

Chaque année, notre gouvernement rend compte au Parlement de la situation des forêts sur les plans économique, social et environnemental dans le rapport L’État des forêts au Canada. D’ailleurs, le rapport de cette année a été déposé pas plus tard qu’hier.

Ce qui ressort clairement de ce rapport, c’est que l’industrie forestière change. Fondamentalement. 

Le travailleur forestier d’aujourd’hui est aussi susceptible de porter un sarrau de laboratoire qu’une veste à carreaux rouge. Ce travailleur peut être une chercheuse en génomique qui explore des façons de rendre les arbres plus résistants aux maladies ou une biologiste qui assiste les compagnies dans la planification durable des récoltes ou même un économiste qui travaille à optimiser les chaînes d’approvisionnement.

Des pièces d’auto aux vêtements, des produits cosmétiques aux produits chimiques, la foresterie est à l’avant-garde de la technologie et elle dicte la cadence au chapitre de la performance environnementale.

Pour paraphraser cette célèbre publicité d’Oldsmobile, « ce n’est pas l’industrie forestière du temps de votre père ».

La foresterie est devenue l’un des secteurs les plus innovateurs de notre économie. En investissant dans la recherche. En mettant au point de nouveaux produits. Et en perçant de nouveaux marchés à l’étranger. 

En créant non seulement une nouvelle image, mais aussi une nouvelle vision de ce qu’était la foresterie – et de ce qu’elle pourrait être.

Notre gouvernement applaudit ces efforts et partage cette vision de la foresterie – celle d’une industrie innovante, de haute technologie et de grande valeur. 

Le résultat? La foresterie est prête à aider nos pays à relever trois de leurs plus grands défis : lutter contre les changements climatiques, encourager l’innovation et créer des débouchés économiques pour les communautés autochtones et les populations rurales.

Permettez-moi de discuter de ces défis.

Premièrement, les changements climatiques. 

Nous n’insisterons jamais assez sur l’importance du secteur forestier dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Je dirais même que sans cette industrie il ne peut y avoir de solution mondiale au réchauffement climatique.

Rien de moins!

Pourquoi? Parce que, comme vous le savez, la foresterie est le seul secteur des ressources naturelles qui peut absorber le carbone de l’atmosphère. La plupart d’entre nous se souviendront suffisamment des notions scientifiques apprises au secondaire pour savoir que les arbres absorbent de vastes quantités de carbone dans l’atmosphère et les stockent pendant des décennies. Mais la contribution de la foresterie va beaucoup plus loin.

L’industrie met au point des technologies propres, elle produit de l’énergie verte, elle réduit ses besoins en énergie et en eau et elle réduit les émissions et le gaspillage.

Ce virage vert de l’industrie a beau être impressionnant, je crois qu’il ne fait que commencer. 

La lignine, un constituant des arbres, pourrait bien devenir le pétrole brut de l’avenir, tandis que des biocombustibles remplaceraient les combustibles fossiles dans la production de plastiques, de produits pharmaceutiques et de produits chimiques.

Il y a aussi le bois comme matériau de construction, qui connaît actuellement une renaissance grâce à la mise en marché de nouveaux produits plus solides et plus écologiques. À poids égal, le bois d’ingénierie peut être aussi solide que l’acier, ce qui rend son utilisation à la fois sécuritaire et pratique, non seulement dans les immeubles, mais aussi dans des infrastructures comme les ponts. 

À Vancouver, mon ministère s’est joint à l’Université de la Colombie-Britannique et au gouvernement provincial pour construire une nouvelle résidence de 18 étages pour étudiants, l’immeuble en bois le plus haut au monde.

Cet immeuble est non seulement un chef d’œuvre d’architecture et d’ingénierie, il vient de changer la donne environnementale; il emmagasine plus de 1 700 tonnes métriques de dioxyde de carbone et permettra d’éviter l’émission de plus de 650 tonnes métriques de gaz à effet de serre.

C’est comme si on retirait 500 voitures de la circulation pendant un an.

Et même dans les structures plus modestes, le bois reste de loin la meilleure solution pour l’environnement; en effet, en utilisant du bois d’œuvre au lieu de matériaux de construction traditionnels tels que le béton et l’acier, on peut réduire de 86 % les émissions de gaz à effet de serre.

Le secteur forestier a donc un rôle de premier plan à jouer dans la lutte contre les changements climatiques.

Deuxièmement, la foresterie contribue à l’innovation.

Depuis des décennies, l’industrie forestière investit dans le développement de nouveaux produits et de nouvelles méthodes d’exploitation, créant de nouveaux nanomatériaux, des biocombustibles comme le biométhanol et des produits du bois à valeur ajoutée qui auraient été dignes de la science-fiction il y a à peine quelques années.

Avec l’appui du gouvernement, des recherches d’avant-garde ont été menées en vue d’utiliser la cellulose nanocristalline – l’élément de base des arbres. Ces travaux ont ouvert la porte à l’utilisation de ce matériau léger, solide et biodégradable dans de nombreuses applications, du remplacement d’os à la réparation de dents en passant par des pièces d’avion.

Il y a aussi la montée remarquable de la bioénergie, une source d’énergie renouvelable dérivée de matières comme le bois, les résidus du bois et la paille. De plus en plus de communautés autochtones et de villages éloignés utilisent maintenant la bioénergie pour produire leur électricité et ainsi ne plus dépendre de génératrices diesel très polluantes.

Ici au Canada, nous comprenons que l’économie de demain sera une bioéconomie. Les ministres des forêts du Canada viennent d’approuver un Cadre de bioéconomie forestière, qui vise à faire du Canada un chef de file mondial.

Troisièmement, la foresterie est un moteur dynamique de croissance, créant des débouchés économiques d’un bout à l’autre du pays, y compris dans les communautés autochtones et les villages éloignés.

Elle emploie plus de 200 000 Canadiens et contribue à notre PIB à hauteur de plus de 23 milliards de dollars par année. En fait, elle fournit plus d’emplois par dollar que tout autre secteur de ressources. En outre, nous exportons pour plus de 34 milliards de dollars de produits forestiers dans 180 pays.

Or, bien que l’industrie forestière ait une portée mondiale, ses retombées demeurent locales. Elle est le poumon de nos régions rurales et l’une des principales sources de revenus d’une municipalité sur sept au Canada. 

L’industrie forestière s’est réinventée en démontrant ce qu’il est possible de réaliser grâce à la collaboration et à la détermination. 

Nulle part ailleurs ces efforts n’ont-ils été plus importants qu’auprès des communautés autochtones, dont 70 % habitent des régions forestières. Il n’est donc pas surprenant que la foresterie soit l’un de leurs principaux employeurs, fournissant environ 9 700 emplois bien rémunérés à travers le pays. Ces emplois ouvrent la voie à une prospérité soutenue et donnent l’espoir d’un changement durable aux peuples autochtones.

Aujourd’hui, les gouvernements, les communautés autochtones, les compagnies forestières et les environnementalistes travaillent tous ensemble pour préserver l’industrie forestière durable dont nous avons besoin, tout en protégeant l’environnement que nous chérissons.

Évidemment, les forêts sont importantes non seulement comme sources de matières, mais aussi comme habitat pour différentes espèces. Comme je le mentionnais, nous sommes particulièrement préoccupés par le caribou et, en juillet, notre gouvernement a diffusé un plan d’action pour assurer sa protection.

Nous établissons également un consortium national de connaissances relatives au caribou boréal, un comité consultatif scientifique dont la mission sera de rétablir cette espèce emblématique et d’assurer sa préservation pour les générations futures.

Que ce soit pour lutter contre les changements climatiques, favoriser l’innovation, travailler avec les communautés autochtones sur des avenues de développement économique ou protéger les espèces en péril, les forêts durables sont essentielles à notre qualité de vie et à la santé de notre planète.

Comme le traduit si bien votre thème, les forêts sont un mode de vie. Les préserver grâce à des pratiques durables est le travail non seulement de notre époque, mais aussi de plusieurs générations. 

Le poète Rabindranath Tagore, lauréat d’un prix Nobel, a écrit ceci : « Les arbres témoignent des efforts incessants déployés par la Terre pour parler aux cieux qui l’écoutent ».

Je vous souhaite tout le succès que vous méritez dans ce travail essentiel que vous accomplissez en vue de maintenir cette connexion pour les générations à venir.

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