Faire parler les statistiques pour évaluer l’état de santé des Canadiens

Si vous demandez à Marie DesMeules, spécialiste des sciences sociales, ce qui influence votre état de santé, elle pourrait vous répondre votre code postal ou le nombre d’amis proches que vous avez.  

Elle pourrait aussi vous souligner que vous êtes plus vulnérable à la maladie si votre emploi est stressant et non sécuritaire, ou si vous n’avez pas de diplôme d’études postsecondaires.

« Bien sûr que la génétique et la biologie y jouent un rôle », affirme Marie DesMeules, « mais c’est aussi le cas pour les facteurs structurels dans notre société, comme le racisme, un revenu inadéquat ou le manque d’accès à l’éducation ».

Marie DesMeules est directrice de la Division des déterminants sociaux de la santé, qui fait partie de la Direction générale de la promotion de la santé et de la prévention des maladies chroniques de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Elle dirige une équipe de 25 professionnels qui étudient les différences relatives aux conditions sociales et économiques entre différents groupes de Canadiens en fonction du revenu, de l’éducation, de l’emploi, du soutien social et d’autres facteurs, et la façon dont les inégalités entre ces groupes influent sur la santé.  

« Il faut prendre conscience qu’on ne peut intervenir de façon isolée en matière de santé », affirme Marie DesMeules.

Depuis le début de sa carrière, Marie DesMeules cherche à faire mieux comprendre que les facteurs socioéconomiques ont une incidence sur la santé.  

« Par exemple, il est difficile d’offrir des programmes de prévention et de promotion aux personnes qui n’ont pas de logement stable », explique Marie DesMeules. « Elles changent d’adresse et sont parfois difficiles à joindre. De plus, il n’est peut-être pas prioritaire pour elles de suivre un programme quand leurs besoins de base ne sont pas satisfaits. »

Marie DesMeules a aussi constaté que les enjeux liés au sexe et au genre sont d’importants déterminants sociaux de la santé. Elle a commencé à travailler de façon à ce que les facteurs socioéconomiques liés au genre soient pris en compte dans les politiques publiques et la planification bien avant que le gouvernement fédéral ne rende obligatoire l’analyse comparative fondée sur le sexe et le genre dans l’élaboration des politiques et des services.

« Avant, nous étions à l’avant-garde dans ce domaine. Certains n’étaient pas convaincus. Les professionnels de la santé plus traditionnels pensaient que les sciences sociales n’avaient pas de rôle à jouer à cet égard. »

À titre de spécialiste des sciences sociales, Marie DesMeules contribue à faire parler les statistiques de façon à obtenir une meilleure idée de la santé des Canadiens, ce qui aide les experts en politiques à prendre de meilleures décisions dans l’application de la politique de la santé ou dans la conception de nouvelles initiatives.

« Les statistiques peuvent vous aider, mais elles peuvent aussi cacher beaucoup de choses. Les moyennes peuvent être trompeuses et les rapports sur les taux globaux peuvent cacher beaucoup de différences », mentionne Marie DesMeules. « Parfois, les statistiques ne suffisent pas. Parfois, il faut des méthodes de recherche qualitative pour comprendre les conditions dans lesquelles vivent les Canadiens. »

À l’heure actuelle, son équipe examine les obstacles et les défis propres aux communautés noires au Canada et la façon dont ils peuvent nuire à la santé physique et mentale des personnes vivant au sein de ces communautés. La publication du rapport Les principales inégalités en santé au Canada, partagé avec plus de 80 pays, a été une étape importante pour Marie DesMeules et son équipe. Le rapport a mis en lumière certaines des inégalités en santé les plus évidentes et les plus répandues au Canada, y compris un solide lien entre le niveau d’études et le risque de diabète ainsi que le lien entre l’orientation sexuelle et la santé.  

Selon Marie DesMeules, « si les programmes communautaire de santé publique tiennent compte des conditions et des circonstances de divers Canadiens, ils ont une meilleure chance de réussite ».

En juin 2018, Marie DesMeules a reçu la Médaille de l’administrateur en chef de la santé publique, un prix prestigieux à l’ASPC pour les chefs de file dans le domaine de la santé publique.  

Marie DesMeules (au centre) a reçu de Siddika Mithani, présidente de l’Agence de la santé publique du Canada (à gauche), et de Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique (à droite), la Médaille de l’administrateur en chef de la santé publique, en juin 2018, pour ses réalisations dans l’établissement de liens entre les facteurs sociaux et économiques et les inégalités en santé.

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