Notes d'allocution pour l'administratrice en chef de la santé publique
Discours
Séance d'information technique sur le hantavirus
Le 14 mai 2026
11 h HNE
Merci de vous joindre à nous aujourd'hui.
Avant de commencer, je tiens à rappeler que nous sommes réunis sur le territoire traditionnel et non cédé de la Nation algonquine Anishinabe. Je voudrais profiter de ce moment pour rendre hommage à l'histoire des peuples autochtones et honorer les premiers gardiens des terres sur lesquelles nous vivons et travaillons.
Mise à jour sur la situation
Depuis la dernière séance d'information technique, l'éclosion du hantavirus Andes associée au MV Hondius a continué d'évoluer. Je suis heureuse de vous faire part d'une mise à jour sur la situation.
Pour commencer, je tiens à être claire avec les Canadiennes et les Canadiens : Je tiens à préciser que le risque global pour la population canadienne lié à cette éclosion du hantavirus Andes reste faible à l'heure actuelle, mais compte tenu de la gravité de ce virus, nous adoptons une approche préventive pour garantir la protection des Canadiennes et des Canadiens.
Le 10 mai, quatre passagers canadiens à bord du MV Hondius sont rentrés en Colombie-Britannique. Tout au long de leur voyage et à leur arrivée, des mesures de santé publique ont été prises et des bilans de santé ont été réalisés. Ces personnes ont été transférées dans des logements réservés à cet effet afin d'y effectuer leur isolement. Les quatre personnes restent asymptomatiques et font l'objet d'une surveillance active et d'un soutien de la part des autorités de santé publique locales.
Intervention de santé publique et évaluation des risques
La réponse à cette éclosion et le rapatriement des passagers du navire ont nécessité un travail d'organisation considérable ainsi qu'une collaboration internationale et nationale.
Je tiens à remercier mes homologues des provinces et des territoires, en particulier les partenaires de la santé publique de la Colombie-Britannique, pour le soutien apporté à ces quatre personnes pendant leur isolement. Nous tenons également à remercier l'Ontario, l'Alberta et le Québec pour leur contribution en tant que partenaires clés dans le cadre de cette initiative nationale.
Nous apprécions les efforts rapides déployés par nos partenaires fédéraux à Affaires mondiales Canada, aux Forces armées canadiennes, à Transports Canada et à l'Agence des services frontaliers du Canada, et la collaboration de nos partenaires internationaux, en particulier le gouvernement de l'Espagne et l'Organisation mondiale de la Santé.
Gestion et suivi des contacts
Nous avons adapté les « Directives de l'OMS relatives à la gestion des contacts en matière de santé publique » au contexte canadien et les avons communiquées à nos partenaires provinciaux et territoriaux de la santé publique.
Si les évaluations des risques menées à bord du navire ont permis de déterminer que tous les passagers canadiens ne présentaient qu'un faible risque, nous avons adopté une approche prudente et considérons désormais tous les passagers et les membres d'équipage du MV Hondius comme des contacts à haut risque, y compris ceux qui étaient assis à proximité de l'un des cas de hantavirus Andes qui était sur un de ces vols, jusqu'à ce que les autorités sanitaires locales puissent réaliser leurs propres évaluations des risques.
Outre les quatre passagers rentrés le 10 mai, cinq autres contacts à haut risque au Canada pourraient avoir été exposés à des cas confirmés de hantavirus Andes, notamment :
- deux personnes qui se trouvaient à bord du MV Hondius, mais qui sont débarquées avant que l'éclosion ne soit détectée, et qui ont pris un vol au cours duquel elles auraient pu être exposées à un cas confirmé; et
- trois personnes qui auraient pu être exposées à un cas confirmé de hantavirus Andes lors d'un vol.
Ces cinq personnes demeurent asymptomatiques et font l'objet d'un suivi et d'un accompagnement de la part des autorités sanitaires locales.
Vendredi dernier, j'ai fait mention d'une autre personne au Canada qui, à ce moment-là, semblait avoir été potentiellement exposée lors d'un vol. Toutefois, d'après l'évaluation des autorités sanitaires locales, cette personne n'est plus considérée comme un contact à haut risque.
Au Canada, on entend par « contacts à faible risque » les personnes qui ont voyagé sur le même vol qu'un cas d'infection par le hantavirus Andes, mais qui n'ont pas eu de contact direct ou prolongé avec cette personne.
Les personnes qui ont voyagé dans le même avion qu'une personne atteinte du hantavirus Andes, mais qui n'ont pas eu de contact direct ou prolongé avec cette personne.
Nous avons également été informés de la présence de 26 autres voyageurs à bord de ces vols, qui ont toutefois été jugés « sans risque » par les autorités sanitaires européennes locales. Ici encore, comme nous adoptons une approche prudente au Canada, nous avons estimé que le risque était minime, et non nul. Les provinces et les territoires se mobilisent pour contacter ces 26 personnes afin de leur fournir des informations et d'assurer leur suivi.
À mesure que la situation évolue, le nombre de personnes nécessitant un suivi de santé publique au Canada en lien avec l'épidémie du hantavirus Andes pourrait changer au fil du temps, et notre intervention s'adaptera en conséquence.
Les autorités provinciales et locales de santé publique continuent de mener des évaluations approfondies des risques et la durée finale de l'isolement pourrait être ajustée à mesure que nous en apprenons davantage sur les risques encourus.
Je tiens également à souligner que nous ne disposons d'aucune preuve quant à la transmission de ce virus par des personnes asymptomatiques. Ainsi, nous ne nous préoccupons pas pour l'instant des contacts découlant d'autres contacts, mais uniquement des personnes qui ont été exposées à un cas confirmé ou probable d'infection à hantavirus.
Tout cela a été discuté avec mes homologues des provinces et des territoires. Nos approches sont harmonisées et nous poursuivons un dialogue actif pour soutenir notre réponse concertée.
Tout contact présentant des symptômes sera testé. Le Laboratoire national de microbiologie de l'ASPC collabore avec les provinces, par l'intermédiaire du Réseau des laboratoires de santé publique du Canada, afin de fournir des services de dépistage et du soutien.
Si des cas venaient à être détectés au Canada, l'ASPC a déjà collaboré avec les provinces et les territoires afin de déterminer les établissements de soins de santé capables de prendre en charge les cas d'infection à hantavirus.
Coordination internationale et nationale
En plus de surveiller les contacts au Canada, le gouvernement du Canada travaille également en étroite collaboration avec les autorités de santé publique, les transporteurs aériens et les agents frontaliers pour mettre en œuvre des mesures de précaution visant à empêcher tout passager ou membre d'équipage ayant été à bord du MV Hondius depuis son départ d'Argentine le premier avril 2026 d'embarquer sur un vol à destination du Canada. Ces mesures resteront en vigueur jusqu'à ce que la période d'isolement de 42 jours recommandée par l'OMS soit écoulée et permettront de réduire le risque d'introduction du hantavirus Andes au Canada.
Cette éclosion souligne l'importance vitale de maintenir des liens internationaux solides. La semaine prochaine, la 79e Assemblée mondiale de la Santé se tiendra à Genève. Ce sera l'occasion pour moi, la ministre de la Santé et d'autres délégués de réaffirmer l'engagement du Canada en faveur d'un leadership mondial fort et d'une collaboration sur les priorités en matière de santé. Pendant mon séjour à Genève, je discuterai de la question du hantavirus avec mes homologues de l'OMS et je continuerai à participer à la lutte contre le hantavirus ici au Canada; je serai secondée au Canada par la Dre Natasha Crowcroft, en tant qu'administratrice en chef de la santé publique par intérim.
Hantavirus
Des cas de transmission interhumaine du hantavirus Andes ont été signalés, mais ils sont rares et nécessitent généralement un contact étroit et prolongé avec une personne malade. De plus, le hantavirus Andes est très différent de la COVID-19. Mais comme le souvenir de la pandémie de COVID-19 est encore très présent, il est compréhensible que de nombreux Canadiens se sentent inquiets à ce sujet. Je tiens donc à préciser que tant l'Agence de la santé publique du Canada que les autorités sanitaires du monde entier s'accordent à dire que le hantavirus n'est pas considéré comme présentant un risque de pandémie.
Compte tenu de la période d'incubation du hantavirus Andes, qui varie de une à six semaines, des cas d'incubation pouvant aller jusqu'à huit semaines ayant été signalés, il est possible que d'autres cas apparaissent, en particulier liés à des expositions survenues avant la mise en place des mesures de confinement.
Conclusion
Pour conclure, je tiens à réaffirmer que nous disposons de processus et de procédures solides et qu'on ne prévoit pas de propagation accrue du virus au Canada, mais nous prenons cette situation très au sérieux, tout comme notre engagement envers la santé des Canadiennes et Canadiens, tant ici qu'à l'étranger.
Nous ferons le point régulièrement sur les mesures prises pour protéger la santé de la population canadienne.
Je tiens à remercier à nouveau mes collègues provinciaux et territoriaux ainsi que nos partenaires fédéraux et internationaux pour leur soutien et leur collaboration continus.
Merci. Thank you. Miigwetch.