L’honorable Jim Carr, ministre des Ressources naturelles du Canada Discours à la 3e conférence annuelle BIOFOR International durant PaperWeek 2018

Discours

Je tiens à souligner que nous sommes rassemblés sur les terres ancestrales de la Nation mohawk.

Le simple fait de le mentionner nous rappelle combien notre relation avec la terre, l’air et l’eau est sacrée. Elle est sacrée, notamment parce que nous l’avons héritée des générations qui nous ont précédés. Et il n’en tient qu’à nous, désormais, de transmettre cette Terre dans un meilleur état aux générations à venir.

Lorsque nous nous sommes réunis l’année dernière, j’ai parlé de la remarquable transformation de notre industrie et des attrayantes possibilités qui pointaient à l’horizon. Aujourd’hui, cette transformation continue et les perspectives sont plus vastes que jamais.

Cela étant dit, nous sommes réunis aujourd’hui dans des circonstances très différentes. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la dernière année a été difficile. Des feux de forêt historiques. Des infestations dévastatrices. Des mesures protectionnistes, ou droits punitifs, de la part de notre principal partenaire commercial sur différents produits, du bois d’œuvre résineux au papier journal.

La position de notre gouvernement a été claire et sans équivoque : les droits américains sont injustes, injustifiés et sans fondement.

Nous défendons vigoureusement les travailleurs canadiens en contestant ces droits devant l’Organisation mondiale du commerce et en vertu de l’Accord de libre-échange nord-américain.

Nous allons poursuivre la lutte et nous pensons bien l’emporter, comme par le passé. Mais nous savons aussi que d’ici là ce ne sera pas facile pour les familles et les collectivités.

Lorsque les droits punitifs ont été annoncés, notre gouvernement est intervenu avec un Plan d’action sur le bois d’œuvre résineux de 867 millions de dollars. Ce plan comprend des garanties de prêts pour l’industrie, un accès à des programmes de travail partagé pour les employés, un financement pour aider les provinces à soutenir les travailleurs, des investissements dans des programmes d’innovation forestière et un accès aux programmes qui aideront les entreprises à conquérir de nouveaux marchés.

Or, bien que la dernière année nous ait apporté son lot de difficultés, elle nous a également laissé entrevoir des promesses.

Il est important de ne pas perdre de vue la situation dans son ensemble. La transformation historique de votre industrie. La diversification de vos gammes de produits. La diminution de votre dépendance aux marchés traditionnels. L’amélioration de votre performance environnementale. Et votre positionnement dans l’économie sobre en carbone.

Dans tous ces créneaux, votre industrie était loin devant. Vous avez compris depuis des années que votre avenir à long terme résidait dans le développement de vos gammes de produits et de vos marchés.

Vous avez vu la route à parcourir et vous avez mis le cap de façon à arriver à bon port.

Le résultat ? On trouve désormais des bioproduits forestiers un peu partout, des plastiques aux peintures, des pièces de voiture aux matériaux de construction, des cosmétiques aux produits chimiques.

Et tandis que les émissions de gaz à effet de serre globales du Canada connaissaient une hausse entre 1990 et 2012, celles des usines de pâtes et papiers ont diminué de pas moins de 66 pour cent.

Et ce leadership se poursuit.

À Masson-Angers, au Québec, Papier Masson vient d’adopter un nouveau procédé – le premier du genre en Amérique du Nord – qui permettra d’extraire de la fibre densifiée pour l’incorporer dans des composites de bois et de plastique pour les avions et les pièces automobiles. Le procédé permettra aussi à l’entreprise d’économiser de l’énergie sur sa production de papier journal.

Par des exemples comme ceux-là, l’industrie forestière nous montre l’avenir.

Grâce à votre excellent travail et à votre imagination, vous avez fait de votre industrie l’une des composantes les plus novatrices de notre économie. Offrant une nouvelle vision de ce que les produits forestiers peuvent être. De ce que la foresterie peut être.

Le message que je souhaite vous transmettre aujourd’hui, c’est que notre gouvernement est avec vous tout au long du processus. Et nous l’avons démontré une fois de plus l’année dernière.

Il y a à peine douze mois, lors du même événement, je vous ai promis de travailler avec vous à définir une vision nationale pour la bioéconomie forestière. En septembre, en tant que président du Conseil canadien des ministres des forêts, j’étais fier de livrer la marchandise.

En collaboration étroite avec les provinces et les territoires, nous avons approuvé une approche globale avec un objectif précis : faire du Canada un chef de file dans l’utilisation de biomasse durable et transformer ainsi notre économie.

Le Cadre de la bioéconomie forestière repose sur quatre piliers :

1º des collectivités et des relations porteuses d’emplois et de croissance – parce que les collectivités sont au cœur de la bioéconomie.

2º un approvisionnement prévisible en biomasse – parce que c’est ce que les promoteurs demandent et ce dont les investisseurs ont besoin.

3º une demande de bioproduits – parce que ce sont les consommateurs qui amèneront cette transformation durable.

4º l’innovation – parce que trouver les solutions dont nous avons besoin exigera imagination et ingéniosité.

Notre gouvernement met déjà le Cadre en œuvre, notamment en offrant du financement qui tirera profit du potentiel de la foresterie pour décarboner l’économie dans son ensemble et pour ouvrir des débouchés économiques dans les régions rurales et les communautés autochtones.

En novembre, j’ai eu l’honneur d’être l’hôte de la Semaine sur la bioénergie du futur, qui comprenait le lancement de la feuille de route technologique pour la prestation d’une bioénergie durable de l’Agence internationale de l’énergie, ainsi que la tenue d’une réunion des pays membres de Mission Innovation portant sur le défi des biocarburants durables.

Aujourd’hui, tout ce qu’il est possible de fabriquer à partir d’un baril de pétrole peut se fabriquer à partir d’un arbre. En fait, la biomasse est la seule ressource renouvelable qui peut remplacer le carbone tiré des combustibles fossiles.

Donc, tandis que le monde entier fait la transition vers une économie sobre en carbone, les bioproduits, les biomatériaux, les biocarburants et la bioénergie joueront tous un rôle essentiel, en tant que compléments importants des dérivés fossiles – et solutions de rechange viables à ceux-ci.

Quelle est l’ampleur de cette possibilité ? Selon l’OCDE, d’ici 2030, la bioéconomie pourrait être un marché mondial de deux à cinq trillions de dollars. Les bioproduits de pointe pourraient constituer jusqu’à 35 pour cent des produits chimiques et industriels du monde et 80 pour cent des produits pharmaceutiques.

L’Agence internationale de l’énergie prévoit que les biocarburants pourraient constituer environ 30 pour cent de tous les carburants de transport d’ici 2050.

Pensez à ce que cela signifie sur le plan de la réduction des émissions de gaz à effet de serre. De la transformation des transports. De l’amélioration de la qualité de l’air. De la création d’emplois et de collectivités plus résilientes.

Pensez à ce que cela signifie pour les collectivités nordiques et éloignées, qui dépendent encore du diesel et du propane comme sources d’électricité.

Le Canada jouit d’une position idéale pour diriger la « biorévolution ».

Le Canada possède neuf pour cent des forêts mondiales; environ quarante pour cent des forêts dont la gestion est certifiée durable. Dans ces forêts se trouvent les réserves de biomasse les plus importantes de la planète. En fait, on trouve plus de biomasse par habitant au Canada que dans tout autre pays.

Le résultat ? Une occasion exceptionnelle dont notre gouvernement comprend toute l’importance. Nous avons pris des engagements majeurs en faveur de la bioéconomie. Et nous suivons votre exemple afin de nous assurer que le Canada soit à l’avant-garde.

Depuis notre dernière rencontre, notre gouvernement a aussi lancé un certain nombre de programmes pour offrir de la bioénergie aux collectivités rurales et éloignées et accroître l’utilisation du bois dans la construction, notamment les bâtiments en bois de grande hauteur.

Ces programmes permettront d’augmenter la consommation de bois en Amérique du Nord de 500 millions de dollars, de créer de 20 à 30 projets uniques en leur genre et de fournir de bons emplois dans plus de 170 collectivités qui dépendent des forêts.

De manière plus générale, ils permettront de diminuer la dépendance au diesel, de révolutionner les codes de bâtiment, d’améliorer l’efficacité énergétique dans l’industrie, d’investir dans la recherche sur les technologies propres et de favoriser une relation de nation à nation entre le Canada et les peuples autochtones.

Cette année, notre gouvernement a versé 6 millions de dollars à huit associations de produits forestiers pour les aider à promouvoir les produits du bois canadiens à l’étranger. Nous avons aussi fourni 21 millions de dollars à FPInnovations pour la recherche-développement.

Nous avons déployé un effort concerté pour conclure des marchés et ouvrir des portes – surtout en Chine, où nous exportons 25 fois plus de produits du bois qu’en 2002.

Ainsi, le premier ministre était en Chine en décembre – sa deuxième visite dans ce pays en trois ans. J’étais là en juin et j’ai alors eu la chance de visiter un nouvel écoquartier à Tianjin – un projet de 2,5 milliards de dollars qui met en vitrine sur près de deux kilomètres carrés le bois d’œuvre, l’ingéniosité et le savoir-faire canadiens.

Ce genre de projets nous montre qu’il existe de formidables possibilités de créer de bons emplois chez nous en ouvrant des marchés à l’étranger.

De manière plus générale, notre gouvernement a fait des investissements générationnels de plus de 1 milliard de dollars sur quatre ans dans les technologies propres et l’innovation, notamment dans le secteur des ressources naturelles.

Le mois dernier, mon collègue ministre Hajdu, en compagnie de nos amis de FPInnovations et de Produits forestiers Résolu, nous avons annoncé l’octroi de 21 millions de dollars pour une usine de pâte thermomécanique à Thunder Bay – un projet qui aidera à commercialiser des produits biochimiques novateurs.

En novembre, nous avons lancé une nouvelle initiative phare appelée le Programme de croissance propre du secteur des ressources naturelles.

Son objectif ? Faire avancer les technologies émergentes vers la commercialisation.

Le programme consent une aide de 47 millions de dollars au secteur forestier, principalement pour améliorer la performance environnementale de l’industrie et mettre au point des bioproduits et des matériaux de pointe.

Outre ces nouvelles initiatives, notre gouvernement continue d’appuyer votre industrie directement à l’aide de programmes comme le Programme des technologies transformatrices, FPInnovations et Investissements dans la transformation de l’industrie forestière (ITIF).

Ces programmes fonctionnent bien – ils réussissent à faire progresser les technologies inédites novatrices le long du continuum recherche-développement-projet pilote-commercialisation, et ce, à un rythme sans précédent.

Au cours de la dernière année, nous avons engagé 55 millions de dollars pour prolonger le programme ITIF et 60 millions pour prolonger le Programme d’innovation forestière (PIF).

Aujourd’hui, une industrie qui a écrit une bonne partie de l’histoire canadienne est en train de façonner un avenir rempli de promesses. Et dans cette histoire, les meilleurs chapitres sont à venir.

Je me ferai donc un plaisir de travailler avec vous tandis que nous écrirons ensemble ces nouveaux chapitres.

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