Allocution de l’administratrice en chef de la santé publique
Discours
Séance d’information technique sur l'éclosion de hantavirus
8 mai 2026
15 h HAE
Merci d'être avec nous de vous être joints à nous cet après-midi.
Avant de commencer, je tiens à rappeler que nous sommes réunis sur le territoire traditionnel non cédé de la nation Anishinaabe Algonquin. Je voudrais profiter de ce moment pour rendre hommage à l'histoire des peuples autochtones et honorer les premiers occupants des terres où nous vivons et travaillons.
Analyse de la situation et des risques
Le 2 mai, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a été informée d'un groupe de personnes à bord du navire de croisière MV Hondius atteintes d'une maladie respiratoire aiguë grave, dont on sait désormais qu'elle est causée par le hantavirus des Andes.
Depuis ce moment, l'Agence de la santé publique du Canada et Affaires mondiales Canada, en collaboration avec d'autres ministères et organismes du gouvernement du Canada, travaillent avec des partenaires nationaux et internationaux, notamment les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Espagne et les Pays-Bas, ainsi qu'avec l'Organisation mondiale de la santé, afin de surveiller l'éclosion à bord du MV Hondius et de mettre en place des protocoles de santé publique appropriés ainsi que des mesures de soutien pour les voyageurs qui reviendront ou sont déjà revenus au Canada.
Je suis consciente que les Canadiennes et les Canadiens peuvent trouver les informations ou les images relatives à cette affaire perturbantes, compte tenu de nos expériences encore récentes liées à la pandémie de COVID-19.
Bien qu'il s'agisse d'une situation grave, je souhaite faire preuve de transparence avec les Canadiennes et les Canadiens quant à ce que nous savons et ce que nous ne savons pas. Il ne s'agit pas d'un nouveau virus. Les hantavirus constituent un groupe de virus qui infectent naturellement les rongeurs et infectent rarement les humains à la suite d'un contact avec des rongeurs infectés, leurs excréments ou leur salive.
L'espèce de hantavirus en cause dans cette éclosion est le virus Andes, la seule espèce de hantavirus connue pour causer une transmission interhumaine limitée. Le virus Andes est présent en Amérique du Sud et n'est pas présent au Canada. À ce stade de l'enquête, on croit que le premier cas a été exposé lors d'un voyage en Amérique du Sud avant l'embarquement sur le navire de croisière.
À l'heure actuelle, le risque global pour la population générale lié à cette éclosion de hantavirus des Andes est faible. Aucune propagation au Canada n'est prévue, même si une personne infectée venait à arriver ici. Compte tenu de la rareté de ce virus, il est important que nous adoptions une approche de précaution afin d'assurer la protection de la population canadienne.
Nous pouvons confirmer que six Canadiens se trouvaient à bord du navire. Deux de ces passagers sont rentrés au Canada la semaine dernière, avant que l'éclosion ne soit détectée.
Ces deux passagers, ainsi qu'un autre Canadien, se trouvaient à bord d'un vol à destination de Johannesburg, en Afrique du Sud, et pourraient avoir été en contact avec une personne présentant des symptômes.
Ces trois Canadiens sont rentrés au Canada les 26 et 27 avril. Deux de ces personnes se trouvent en Ontario et une au Québec. Elles ont reçu des consignes de mise en isolation et font l'objet d'une surveillance active par les autorités de santé publique locales.
À l'heure actuelle, aucune de ces trois personnes ne présente de symptômes.
De plus, des enquêtes de santé publique sont également en cours par les autorités locales concernant trois autres Canadiens, deux en Alberta et un en Ontario, qui se trouvaient à bord d'un autre vol, au cours duquel ils pourraient avoir eu un bref contact avec un cas confirmé, et qui sont revenus au Canada.
Je tiens à préciser qu'il n'existe aucune preuve indiquant que des personnes asymptomatiques puissent transmettre le hantavirus à d'autres individus. Toutefois, comme des symptômes pourraient apparaître à tout moment, nous recommandons à ces personnes de demeurer isolées jusqu'à ce que leur période de risque d'apparition de l'infection soit terminée.
Intervention sur le navire de croisière
Nous sommes également en contact avec les quatre Canadiens qui se trouvent toujours à bord du navire de croisière. À l'heure actuelle, aucun de ces quatre passagers ne présente de symptômes.
Nous savons que c'est une période difficile pour eux. Je ne peux qu'imaginer ce que vivent actuellement tous les passagers à bord, sans savoir s'ils ont pu être exposés ni à quel moment ils pourront rentrer chez eux. Le gouvernement du Canada leur offre son soutien et travaille à organiser leur retour au pays en toute sécurité. Le MV Hondius fait actuellement route vers les îles Canaries et devrait y arriver le 9 ou le 10 mai. Une équipe d'experts se trouve à bord du navire afin d'assurer la sécurité et la santé de tous les passagers avant leur débarquement.
Nous avons pris des dispositions pour qu'un agent de l'ASPC se rende aux îles Canaries afin de d'apporter un soutien aux passagers canadiens. Cet agent de l'ASPC va superviser le processus de débarquement de ces Canadiens et de veiller à ce que tous les protocoles de santé publique soient respectés.
À leur arrivée au Canada, ces passagers seront orientés vers des agents de l'ASPC pour un dépistage et la suite des démarches, en coordination avec les autorités sanitaires locales.
Hantavirus
Bien qu'il n'existe aucun traitement spécifique contre les hantavirus, nous disposons au Canada des capacités de diagnostic et des soins de soutien nécessaires au cas où un voyageur atteint d'une infection à hantavirus en aurait besoin.
Compte tenu de la période d'incubation de l'hantavirus des Andes, qui varie entre une et six semaines, avec des cas d'incubation plus long ayant été signalés, il est possible que d'autres cas surgissent, notamment liés à des expositions survenues avant la mise en place des mesures de confinement.
Nous disposons de processus et de procédures solides, et aucune propagation supplémentaire du virus au Canada n'est prévue.
Il est également important de noter que le hantavirus est très différent des virus tels que celui à l'origine de la COVID-19.
Les infections à hantavirus sont rares, mais représentent un risque réel au Canada. Toutefois, au Canada, la source d'infection est généralement par contact avec des rongeurs infectés ou leur urine, leurs excréments ou leur salive, ou par contact avec des surfaces ou des environnements contaminés, en particulier lors du nettoyage d'espaces infestés de rongeurs.
Les infections à hantavirus observées au Canada sont causées par le virus Sin Nombre, qui ne se transmet pas d'une personne à l'autre.
Pour réduire le risque d'infection par tous les types de hantavirus, nous conseillons aux personnes de se tenir à l'écart des rongeurs et de nettoyer et désinfecter en toute sécurité les zones contaminées par ces derniers.
Conclusion
Pour conclure, je tiens à réaffirmer que nous prenons cette éclosion très au sérieux. Le gouvernement du Canada a mis sur pied une équipe d'intervention stratégique afin de garantir une approche coordonnée à l'échelle du gouvernement dans ce dossier.
De plus, j'ai fait le point hier avec mes homologues des provinces et des territoires, et nous avons discuté des mesures de santé publique visant à endiguer cette épidémie. Je tiens à les remercier pour leur collaboration.
Nous continuerons de travailler en étroite collaboration avec les provinces et les territoires, l'Organisation mondiale de la santé, nos partenaires internationaux et les autorités locales, et nous vous tiendrons informés des mesures prises.
Thank you. Merci. Miigwetch.