Fiche Technique Santé-Sécurité : Agents Pathogènes – Échovirus

SECTION I – AGENT INFECTIEUX

NOM :  Échovirus

SYNONYME OU RENVOI : Entérovirus humain BFootnote 1, virus orphelin en quête de maladie (virus ECHO), Exanthème de Boston

CARACTÉRISTIQUES : Les échovirus appartiennent au genre Enterovirus et à la famille des Picornaviridæ. Les paréchovirus ont d’abord été apparentés au genre Enterovirus, mais ils ont récemment été divisés au sein de leur propre genre en fonction de leurs propriétés biologiques uniquesFootnote 2. Les échovirus sont de petits virus non enveloppés qui possèdent un ARN monocaténaire de polarité positive. Les échovirus ont un diamètre de 30 nm. On compte 28 sérotypes d’échovirus humains, lesquels appartiennent tous à l’espèce des entérovirus humains de type BFootnote 1.

SECTION II – DÉTERMINATION DU RISQUE

PATHOGÉNICITÉ ET TOXICITÉ : La plupart des infections sont asymptomatiques. Le symptôme le plus courant d’une infection est une maladie fébrile aiguë non spécifique accompagnée ou non d’exanthèmeFootnote 1. Les échovirus sont souvent associés à la méningite aseptique. Les symptômes comprennent une apparition soudaine de fièvre, des céphalées, de la photophobie, des nausées et des vomissements. La fièvre peut tomber pendant plusieurs jours, puis réapparaître. En général, les symptômes disparaissent après environ 1 semaine. Les cas de maladie grave et de décès sont rares, et la plupart des patients se rétablissent complètement3Footnote 4. D’autres syndromes cliniques sont associés à des infections à échovirus dans une moindre mesure, y compris la paralysie, l’encéphalite, les maladies respiratoires, la diarrhée, les troubles hépatiques, les exanthèmes et énanthèmes, la conjonctivite, l’asthénie, la péricardite et la myocardite1Footnote 4-7. Les épidémies au sein des unités de soins intensifs néonatals sont associées à des taux de morbidité et de mortalité très élevésFootnote 8.

ÉPIDÉMIOLOGIE : Distribution dans le monde entier. Dans les climats tempérés, un pic d’incidence est atteint pendant les mois d’été et d’automne, alors que dans les tropiques, la transmission survient tout au long de l’annéeFootnote 3. Les entérovirus, y compris les échovirus, touchent principalement les enfants. Parmi les autres facteurs de risque, on compte une situation socio-économique plus précaire, une famille nombreuse, un logement surpeuplé, la vie dans un milieu urbain et les régions où les conditions d’hygiènes sont plutôt mauvaises3Footnote 4.

GAMME D’HÔTES : HumainsFootnote 9.

DOSE INFECTIEUSE : Selon une étude menée chez des volontaires, on a calculé que la dose nécessaire pour infecter 50 % des volontaires est de 919 UFP pour les échovirus 12Footnote 10.

MODE DE TRANSMISSION : Transmission par voie oro-fécale (principalement), respiratoire, transplacentaire, périnatale et par l’auto-inoculation1Footnote 3. Des vecteurs passifs peuvent aussi transmettre les virusFootnote 3.

PÉRIODE D’INCUBATION : Variable; généralement entre 2 et 10 joursNote de bas de page 9 .

TRANSMISSIBILITÉ : La transmission directe entre humains est possibleFootnote 3. Des agents viraux peuvent être excrétés du pharynx pendant 3‑4 semaines, et par les selles pendant 5‑6 semainesFootnote 5.

SECTION III – DISSÉMINATION

RÉSERVOIR : Humains 4Footnote 9

ZOONOSE : Aucune donnée ne révèle la possibilité de propagation de l’animal à l’humainFootnote 9.

VECTEURS : Les insectes (mouches ou blattes) peuvent agir à titre de vecteurs mécaniques dans la transmission de l’infection, bien que ceci n’ait encore pu être déterminé en toute certitude4Footnote 9.

SECTION IV – VIABILITÉ ET STABILITÉ

SENSIBILITÉ AUX MÉDICAMENTS : Aucun antiviral n’est actuellement approuvé pour traiter les infections à entérovirus. L’activité antivirale de Pleconaril a été démontrée contre des échovirus in vitroFootnote 11.

SENSIBILITÉ AUX DÉSINFECTANTS : Les échovirus sont sensibles à la formaldéhyde à 0,3 % et aux concentrations de 0,3-0,5 ppm de chlore libre.

RÉSISTANCE AUX MÉDICAMENTS : Ils sont résistants à l’alcool à 70 %, au phénol substitué, à l’oxyde de diéthyle et à divers détergentsFootnote 9.

INACTIVATION PHYSIQUE : Les échovirus peuvent être inactivés par la chaleur (>56 ºC), les rayons ultraviolets et la dessiccation1Footnote 3.

SURVIE À L’EXTÉRIEUR DE L’HÔTE : Les échovirus peuvent survivre pendant 7 jours sur des surfaces inanimées sèchesFootnote 12. Ils peuvent survivre pendant des semaines dans l’eau, les liquides corporels et les eaux uséesFootnote 1.

SECTION V – PREMIERS SOINS ET ASPECTS MÉDICAUX

SURVEILLANCE : Le diagnostic est généralement établi en isolant les particules virales des échantillons cliniques. Toutefois, les analyses PCR sont de plus en plus courantes1Footnote 3. Le recours à la culture virale est de moins en moins fréquent, car les sérotypes ne se développent pas tous bien dans les cultures.

Remarque : Les méthodes de diagnostic ne sont pas nécessairement toutes disponibles dans tous les pays.

PREMIERS SOINS ET TRAITEMENT : Dans la plupart des cas, la maladie est spontanément résolutive et les patients guérissent avec des soins de soutien. Il n’y a aucun traitement antiviralFootnote 3.

IMMUNISATION : Aucune.

PROPHYLAXIE : Aucune.

SECTION VI – DANGERS POUR LE PERSONNEL DE LABORATOIRE

INFECTIONS CONTRACTÉES EN LABORATOIRE : Au moins trois cas d’infection contractés en laboratoire ont été signalésFootnote 14.

SOURCES ET ÉCHANTILLONS : Liquide céphalorachidien, sang, tissus, selles et produits d’écouvillonnage rectal et pharyngé1Footnote 13.

DANGERS PRIMAIRES : Inoculation parentérale, ingestion Footnote 4 et aérosolsFootnote 1.

DANGERS PARTICULIERS : Aucune.

SECTION VII – CONTRÔLE DE L’EXPOSITION ET PROTECTION PERSONNELLE

CLASSIFICATION PAR GROUPE DE RISQUE: Groupe de risque 2.

EXIGENCES DE CONFINEMENT : Installations, équipement et pratiques opérationnelles de niveau de confinement 2 pour le travail avec des matières, cultures ou animaux infectieux ou potentiellement infectieux.

VÊTEMENTS DE PROTECTION : Sarrau. Gants, lorsqu’un contact direct de la peau avec des matières infectées ou des animaux est inévitable. Une protection pour les yeux doit être utilisée lorsqu’il y a un risque connu ou potentiel d’éclaboussure Footnote 15.

AUTRES PRÉCAUTIONS : Toutes les procédures pouvant produire des aérosols ou mettant en cause des concentrations ou des quantités élevées doivent s’effectuer dans une enceinte de sécurité biologique (ESB). L’utilisation d’aiguilles, de seringues et d’autres objets tranchants doit être strictement restreinte. Des précautions supplémentaires doivent être envisagées pour les activités avec des animaux ou à grande échelle Footnote 15.

SECTION VIII – MANUTENTION ET ENTREPOSAGE

DÉVERSEMENTS : Laisser les aérosols se déposer et, tout en portant des vêtements de protection, couvrir délicatement le déversement avec des essuie‑tout et appliquer un désinfectant approprié, en commençant par le périmètre et en se rapprochant du centre. Laisser agir suffisamment longtemps avant de nettoyer Footnote 15.

ÉLIMINATION : Décontaminer toutes les matières à éliminer contenant l’agent infectieux ou ayant été en contact avec celui‑ci par stérilisation à la vapeur, désinfection chimique, rayonnement gamma ou incinération Footnote 15.

ENTREPOSAGE : L’agent infectieux doit être entreposé dans des contenants étanches étiquetés de façon appropriée Footnote 15.

SECTION IX – RENSEIGNEMENTS SUR LA RÉFLEMENTATION ET AUTRES

INFORMATION SUR LA RÉGLEMENTATION : L’importation, le transport et l’utilisation de pathogènes au Canada sont régis par de nombreux organismes de réglementation, dont l’Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments, Environnement Canada et Transports Canada. Il incombe aux utilisateurs de veiller à respecter tous les règlements et toutes les lois, directives et normes applicables.

DERNIÈRE MISE À JOUR : Décembre 2011

Préparée par : Direction de la règlementation des agents pathogènes, Agence de la santé publique du Canada.

Bien que les renseignements, opinions et recommandations présentés dans cette Fiche de renseignements proviennent de sources que nous jugeons fiables, nous ne nous rendons pas responsables de leur justesse, de leur caractère exhaustif ou de leur fiabilité, ni des pertes ou blessures pouvant résulter de l’utilisation de ces renseignements. Comme on découvre fréquemment de nouveaux dangers, il est possible que ces renseignements ne soient pas tout à fait à jour.

Tous droits réservés © Agence de la santé publique du Canada, 2011 Canada

Signaler un problème ou une erreur sur cette page
Veuillez cocher toutes les réponses pertinentes :

Déclaration de confidentialité

Merci de votre aide!

Vous ne recevrez pas de réponse. Pour toute question, contactez-nous.

Date de modification :