ARCHIVÉE - Stratégie intégrée en matière de modes de vie sains et de maladies chroniques - composante fonctionnelle « programmes communautaires »

 

Principaux résultats

Cette section présente les principaux résultats de l’évaluation formative des PCD en rapport avec trois enjeux : la pertinence; la conception et la prestation des programmes; et les succès ou les progrès.

3.1 Pertinence

Le volet est-il aussi compatible avec les priorités ministérielles et répond-il à un besoin réel de manière réaliste?

En résumé, la présente évaluation confirme le soutien général apporté au rôle de l’ASPC dans la prévention des maladies chroniques, dont le diabète. Toutefois, les résultats indiquent le besoin de définir ce rôle par rapport aux gouvernements P/T relativement à la gestion du diabète, y compris le soutien aux PCD. Il ressort également qu’il existe un chevauchement possible entre divers volets fonctionnels de la SIMVSMC, de même qu’à l’intérieur même du volet fonctionnel des programmes communautaires.

Les données les plus récentes du Système national de surveillance du diabète (SNSD) indiquent une augmentation rapide de la prévalence du diabète au Canada, en plus d’illustrer la nature pancanadienne et l’ampleur de la situation. En 2005-2006, quelque 1,9 million de Canadiens de tous âges (soit environ 5,9 % de la population) ont été diagnostiqués comme ayant la maladie, alors qu’il y en avait 1,3 million (soit environ 4,2 % de la population) en 2000-2001. Les personnes atteintes du diabète et leurs familles ont une qualité de vie réduite et risquent davantage d’avoir des complications associées à la maladie. Elles doivent également assumer des coûts financiers importants, notamment ceux des médicaments. L’augmentation de l’incidence du diabète est largement associée au vieillissement, à la sédentarité et à un excès de poids. En 2011, on s’attend à ce qu’environ 2,6 millions de Canadiens soient atteints du diabète, ce qui représente un problème de taille pour toute la société (Agence de la santé publique du Canada, 2008b; Agence de la santé publique du Canada, 2008a).

Besoin continu du volet des programmes communautaires et du renforcement des capacités communautaires

Les PCD s’attaquent aux priorités suivantes : 1-) fournir des programmes communautaires de promotion de la santé et de prévention du diabète; 2-) fournir des services de santé accessibles pour la prévention du diabète; et 3-) faire de la recherche et de l’évaluation et soutenir l’échange des connaissances.Note de bas de page 5

Les programmes reposent sur une approche de la santé de la population qui reconnaît le rôle des déterminants de la santé, de même que l’importance de répondre aux besoins de tous les individus de diverses façons. L’ASPC a reconnu la santé de la population comme un concept clé et une approche en matière d’élaboration de politiques et de programmes visant à améliorer la santé des Canadiens. À partir de cette approche, les PCD encouragent la collaboration parmi les intervenants dans tous les secteurs et à tous les niveaux en mettant l’accent sur la prévention et la gestion du diabète. Les PCD visent également à soutenir les programmes communautaires adaptés aux besoins uniques de chaque collectivité.

Les informations recueillies aux fins de la présente évaluation ont indiqué qu’il existe un soutien général à l’utilisation d’approches de la santé de la population dans la prévention et la gestion du diabète. Le besoin d’élaborer des stratégies et des activités de prévention du diabète arrimées à ces approches a été confirmé lors de l’étude des documents pertinents. Aussi, les intervenants consultés lors du récent Examen des politiques sur le diabète ont reconnu généralement que les déterminants sociaux et environnementaux de la santé représentent un aspect important de la gestion du diabète et de la prévention des maladies chroniques en général (Comité d'examen des politiques sur le diabète, présidé par l'honorable Brian Peckford, 2008a; Comité d'examen des politiques sur le diabète, présidé par l'honorable Brian Peckford, 2008b). Les intervenants ont aussi insisté sur l’importance de soutenir les programmes communautaires afin de promouvoir des modes de vie sains et la prévention du diabète au sein de la population.

Rôle de l’ASPC dans la prévention et le contrôle des maladies chroniques

Il existe un soutien clair au rôle de l’ASPC dans la prévention du diabète. Peu de données probantes ont soutenu le transfert des éléments propres aux programmes communautaires vers d’autres secteurs ou paliers de gouvernement. Diverses études nationales, importantes et fondamentales, ont noté le rôle de leadership important que le gouvernement fédéral peut et doit jouer dans la prévention des maladies chroniques, dont le diabète (Commission sur l'avenir des soins de santé au Canada, 2002; Comité national consultatif sur le SRAS et la santé publique présidé par Dr David Naylor, 2003; Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie et al., 2002).Note de bas de page 6 La plupart des intervenants consultés lors de l’Examen des politiques sur le diabète ont reconnu la prévention du diabète comme un domaine où l’ASPC devrait concentrer ses efforts, particulièrement du fait que ce domaine n’a pas été une priorité au niveau provincial ou territorial (Comité d'examen des politiques sur le diabète, présidé par l'honorable Brian Peckford, 2008a; Comité d'examen des politiques sur le diabète, présidé par l'honorable Brian Peckford, 2008b).

Cependant, les représentants des ministères provinciaux ou territoriaux de la Santé consultés lors de l’Examen des politiques sur le diabète ne sont pas entendus sur le rôle de l’ASPC dans la gestion du diabète, y compris le soutien aux programmes communautaires. Certaines provinces, comme l’Ontario et le Nouveau-Brunswick, ont exprimé l’avis que l’ASPC devrait jouer un plus grand rôle dans le soutien aux programmes communautaires, en particulier ceux associés à l’autogestion. D’autres provinces telles que l’Alberta et le Manitoba ont maintenu que l’ASPC a un rôle seulement dans des domaines limités, par exemple le marketing social, le financement de la recherche, ainsi que le développement et l’échange des connaissances. Le Manitoba a également indiqué que le financement fédéral dans les communautés, en l’absence de consultations avec les gouvernements provinciaux ou territoriaux, était contreproductif et présentait des obstacles au travail déjà entrepris au niveau des P/T (Comité d'examen des politiques sur le diabète, présidé par l'honorable Brian Peckford, 2008a; Comité d'examen des politiques sur le diabète, présidé par l'honorable Brian Peckford, 2008b).

Chevauchement ou dédoublement des volets fonctionnels et à l’intérieur du volet des programmes communautaires

La présente évaluation constate la possibilité d’un chevauchement ou d’un dédoublement entre le volet fonctionnel des programmes communautaires et le volet fonctionnel du développement, de l’échange et de la diffusion des connaissances (DEDC) au niveau national, en raison principalement d’un manque de clarté en ce qui concerne les rôles de chaque volet dans le cadre de la SIMVSMC. Un représentant de programmes a indiqué que, bien que les programmes communautaires fassent partie intégrante du volet du DEDC, le mécanisme par lequel ces deux volets fonctionnels sont reliés n’est pas défini clairement. Un autre représentant de programmes a souligné un chevauchement possible entre les deux volets fonctionnels au niveau national. Au plan national, le volet fonctionnel du DEDC en matière de diabète semble s’être surtout concentré sur le développement des connaissances, afin de soutenir des interventions de dépistage de l’état prédiabétique fondées sur des données probantes, ainsi que sur l’évaluation des facteurs de risque, et moins sur le transfert des connaissances. Parallèlement, des projets nationaux dans le cadre des PCD ont également appuyé le développement des connaissances, y compris l’établissement des pratiques exemplaires ou prometteuses. En région, le volet fonctionnel du DEDC a joué largement son rôle dans le cadre de la SIMVSMC, à savoir fournir des connaissances qui alimentent les programmes communautaires. Par exemple, en Alberta, le travail réalisé par le volet du DEDC, notamment une analyse des lacunes dans les connaissances, a influencé grandement les activités des programmes communautaires. Le deuxième examen de la mise en oeuvre de la SIMVSMC a révélé que la plupart des employés de l’ASPC estiment que, dans une structure matricielle, certains chevauchements ou dédoublements parmi les volets fonctionnels seraient souhaitables pour assurer une intersection appropriée des fonctions transversales. Le personnel a exprimé des préoccupations quant au manque de coordination et au chevauchement possible là où les volets fonctionnels se recoupent (Agence de la santé publique du Canada, 2008c).

Il ressort également de la présente évaluation qu’il existe la possibilité d’un chevauchement ou d’un dédoublement entre le volet fonctionnel des programmes communautaires et le Fonds pour la promotion des modes de vie sains (FPMVS). Les résultats attendus du FPMVS incluent une capacité accrue à l’intérieur de la communauté des intervenants à tous les niveaux des domaines suivants : développement des connaissances; partenariats et réseautage; milieux et conditions favorables aux modes de vie sains; politiques, programmes et services. Un peu plus de la moitié des projets financés dans le cadre des PCD en 2006-2007 (21 sur 41) étaient axés sur la prévention du diabète parmi des groupes à risque élevé, et au moins 71 % de ces projets (n = 15) faisaient également la promotion de modes de vie sains (alimentation saine et activité physique). Les représentants de programmes interviewés ont souligné que deux programmes ont travaillé très étroitement à accroître leurs ressources et à atteindre les résultats attendus. Cependant, les intervenants consultés lors de l’Examen des politiques sur le diabète ont souligné unanimement le manque de clarté des programmes de financement dans le cadre de la SIMVSMC découlant du manque d’informations sur la Stratégie et ses volets. Plus particulièrement, les représentants des ONG et des gouvernements P/T ont mentionné une confusion au sujet du processus d’invitation à soumissionner relatif aux subventions et aux contributions dans le cadre de la SIMVSMC (Comité d'examen des politiques sur le diabète, présidé par l'honorable Brian Peckford, 2008a; Comité d'examen des politiques sur le diabète, présidé par l'honorable Brian Peckford, 2008b).

3.2 Conception et prestation des programmes

Les moyens les plus appropriés et les plus efficaces sont-ils utilisés pour atteindre les objectifs poursuivis?

La présente évaluation révèle un certain nombre de lacunes relativement à la conception et à la prestation des PCD. Il semble y avoir un manque général de clarté au sujet des rôles, des responsabilités et des processus associés à la prestation des programmes, et il n’existe aucun mécanisme systématique permettant d’assurer le suivi et l’évaluation des programmes.

Clarté des rôles et des responsabilités dans la prestation des programmes

La présente évaluation révèle un manque évident de clarté au sujet des rôles et des responsabilités dans la prestation des programmes et des initiatives dans le cadre de la SIMVSMC, y compris les PCD.

Des points de vue divergents ont été exprimés au sujet de la clarté des rôles entre le bureau national et les bureaux nationaux de l’ASPC dans la prestation des PCD. En outre, bien que les répondants aient insisté sur la nécessité pour les bureaux régionaux de déployer la SIMVSMC, les rôles des bureaux régionaux par rapport à ceux du bureau national ne sont pas clairement définis dans le cadre de la SIMVSMC en général. Cet aspect est compatible avec les résultats d’une étude de cas entreprise dans le cadre du deuxième examen de la mise en oeuvre de la SIMVSMC, qui avait révélé des problèmes structurels lors de la mise en oeuvre des activités dans le cadre de la Stratégie, en particulier un manque de clarté au sujet des rôles et des responsabilités du bureau national et des bureaux régionaux (Agence de la santé publique du Canada, 2008c).

La présente évaluation révèle des problèmes associés à la prestation de la SIMVSMC en région. Le représentant régional de programmes a mentionné que les changements associés au passage de la SCD initiale à la nouvelle SCD dans le cadre de la SIMVSMC ont amené des provinces à remettre en question le rôle de l’ASPC dans la prestation de certains de ses volets. Il a aussi souligné le défi plus grand de gérer les relations avec les intervenants provinciaux dans le contexte incertain actuel des PCD. Par exemple, il convient d’expliquer comment le financement de certaines subventions et contributions est fourni sans interruption, alors que le financement d’autres programmes, dont les PCD, est moins cohérent.

Un autre problème soulevé par ce représentant est la confusion apparente parmi les intervenants externes qui tient principalement à la compréhension de la manière dont les différents volets fonctionnels de la SIMVSMC sont reliés, en particulier la façon dont le volet des programmes communautaires et le volet de la surveillance sont intégrés aux programmes communautaires. Il a été mentionné que le personnel des PCD dans les bureaux régionaux continuent de recevoir des demandes d’information sur les volets fonctionnels du DEDC, de l’évaluation et de la surveillance et du Programme sur les modes de vie sains provenant d’intervenants externes qui ont de la difficulté à différencier les volets fonctionnels. Des intervenants consultés lors de l’Examen des politiques sur le diabète ont confirmé cette problématique (Comité d'examen des politiques sur le diabète, présidé par l'honorable Brian Peckford, 2008a; Comité d'examen des politiques sur le diabète, présidé par l'honorable Brian Peckford, 2008b).

Cohérence relativement à la prestation des programmes dans les bureaux régionaux

Les données recueillies aux fins de la présente évaluation ont indiqué des limites dans les ressources et des retards dans le financement des projets dans de nombreuses régions, ce qui se traduit par un manque de cohérence quant à la manière dont les PCD sont offerts. Il a été mentionné que les bureaux régionaux estiment que les retards dans les approbations de financement dans le cadre du processus d’invitation à soumissionner relatif aux subventions et aux contributions constituent un problème important.

Comme l’a souligné le représentant régional de programmes, la capacité du personnel d’offrir les programmes, de travailler avec les intervenants locaux et de soutenir le transfert des connaissances varie considérablement d’un bureau régional à un autre. Ce représentant a maintenu que les ressources financières et humaines dans les régions sont telles qu’il est difficile d’assurer une cohérence. L’allocation des ressources humaines en région repose sur le financement que chaque région reçoit dans le cadre de la SIMVSMC, et non sur le nombre ou le niveau de projets financés. Il appert qu’une cohérence peut être atteinte seulement si les bureaux régionaux fournissent en temps opportun une approbation de financement dans le cadre du processus d’invitation à soumissionner relatif aux subventions et contributions et s’ils disposent des ressources financières et humaines requises.

Approches relatives au processus d’invitation à soumissionner relatif aux subventions et contributions

L’appel de propositions utilisé dans le cadre des PCD a varié au cours des exercices 2005-2006 et 2006- 2007 en raison, selon les répondants, de l’incapacité de recevoir en temps opportun les approbations de financement dans le cadre du processus d’invitation à soumissionner relatif aux subventions et aux subventions et contributions. Toutes les invitations à soumissionner relatives aux subventions et contributions ont suivi les procédures opérationnelles standard. Cependant, en raison de contraintes de temps, les processus ont été entrepris à l’intérieur d’un échéancier très serré.

À ce jour, les processus nationaux et régionaux d’invitation à soumissionner relatifs aux subventions et contributions ont utilisé soit une approche ciblée, soit une approche dirigée (c’est-à-dire sans invitation ouverte). Les réactions reçues de diverses régions ont indiqué que l’utilisation d’une approche dirigée découle surtout d’un financement disponible limité et d’un calendrier serré. En 2006-2007, le seul exercice au cours duquel toutes les régions ont pu soumissionner, la plupart des régions ont eu recours à une approche ciblée en envoyant l’appel de propositions à des organisations (entre 25 et 100). Quelques régions ont utilisé une approche dirigée en cherchant à rejoindre d’une à cinq organisations.

Utilisation des subventions

Les trois représentants de programmes ont indiqué que, jusqu’à maintenant, plus de subventions que de contributions ont servi à financer les projets pour diverses raisons, dont le besoin d’éviter de ne pas utiliser les fonds. Les représentants de programmes ont dit préférer les contributions aux subventions, puisqu’elles permettent un plus grand contrôle ou un meilleur suivi des résultats, de même que la possibilité de fournir un financement pluriannuel. (En règle générale, les contributions procurent une plus grande flexibilité pour apporter des modifications aux projets en cours de réalisation.)

Clarté des processus d’invitation à soumissionner et d’examen des propositions

Comme il a été dit précédemment, la présente évaluation constate que le processus d’invitation à soumissionner relatif aux subventions et contributions dans le cadre des PCD n’a pas été appliqué de manière cohérente, en raison de l’incapacité des programmes de recevoir en temps opportun les approbations de financement. Par ailleurs, il est ressorti que le processus d’invitation à soumissionner relatif aux subventions et contributions et le processus d’examen des propositions dans le cadre des PCD n’ont pas été bien communiqués aux candidats potentiels.

Des intervenants consultés lors de l’Examen des politiques sur le diabète ont dit que les communications relatives aux invitations à soumissionner ont été insuffisantes. Des représentants des provinces ont affirmé ne pas avoir été informés au sujet des programmes nationaux financés dans le cadre des PCD et, dans certains cas, d’avoir eu peu d’informations sur des projets financés dans leur province en vertu d’autres volets fonctionnels de la SIMVSMC. De plus, les représentants des gouvernements P/T et d’ONG ont souligné la difficulté de mettre en oeuvre des projets lorsque le financement est obtenu très tard dans l’année financière (Comité d’examen des politiques sur le diabète, présidé par l’honorable Brian Peckford, 2008a; Comité d'examen des politiques sur le diabète, présidé par l'honorable Brian Peckford, 2008b).

Un examen des données sur le processus d’invitation à soumissionner relatif aux subventions et contributions en 2006-2007 a révélé qu’un appel de propositions, dans la plupart des régions et aux fins de la consultation nationale, a été envoyé entre la fin de septembre et à la mi-octobre 2006. Dans certaines régions, cependant, une lettre d’appel a été envoyée en novembre 2006 et en janvier 2007. Dans la plupart des régions, les candidats ont été invités à soumettre leur proposition de projet dans un délai de quatre à six semaines. Dans deux régions, les candidats ont eu moins de trois semaines pour soumettre leur proposition de projet. Dans la plupart des régions, les demandeurs de financement ont été avisés que les décisions relatives aux propositions nécessitaient un délai de 12 semaines, ce qui s’est traduit par un retard dans la mise en oeuvre des projets.

Des intervenants consultés lors de l’Examen des politiques sur le diabète ont souligné le manque d’ouverture et de transparence dans le processus de sélection ou d’examen des propositions dans le cadre des PCD (Comité d'examen des politiques sur le diabète, présidé par l'honorable Brian Peckford, 2008a; Comité d'examen des politiques sur le diabète, présidé par l'honorable Brian Peckford, 2008b). Le Guide des requérants de 2006-2007 mentionnait le processus en trois étapes servant à examiner les propositions soumises : 1-) présélection à l’interne par le personnel des programmes; 2-) examen des propositions par un comité composé d’examinateurs internes et externes choisis en fonction de leur expérience en matière de diabète et dans des domaines connexes; et 3-) approbation finale. Toutefois, les réactions obtenues du bureau national et des bureaux nationaux ont indiqué que le processus d’examen des propositions n’a pas toujours inclus une évaluation faite par des examinateurs externes.

Dans le cas du processus national d’invitation à soumissionner relatif aux subventions et contributions, en 2006-2007, des employés du bureau national et des bureaux régionaux de l’ASPC ayant une expertise en diabète, en d’autres maladies ou groupes de la population et un examinateur externe ont passé en revue les propositions. Dans le cas des invitations à soumissionner relatives aux subventions et contributions en région, une fois la présélection terminée, un comité de révision a été créé pour évaluer les propositions admissibles à l’aide d’un formulaire d’examen des propositions. Le formulaire standard ou un formulaire similaire, mais ayant des critères différents, a été utilisé au plan national et dans les régions. (La pondération des critères d’évaluation a été adaptée en fonction de chaque région à partir des priorités énumérées dans l’appel de propositions.) Il faut noter, cependant, que la composition du comité de révision variait d’une région à l’autre.

Lacunes et problèmes à résoudre dans le volet fonctionnel des programmes communautaires

La présente évaluation révèle un certain nombre de lacunes et de problèmes à résoudre dans le volet fonctionnel des programmes communautaires, y compris des problèmes associés au processus d’invitation à soumissionner relatif aux subventions et contributions.

Processus d’invitation à soumissionner relatif aux subventions et aux contributions

Les représentants de programmes ont convenu que la mise en oeuvre de la SIMVSMC, y compris des programmes communautaires, a été retardée par un certain nombre de facteurs externes, notamment un changement de gouvernement et le récent Examen des politiques sur le diabète. Il a été mentionné que le processus d’invitation à soumissionner relatif aux subventions et aux contributions a été un défi majeur. Plus particulièrement, les approbations des subventions et contributions en matière de diabète sont arrivées tard dans l’année financière, ce qui a amené les programmes à utiliser soit une approche ciblée, soit une approche dirigée. En conséquence, les programmes n’ont pas pu tenir une invitation ouverte à proposer des projets, ce qui aurait mieux répondu aux besoins communautaires.

Domaines d’intérêt des projets financés

Jusqu’à maintenant, les PCD ont surtout financé des projets axés sur la promotion de la santé et la prévention du diabète parmi les populations à risque élevé et, dans une moindre mesure, sur la prévention des complications associées au diabète. Un certain nombre de projets ont mis l’accent sur le dépistage précoce du diabète.

Beaucoup d’intervenants consultés lors de l’Examen des politiques sur le diabète ont affirmé que le dépistage et l’autogestion requièrent une attention immédiate. Pour eux, il est prioritaire de fournir un soutien complet à l’autogestion du diabète à la lumière des pressions sans cesse croissantes exercées sur le système de santé (Comité d'examen des politiques sur le diabète, présidé par l'honorable Brian Peckford, 2008a; Comité d'examen des politiques sur le diabète, présidé par l'honorable Brian Peckford, 2008b).

Intégration des programmes communautaires en matière de modes de vie sains, de prévention et de contrôle des maladies chroniques

Comme il a été mentionné dans le Cadre de gestion et de responsabilisation axé sur les résultats (CGRR) élaboré par la SIMVSMC, on s’attendait à ce que l’intégration du volet fonctionnel des programmes communautaires soit mise en place à un certain nombre de niveaux, notamment par le truchement de facteurs de risque communs (par exemple, une mauvaise alimentation et la sédentarité). Des intervenants consultés lors de l’Examen des politiques sur le diabète ont également soutenu l’intégration de la prévention du diabète et la prévention des autres maladies chroniques (Comité d'examen des politiques sur le diabète, présidé par l'honorable Brian Peckford, 2008a; Comité d'examen des politiques sur le diabète, présidé par l'honorable Brian Peckford, 2008b).

Des progrès ont été accomplis dans l’intégration des PCD et du Fonds pour la promotion des modes de vie sains (FPMVS), en particulier par le truchement du niveau réseau communautaire et du Groupe de travail sur l’évaluation des modes de vie sains et du diabète. Toutefois, comme l’a mentionné un représentant régional de programmes lors d’une présentation en juillet 2005 (Agence de la santé publique du Canada, 2005b), il semble difficile de déterminer comme les PCD cadrent avec les autres programmes de financement. Des intervenants consultés lors de l’Examen des politiques sur le diabète ont affirmé qu’il existe une confusion quant à savoir quels projets cadrent le mieux avec tel ou tel programme de financement. En outre, des représentants des gouvernements P/T ont souligné la difficulté d’établir le financement inhérent à des maladies particulières quand ils travaillent à l’intégration de la prévention et de la gestion des maladies chroniques (Comité d'examen des politiques sur le diabète, présidé par l'honorable Brian Peckford, 2008a; Comité d'examen des politiques sur le diabète, présidé par l'honorable Brian Peckford, 2008b).

Une étude de cas qui a examiné l’intégration à l’intérieur du volet des programmes communautaires, lors du deuxième examen de la mise en oeuvre de la SIMVSMC, a révélé qu’un obstacle à l’amélioration de l’intégration à l’intérieur du volet des programmes communautaires était l’absence d’une définition claire du concept d’intégration et de mécanismes à l’appui de cette intégration (Agence de la santé publique du Canada, 2008c). Selon un représentant de programmes, pour que les programmes communautaires puissent constituer un volet fonctionnel complet dans le cadre de la SIMVSMC, des volets propres à d’autres maladies particulières (comme la santé mentale, le cancer et les maladies cardiovasculaires) devraient être ajoutés à la structure actuelle. Ce représentant a également mentionné qu’il existe des possibilités de bâtir des synergies avec le Fonds pour la santé de la population (FSP) de l’ASPC, qui couvre un certain nombre de domaines liés à divers programmes ou différentes initiatives au sein de l’ASPC.

Utilisation d’un financement pluriannuel

Des employés de l’ASPC et des intervenants externes ont affirmé être préoccupés par l’incapacité d’utiliser un financement pluriannuel dans le cadre des PCD. Environ 40 % des projets financés en 2006-2007 qui ont fourni des informations ont souligné les contraintes d’un financement sur une seule année, qui est un important obstacle à l’atteinte des populations cibles. Les responsables d’un projet ont mentionné que leur engagement à faire participer des partenaires communautaires au processus d’élaboration du projet a rendu très difficile le respect des échéances, en suggérant qu’un financement pluriannuel aiderait les projets à atteindre davantage les résultats attendus. Des représentants d’ONG et de gouvernement P/T consultés lors de l’Examen des politiques sur le diabète ont mentionné que le financement sur une seule année, en raison de ses exigences administratives, a posé un problème important quant à la continuité et la valeur à long terme des projets (Comité d'examen des politiques sur le diabète, présidé par l'honorable Brian Peckford, 2008a; Comité d’examen des politiques sur le diabète, présidé par l’honorable Brian Peckford, 2008b). La capacité des projets d’élaborer et de mettre en oeuvre des plans d’évaluation solides serait probablement accrue avec un financement pluriannuel.

Le deuxième examen de la mise en oeuvre de la SIMVSMC a révélé que l’absence d’accords de contribution pluriannuels dans le cadre de la Stratégie a entravé la capacité des collectivités d’atteindre les objectifs des projets, ce qui a aussi compromis leur capacité d’atteindre efficacement les extrants et les résultats de la Stratégie (Agence de la santé publique du Canada, 2008c). Lors d’une présentation en juillet 2005 (Agence de la santé publique du Canada, 2005b), un représentant régional de programmes a soutenu qu’un financement à long terme est nécessaire pour permettre aux organisations communautaires de poursuivre sur leur lancée; soutenir les interventions axées sur les populations et les groupes à risque qui ont peu d’infrastructures et de ressources; et mettre l’accent sur les déterminants de la santé en amont et le dépistage précoce, plutôt que de cibler principalement les facteurs de risque. De plus, les représentants de programmes ont mentionné qu’on peut s’attendre à ce qu’un financement pluriannuel améliore la collecte de données rigoureuses d’évaluation sur les programmes à partir des projets financés, en plus de favoriser une plus grande collaboration.

Diffusion et autres activités de soutien au transfert des connaissances

La présente évaluation indique le besoin d’améliorer la capacité des projets financés d’évaluer les résultats de leurs interventions. Les participants à la réunion nationale sur le partage de l’information, qui a eu lieu en Ontario en novembre 2007 (Agence de la santé publique du Canada, 2007c) ont souligné les difficultés liées à l’évaluation des projets et à la diffusion de leurs résultats. Malgré l’importance d’évaluer les programmes communautaires et de partager leurs résultats et leurs expériences pour faciliter le transfert de pratiques exemplaires, l’évaluation a été perçue comme une faiblesse dans le cadre de la nouvelle Stratégie canadienne sur le diabète par des intervenants consultés lors de l’Examen des politiques sur le diabète (Comité d'examen des politiques sur le diabète, présidé par l'honorable Brian Peckford, 2008a; Comité d'examen des politiques sur le diabète, présidé par l'honorable Brian Peckford, 2008b). Il y a eu un consensus sur le besoin d’améliorer la capacité d’évaluation parmi les intervenants qui offrent ou coordonnent des programmes ou des initiatives en matière de diabète.

Les intervenants consultés lors de l’Examen des politiques sur le diabète ont insisté unanimement sur le besoin de soutenir le transfert des connaissances à partir des programmes communautaires au moyen de la diffusion des informations, ainsi que les liens entre les projets financés. (Comité d'examen des politiques sur le diabète, présidé par l'honorable Brian Peckford, 2008a; Comité d'examen des politiques sur le diabète, présidé par l'honorable Brian Peckford, 2008b). Des représentants provinciaux, des professionnels de la santé et des éducateurs spécialisés en diabète ont convenu que les informations sur les projets financés devraient être publiées pour permettre aux responsables d’autres programmes d’en tirer des leçons. Un certain nombre de professionnels de la santé ont insisté sur le besoin d’établir des liens entre les programmes communautaires et les universités ou les établissements de recherche en santé pour faciliter le transfert des connaissances. Selon eux, il est important d’encourager les chercheurs à participer aux programmes communautaires, puisque, souvent, les projets n’ont pas la capacité de transférer les connaissances découlant de leurs activités communautaires.

Intégration des volets fonctionnels et des volets de programmes

Comme l’a souligné un représentant de programmes, un des buts de la SIMVSMC était de faciliter l’intégration du volet des programmes communautaires et le volet du développement, de l’échange et de la diffusion des connaissances (DEDC) afin de maximiser les investissements de la Stratégie. Toutefois, le fonctionnement complet du modèle des volets interreliés a été considérablement réduit, étant donné que la SIMVSMC n’a pas été mise en oeuvre comme il avait été prévu.

Mesurer les résultats à partir des projets financés

La présente évaluation révèle un écart entre les mécanismes actuels de suivi et d’évaluation des PCD et le Plan de suivi et d’évaluation du volet fonctionnel des programmes communautaires et du renforcement des capacités communautaires. Tel qu’il est conçu présentement, l’Outil de cueillette de données de projets (OCDP) ne permet pas de recueillir suffisamment de données pour un certain nombre de domaines de résultats mentionnés dans le Plan de suivi et d’évaluation. Une collecte de données additionnelles sur les résultats des activités des projets financés a été tentée par le truchement de l’Évaluation des résultats préliminaires des projets choisis en 2006-2007. Toutefois, cet exercice a révélé un manque de données recueillies de manière systématique concernant certains résultats clés de nombreux projets financés.

Principales leçons apprises à ce jour pour atteindre les populations cibles

Un certain nombre de leçons ont été apprises à partir des programmes communautaires axés sur le diabète en ce qui concerne l’atteinte des populations cibles et le travail auprès des communautés ethnoculturelles.

Tous les projets financés durant l’exercice 2006-2007 qui ont fourni des informations ont souligné un ou des obstacles à l’atteinte des populations cibles. La Figure 2 présente ces obstacles.

Figure 2 : Obstacles à l’atteinte des populations cibles dans les projets financés en 2006-2007

Figure 2 : Obstacles à l’atteinte des populations cibles dans les projets financés en 2006-2007
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Figure 2 : Obstacles à l’atteinte des populations cibles dans les projets financés en 2006-2007

La figure 2 décrit les obstacles aux efforts pour joindre les populations cibles qui ont été cernés dans le cadre des projets financés et classés selon le nombre de réponses obtenues. Les obstacles comprenaient les suivants : manque de temps (14), obstacles culturels et psychologiques (13), moment choisi non pratique ou difficile (10), matériel et canaux promotionnels inadéquats (10), logistique, p. ex. transport (9), obstacles socioéconomiques (6), difficulté à capter l’intérêt de la population cible (6), bureaucratie et formalités (6), contacts non fiables (5), manque de fonds (5), manque d’information sur les contacts au sein de la population cible (3), sensibilisation inadéquate au sujet du projet (2).

Comme l’illustre la Figure 3, des leçons apprises et des recommandations liées à l’atteinte des populations cibles sont ressorties des projets financés.

Figure 3 : Leçons apprises et recommandations liées à l’atteinte des populations cibles

Figure 3 : Leçons apprises et recommandations liées à l’atteinte des populations cibles
Texte équivalent - Stratégie intégrée en matière de modes de vie sains et de maladies chroniques - composante fonctionnelle « programmes communautaires » - Principaux résultats

Figure 3 : Leçons apprises et recommandations liées à l’atteinte des populations cibles

La figure 3 illustre les leçons tirées des difficultés à joindre les populations cibles, présentées selon le nombre de réponses obtenues dans le cadre des projets. Parmi les leçons tirées, mentionnons : faire participer les ressources de la communauté locale à la conception du projet (21), tenir compte des besoins de la population cible (15), se servir de la bonne méthode d’approche (15), créer des partenariats (13), travailler à l’intérieur d’échéanciers réalistes (9), coordonner les efforts et faire un suivi (7), bien cibler le projet (5), offrir des mesures d’encouragement à la participation (5), allouer suffisamment de ressources à la mise en œuvre des projets (5), mobiliser les champions des projets (4), solliciter une rétroaction afin d’améliorer les programmes (4), communiquer l’information au sujet de l’expérience tirée de la réalisation des projets (4), respecter les formalités nécessaires (3), avoir accès à de l’information sur les contacts (2), autres leçons tirées (2).

Les praticiens consultés lors de l’Examen des politiques sur le diabète ont également fourni certaines leçons apprises liées à l’atteinte des populations cibles. Des éducateurs spécialisés en diabète ont souligné l’importance d’une approche détaillée qui implique des interventions dans de nombreux milieux (à l’école, à la maison et au travail). Il a été mentionné que l’éducation du public doit adopter une approche holistique afin de modifier efficacement certains comportements (Comité d'examen des politiques sur le diabète, présidé par l'honorable Brian Peckford, 2008a; Comité d'examen des politiques sur le diabète, présidé par l'honorable Brian Peckford, 2008b).

Des projets financés durant l’exercice 2006-2007 ont fourni des leçons apprises lors du travail réalisé auprès de communautés ethnoculturelles. On a reconnu l’importance d’élaborer des stratégies de diffusion axées sur les communautés ethnoculturelles susceptibles de renforcer les réseaux communautaires existants de manière à s’assurer que des obstacles culturels ou linguistiques possibles ne limitent pas la cueillette et le partage des connaissances. Divers projets ont mis l’accent sur le besoin d’adopter une perspective axée sur les déterminants sociaux de la santé, par opposition à des approches traditionnelles et structurées axées sur l’éducation et le marketing social, pour rejoindre ces populations. Par ailleurs, les projets ont insisté sur l’importance de reconnaître les disparités sociales et les écarts en matière de santé, souvent immenses, auxquels ces collectivités sont confrontées, y compris les difficultés de changer des comportements déterminés par des forces socioéconomiques. De même, il a été mentionné que le fait d’apporter des changements importants afin de résoudre la complexité liée à la prestation des programmes offerts à des collectivités désavantagées ayant de multiples obstacles représente un processus à long terme qui implique des changements dans les politiques et les systèmes.

Des chercheurs, des professionnels de la santé et des éducateurs spécialisés en diabète qui ont été consultés lors de l’Examen des politiques sur le diabète ont affirmé que les programmes existants de prévention et de promotion de la santé ne parviennent pas à atteindre les personnes qui devraient pourtant être rejointes, à savoir les populations à risque élevé. Ils ont insisté sur le besoin de repenser l’approche actuelle en fonction de la prévention primaire du diabète (Comité d’examen des politiques sur le diabète, présidé par l’honorable Brian Peckford, 2008a; Comité d'examen des politiques sur le diabète, présidé par l'honorable Brian Peckford, 2008b).

Efficacité du système actuel de suivi

La présente évaluation révèle que le système actuel de suivi dans le cadre des PCD n’a pas été efficace pour mesurer les résultats des projets financés au cours de l’exercice 2006-2007. Les rapports des projets produits à l’aide de l’Outil de cueillette de données de projets indiquent la nécessité d’apporter des changements importants dans les méthodes utilisées et d’incorporer une assurance qualité des données. De plus, l’utilisation de l’OCDP n’étant pas obligatoire dans le cas des subventions, il en résulte l’impossibilité de surveiller les résultats des projets qui choisissent de ne pas recourir à cet outil.

Le Plan de suivi et d’évaluation du volet des programmes communautaires et du renforcement des capacités communautaires, en tant que composante du Cadre de gestion et de responsabilisation axé sur les résultats (CGRR) élaboré par la SIMVSMC, a mentionné deux outils permanents et complémentaires de collecte de données, à savoir l’OCDP et l’Outil de renforcement des capacités communautaires (ORCC). Ce dernier, qui permet de saisir des données sur les processus associés aux changements dans les capacités communautaires qui surviennent tout au long d’un projet, n’a jamais été mis en place, puisqu’il a été conçu à l’origine pour surveiller des accords de contribution et qu’il ne convient pas aux subventions. Les représentants de programmes ont convenu que l’exigence d’utiliser les subventions plutôt que les contributions a entravé la capacité des programmes de surveiller les résultats des projets financés.

Un examen de l’OCDP en 2006-2007 et les données soumises par projet financé ont indiqué le besoin d’offrir une meilleure formation relativement à l’utilisation de cet outil et de clarifier les questions. Une redondance des données recueillies six mois après le début des projets et à la fin des projets a pu se traduire par un comptage double aux deux moments de l’évaluation.

Une fois le projet pilote de l’OCDP terminé au terme de l’exercice 2006-2007, la validation de l’outil a été entreprise et une version améliorée a été utilisée pour les projets financés lors de l’exercice 2007-2008. Une évaluation des améliorations apportées à l’OCDP n’a pas été effectuée aux fins de la présente évaluation.

La collecte de données relatives aux programmes réalisée aux fins de la présente évaluation a révélé un manque de suivi ou de contrôle continu des données administratives aux niveaux national et régional. Par exemple, certaines informations importantes, dont les résultats du processus d’invitation à soumissionner relatif aux subventions et aux contributions et du processus d’examen, n’ont pas été facilement accessibles aux fins du présent rapport. Cela soulève des préoccupations au sujet de la capacité des programmes de surveiller et de fournir des données sur leurs activités et leurs procédures administratives.

3.3 Succès ou progrès

Le volet est-il efficace, sans produire des résultats non souhaités?

En résumé, la mise en oeuvre de la SIMVSMC, y compris celle des programmes communautaires, a été retardée par un certain nombre de facteurs au sein de l’ASPC, de même que dans le contexte plus large où elle est active. La SIMVSMC a été annoncée en octobre 2005, mais sa mise en oeuvre a été entravée par le déclenchement d’une élection en novembre 2005, puis par un changement de gouvernement. Les retards dans les approbations de financement ont eu pour résultat que le processus d’invitation à soumissionner relatif aux subventions et aux contributions a été limité dans de nombreuses régions et au niveau national.

Néanmoins, malgré ces facteurs, le présent rapport révèle des progrès limités, mais prometteurs, dans l’atteinte des résultats des PCD, comme il est décrit plus bas.

Succès et progrès au niveau des projets

Utilisation de données probantes dans la planification, la mise en oeuvre et l’évaluation des interventions

Les programmes communautaires axés sur le diabète (PCD) soutiennent des interventions fondées sur des données probantes ayant pour but de prévenir et de gérer le diabète. Les informations recueillies aux fins de la présente évaluation indiquent que la plupart des projets financés ont utilisé certaines données probantes pour établir et définir leurs enjeux, leurs approches et leurs activités. Cependant, l’utilisation de données probantes pour examiner les activités et les résultats des projets semble avoir été plus limitée.

Un examen des propositions des projets financés durant l’exercice 2006-2007 révèle que la plupart des projets ont utilisé des données probantes pour établir leurs enjeux. Diverses propositions se sont démarquées avec des justifications bien élaborées décrivant la nature des enjeux et la pertinence des mesures proposées. Toutefois, environ 25 % des propositions ne présentaient aucune source de données probantes ou que des sources limitées pour justifier leur pertinence. Le manque de données probantes susceptibles de justifier les projets peut être en partie attribuable aux délais serrés à l’intérieur desquels les propositions ont été préparées.

Un grand nombre de projets financés ont eu recours à des données probantes pour concevoir et mettre en oeuvre leurs activités. Environ la moitié (n = 20) des propositions en 2006-2007 ont fait référence à des études, à des examens ou à des leçons apprises de projets antérieurs. Les données de surveillance du rendement ont aussi révélé que beaucoup de projets ont utilisé des données probantes pour se définir, établir leurs approches et leurs concepts. Par exemple, 20 % des projets qui ont présenté un rapport ont utilisé des données probantes recueillies lors d’un examen de la documentation, dans des programmes existants ou des études environnementales; 11 % des projets ont utilisé des données probantes recueillies par le truchement d’une évaluation des besoins; et 60 % des projets ont recueilli des réactions de membres de populations cibles, d’experts ou d’intervenants clés pour améliorer leurs approches.

L’utilisation de données probantes dans l’évaluation des interventions semble avoir été moins répandue. Seulement 20 % des projets ont indiqué avoir élaboré un cadre d’évaluation, dont quelques-uns ont établi le type de données probantes ayant servi à évaluer leurs activités. La capacité des projets à élaborer un solide plan d’évaluation pourrait avoir été limitée par le manque de temps requis pour préparer et réaliser leurs activités.

Comme il a été mentionné à la section 2.2 (Limites méthodologiques), les données de l’Évaluation des résultats préliminaires préparées pour 17 projets ont indiqué différentes approches dans les évaluations entreprises, ainsi qu’un degré de rigueur différent dans les méthodes utilisées. Les méthodes utilisées par la plupart des projets pour recueillir des données d’évaluation ont soulevé des préoccupations au sujet de la validité des données. Alors qu’elles reflètent la difficulté à élaborer des stratégies d’évaluation à mi-mandat des projets, certaines de ces limites soulignent le besoin d’élaborer et d’améliorer la capacité d’évaluation des projets financés.

Atteindre les populations cibles

Un examen des données de 2006-2007 indique que les projets ont, en règle générale, réussi à atteindre leurs populations cibles. Néanmoins, le nombre de personnes rejointes a varié largement selon le type de projet et l’intensité de l’intervention.

Les PCD s’attaquent aux priorités suivantes dans le cadre de la nouvelle SCD : 1-) prévention du diabète parmi les groupes à risque élevé; 2-) dépistage précoce du diabète de types 2 et 3; et 3-) gestion du diabète de types 2 et 3. La plupart des projets se sont donné plus d’une priorité. Sur les 41 projets financés pendant l’année financière 2006-2007, 90 % ont ciblé la priorité 1; 20 %, la priorité 2; et 29 %, la priorité 3. Ainsi, alors que les PCD devaient bénéficier aux populations à risque plus élevé de contracter le diabète de type 2 et les personnes ayant le diabète, la majorité des projets financés se sont orientés vers la prévention du diabète parmi les groupes à risque élevé. En conséquence, la portée des programmes auprès des personnes atteintes de diabète a été limitée.

Environ 68 % (n = 28) des projets financés en 2006-2007 ont eu des objectifs orientés vers un ou plusieurs groupes cibles, alors que 13 projets ont eu un centre d’intérêt plus généralNote de bas de page 7, dont 10 ont consacré leurs activités à plus d’un groupe cible. Comme l’illustre la Figure 4,Note de bas de page 8 « jeunes, familles avec enfants et adolescents, ou parents » (n=10) et les « personnes sédentaires » (n=8) ont été plus souvent ciblés par les projets.Note de bas de page 9

Figure 4 : Fréquence des groupes cibles choisis

Figure 4 : Fréquence des groupes cibles choisis
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Figure 4 : Fréquence des groupes cibles choisis

La figure 4 illustre la fréquence des groupes cibles choisis, selon le nombre de réponses obtenues dans le cadre des projets. Dans un certain nombre de projets, on comptait plus d’un groupe cible. Les groupes cibles choisis comprenaient les suivants : jeunes, familles avec enfants et jeunes, ou parents (10); personnes physiquement inactives (8); communautés ethnoculturelles (6); personnes âgées (4); personnes à faible revenu (3); Autochtones (2); femmes enceintes ou mères de nourrissons (2); personnes handicapées (1); personnes atteintes de troubles mentaux (1); gens de la rue ou sans abri (1).

Un examen des données sur la surveillance du rendement des projets financés durant l’exercice 2006-2007 a révélé que la plupart des projets ont rejoint principalement des individus et des collectivités faisant face à des risques particuliers

Note de bas de page 10, ainsi que des praticiens, des professionnels et d’autres fournisseurs de services. Les décideurs et le grand public ont été les personnes le moins souvent ciblées, comme le montre la Figure 5 ci-dessous.Note de bas de page 11

Figure 5 : Populations cibles atteintes dans les projets financés en 2006-2007

Figure 5 : Populations cibles atteintes dans les projets financés en 2006-2007
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Figure 5 : Populations cibles atteintes dans les projets financés en 2006-2007

La figure 5 montre les populations cibles qui ont été jointes, notamment les suivantes : individus/communautés exposés à des risques précis (32); praticiens, professionnels et autres fournisseurs de services (26); décideurs (7); grand public (5). Les décideurs et le grand public étaient les groupes les moins fréquemment atteints, comme en témoigne le graphique.

La Figure 6 présente le nombre estimatif de personnes rejointes dans chacun des quatre groupes cibles que 34 projets

Note de bas de page 12 ont déclaré avoir atteints.Note de bas de page 13 Les nombres incluent les personnes qui pourraient ne pas avoir participé aux activités des projets (par exemple, des gens à qui une brochure d’information a été postée, qui ont consulté des sites Web, etc.), mais qui ont été rejoints indirectement.Note de bas de page 14

Figure 6 : Nombre estimatif de personnes rejointes dans les projets financés en 2006-2007

Figure 6 : Nombre estimatif de personnes rejointes dans les projets financés en 2006-2007
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Figure 6 : Nombre estimatif de personnes rejointes dans les projets financés en 2006-2007

La figure 6 fournit le nombre total d’individus joints, directement ou indirectement, dans les quatre groupes cibles suivants : individus/communautés exposés à des risques précis (128 019), praticiens, professionnels et/ou autres fournisseurs de services (74 613), grand public (43 747) et décideurs (243).

Figure 6 : Nombre estimatif de personnes rejointes dans les projets financés en 2006-2007

Le nombre de personnes rejointes a varié considérablement selon la nature des objectifs des projets. Les projets axés sur une éducation intensive ou sur une modification des risques ont rejoint peu de gens. Par exemple, un projet, qui avait pour but de prévenir le diabète parmi des individus ayant un état prédiabétique ou des antécédents de diabète gestationnel par le truchement de programmes d’éducation et de conditionnement physique, a déclaré avoir rejoint 91 personnes prédiabétiques et 50 femmes ayant des antécédents de diabète gestationnel. D’autre part, des projets axés sur la sensibilisation ont rejoint plus de gens, mais avec moins d’intensité. Par exemple, un projet ayant pour but d’accroître la sensibilisation à l’égard du diabète parmi des personnes âgées francophones au Nouveau-Brunswick a déclaré avoir atteint plus de 1200 personnes âgées à travers la province par le truchement de forums sur la santé.

Les projets financés en 2006-2007 ont déclaré avoir utilisé divers moyens d’atteindre leurs populations cibles, comme établir une approche appropriée avec des partenaires, des populations cibles et des organisations communautaires, ou fournir une aide financière pour soutenir la participation (par exemple, le remboursement de frais de déplacement, d’hébergement, de repas, d’honoraires, etc.) ou autre chose (par exemple, la garde d’enfants).

Exemples d’approches utilisées pour atteindre des populations cibles :

  • Collaboration avec des programmes existants ciblant les mêmes groupes
  • Utilisation de divers médias, dont la radio communautaire
  • Pose d’affiches à différents endroits, comme des pharmacies, des cliniques et des centres communautaires
  • Communication des renseignements dans la langue de chaque population cible

Activités d’éducation, de sensibilisation ou de diffusion

Un examen des données de 2006-2007 indique que presque tous les projets ont tenu des activités destinées à accroître la sensibilisation parmi les populations cibles à l’égard de questions liées à la prévention ou à la gestion du diabète et à d’autres maladies chroniques. En outre, la plupart des projets ont élaboré et diffusé des documents ou des ressources.

Tous les projets financés durant l’exercice 2006-2007 qui ont fourni des données ont indiqué avoir tenu des activités d’éducation, de sensibilisation ou de diffusion. La Figure 7 présente le nombre moyen d’activités par projet et par type d’activité.Note de bas de page 15

Figure 7 : Nombre moyen d’activités d’éducation, de sensibilisation ou de diffusion tenues par les projets financés en 2006-2007

Figure 7 : Nombre moyen d’activités d’éducation, de sensibilisation ou de diffusion tenues par les projets financés en 2006-2007
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Figure 7 : Nombre moyen d’activités d’éducation, de sensibilisation ou de diffusion tenues par les projets financés en 2006-2007

La figure 7 indique le nombre moyen d’activités d’éducation, de sensibilisation et/ou d’approche réalisées par projet, notamment les suivantes : programmes communautaires, p. ex. activités continues telles que des groupes de soutien par les pairs (14,8); événements communautaires, p. ex. foires sur la santé, marches ou courses pour sensibiliser la population (9,7); ateliers/présentations (7,9); activités visant à influencer l’adoption de politiques, p. ex. assemblées générales ou consultations (4,3); autres activités (3,9).

Les projets ont tenu des activités à certains endroits, la majorité d’entre eux (73 % ou n = 24) ayant déclaré avoir eu des activités dans de multiples lieux.

Note de bas de page 16 Comme le montre la Figure 8, ces activités de sensibilisation ou de diffusion ont été tenues le plus souvent parmi des groupes communautaires locaux (88 % ou n = 29), dans des installations sportives ou récréatives (88 % ou n=29) et des établissements de santé (61 % ou n=20). Parmi les autres lieux déclarés par neuf projets, mentionnons le milieu familial, un restaurant, un hôtel et Internet. Des activités ont eu lieu par le truchement d’une publication.Note de bas de page 17

Figure 8 : Lieux des activités d’éducation, de sensibilisation et de diffusion des projets financés en 2006- 2007 Error!

Figure 8 : Lieux des activités d’éducation, de sensibilisation et de diffusion des projets financés en 2006-2007 Error!
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Figure 8 : Lieux des activités d’éducation, de sensibilisation et de diffusion des projets financés en 2006- 2007

La figure 8 décrit l’éventail de milieux qui peuvent servir à la tenue des activités d’éducation, de sensibilisation et/ou d’approche menées dans le cadre des projets. Ces contextes comprennent les suivants : groupes communautaires locaux (29), installations récréatives/de sport (29), milieux liés à la santé (20), écoles (10), installations gouvernementales (3), médias (2), épiceries (2), salles de conférence (2), autres p. ex. foyers/familles, restaurants/cafétérias (9) et inconnu (3).

La plupart des projets ont élaboré et diffusé des matériels éducatifs ressources de différents types pour leurs populations cibles afin d’accroître l’accès à des ressources relatives au diabète. Tous les projets sauf un ont déclaré avoir élaboré des produits d’éducation, de sensibilisation ou de diffusion durant l’année de leur réalisation.

Note de bas de page 18 Le Tableau 3 présente le nombre de matériels éducatifs distribués (total et moyen) par type de produit.Note de bas de page 19

Tableau 3 : Type et nombre de matériels éducatifs distribués dans les projets financés en 2006-2007
Type de produit Nombre de projets (n=35) qui ont distribué le produit Nombre total de produits distribués Nombre moyen de produits distribués Intervalle de variation (dans les nombres de matériels distribués)
Brochures, dépliants et affiches 19 143 124 7 533 2 – 50 000
Communiqué, bulletins d’information, articles (de journaux ou de magazines) 15 205 515 13 701 2 – 75 000
Présentations 12 492 41 1 – 300
Manuels, trousses de formation 10 864 86 2 – 300
Exposés de position, sommaires de recherche 5 205 41 4 – 80
Autres produits (par ex., vidéos promotionnels, DVD, annonces radiophoniques ou télévisuelles, livres de recettes) 17 64 898 3 818 1 – 46 050

Comme le montre le Tableau 3, il existe une grande étendue ou un grand intervalle de variation dans le nombre de produits distribués à travers toutes les catégories de produits. Par exemple, un projet, qui avait pour but de prévenir, de dépister et de gérer le diabète parmi les employés de Daimler Chrysler Canada, les retraités de la compagnie et les membres de leurs familles, a distribué plus de 43 000 exemplaires de 28 brochures et feuilles d’information différentes, ainsi que 75 000 exemplaires de trois communiqués ou bulletins d’information. De petits nombres sont généralement déclarés pour des articles, des communiqués de presse et des annonces qui ont été publiés dans des médias écrits ou sur des sites Web.

Il faut noter que la production et la diffusion de ressources, ou la mise en place de programmes ou la tenue d’activités ne crée pas automatiquement un meilleur accès aux ressources pour une population cible. Les données disponibles ne fournissent pas d’informations sur l’utilisation des ressources dans la population cible. Il y a peu de données probantes qui permettent de vérifier si des informations rendues disponibles à des groupes cibles sont réellement reçues, comprises et mises en application par les personnes à qui elles sont destinées.

Création de partenariats et collaboration

Les programmes communautaires axés sur le diabète (PCD) sont conçus pour promouvoir la participation des membres des groupes cibles et des autres intervenants, de même que la collaboration intersectorielle dans l’élaboration et la mise en oeuvre des projets. Un examen des données relatives aux projets financés durant l’exercice 2006-2007 indique que, dans l’ensemble, les partenariats ont été une caractéristique fondamentale de ces projets.

Les 35 projets qui ont fourni des informations ont déclaré avoir créé des partenariats durant l’année de leur réalisation. Au total, il y a eu 426 partenariats, soit une moyenne de 12,2 par projet. Environ 85 % de ces projets ont déclaré avoir créé 203 nouveaux partenariats, soit 6,8 nouveaux partenariats par projet.

La Figure 9 fournit une ventilation de ces nouveaux partenaires par type d’organisation.Note de bas de page 20

Figure 9 : Nombre de nouveaux partenaires par type d'organisation dans les projets financés en 2006-2007

Figure 9 : Nombre de nouveaux partenaires par type d’organisation dans les projets financés en 2006-2007
Texte équivalent - Stratégie intégrée en matière de modes de vie sains et de maladies chroniques - composante fonctionnelle « programmes communautaires » - Principaux résultats

Figure 9 : Nombre de nouveaux partenaires par type d'organisation dans les projets financés en 2006-2007

La figure 9 illustre le nombre total de nouveaux partenariats créés dans le cadre des projets financés, en fonction des différents types d’organisation, notamment les suivants : organismes à but non lucratif/organisations bénévoles (82), secteur public (65), secteur privé (31), organisations autochtones (13), autres types d’organisations, p. ex. établissements d’enseignement (9), inconnu (3).

Comme le montre la Figure 10, plus de la moitié des nouveaux partenaires provenaient du secteur de la santé (n = 107), suivi du secteur de l’éducation (11 % ou n=22) et du secteur des services sociaux (10 % ou n=21).

Note de bas de page 21

Figure 10 : Nombre de nouveaux partenaires par domaine d’intérêt dans les projets financés en 2006-2007

Figure 10 : Nombre de nouveaux partenaires par domaine d’intérêt dans les projets financés en 2006-2007
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Figure 10 : Nombre de nouveaux partenaires par domaine d’intérêt dans les projets financés en 2006-2007

La figure 10 indique le nombre de nouveaux partenariats créés dans le cadre des projets financés, en fonction des principaux domaines d’intervention : santé (107), éducation (22), services sociaux (21), secteur récréationnel (1), milieu universitaire/de la recherche (7), industrie (5), affaires autochtones/des Premières nations (4), justice (3), gouvernement municipal (3), secteur de l’habitation (2), environnement (1), agriculture (1), autres p. ex. travaux publics, vente au détail (3) et inconnu (13).

Un certain nombre de projets ont déclaré des résultats positifs provenant des partenariats qu’ils ont établis. Exemples de ces résultats : acquisition de ressources financières et non financières; accès à des publics cibles; acquisition d’une aide et de conseils relativement à l’administration et à la mise en oeuvre des projets; acquisition d’informations et de connaissances utiles; participation de spécialistes rattachés aux organisations partenaires; et élargissement des contacts avec d’autres organisations.

Exemple d’un succès déclaré :

« 82 % des participants ont affirmé avoir appris quelque chose de nouveau, notamment au sujet de la glycémie (75 %), du poids (80 %), de la pression artérielle (70 %) et d’autres facteurs de risque du diabète (84 %). Les choses apprises ont été plus importantes parmi les personnes prédiabétiques » (exemple extrait d’un questionnaire)

– Projet intitulé « A Comprehensive Program to Prevent, Detect and Manage Diabetes in DaimlerChrysler Employees, Retirees and Family Members »

Les données recueillies aux fins de la présente évaluation ont démontré le succès quant à l’objectif des programmes de mobiliser une collaboration afin d’intégrer des systèmes de prévention, de dépistage et de gestion du diabète. Divers projets ont déclaré avoir obtenu du succès en soutenant l’élaboration d’une approche coordonnée en matière de systèmes de prévention et de gestion du diabète et d’autres maladies chroniques. Par exemple, la participation à un conseil consultatif national a permis d’accroître les connaissances, la mobilisation et le dialogue parmi des réseaux de santé publique et de soins de santé primaires en regard d’une approche axée sur les systèmes visant à renforcer la prévention et la gestion des maladies chroniques. En réalité, une mobilisation au niveau des systèmes serait difficile à atteindre en une seule année.

Répercussions sur la sensibilisation et les connaissances parmi les populations à risque élevé

Ni les données recueillies à l’aide de l’OCDP, ni celles obtenues lors de l’Évaluation des résultats préliminaires ne peuvent servir à évaluer s’il y a eu accroissement de la sensibilisation et des connaissances parmi les populations à risque élevé. Les outils actuels de présentation de données ne sont pas conçus pour évaluer ce type de résultat. La plupart des projets financés ont déclaré que leurs activités les ont aidés à accroître la sensibilisation et les connaissances au sujet du diabète, de ses facteurs de risque, des moyens de le prévenir, ainsi que d’autres questions pertinentes. Toutefois, ces allégations ne reposent pas souvent sur des données probantes.

Environ 31 % des projets financés (ou n = 31) qui ont fourni des informations ont souligné les changements qui sont survenus dans leurs populations cibles, dont les suivants : accroissement de la sensibilisation et des connaissances (8 projets); changements dans les attitudes et les comportements (3 projets); amélioration des habiletés associées à la gestion du diabète (1 projet); et accès accru aux programmes et aux services (1 projet). Néanmoins, seulement cinq projets ont présenté des données probantes, recueillies de manière systématique, sur les changements qui se sont produits.

La plupart des 17 projets (n = 13) qui ont participé à l’Évaluation des résultats préliminaires ont déclaré avoir contribué à l’accroissement de la sensibilisation et aux connaissances des participants au sujet du diabète, de ses facteurs de risque et de sa prévention, ou ont changé la perception ou l’attitude des participants au sujet du diabète. Sept projets ont déclaré que leurs participants ont changé leur façon de penser, leur attitude ou leur perception relativement au diabète. Par exemple, un projet axé sur la prévention du diabète chez les femmes ayant des antécédents de diabète gestationnel a constaté que les femmes participantes avaient beaucoup de chances de considérer le diabète comme un état pathologique grave après avoir participé au programme. Néanmoins, seulement la moitié des projets ont fourni des données probantes, recueillies de manière systématique, sur les changements qui se sont produits.

Répercussions sur les politiques publiques

Un examen des données soumises par les projets financés a révélé qu’ils ont obtenu un succès limité, mais tangible, dans leur tentative visant à influencer les politiques. Ce succès a été surtout atteint au niveau local ou avec les régies régionales de la santé.

Exemple d’un succès déclaré :

  • Élaboration de lignes directrices sur les collations dans un club sportif pour les jeunes
  • Adoption d’une politique en matière d’alimentation saine à l’école
  • Recommandation de choix d’aliments sains par un conseil municipal
  • Élaboration d’un plan de transport actif par une municipalité

Environ 41 % (n=13) des projets financés durant l’année financière 2006-2007 qui ont fourni des informations ont indiqué qu’un de leurs résultats anticipés était d’influencer l’élaboration et la mise en oeuvre de politiques publiques ou le soutien à des politiques existantes. Neuf projets ont indiqué avoir ciblé des décideurs, et sept d’entre eux ont déclaré avoir vraiment atteint ce groupe cibleNote de bas de page 22 au moyen d’activités conçues pour influencer les politiques, comme des assemblées et des consultations. Cependant, certains de ces projets ont tenté indirectement d’influencer les politiques publiques, par exemple en démontrant une lacune dans les programmes associés à la prévention du diabète. D’autres projets ont voulu influencer plus directement les politiques. Par exemple, un projet a bâti activement des partenariats avec des municipalités locales dans un effort visant à influer sur les politiques en matière de planification et d’utilisation des terres pour assurer un accès à des possibilités d’activité physique et d’alimentation saine.

Sur les 13 projets qui souhaitaient influencer les politiques publiques : douze ont établi des relations de travail avec un représentant d’un gouvernement ou d’une communauté qui pouvait fournir un accès au processus relatif aux politiques; onze ont tenu des réunions avec des décideurs, comme des conseils scolaires, des conseils municipaux, des autorités en matière de santé publique ou des organisations communautaires; cinq ont participé à un processus d’élaboration de politiques avec des décideurs; quatre ont présenté des mémoires ou des exposés de position (par exemple, à des décideurs); et trois ont préparé et distribué un rapport de recherche sur des politiques.

Bon nombre de ces 13 projets ont fourni des informations qui démontrent le succès de leurs activités visant à influencer des politiques, surtout municipales, locales ou organisationnelles.

Répercussions sur la capacité de mettre en application des pratiques exemplaires et des lignes directrices en matière de pratique clinique

La présente évaluation n’a pas pu recueillir suffisamment de données pour évaluer dans quelle mesure les projets financés ont contribué à améliorer la capacité du système de soins de santé de mettre en application des pratiques exemplaires et des lignes directrices en matière de pratique clinique associés au dépistage du diabète, à l’éducation et au counseling en matière de diabète. Les questions de l’OCDP ne cherchent pas à obtenir des informations sur la formation des professionnels de la santé ou des fournisseurs de services quant aux pratiques exemplaires et aux lignes directrices relatives à la pratique clinique.

Mobilisation des principaux intervenants à l’égard de l’établissement des priorités des programmes communautaires

Le présent rapport d’évaluation indique que la mobilisation des intervenants à l’égard de l’établissement des priorités des programmes communautaires axés sur le diabète (PCD), dans le cadre du processus d’invitation à soumissionner relatif aux subventions et aux contributions, a été très limité, à l’exception des gouvernements P/T. À ce jour, il n’existe pas un mécanisme officiel permettant de faire participer un groupe plus large d’intervenants au processus d’établissement des priorités.

Les priorités des projets nationaux réalisés dans le cadre des PCD ont été établies lors de consultations avec les gouvernements P/T. Elles sont fondées sur les priorités établies lors des consultations nationales sur le diabète menées auprès des intervenants entre 2001 et 2003. Des consultations officielles permanentes sont menées auprès des gouvernements P/T par le truchement du Réseau de santé publique, un processus fédéral-provincial-territorial conçu pour aborder des problèmes relatifs aux maladies infectieuses et chroniques, auquel des ONG participent officieusement.

Dans les bureaux régionaux, les priorités des PCD, dans le cadre des invitations à soumissionner relatives aux subventions et aux contributions, sont établies par chaque région (pour chaque province ou territoire) afin d’éviter les chevauchements et de s’assurer que le financement des projets communautaires par le gouvernement fédéral n’entre pas en conflit avec des activités provinciales ou territoriales. Dans toutes les régions, le processus d’établissement des priorités implique des consultations avec les ministères P/T de la Santé. Dans deux régions, des représentants de la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits (DGSPNI) et des ONG prennent part également au processus. Une région a invité des éducateurs spécialisés en diabète, des représentants de régies régionales de la santé, des personnes ayant le diabète et des universités à participer au processus d’établissement des priorités. Dans cinq des sept régions, les intervenants non gouvernementaux ont peu participé au processus d’établissement des priorités, puisque les retards dans le processus d’invitation à soumissionner relatif aux subventions et contributions ont eu pour résultat de limiter le temps requis pour mobiliser les ONG.

La participation des intervenants à la création de partenariats et à la collaboration au niveau des programmes

La création de partenariats et la collaboration sont un des trois champs d’action du volet des programmes communautaires dans le cadre de la Stratégie intégrée en matière de modes de vie sains et de maladies chroniques (SIMVSMC). Toutefois, la présente évaluation indique que, au niveau des PCD, il y a eu peu de collaboration et qu’un petit nombre de partenariats ont été créés avec des intervenants à l’extérieur de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC).

Les informations recueillies et examinées dans le cadre de la présente évaluation révèlent qu’une collaboration s’est produite au sein de l’ASPC et à travers les volets fonctionnels et les volets de programmes de la SIMVSMC. Toutefois, comme l’a mentionné un représentant de programmes, la création de partenariats et la collaboration avec des intervenants externes en regard des PCD se sont limitées à deux activités : 1-) les consultations officielles auprès des gouvernements P/T par le truchement du Réseau de santé publique; et 2-) la participation officieuse des ONG au processus d’invitation à soumissionner relatif aux subventions et aux contributions. Des intervenants consultés lors de l’Examen des politiques sur le diabète ont mentionné que, n’ayant pas invité des ONG actives dans le domaine du diabète à désigner des représentants au sein de ses groupes de travail et de ses groupes d’experts, le Réseau de santé publique ne leur a pas offert la possibilité d’être consultées (Comité d’examen des politiques sur le diabète, présidé par l'honorable Brian Peckford, 2008a; Comité d'examen des politiques sur le diabète, présidé par l'honorable Brian Peckford, 2008b). Par ailleurs, des représentants des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), de gouvernements P/T et d’ONG nationales ont souligné le manque de compréhension des activités globales de la SIMVSMC, y compris les PCD, chez tous les intervenants actifs dans le domaine du diabète, en raison principalement du manque de communication avec les intervenants réguliers dans le cadre de la SIMVSMC.

Il semble y avoir une différence notable, largement attribuable aux écarts dans la disponibilité des ressources humaines et financières, entre les bureaux régionaux relativement aux activités de création de partenariats et de collaboration. Par exemple, l’Alberta, une des régions qui disposent de ressources suffisantes, a créé certains partenariats, dont un partenariat avec un institut de recherche ayant pour but d’améliorer le transfert et le partage de connaissances. Le représentant régional de programmes a mentionné que la plupart des régions ne disposaient pas des ressources requises pour entreprendre des activités liées à la création de partenariats et à la collaboration avec d’autres intervenants dans le domaine.

Diffusion des connaissances produites par les programmes communautaires

La diffusion des connaissances par l’ASPC est un autre champ d’action du volet fonctionnel des programmes communautaires de la SIMVSMC. L’analyse, la synthèse et la diffusion des connaissances provenant des communautés, des systèmes de suivi, d’évaluation et de recherche sont des activités planifiées qui favorisent le transfert des connaissances. La présente évaluation estime que peu de choses ont été comprises quant à la diffusion des connaissances produites par les projets financés au niveau des programmes. Les activités attendues des programmes n’ont pas été clairement définies, et aucun mécanisme n’a été établi pour la diffusion des connaissances produites par les projets financés dans le cadre des PCD.

Lorsque les projets financés durant l’exercice 2006-2007 ont pris fin, 71 % d’entre eux avaient soit produit, soit presque terminé un rapport d’évaluation finale, alors que 14 % des projets avaient entamé l’élaboration d’un rapport. Presque tous les projets financés (91 %) ont indiqué avoir diffusé leurs résultats et les leçons qu’ils ont apprises à un ou plusieurs publics, le plus souvent à des partenaires et des collaborateurs.

Au niveau des programmes, les informations sur les projets financés ou les connaissances produites à partir de leurs activités ne sont pas rendues disponibles aux intervenants qui pourraient en tirer avantage. Des plans sont en cours pour élaborer et rendre disponible au public un rapport contenant les leçons apprises à partir des projets financés durant l’exercice 2006-2007 dans le cadre des PCD. (Ce rapport sera disponible au cours de l’année financière 2009-2010.) Le bureau national et les bureaux nationaux de l’ASPC pourraient ne pas avoir la capacité et l’expertise suffisantes, ou les ressources requises, pour soutenir le transfert des connaissances.

Des intervenants consultés lors de l’Examen des politiques sur le diabète ont mentionné que le manque d’accès à l’information sur les programmes communautaires existants a résulté du dédoublement des tâches et des occasions perdues de collaboration et d’apprentissage à partir des expériences des initiatives existantes (Comité d'examen des politiques sur le diabète, présidé par l'honorable Brian Peckford, 2008a; Comité d'examen des politiques sur le diabète, présidé par l'honorable Brian Peckford, 2008b). Des représentants provinciaux, des professionnels de la santé et des éducateurs spécialisés en diabète ont insisté sur le fait que ces informations sur les projets communautaires financés (y compris les données sur les activités des projets et les leçons apprises) devraient être rendues publiques afin de faciliter le transfert des pratiques exemplaires.

La présente évaluation formative révèle le besoin d’élaborer une approche visant à diffuser les informations sur les projets financés dans le cadre des PCD (par exemple, le nom des organisations et une description de leurs activités). Un mécanisme centralisé ayant pour but de soutenir la diffusion des résultats de l’évaluation entreprise par chaque projet s’avère également nécessaire. En outre, il faut clarifier les types d’informations que les projets produisent, les publics auxquels ces informations s’adressent et la manière de les diffuser.

Soutenir la mise en application des données sur la surveillance et le partage des connaissances parmi les intervenants

Les programmes communautaires sont conçus pour soutenir la mise en application des données sur la surveillance parmi les intervenants. À cet égard, la présente évaluation formative révèle un certain succès au niveau national. Comme l’a mentionné un représentant de programmes, le personnel du bureau national de l’ASPC collabore avec l’équipe de surveillance pour préparer des rapports disponibles au public, comme le rapport des faits saillants du Système national de surveillance du diabète (SNSD). Ces rapports doivent normalement être publiés chaque année, mais, en raison du retard dans la synthèse des données au niveau national, ils ne l’ont pas toujours été. De plus, au niveau national, les responsables des programmes communautaires travaillent avec les principales ONG nationales et les IRSC à l’élaboration d’une Fiche nationale (annuelle) de renseignements sur le diabète. En plus de fournir des informations pertinentes sur le diabète, cette fiche inclurait des données du SNSD dans une présentation qui favoriserait la mise en application de ses données par des publics plus larges. La plupart des bureaux régionaux de l’ASPC ne disposent pas des ressources suffisantes ou de l’expertise requise pour soutenir la mise en application des données de surveillance provenant de sources telles que le SNSD.

Répercussions positives ou négatives inattendues des PCD

En raison principalement du manque de données sur les résultats sur les projets financés au-delà d’une seule année financière et du manque de questions pertinentes dans l’Outil de cueillette de données de projets (OCDP), aucune donnée recueillie de manière systématique n’était disponible pour évaluer les effets positifs et négatifs des PCD.Note de bas de page 23




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