Notes d’allocution pour l’administratrice en chef de la santé publique
Discours
Séance d'information technique sur la maladie Ebola et le hantavirus
22 mai 2026
13h HNE
Merci de vous joindre à nous aujourd'hui.
Avant de commencer, je tiens à rappeler que nous sommes réunis sur le territoire traditionnel et non cédé de la Nation algonquine Anishinabe. Je voudrais profiter de ce moment pour rendre hommage à l'histoire des peuples autochtones et honorer les premiers gardiens des terres sur lesquelles nous vivons et travaillons.
Mise à jour sur la situation – Maladie Ebola
Je commencerai aujourd'hui par une mise à jour sur la situation relative à la maladie Ebola en Afrique et sur ce que cela signifie pour le Canada. Je ferai ensuite le point sur le hantavirus Andes.
Le 15 mai, le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies a déclaré une éclosion de maladie Ebola dans l'est de la République démocratique du Congo. Des cas liés à cette éclosion ont également été signalés en Ouganda, dont un cas importé qui s'est avéré être de la souche du virus Bundibugyo.
Le 17 mai, le directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé a déclaré cette éclosion comme une « urgence de santé publique de portée internationale » en raison des preuves d'une propagation transfrontalière, de l'incertitude quant à l'ampleur réelle de l'éclosion, du risque de répercussions régionales et mondiales élargies, et de la nécessité d'une collaboration mondiale.
Il est important d'être clair : bien qu'il s'agisse d'une situation grave et en évolution, les cas restent localisés et le risque global est faible.
Cette éclosion se trouve dans une région confrontée à des défis complexes, notamment la proximité de centres urbains, des problèmes de sécurité, et des niveaux élevés de mouvements de population liés à l'activité minière. Ces facteurs peuvent accroître le risque de propagation aux échelles locale et internationale.
Nous reconnaissons que le risque pour les personnes vivant dans la région concernée est élevé, et nos pensées vont aux personnes, aux familles, aux communautés et aux professionnels de la santé qui subissent directement les conséquences de cette éclosion complexe.
Le Canada est prêt à apporter son aide.
Risque pour la population canadienne
Selon l'évaluation rapide des risques réalisée par l'Agence de la santé publique du Canada et conformément aux recommandations de l'Organisation mondiale de la Santé, le risque pour la population canadienne est considéré comme faible à l'heure actuelle.
Il n'y a jamais eu de cas d'Ebola importé au Canada, malgré les nombreuses éclosions d'Ebola dans la région touchée.
Je tiens toutefois à préciser, par mesure de prudence, qu'une personne en Ontario a subi des tests préventifs. Cette personne est récemment revenue d'Éthiopie et a signalé des symptômes correspondant à diverses maladies.
Les tests initiaux effectués en Ontario ainsi que les tests de confirmation réalisés au Laboratoire national de microbiologie se sont révélés négatifs.
C'est un bon exemple de la rapidité avec laquelle les mesures sont mises en œuvre, même lorsque la probabilité d'un cas d'Ebola est très faible.
La maladie Ebola se transmet par contact direct avec les fluides corporels d'une personne infectée présentant des symptômes, ou par contact avec des animaux infectés ou des matériaux contaminés. Elle ne se transmet pas par simple contact et ne se propage pas par voie aérienne comme les virus respiratoires.
Les personnes les plus exposées sont celles qui s'occupent de patients atteints de la maladie Ebola, qui participent à des rites funéraires impliquant un contact direct, ou qui travaillent dans des établissements de santé ou des laboratoires où le virus est présent.
Réponse de la santé publique
Bien que le risque au Canada reste faible, nous prenons cette situation très au sérieux et adoptons une approche de précaution.
L'Agence de la santé publique du Canada surveille activement l'éclosion en étroite collaboration avec ses partenaires internationaux, notamment l'Organisation mondiale de la Santé, ainsi qu'avec les autorités de santé publique provinciales et territoriales.
À nos frontières, nous avons renforcé les mesures de dépistage. Depuis le 20 mai, des questions de dépistage approfondies sont posées aux kiosques des aéroports aux voyageurs qui se sont rendus en République démocratique du Congo ou en Ouganda au cours des 21 derniers jours.
On demande désormais aux voyageurs qui se sont rendus dans ces pays, s'ils présentent des symptômes ou s'ils ont pu être en contact avec une personne atteinte de la maladie Ebola.
Nous avons également déployé des agents supplémentaires chargés de la quarantaine et du dépistage dans les principaux aéroports, et nous maintenons un système de surveillance centralisé fonctionnant 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Des affiches ont été installées dans les principaux aéroports du pays informant les voyageurs sur les procédures à suivre s'ils ne se sentent pas bien.
Ces mesures s'appuient sur la Loi sur la mise en quarantaine et visent à détecter rapidement les risques potentiels et à garantir que les mesures de suivi appropriées soient prises.
Mercredi, un vol a été redirigé vers Montréal en raison d'un passager présentant des symptômes préoccupants. Les agents de quarantaine de l'ASPC ont examiné cette personne et ont déterminé qu'elle était asymptomatique, et les procédures frontalières appropriées ont été suivies.
Je tiens à souligner l'importance pour les voyageurs de consulter les conseils aux voyageurs et les avertissements du gouvernement du Canada avant leur départ.
Les personnes revenant de régions touchées doivent surveiller leur état de santé pendant 21 jours. Si des symptômes apparaissent, il est essentiel qu'elles s'isolent immédiatement, loin des autres, et qu'elles communiquent avec les autorités sanitaires locales avant de se rendre en personne dans un établissement de soins.
Capacités en matière de laboratoire et de préparation
Le Canada dispose de solides systèmes de laboratoire et de surveillance.
Tout cas suspect au Canada serait immédiatement signalé, et des échantillons seraient envoyés au Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg pour des tests de confirmation. Les résultats sont généralement disponibles dans les 24 heures suivant l'arrivée des échantillons au laboratoire.
Notre Laboratoire national de microbiologie continue de jouer un rôle de premier plan à l'échelle mondiale dans la recherche sur le virus Ebola, notamment dans le domaine des vaccins, des traitements et des diagnostics. Les scientifiques canadiens ont joué un rôle déterminant dans la mise au point du premier vaccin contre le virus Ebola au monde, et ils continuent de contribuer aux efforts de préparation et d'intervention à l'échelle internationale.
Collaboration internationale
Cette éclosion souligne l'importance de la collaboration mondiale.
Le Canada continue de travailler en étroite collaboration avec ses partenaires internationaux par le biais de mécanismes établis tels que l'Organisation mondiale de la Santé et le Réseau mondial d'alerte et d'action en cas d'épidémie.
Nous sommes prêts à fournir une expertise technique et un soutien si nécessaire, comme nous l'avons fait lors d'éclosions précédentes. Notre objectif commun est de contenir cette éclosion à sa source et de réduire le risque de propagation.
Mise à jour sur le hantavirus
Je vais maintenant aborder brièvement la situation concernant le hantavirus des Andes.
Le Canada a confirmé un cas de hantavirus des Andes lié au navire de croisière MV Hondius au début du mois. À l'heure actuelle, aucun cas autre que le cas initial confirmé en Colombie-Britannique n'a été détecté au Canada, et tous les contacts à risque élevé continuent d'être surveillés par les autorités locales de santé publique.
Le risque global pour la population générale au Canada reste faible pour l'instant.
Nous continuons d'adopter une approche de précaution compte tenu de la gravité de ce virus, tout en reconnaissant que la transmission interhumaine du hantavirus des Andes est rare et nécessite généralement un contact étroit et prolongé avec une personne présentant des symptômes.
Nos pensées vont à la personne hospitalisée en Colombie-Britannique et à sa famille. Nous remercions nos collègues de la santé publique ainsi que l'équipe soignante pour l'excellente prise en charge et le soutien qu'ils lui apportent.
Assemblée mondiale de la Santé et coordination internationale
Cette semaine, j'ai eu l'occasion d'assister à l'Assemblée mondiale de la Santé à Genève, où j'ai rencontré plusieurs de mes homologues internationaux afin de discuter des défis de santé publique auxquels nous sommes tous confrontés.
J'ai également rencontré le Dr Ghebreyesus, directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé, ainsi que des membres de son équipe de direction qui dirigent les interventions d'urgence, notamment la réponse à la maladie Ebola en RDC.
Ces discussions ont réaffirmé l'importance de la transparence, de la communication rapide de l'information et de la coordination pour répondre efficacement aux menaces émergentes en matière de santé publique.
Les événements de ces dernières semaines ont démontré que des relations internationales solides ne sont pas seulement précieuses, elles sont essentielles.
Conclusion
En conclusion, nous disposons de systèmes solides pour la détection, la prévention et l'intervention. Nous travaillons en étroite collaboration avec nos partenaires provinciaux et territoriaux, ainsi qu'avec les organisations internationales et les gouvernements, afin de garantir une approche coordonnée et efficace.
Nous continuerons à fournir des mises à jour en temps opportun et des conseils clairs à mesure que de nouvelles informations seront disponibles.
Je tiens à remercier nos partenaires de la santé publique partout au pays, nos travailleurs de la santé de première ligne, les chercheurs en laboratoire, ainsi que nos collègues internationaux pour leur dévouement, leur expertise et leur collaboration.
Ensemble, nous travaillons à protéger la santé et la sécurité des personnes au Canada et partout dans le monde.
Merci. Thank you. Miigwetch.