Page 9 : Évaluation du Programme d’aide préscolaire aux Autochtones dans les collectivités urbaines et nordiques de l’Agence de santé publique du Canada

Annexe B. Études de cas

Objectif des études de cas

En octobre et en novembre 2011, 13 études de cas ont été menées en vue de recueillir de l’information dans des collectivités sur la mise en œuvre du PAPACUN et son incidence. Un rapport technique complet sur les études de cas, contenant l’analyse détaillée de laquelle découlent les résultats présentés ici, est disponible sur demande auprès des Services d’évaluation de l’Agence de la santé publique (evaluation@phac-aspc.gc.ca).

Méthode

Approche

L’approche des études de cas a été retenue parce qu’elle permet d’en savoir davantage sur la façon dont le Programme est mis en œuvre dans des types de collectivité différents.

Critères de sélection des centres du PAPACUN

Les centres ont été invités à participer selon leurs caractéristiques géographiques (région isolée, rurale, éloignée ou urbaine), la population autochtone qu’ils desservent (Inuits, Métis ou Premières nations) et la région de l’Agence de la santé publique dans laquelle ils sont situés.

Figure 19 : Caractéristiques des centres du PAPACUN ayant participé à l’étude de cas

Région Zone géographique Identité de la majorité des participants
Colombie‑Britannique et Yukon Urbaine Premières nations
Alberta et Territoires du Nord‑Ouest Urbaine Premières nations
Alberta et Territoires du Nord‑Ouest Isolée Métis
Manitoba et Saskatchewan Rurale Métis
Manitoba et Saskatchewan Rurale Premières nations
Ontario et Nunavut Urbaine Inuits
Ontario et Nunavut Urbaine Premières nations
Québec Éloignée Premières nations
Provinces de l’Atlantique Urbaine Premières nations
Provinces de l’Atlantique Éloignée Inuits

Les méthodes ci-dessous ont été utilisées pour recueillir des données auprès des centres participants : examen des documents du centre; examen des dossiers de l’Agence de la santé publique; observations sur place; entrevues avec les coordonnateurs des centres (dix entrevues semi-structurées); entrevues auprès des enseignants (dix entrevues semi-structurées); questionnaires à l’intention des parents (101 réponses); et entrevues de groupe de parents à trois endroits (trois entrevues de groupe semi-structurées).

Critères de sélection de centres non associés au PAPACUN

Afin d’obtenir de l’information contextuelle sur le Programme, on a examiné des programmes de développement de la petite enfance non associés au PAPACUN en Colombie‑Britannique, en Alberta et en Nouvelle‑Écosse. Les centres ont été sélectionnés en consultation avec le personnel régional de l’Agence de la santé publique. Voici des exemples de critères de sélection : 1) fournir des services aux enfants autochtones âgés de trois à cinq ans; 2) fournir un programme d’aide préscolaire ou de développement de la petite enfance; 3) ne recevoir aucun financement du PAPACUN.

Figure 20 : Caractéristiques des centres non associés au PAPACUN qui ont participé à l’étude

Région Zone géographique Identité
Colombie‑Britannique et Yukon Urbaine Premières nations, Métis et non‑Autochtones
Alberta et Territoires du Nord‑Ouest Urbaine Premières nations et Métis seulement
Provinces de l’Atlantique Urbaine Programme offert aux Autochtones, mais aucun enfant autochtone n’y participe pour le moment

Sources de données des centres non associés au PAPACUN

Les données recueillies auprès de centres non associés au PAPACUN incluent des entrevues avec le coordonnateur du centre (N=3) et des enseignants (N=3) et, dans deux cas, des observations du Programme.

Sommaire des principales constatations des études de cas

Les six volets du Programme

La mise en œuvre du PAPACUN est fondée sur six volets, qui fournissent un cadre d’orientation aux centres locaux. Chaque volet est présent dans une mesure variable d’un centre à l’autre.

  • Malgré les problèmes relatifs à la mise en œuvre du volet culture et langue autochtones, celle-ci est observée dans tous les centres et très appréciée par les parents.
  • La participation des parents varie d’un centre à l’autre. Certains centres ont un conseil de parents qui dirige le programme. Les centres n’ayant pas d’agent de liaison avec les parents estiment que ce volet est plus difficile à mettre en œuvre que ceux qui ont un tel intervenant. La plupart des parents n’ont à faire part d’aucune conséquence du Programme sur eux-mêmes en tant que parents.
  • Tous les centres mettent l’accent sur l’éducation et la maturité scolaire, et un large éventail de programmes de maturité scolaire ont été observés et décrits par les parents, les enseignants et les coordonnateurs. Plusieurs centres semblent avoir de la difficulté à élaborer un programme et à répondre aux besoins des enfants ayant des besoins spéciaux.
  • Le volet nutrition a été observé et décrit dans tous les centres. Dans de nombreux cas, en plus de fournir des repas et des collations, les centres sensibilisent les participants à une alimentation saine et les aiguillent vers des sources alimentaires.
  • Les centres fournissent un soutien social aux parents et à leur famille de plusieurs façons, mais ce volet n’est pas évalué ni mesuré pour le moment.
  • Les centres ont deux stratégies de promotion de la santé : 1) créer un environnement de soutien; et 2) acquérir des aptitudes personnelles. Il est difficile de déterminer si les responsables des projets ont adopté les trois dernières stratégies de promotion de la santé, soit : 1) élaborer une politique de santé publique; 2) renforcer les mesures communautaires; et 3) réorienter les services de santé.

Facteurs d’une mise en œuvre réussie

Plusieurs facteurs cernés dans les études de cas semblent contribuer à la réussite de la mise en œuvre : personnel stable, faible coût, transport, partenariat avec les écoles locales, centre communautaire et initiatives novatrices, selon les six volets.

Principaux défis des centres

Les membres du personnel et les parents ont soulevé plusieurs problèmes liés à la mise en œuvre du Programme, dont les niveaux de financement, les heures limitées du Programme et l’inscription.

Leçons concernant l’incidence que les centres peuvent avoir sur les personnes, les familles et les collectivités

Les renseignements fournis par les centres supposent que plusieurs aspects de la capacité des personnes et des collectivités ont été renforcés. De plus, certains éléments à évaluer et à renforcer davantage ont été observés.

La participation des parents est encouragée, et il existe des occasions d’amélioration du leadership. Les centres semblent avoir une portée moindre auprès de la collectivité élargie, incluant les Anciens.

Le perfectionnement des compétences du personnel et des enfants a été largement décrit et touche tant la connaissance des pratiques de santé personnelle que la maturité scolaire. Dans quelques centres, les parents ont indiqué que le Programme leur a permis de mieux connaître les besoins de leur enfant, d’avoir davantage confiance en eux-mêmes et de nouer de nouvelles amitiés. L’embauche de parents à titre d’enseignants constituait un élément important dans plusieurs collectivités où l’on a remarqué le potentiel de transformation des centres.

Dans la moitié des centres, des levées de fonds ont permis d’augmenter les salaires ou d’acheter des fournitures. Les contributions en nature des organismes de santé publique, des écoles et des organismes autochtones locaux constituent aussi un appui important au Programme. L’utilisation des connaissances à l’échelle régionale est facilitée par le personnel de l’Agence de la santé publique par le truchement de réunions provinciales, mais l’on remarque que les centres sont intéressés à communiquer leurs connaissances à l’échelle du pays.

Il ne semble pas y avoir de liens avec d’autres programmes de l’Agence de la santé publique dans la plupart des centres, mais ces derniers ont tous des liens formels avec l’organisme de santé publique local. Cela présente de nombreux avantages pour les enfants visés par le PAPACUN, notamment le dépistage de problèmes de la vue et de l’ouïe, des examens dentaires ainsi que de l’information sur la prévention des blessures et l’alimentation. Les relations les plus courantes sont entretenues avec les municipalités ou les organismes autochtones autonomes.

Des liens limités ont été observés avec des instituts de recherche postsecondaire, des entreprises, des organismes philanthropiques, des initiatives provinciales ou fédérales de développement de la petite enfance ou des fournisseurs de services.

Compte tenu de sa conception et de son objectif, le Programme vise plusieurs déterminants de la santé, dont les pratiques d’hygiène personnelle, la culture et le développement de la petite enfance. Même s’il est difficile de déterminer si les centres aident régulièrement les familles et les autres membres de la collectivité à évaluer les causes profondes de la participation, quelques-uns tentent d’éliminer les obstacles systémiques auxquels font face les familles.

Conclusions des études de cas

D’après les principales observations, quelles sont les conséquences sur l’évaluation globale du Programme, dont les études de cas font partie?

1. Les centres constituent une plateforme qui s’adapte aux multiples priorités de l’Agence de la santé publique.

Tous les centres ont montré qu’ils intègrent activement les priorités de l’Agence de la santé publique qui consistent à réduire les disparités sur le plan de la santé en mettant l’accent sur les déterminants de la santé, la prévention des blessures, l’alimentation saine, l’activité physique (prévention de l’obésité), la promotion de la santé mentale et les pratiques de santé publique de base, comme le lavage des mains et le brossage des dents.

2. Des mécanismes sont en place pour favoriser l’échange d’information entre les centres de chaque région, mais les liens avec d’autres programmes d’éducation de la petite enfance sont moins courants.

L’intégration aux programmes provinciaux de développement de la petite enfance et au Programme d’aide préscolaire aux Autochtones dans les réserves de Santé Canada ainsi que l’établissement de liens avec des établissements de formation et de recherche pourraient permettre d’accroître la portée et l’influence du PAPACUN et de favoriser la croissance et l’amélioration des centres du Programme (p. ex. grâce à l’accès au financement, aux soutiens au Programme et à l’échange de connaissances). Cependant, l’absence d’un réseau formel entre la plupart des centres du PAPACUN, les programmes provinciaux de développement de la petite enfance et le Programme d’aide préscolaire aux Autochtones dans les réserves suppose un potentiel de synergie accrue entre les programmes financés par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux et les municipalités. Il pourrait également être possible que les centres du PAPACUN influent sur d’autres programmes à l’intention des enfants autochtones. À l’inverse, les centres du PAPACUN ont l’occasion d’apprendre des centres non visés par le Programme, notamment au chapitre des tendances en matière d’exécution de programmes, de l’élaboration de programmes, de la gouvernance et des campagnes de financement.

3. Les défis liés à l’inscription et à la rétroaction des parents supposent que l’on pourrait avoir avantage à revoir la conception du Programme, car les données démographiques et les besoins des familles ont peut-être changé depuis son lancement.

Dans le cadre des études de cas, aucune entrevue n’a été effectuée auprès des familles autochtones qui ont choisi de ne pas inscrire leurs enfants au Programme; c’est pourquoi il est difficile de comprendre pourquoi les centres ne fonctionnent pas à plein rendement. Cette conclusion doit être examinée davantage.

4. Il faut élargir la surveillance du rendement du Programme afin que l’on puisse évaluer de manière périodique les résultats à long terme.

Même si les centres ont décrit diverses méthodes utilisées pour évaluer le progrès des enfants, ils ont fourni moins d’information sur la façon dont ils communiquent avec les parents et la collectivité élargie et les influencent. Le renforcement des capacités des personnes et des collectivités, l’enrichissement et l’échange de connaissances et le soutien social semblent être des aspects importants du Programme qui ont été négligés dans le cadre de la surveillance du rendement.

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