Allocution prononcée par l’honorable Jim Carr, ministre des Ressources naturelles du Canada, au forum GLOBE 2018, à Vancouver, en Colombie-Britannique

Discours

15 mars 2018
[La version prononcée fait foi.]

Merci et bonjour à tous.

Je tiens à souligner que nous sommes aujourd’hui réunis sur les territoires traditionnels des Premières Nations Musqueam, Squamish et Tsleil-Waututh.

Ces marques de reconnaissance sont plus qu’une simple formalité : elles nous rappellent que les premiers peuples ayant habité ces territoires ont également été leurs premiers protecteurs.

Depuis 28 ans, le forum GLOBE nous invite à tirer profit des possibilités que nous offre un avenir durable. À faire le lien entre croissance économique et protection de l’environnement. À honorer nos obligations envers ceux et celles qui nous suivront.

Nous savons que le monde vit actuellement un événement rare dans l’histoire : un changement de cap fondamental par rapport aux types d’énergies qui alimentent nos sociétés.

Le rythme de cette transition peut varier d’un pays à l’autre, mais le processus est bel et bien amorcé et il est irréversible.

En ce qui concerne l’intention du Canada de bâtir un avenir durable, il peut être facile de se perdre dans les détails des nouvelles et des annonces quotidiennes. De perdre de vue ce qui les relie. Ou même de penser que rien ne les relie.

Alors aujourd’hui, je veux essayer de vous montrer comment les différents éléments s’imbriquent. Je veux vous donner une idée d’ensemble de ce que nous voulons accomplir et de la manière dont nous comptons nous y prendre.

À notre entrée en fonction, nous sommes partis d’un postulat fort simple : ce sera le siècle de la croissance propre. Aujourd’hui, l’économie et l’environnement vont de pair. On ne peut parler de l’un sans parler de l’autre.

Le changement climatique nous force tous à réfléchir à des manières différentes d’alimenter nos usines, de chauffer nos maisons ou de propulser nos véhicules. Et à cerner l’importance d’utiliser l’énergie traditionnelle et renouvelable plus efficacement.

Il ne s’agit pas d’un détail. On ne parle pas ici de rafistoler une politique gouvernementale donnée ou de décider si on va construire une route quelque part. On parle de l’avenir de notre planète.

On parle de donner une orientation tout à fait nouvelle à notre économie, de redéfinir notre vision des liens qui nous unissent à d’autres pays. Il est question ici de l’importance de l’action mondiale.

C’est pourquoi une des premières choses que nous avons faites après avoir formé le gouvernement a été de signer l’Accord de Paris sur le climat et d’adhérer à Mission Innovation.

Et c’est également pourquoi nous avons travaillé avec les provinces, les territoires et les groupes autochtones à élaborer le Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques.

Ce cadre accomplit bon nombre des choses devant être faites pour tracer une nouvelle voie : il met un prix sur le carbone pour encourager les entreprises et les particuliers à modifier leurs habitudes de consommation d’énergie. Il accélère la fermeture progressive des centrales au charbon et enrichit le réseau de nouvelles sources d’énergie. Et il investit dans les infrastructures vertes, par exemple dans un réseau national de bornes de recharge pour véhicules électriques.

En élaborant ce cadre, nous avons compris que le changement climatique était un des défis majeurs de notre génération, et que c’était également une occasion en or.

Bloomberg New Energy Finance s’attend à des investissements de plus de 5 trillions de dollars dans de nouvelles capacités de production d’énergie renouvelable d’ici 2030. Et le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, qualifie la croissance propre de « possibilité économique d’une valeur de 30 trillions ».

C’est là que réside l’avenir du Canada. C’est ce qu’exige le monde pour l’avenir.

Et c’est pourquoi nous nous employons à élaborer une Stratégie canadienne de l’énergie. En poursuivant sur la lancée des réalisations des provinces et territoires. En repensant notre manière d’utiliser l’énergie. En interconnectant les provinces qui ont une abondance d’électricité propre et celles qui voudraient en avoir plus.

Selon l’Association internationale de l’énergie, la demande d’énergie mondiale augmentera de 30 % d’ici 2040. Or, même en présence des scénarios les plus optimistes sur le plan de l’énergie renouvelable, une bonne partie de cette demande supplémentaire devra être comblée par les combustibles fossiles. Ce qui signifie que le monde continuera à compter sur le pétrole et le gaz pendant encore un certain temps.

Alors, le monde se dirige vers un avenir propre, mais continuera à avoir besoin de pétrole et de gaz pendant encore de nombreuses années. Si vous êtes un pays comme le Canada qui possède ces ressources en abondance, que faites-vous?

Vous faites deux choses. D’abord, vous investissez massivement dans les technologies propres, l’efficacité énergétique, l’énergie renouvelable et les infrastructures vertes – les secteurs porteurs d’aujourd’hui et de demain.

Ensuite, vous mobilisez des investissements dans les énergies classiques, vous améliorez la performance environnementale de ces filières et vous utilisez les recettes générées pour investir davantage dans l’énergie propre.

C’est exactement ce que fait notre gouvernement. Nous faisons des investissements au profit des générations futures – quelque 22 milliards de dollars sur onze ans – pour soutenir les infrastructures vertes, stimuler la croissance propre et lutter contre le changement climatique.

Au cours des derniers mois seulement, nous avons investi dans les réseaux électriques intelligents, les bornes de recharge pour les véhicules électriques ou à carburant de remplacement et les maisons écoénergétiques; en outre, nous avons fait des investissements pour rendre les collectivités nordiques moins dépendantes du diesel.

Chacune de ces étapes nous rapproche de l’avenir auquel nous aspirons : un pays porté par les technologies propres et défini par l’innovation.

Nous tentons également de réinventer le carbone, en transformant les émissions de dioxyde de carbone autrement nuisibles en produits utiles : matériaux de construction, carburants de remplacement et biens de consommation.

Et puis il y a l’efficacité énergétique – un aspect de la question qui est trop souvent négligé. Selon l’Association internationale de l’énergie, le simple fait d’améliorer l’efficacité énergétique pourrait nous permettre de nous rendre pratiquement à mi-chemin des engagements que nous avons pris dans le cadre de l’Accord de Paris.

Réfléchissez bien à cela. À mi-chemin. Nous avons proposé de nouveaux codes du bâtiment selon lesquels nos maisons et nos bureaux devront faire plus avec moins; ces codes transformeront l’utilisation de l’énergie au pays, et ce, pour les générations à venir.

Alors, c’était la première partie de l’équation – investir dans un modèle économique fondamentalement différent, qui repose sur la croissance propre.

La deuxième partie consiste à mettre nos hydrocarbures en valeur.

Souvenez-vous que nous avons l’intention de profiter de cette période de transition pour avantager le Canada en bâtissant les infrastructures qui serviront à acheminer nos ressources aux marchés mondiaux et en utilisant les revenus ainsi générés pour investir dans les énergies propres.

Autrement dit, nous voulons tirer parti des ressources fossiles que nous avons aujourd’hui pour mettre en place les solutions d’énergie propre de demain.

C’est pourquoi nous avons approuvé des projets de pipelines, notamment l’agrandissement du réseau Trans Mountain, et que nous tenons à les voir se réaliser.

En même temps, nous avons investi comme jamais auparavant pour protéger les océans et les littoraux canadiens, dont le spectaculaire littoral de la Colombie-Britannique, grâce au Plan de protection des océans de 1,5 milliard de dollars.

Afin d’exploiter nos ressources, nous devions également surmonter un autre problème.

Sous le règne du gouvernement précédent, les citoyens avaient perdu confiance dans les examens des grands projets de ressources. Ils avaient l’impression que les préoccupations environnementales étaient reléguées au second plan. Et que les peuples autochtones n’étaient pas vraiment consultés.

Nous étions d’accord. Alors nous avons pris quelques mesures.

En premier lieu, le mois dernier, nous avons déposé un projet de loi pour établir un nouveau système de réglementation et d’évaluation environnementale qui aiderait à restaurer la confiance des investisseurs et du public et à faire progresser la réconciliation avec les Autochtones, tout en nous assurant que les bons projets peuvent aller de l’avant et que nos ressources énergétiques sont commercialisées de manière responsable.

En second lieu, nous avons tendu la main aux communautés autochtones comme jamais auparavant. En procédant à de vastes consultations. En écoutant plus qu’en parlant.

Il y a quelques semaines à peine, nous avons pris un autre virage historique, en adoptant une nouvelle approche fondée sur la reconnaissance et la mise en œuvre des droits inhérents.

Cette nouvelle voie nous permettra de passer de la confrontation à la collaboration. Elle permettra de diminuer le temps passé à reconnaître les droits des Autochtones, et les coûts s’y rattachant. Elle aidera aussi à accélérer la résolution des revendications territoriales. Elle créera une prévisibilité accrue à l’endroit des projets de ressources. Et elle permettra aux communautés autochtones d’œuvrer à leurs priorités.

Tous ces éléments se reflètent dans le budget que nous avons déposé le mois dernier. Un budget qui fait la promotion de la croissance propre, qui améliore les possibilités offertes aux communautés autochtones et qui prévoit les investissements les plus importants jamais faits dans la science fondamentale depuis la Confédération.

Un budget qui encourage les entreprises à investir dans l’énergie propre et à utiliser de l’équipement écoénergétique.

Un budget qui investit dans la cybersécurité pour les infrastructures essentielles, par exemple les réseaux d’électricité et d’information.

Un budget qui reconnaît que le Canada ne pourra pas aller de l’avant si la moitié de sa population reste en arrière – qu’investir dans les femmes est une décision non seulement juste, mais judicieuse.

De manière plus générale, c’est un budget qui vise à bâtir exactement le même avenir que celui envisagé par GLOBE : un avenir où la science, la curiosité et l’innovation stimulent la croissance économique.

J’ai dit plus tôt que nous étions au cœur d’une transition fondamentale. Et je sais qu’elle enthousiasme les Canadiens et Canadiennes, parce que nous le leur avons demandé dans le cadre de Génération Énergie, la plus importante consultation sur l’énergie de l’histoire de notre pays.

Vous êtes nombreux à avoir pris part à cette formidable opération. Nos concitoyens nous ont dit qu’ils voulaient une économie prospère et sobre en carbone. Ils veulent que nous soyons des chefs de file de la technologie propre. Et ils veulent un système énergétique qui leur offre des possibilités égales, tout en minimisant le tort causé à l’environnement.

Ils comprennent aussi que nous n’en sommes pas encore là. Nous devons nous préparer pour le futur, mais nous devons également nous occuper du présent en fournissant une énergie sur laquelle chacun peut compter, que ce soit pour s’éclairer ou faire le plein.

Pour l’instant, cela signifie que nous allons continuer de soutenir nos filières gazières et pétrolières tout en développant d’autres filières, dont les énergies solaire, éolienne, marémotrice et de la biomasse.

En fait, il faut envisager avec lucidité ce qui nous attend et la manière dont nous pouvons tirer avantage de ces puissantes vagues de changement.

Nous avons mis résolument le cap sur un avenir axé sur la croissance propre. Et nous le maintenons, étape après étape. Jour après jour. Mois après mois.

En ratifiant l’Accord de Paris. En mettant un prix sur le carbone. En investissant dans les technologies et infrastructures propres. En accélérant l’élimination graduelle du charbon. En élaborant un Plan de protection des océans de premier ordre. En faisant des investissements historiques dans la science. En approuvant les pipelines indispensables. Et en élaborant, en collaboration avec nos homologues provinciaux et territoriaux, un plan national de lutte contre les changements climatiques.

Oui, cela fait plusieurs pièces à déplacer sur l’échiquier. Beaucoup d’éléments différents. Mais tous visent un seul objectif : faire du Canada un chef de file de la croissance économique propre et assurer sa compétitivité à long terme.

Gardons en vue l’objectif premier. Celui d’accélérer la transition vers un avenir axé sur l’énergie propre. Un avenir où les possibilités d’emplois foisonneront. Un avenir rempli de promesses. Un avenir vers lequel le monde se dirige...

Grâce à des organisations comme GLOBE, nous découvrons comment mieux y parvenir. Pour créer la prospérité à laquelle nous aspirons tous, tout en protégeant l’environnement que nous chérissons tant.

Je vous remercie de votre leadership et de nous avoir rappelé que la meilleure manière de prévoir l’avenir, c’est de le façonner.


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