Fiche Technique Santé-Sécurité : Agents Pathogènes – Rickettsia akari

FICHE TECHNIQUE SANTÉ-SÉCURITÉ : AGENTS PATHOGÈNES

SECTION I - AGENT INFECTIEUX

NOM : Rickettsia akari

SYNONYME OU RENVOI : Rickettsialpox, rickettsiose varicelliforme, rickettsiose vésiculeuse.

CARACTÉRISTIQUES : R. akari appartient à la famille des Rickettsiaceae. C’est un coccobacille intracellulaire obligatoire Gram négatif qui a un cycle de vie pléomorphique Note de bas de page 1. La bactérie mesure environ 0,3 – 0,5 μm par 9 μm, elle a un septum transverse qui la sépare en deux et elle se reproduit par fission binaire Note de bas de page 2, Note de bas de page 3.

SECTION II - DÉTERMINATION DU RISQUE

PATHOGÉNICITÉ ET TOXICITÉ : R. akari est l’agent du rickettsialpox, zoonose fébrile qui évolue spontanément vers la guérison et qui appartient au groupe des fièvres tachetées Note de bas de page 4. Dans 80 % des cas, l’infection se manifeste par une escarre ou des ganglions lymphatiques douloureux associés à une adénopathie au site de la morsure de la mite infectieuse Note de bas de page 5, Note de bas de page 6. Environ 3 à 7 jours après l’apparition de la lésion cutanée, le patient présente de la fièvre, une céphalée et d’autres symptômes généraux. Quelque 2 à 3 jours plus tard, une éruption papulovésiculeuse se développe sur le tronc et les extrémités, qui peut être confondue avec la varicelle. Des symptômes touchant des organes spécifiques peuvent se déclarer plus tard, p. ex. nausées, vomissements et douleurs abdominales Note de bas de page 7. Aucun décès dû à une infection par R. akari n’a été signalé Note de bas de page 8.

ÉPIDÉMIOLOGIE : Distribution dans le monde entier. La bactérie est le plus souvent détectée dans des zones urbaines de l’Est des États‑Unis, en Turquie, en Croatie, en Ukraine, en Russie, au Mexique, en Afrique et dans des régions de l’Europe et de l’Asie Note de bas de page 5, Note de bas de page 9, Note de bas de page 10. La première et la seule grande épidémie est survenue en 1946 dans le quartier de Queens à New York, et l’agent causal a été identifié peu après Note de bas de page 9. En tout, environ 800 cas de rickettsiose varicelliforme ont été signalés; la plupart d’entre eux ont été enregistrés entre 1940 et 1950, et aucun d’entre eux ne s’est soldé par un décès Note de bas de page 8. Très peu de cas ont été déclarés au cours des 30 dernières années.

GAMME D'HÔTES : Humains, souris domestiques, rats bruns (Rattus norvegicus) d’Ukraine, chiens, campagnols des roseaux coréens et autres rongeurs Note de bas de page 4, Note de bas de page 5, Note de bas de page 9, Note de bas de page 10.

DOSE INFECTIEUSE : Inconnue.

MODE DE TRANSMISSION : R. akari peut se propager par la morsure de la mite de la souris domestique ou parfois par transmission transovarienne entre insectes Note de bas de page 1, Note de bas de page 5.

PÉRIODE D'INCUBATION : La période d’incubation dure habituellement de 12 à 15 jours, mais peut s’étendre jusqu’à 28 jours Note de bas de page 1.

TRANSMISSIBILITÉ : La bactérie ne peut se transmettre directement entre humains.

SECTION III - DISSÉMINATION

RÉSERVOIR : R. akari est conservé dans la nature par les acariens transportés par la souris domestique (Mus musculus) et le rat domestique. Les humains et d’autres mammifères peuvent être des réservoirs accidentels Note de bas de page 4.

ZOONOSE : Possible. La bactérie peut être transférée des animaux aux humains par les acariens Note de bas de page 5.

VECTEURS : Les acariens des rongeurs (Liponyssoides sanguineus) et peut‑être les tiques, lesquelles seraient des vecteurs accidentels (Rhiphicephalus sanguineus). La présence de l’agent infectieux a été confirmée chez des arthropodes Note de bas de page 4, Note de bas de page 5.

SECTION IV - VIABILITÉ ET STABILITÉ

SENSIBILITÉ AUX MÉDICAMENTS : Sensibilité à la tétracycline et à la doxycycline par voie orale dans les cas bénins. Le chloramphénicol peut également être utilisé comme solution de rechange Note de bas de page 1.

RÉSISTANCE AUX MÉDICAMENTS : R. akari n’est pas résistant aux médicaments Note de bas de page 11. L’antibiotique le plus efficace pour traiter les infections à rickettsies est la doxycycline.

SENSIBILITÉ AUX DÉSINFECTANTS : Sensibilité à l’hypochlorite de sodium à 1 %, au formaldéhyde, à l’éthanol, au glutaraldéhyde à 2 % Note de bas de page 12.

INACTIVATION PHYSIQUE : Les cellules de R. akari peuvent être inactivées rapidement à 56 °C Note de bas de page 13.

SURVIE À L'EXTÉRIEUR DE L'HÔTE : Les espèces de rickettsies peuvent uniquement croître dans les cellules d’un hôte vivant (cultures cellulaires ou œufs embryonnés) et ne survivent pas bien dans l’environnement. La bactérie est instable à l’extérieur de l’hôte et perd rapidement son pouvoir infectant, car elle est métaboliquement inactive à l’extérieur d’une cellule hôte Note de bas de page 2.

SECTION V - PREMIERS SOINS ET ASPECTS MÉDICAUX

SURVEILLANCE : Surveiller l’apparition des symptômes caractéristiques de l’infection ainsi que la formation d’une escarre au site de la morsure. Certaines techniques sérologiques comme l’immunofluorescence indirecte (IFA) et le dosage immuno‑enzymatique (ELISA) et l’amplification par la polymérase (PCR) peuvent également être utilisées pour diagnostiquer l’infection à R. akari Note de bas de page 1, Note de bas de page 8, Note de bas de page 9.

Remarque : Les méthodes de diagnostic ne sont pas nécessairement disponibles dans tous les pays.

PREMIERS SOINS ET TRAITEMENT : Administrer le traitement antibiotique approprié. La doxycycline est le médicament de choix pour toutes les infections à rickettsies Note de bas de page 14. Il importe d’administrer un traitement de soutien au patient et de porter une attention à l’équilibre hydro‑électrolytique et au maintien d’une bonne fonction rénale.

IMMUNISATION : Il n’existe actuellement aucun vaccin contre R. akari (ou toute espèce de rickettsies) Note de bas de page 1.

PROPHYLAXIE : Aucune. Les mesures de dératisation commerciales peuvent être efficaces Note de bas de page 8.

SECTION VI - DANGERS POUR LE PERSONNEL DE LABORATOIRE

INFECTIONS CONTRACTÉES AU LABORATOIRE : Quatre cas de rickettsiose varicelliforme sont survenus chez des travailleurs de laboratoire peu après une éclosion en 1946 Note de bas de page 15. On compte d’autres cas d’infection chez un rickettsiologiste qui travaillait avec le pathogène et chez un technicien qui aurait été exposé par voie respiratoire ou par contact avec la conjonctive durant son travail sur des sacs vitellins de poulet infectés par R. akari Note de bas de page 10.

SOURCES ET ÉCHANTILLONS : Échantillons de sang et de sérum de mammifères infectés Note de bas de page 4.

DANGERS PRIMAIRES : Inoculation parentérale accidentelle, exposition à des acariens infectieux, inhalation d’aérosols Note de bas de page 5, Note de bas de page 7, Note de bas de page 8.

DANGERS PARTICULIERS : Aucun.

SECTION VII - CONTRÔLE DE L'EXPOSITION ET PROTECTION PERSONNELLE

CLASSIFICATION PAR GROUPE DE RISQUE : Groupe de risque 3 Note de bas de page 16.

EXIGENCES DE CONFINEMENT : Installations, équipement et pratiques opérationnelles de niveau de confinement 3 pour le travail avec des matières, cultures ou animaux infectieux ou potentiellement infectieux Note de bas de page 17.

VÊTEMENTS DE PROTECTION : Avant d’entrer dans le laboratoire, le personnel doit enlever sa tenue de ville et ses bijoux pour ensuite mettre des vêtements et des chaussures réservés aux travaux en laboratoire, ou mettre un vêtement protecteur complet (c’est‑à‑dire qui couvre entièrement la tenue de ville). Une protection supplémentaire peut être portée par‑dessus les vêtements de laboratoire lors de la manipulation directe de matériel infectieux, comme un sarrau uni à l’avant avec poignets serrés, des gants et une protection respiratoire. Une protection pour les yeux doit être utilisée lorsqu’il y a un risque connu ou potentiel d’éclaboussure Note de bas de page 17.

AUTRES PRÉCAUTIONS : Toutes les activités avec du matériel infectieux doivent s’effectuer dans une enceinte de sécurité biologique (ESB) ou dans un autre dispositif de confinement primaire adéquat, avec un équipement de protection individuelle. La centrifugation des matières infectées doit s’effectuer dans des enceintes scellées placées dans des réservoirs hermétiques ou des rotors qui sont remplis et vidés dans une ESB. L’utilisation d’aiguilles, de seringues et d’autres objets tranchants doit être strictement restreinte. Les plaies ouvertes, les coupures et les éraflures doivent être couvertes avec des pansements imperméables. Des précautions supplémentaires doivent être envisagées pour les activités avec des animaux ou à grande échelle Note de bas de page 17.

SECTION VIII - MANUTENTION ET ENTREPOSAGE

DÉVERSEMENTS : Laisser les aérosols se déposer et, tout en portant des vêtements de protection, couvrir délicatement le déversement avec des essuie‑tout et appliquer un désinfectant approprié, en commençant par le périmètre et en se rapprochant du centre. Laisser agir suffisamment longtemps avant de nettoyer.

ÉLIMINATION : Décontaminer les matières à éliminer soit par stérilisation à la vapeur, incinération ou désinfection chimique.

ENTREPOSAGE : L’agent infectieux devrait être conservé dans des contenants scellés qui sont étiquetés de façon appropriée et entreposés sous clé dans des installations de confinement de niveau 3. La meilleure façon de conserver les cellules de R. akari est la congélation rapide et l’entreposage à une température inférieure à –50 ˚C Note de bas de page 13.

SECTION IX - RENSEIGNEMENTS SUR LA RÉGLEMENTATION ET AUTRES

INFORMATION SUR LA RÉGLEMENTATION : L’importation, le transport et l’utilisation de pathogènes au Canada sont régis par de nombreux organismes de réglementation, dont l’Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments, Environnement Canada et Transports Canada. Il incombe aux utilisateurs de veiller à respecter tous les règlements et toutes les lois, directives et normes applicables.

DERNIÈRE MISE À JOUR : Décembre 2011

PRÉPARÉE PAR : Direction de la règlementation des agents pathogènes, agence de la santé publique du Canada.

Bien que les renseignements, opinions et recommandations présentés dans cette Fiche de renseignements proviennent de sources que nous jugeons fiables, nous ne nous rendons pas responsables de leur justesse, de leur caractère exhaustif ou de leur fiabilité, ni des pertes ou blessures pouvant résulter de l’utilisation de ces renseignements. Comme on découvre fréquemment de nouveaux dangers, il est possible que ces renseignements ne soient pas tout à fait à jour.

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