Chapitre 3 : Le diabète au Canada : Perspective de santé publique sur les faits et chiffres – Impact sur le système de soins de santé et l'économie

Chapitre 3 – Les répercussions du diabète sur le système de soins de santé et l'économie

Introduction

Outre les répercussions importantes du diabète sur les personnes (chapitre 2), à l'échelle populationnelle, le traitement et la gestion de la maladie et de ses complications entraînent également un fardeau accru sur le système des soins de santé et l'économie nationale. Les personnes atteintes de diabète nécessitent un ensemble de services de santé, principalement pour traiter et gérer la maladie, mais aussi afin de diagnostiquer et de traiter les complications associées. Ce chapitre fournit un aperçu du fardeau du diabète sur le système de soins de santé et présente un estimé des coûts du diabète au Canada.

Utilisation des services de santé

La gestion du diabète implique souvent l'utilisation de services d'une gamme de fournisseurs de soins de santé, y compris des médecins de famille, des médecins spécialistes, des nutritionnistes, des éducateurs spécialisés en diabète et des psychologues. En 2008/09, les adultes âgés de 20 à 49 ans atteints de diabète diagnostiqué ont consulté un médecin de famille environ deux fois plus souvent que ceux sans diabète (figure 3-1) et ont consulté un spécialiste deux à trois fois plus souvent (figure 3-2). Tel qu'anticipé, les visites auprès des spécialistes étaient encore plus fréquentes chez les enfants et les jeunes (âgés de un à 19 ans) ayant le diabète diagnostiqué. Au sein de ce groupe, les visites chez les spécialistes étaient quatre fois plus fréquentes que chez les enfants et le jeunes sans diabète (figure 3-2). Ceci reflète probablement directement les soins spécialisés recommandés pour les enfants atteints de diabète (chapitre 5). La différence entre les sexes observée dans les ratios des taux, particulièrement chez les femmes en âge de procréer, est attribuable au fait que les femmes sans diabète ont tendance à consulter leur médecin de famille plus fréquemment que les hommes.

Figure 3-1. Ratios des taux des visites chez les médecins de famille chez les personnes âgées de un an ou plus, selon le groupe d'âge, le sexe et le statut diabétique, Canada†, 2008/09

Figure 3-1. Ratios des taux des visites chez les médecins de famille chez les personnes âgées de un an ou plus, selon le groupe d'âge, le sexe et le statut diabétique, Canada 2008/09

Les données du Québec n'étaient pas disponibles.

Source : Agence de la santé publique du Canada, juillet 2011; à l'aide des données du Système canadien de surveillance des maladies chroniques de 2008/09 (Agence de la santé publique du Canada).

[Texte équivalent, Figure 3-1]

La figure 3-1 montre qu'en 2008/09, les adultes âgés de 20 à 49 ans atteints de diabète diagnostiqué ont consulté un médecin de famille environ deux fois plus souvent que ceux sans diabète. La différence entre les sexes observée dans les ratios des taux, particulièrement chez les femmes en âge de procréer, est attribuable au fait que les femmes sans diabète ont tendance à consulter leur médecin de famille plus fréquemment que les hommes.

Note: Les données du Québec n'étaient pas disponibles.
Source : Agence de la santé publique du Canada, juillet 2011; à l'aide des données du Système canadien de surveillance des maladies chroniques de 2008/09 (Agence de la santé publique du Canada).


Figure 3-2. Ratios des taux des visites chez les spécialistes chez les personnes âgées de un an ou plus, selon le groupe d'âge, le sexe et le statut diabétique, Canada, 2008/09

Figure 3-2. Ratios des taux des visites chez les spécialistes chez les personnes âgées de un an ou plus, selon le groupe d'âge, le sexe et le statut diabétique, Canada , 2008/09

Les données du Québec n'étaient pas disponibles.

Source : Agence de la santé publique du Canada, juillet 2011; à l'aide des données du Système canadien de surveillance des maladies chroniques de 2008/09 (Agence de la santé publique du Canada).

[Texte équivalent, Figure 3-2]

La figure 3-2 montre qu'en 2008/09, les adultes âgés de 20 à 49 ans atteints de diabète diagnostiqué ont consulté un spécialiste deux à trois fois plus souvent que ceux sans diabète. Tel qu'anticipé, les visites auprès des spécialistes étaient encore plus fréquentes chez les enfants et les jeunes (âgés de un à 19 ans) ayant le diabète diagnostiqué. Au sein de ce groupe, les visites chez les spécialistes étaient quatre fois plus fréquentes que chez les enfants et le jeunes sans diabète. La différence entre les sexes observée dans les ratios des taux, particulièrement chez les femmes en âge de procréer, est attribuable au fait que les femmes sans diabète ont tendance à consulter leur médecin de famille plus fréquemment que les hommes.

Note: Les données du Québec n'étaient pas disponibles.
Source : Agence de la santé publique du Canada, juillet 2011; à l'aide des données du Système canadien de surveillance des maladies chroniques de 2008/09 (Agence de la santé publique du Canada).

Des services hospitaliers peuvent être nécessaires pour traiter le diabète lorsque les taux de glycémie sont particulièrement instables ou lorsque des complications entraînent des événements aigus. Dans chaque groupe d'âge, les personnes ayant le diabète diagnostiqué ont passé plus de jours à l'hôpital que celles sans diabèteNote de bas de page 1. En 2006/07, la durée moyenne de visite hospitalière pour les plus jeunes adultes atteints de diabète (âgés de 20 à 54 ans) était de quatre à six fois plus élevée que celle des personnes sans diabète. Même après l'âge de 65 ans, la durée de visite moyenne des personnes atteintes de diabète est demeurée de 1,5 à 2,5 fois plus élevée. En 2008/09, la proportion des personnes hospitalisées au moins une fois pendant l'année était presque trois fois plus élevée chez les personnes atteintes de diabète diagnostiqué que chez celles non atteintes (figure 3-3). La proportion des enfants et des jeunes hospitalisés atteints de diabète diagnostiqué était presque sept fois plus élevée que celle des enfants et des jeunes sans diabète.

Figure 3-3. Ratios des taux d'hospitalisation chez les personnes âgées de un an ou plus, selon le groupe d'âge, le sexe et le statut diabétique, Canada, 2008/09

Figure 3-3. Ratios des taux d'hospitalisation chez les personnes âgées de un an ou plus, selon le groupe d'âge, le sexe et le statut diabétique, Canada, 2008/09

Réfère à au moins une admission à l'hôpital pendant l'année financière.

Source : Agence de la santé publique du Canada, juillet 2011; à l'aide des données du Système canadien de surveillance des maladies chroniques de 2008/09 (Agence de la santé publique du Canada).

[Texte équivalent, Figure 3-3]

La figure 3-3 montre qu'en 2008/09, la proportion des personnes hospitalisées au moins une fois pendant l'année était presque trois fois plus élevée chez les personnes atteintes de diabète diagnostiqué que chez celles non atteintes. La proportion des enfants et des jeunes hospitalisés atteints de diabète diagnostiqué était presque sept fois plus élevée que celle des enfants et des jeunes sans diabète.

Note: Une hospitalisation réfère à au moins une admission à l'hôpital pendant l'année financière.
Source : Agence de la santé publique du Canada, juillet 2011; à l'aide des données du Système canadien de surveillance des maladies chroniques de 2008/09 (Agence de la santé publique du Canada).

Coûts économiques du diabète

Les coûts économiques totaux liés au diabète sont généralement divisés en coûts directs et indirects (figure 3-4). Les coûts directs sont ceux associés aux soins de santé financés par les assurances de santé publiques ou privées ou par les personnes et leur famille. Les coûts indirects sont les coûts non liés aux soins de santé qui ont des répercussions sur l'économie et les personnes lorsqu'une perte de productivité survient en raison de maladies, d'incapacités ou de décès prématuré.

Figure 3-4. Composantes des coûts totaux, directs et indirects du diabète

Figure 3-4. Composantes des coûts totaux, directs et indirects du diabète
[Texte équivalent, Figure 3-4]

La figure 3-4 illustre les différentes composantes des coûts économiques du diabète. Les coûts économiques totaux liés au diabète sont généralement divisés en coûts directs et indirects. Les coûts directs sont ceux associés aux soins de santé financés par les assurances de santé publiques ou privées ou par les personnes et leur famille. Les coûts indirects sont les coûts non liés aux soins de santé qui ont des répercussions sur l'économie et les personnes lorsqu'une perte de productivité survient en raison de maladies, d'incapacités ou de décès prématuré.

Limitations des données économiques

Considérer tous les coûts pertinents liés à une maladie chronique complexe comme le diabète pose de nombreux défis. Des études employant des méthodologies variées produisent des estimations différentes, non seulement en raison des variations dans la méthodologie, mais aussi du fait que leurs échantillons sont de facto limités à des populations particulièresNote de bas de page 2. Bien que les systèmes de facturation médicale des provinces et des territoires puissent être utilisés pour estimer les coûts directs des services de soins de santé, ils ne tiennent pas compte de tous les services de santé pertinents et importants fournis à ceux qui sont atteints de diabète. Par exemple, les services d'éducation sur le diabète et de consultation liée à la nutrition sont souvent fournis par des professionnels de la santé sans formation médicale qui sont rémunérés à partir des budgets globaux ou des systèmes privés. Il est particulièrement difficile d'estimer les coûts indirects d'une maladie chronique telle que le diabète en raison de la grande variabilité des valeurs monétaires attribuées à la productivité perdue et au décès prématuré au niveau individuel.

Cependant, la limitation la plus importante à l'évaluation des coûts économiques liés au diabète est le manque de données récentes. Les estimations les plus complètes et récentes disponibles au moment de la rédaction du présent rapport étaient fondées sur des données datant de 11 ans. Tenter d'ajuster les coûts selon l'inflation, en valeur du dollar canadien en 2011, ne représenterait pas de façon adéquate les changements de tendances et de coûts liés à l'utilisation des services de santé, au traitement de la maladie, ni la prévalence accrue du diabète. En bref, cet ajustement selon l'inflation n'aurait pas représenté les coûts actuels réels du diabète, les résultats ont donc été présentés tels quels.

Coûts totaux du diabète

Les données du Fardeau économique de la maladie au Canada de 2000 (FEMC)Note de bas de page 3 de l'Agence de la santé publique du Canada fournissent une estimation conservatrice de 2,5 milliards en dollars constant de 2000 pour le coût total du diabète, excluant les coûts encourus pour les complications liées au diabète. Toutefois, comme les personnes atteintes de diabète ont un risque accru de développer d'autres maladies chroniques, considérer une portion des frais encourus pour traiter ces maladies, conditions et complications connexes aurait considérablement augmenter les coûts liés aux soins de santé dans une population atteinte de diabèteNote de bas de page 4. Selon les résultats d'une étude menée en 1998, les coûts totaux du diabète étaient 3,6 fois plus élevés lorsque les coûts liés aux complications à long terme du diabète (y compris les maladies neurologiques, la maladie artérielle périphérique, les maladies cardiovasculaires, les maladies rénales et les maladies des yeux) étaient inclus5. Compte tenu de la forte association entre les maladies cardiovasculaires et le diabète, les soins cardiovasculaires représentaient à eux seuls environ un quart des coûts totaux liés aux soins de santé des personnes atteintes de diabèteNote de bas de page 4Note de bas de page 5.

Coûts directs du diabète

Les coûts directs comprennent les hospitalisations, la pharmacothérapie, les visites chez le médecin et aux salles d'urgence ainsi que les frais défrayés par les individus pour leur matériel médical et leurs traitements. Au niveau national, les données du FEMC de 2000Note de bas de page 3 ont permis d'estimer que le total des coûts directs liés aux soins de santé était de 769,4 millions de dollars constants de 2000, pour la gestion du diabète seulement. En prenant compte des coûts directs liés aux soins d'autres maladies et des complications liées au diabète, les coûts directs liés aux soins de santé peuvent être jusqu'à 4,5 fois plus élevés comparativement à lorsque seuls les coûts liés au diabète sont pris en considération5.

Au niveau individuel, les auteurs d'une étude ont estimé que les coûts annuels par habitant liés aux soins de santé étaient de trois à quatre fois supérieurs dans une population atteinte du diabète que dans une population sans diabèteNote de bas de page 6. Les coûts annuels par habitant liés aux soins de santé pour le diabète de type 2 représentaient environ 96 % du total des coûts liés aux soins de santé pour l'ensemble des cas de diabète (de type 1 et de type 2) puisque la majorité des cas de diabète au Canada sont de type 2Note de bas de page 7.

Compte tenu du vieillissement de la population atteinte du diabète et d'une hausse prévue des complications à long terme, la proportion des coûts moyens par habitant liés aux soins de santé pour la gestion et le traitement des complications, surtout pour les procédures coûteuses telles que la dialyseNote de bas de page 8Note de bas de page 9 et les maladies des yeuxNote de bas de page 5Note de bas de page 10, sont susceptibles d'augmenter au fil du temps. De plus, des auteurs d'études canadiennes n'ont pas encore pris en considération les coûts associés à la santé mentale, malgré la prévalence de dépression élevée chez les personnes atteintes de diabète ainsi que le fait que les personnes atteintes de diabète et de dépression nécessitent habituellement plus de services de santéNote de bas de page 11Note de bas de page 12.

Coûts directs selon la progression de maladie

Selon une étude fondée sur les données de la Saskatchewan, les coûts annuels liés aux soins de santé pour les personnes atteintes de diabète augmentent significativement au cours de la première année après le diagnostic, baissent au cours de l'année suivante, puis connaissent des augmentations mineures au fil du temps (figure 3-5). La hausse initiale indique une augmentation du triple des coûts dans la première année suivant le diagnostic, représentant probablement les soins hospitaliers requis en réponse au diagnostic initial du diabète de type 1 ou de type 2. Les augmentations mineures au cours des années ultérieures représentent des augmentations des coûts attribuables aux médicaments requis pour le traitement des maladies, les chirurgies ambulatoires et la dialyse.

Figure 3-5. Coûts annuels par habitant liés aux soins de santé pour les cas de diabète diagnostiqués en 1992, Saskatchewan, de 1991 à 2001

8,000

 

Figure 3-5. Coûts annuels par habitant liés aux soins de santé pour les cas de diabète diagnostiqués en 1992 , Saskatchewan, 1991 à 2001

La définition de cas de diabète du Système canadien de surveillance des maladies chroniques a été appliquée aux banques de données administratives dans le but d'identifier les cas de diabète en 1992. Les coûts liés aux soins de santé par habitant (en CAD de l'année 2001) ont été estimés une année avant la détermination de nouveaux cas (1991) et pour dix années par la suite (1992 à 2001).

Source : Agence de la santé du Canada, 2011; adapté de Johnson, J. A, S. L. Pohar et S. R. Majumdar. « Health care use and costs in the decade after identification of type 1 and type 2 diabetes: A population-based study », Diabetes Care, vol. 29, 2006, p. 2403-2408.

[Texte équivalent, Figure 3-5]

La figure 3-5 présente des résultats d'une étude fondée sur les données de la Saskatchewan, qui a montré que les coûts annuels liés aux soins de santé pour les personnes atteintes de diabète augmentent significativement au cours de la première année après le diagnostic, baissent au cours de l'année suivante, puis connaissent des augmentations mineures au fil du temps. La hausse initiale indique une augmentation du triple des coûts dans la première année suivant le diagnostic, représentant probablement les soins hospitaliers requis en réponse au diagnostic initial du diabète de type 1 ou de type 2. Les augmentations mineures au cours des années ultérieures représentent des augmentations des coûts attribuables aux médicaments requis pour le traitement des maladies, les chirurgies ambulatoires et la dialyse.

Note: La définition de cas de diabète du Système canadien de surveillance des maladies chroniques a été appliquée aux banques de données administratives dans le but d'identifier les cas de diabète en 1992. Les coûts liés aux soins de santé par habitant (en CAD de l'année 2001) ont été estimés une année avant la détermination de nouveaux cas (1991) et pour dix années par la suite (1992 à 2001).
Source : Agence de la santé du Canada, 2011; adapté de Johnson, J.A, S.L. Pohar et S.R. Majumdar. « Health care use and costs in the decade after identification of type 1 and type 2 diabetes: A population-based study », Diabetes Care, vol. 29, 2006, p. 2403-2408.

Coûts directs par catégorie de coûts

Les soins hospitaliers représentent la plus grande proportion du total des coûts directs par habitant liés aux soins de santé pour le diabèteNote de bas de page 6Note de bas de page 7. Au niveau national, selon les données du FEMC de 2000, les coûts hospitaliers attribués au diabète étaient de 350,1 millions, les coûts des médicaments représentaient une somme de 246,4 millions et ceux liés aux soins des médecins une somme de 172,9 millions, le tout en dollars constants de 2000Note de bas de page 3.

Autres dépenses défrayées par les individus

Quelques dépenses doivent être assumées par les personnes atteintes de diabète et leur famille, tels que les coûts des médicaments et le matériel requis pour les tests de glycémie. Ces dépenses sont difficiles à estimer et très peu a été publié sur le sujet. Bien que certaines de ces dépenses soient couvertes par les régimes d'assurance-médicaments provinciaux ou territoriauxNote de bas de page 13Note de bas de page 14, les programmes pour les personnes vivant avec une incapacité ou d'autres programmes de protection sociale ou d'assurance personnelle, l'Association canadienne du diabète et Diabète Québec estiment qu'une personne atteinte de diabète de type 2 peut devoir assumer des frais de 2 300 dollars en moyenne par annéeNote de bas de page 15.

Coûts indirects du diabète

Les coûts indirects du diabète sont ceux liés à l'incapacité à court et à long terme et à la perte de productivité en raison de la maladie ou d'un décès prématuré. Les auteurs du FEMC de 2000 ont estimé que les coûts indirects du diabète ont atteint 1,7 milliard en dollars constants de 2000Note de bas de page 3. Une somme de plus de 1,0 milliard de dollars a été attribuée aux décès prématurés et une somme de 671,7 millions aux incapacités à long et à court terme directement liées au diabèteNote de bas de page 3. Cependant, le FEMC de 2000 n'a pas pris en considération les coûts indirects associés aux complications, qui sont les principales causes d'incapacité et de décès prématuré chez les personnes atteintes de diabète. En raison de cette limitation, cette étude sous­estime la somme totale des coûts indirects associés à la maladie et à ses complications. Dans les années à venir, les coûts indirects du diabète pourraient devenir même plus importants, puisque plus de Canadiens et Canadiennes se font diagnostiquer à un âge plus jeune (chapitre 1, Incidence du diabète), ce qui peut annoncer une augmentation des coûts indirects découlant de la perte de productivité.

Prospective

Les dépenses liées aux hospitalisations, aux médicaments, aux services diagnostiques, aux services des médecins et à d'autres services de santé à l'extérieur de l'hôpital sont généralement plus élevées dans une population atteinte du diabète que dans une population sans diabète. Les frais assumés par les individus et la perte de productivité en raison de maladies, d'incapacités et de décès prématuré sont également généralement plus élevés chez les personnes atteintes de diabète. Bien que ces chiffres liés au diabète soient déjà considérables, certaines études démontrent que les coûts ont augmenté et continueront à le faire dans les années à venir en raison de la prévalence accrue du diabète au Canada (chapitre 1, Prévalence du diabète) et du vieillissement de la populationNote de bas de page 4Note de bas de page 16. Cependant, le fardeau du diabète sur le système de soins de santé et l'économie en général augmentera au-delà de ce qui peut être prévu sur la base de ces deux facteurs. Bien que le diabète dans les populations plus âgées puisse être un grand générateur de coûts liés aux soins de santé, le traitement et la gestion des comorbidités et des complications liées au diabète – particulièrement des maladies cardiovasculaires – représentent certainement un des principaux contributeurs aux coûts. De plus, les coûts directs et indirects du diabète pourraient augmenter en raison d'une tendance vers un diagnostic plus précoce de la maladie (chapitre 1, Incidence du diabète), allongeant la longévité avec le diabète et engendrant de possibles répercussions au cours de la vie active.

La réduction de la prévalence des facteurs de risque associés au diabète, tels que l'obésité, l'inactivité physique et le tabagisme, réduirait l'incidence du diabète de type 2 et, par ricochet, les coûts qui s'y rattachentNote de bas de page 20. De plus, selon certaines études, les complications liées au diabète de type 1Note de bas de page 17Note de bas de page 18 et de type 2Note de bas de page 19 peuvent être réduites par une gestion intensive de la maladie (chapitre 2). Par conséquent, il est logique sur le plan économique d'investir dans des stratégies multifactorielles efficacesNote de bas de page 21Note de bas de page 22 au début de la maladie afin d'améliorer les résultats pour la santé et de réduire les futurs coûts liés aux soins de santéNote de bas de page 16. Le portail canadien des pratiques exemplaires présente des programmes de qualité et axés sur la santé des populations.

Les estimations de coûts favorisent non seulement une meilleure évaluation coûts-efficacité de ces interventions et stratégiesNote de bas de page 16Note de bas de page 23, mais aussi une meilleure planification en vue des demandes anticipées aux systèmes de soins de santé. Jusqu'à présent, l'exécution des analyses économiques a été limitée par le manque de données détaillées et actuelles sur les coûts du diabète au CanadaNote de bas de page 16Note de bas de page 24Note de bas de page 25. Dans l'ensemble, plus de travail est requis au Canada pour obtenir des estimations actuelles et précises des coûts de la maladie. Parmi les moyens pour combler cette lacune en matière de connaissances, les données du FEMC seront mises à jour dans un outil en ligne d'estimation de coûts qui sera rendu disponible pour le grand public sur le site Web de l'Agence de la santé publique du Canada.

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