Lignes directrices provisoires sur l’utilisation de tests de détection rapides d’antigènes pour déceler une infection par le SRAS-CoV-2

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Le présent document fournit des lignes directrices provisoires sur l'utilisation de tests de détection rapides d'antigènes (TDRA) pour le SRAS-CoV-2 dans le contexte du système de santé publique. Il s'agit d'un domaine qui évolue rapidement à mesure que de nouveaux tests et de nouvelles technologies arrivent sur le marché à l'issue du processus réglementaire et que les données sur le rendement et l'utilité augmentent. Ces lignes directrices ont été créées en collaboration avec les autorités sanitaires provinciales et territoriales et seront mises à jour périodiquement à mesure que les données scientifiques évoluent.

Un rapport récent a été présenté par le Groupe d'experts sur les tests de dépistage le 15 janvier, 2021. Ce rapport donne un aperçu complet des TDRA et il a été examiné, ainsi que les contributions d'autres intervenants clés tels que le Réseau des laboratoires de santé publique du Canada et le Comité consultatif spécial sur la COVID-19, lors de la rédaction des présentes lignes directrices provisoires.

Sommaire exécutif

Approche actuelle pour la détection du SRAS-CoV-2 au Canada

Depuis l'émergence du SRAS-CoV-2, les tests ont joué un rôle clé dans la réponse du Canada à la pandémie. En date du 9 février 2021, Santé Canada a autorisé 49 tests de dépistage de la COVID-19. L'utilisation généralisée des tests, s'inscrivant dans une série de mesures de santé publique, a mené à un aplatissement de la courbe de l'épidémie au printemps 2020, ce qui démontre la valeur des tests dans le cadre de l'intervention contre la COVID-19. À ce jour, le dépistage se fait au moyen d'un test moléculaire (p. ex. RT-PCR) sur un échantillon nasopharyngé ou sur un autre échantillon des voies respiratoires prélevé par un professionnel de la santé. Cette méthode demeurera la référence pour la détection de l'infection au SRAS-CoV-2 au Canada.

Adoption de nouvelles technologies comme la détection d'antigènes

Depuis le 18 février, 2021, Santé Canada a autorisé trois tests de détection d'antigènes au Canada. Les tests d'antigènes actuellement autorisés sont destinés à être utilisés au point de service, hors laboratoire. Certaines technologies nécessitent l'utilisation d'un lecteur numérique portatif, tandis que d'autres utilisent une lecture optique et un format semblable à un test de grossesse jetable.

Des données continuent de s'accumuler concernant les caractéristiques de rendement de ces tests dans divers environnements de déploiement. Une étude récente menée en Alberta sur 145 personnes symptomatiques dans les sept jours suivant l'apparition des symptômes a montré un pourcentage de concordance positive de 86,2 % à 87,7 %. Sur les 17 faux négatifs, 14 avaient des valeurs de seuil de cycle > 25. Dans cette même étude, une cohorte communautaire plus vaste de 1 641 personnes symptomatiques a été testée, et 268 ont été confirmées comme étant infectées par le SRAS-CoV-2 par RT-PCR. Le test Abbott Panbio a détecté 231/268, révélant 37 faux négatifs. Enfin, la spécificité était assez bonne. Deux faux positifs ont été détectés par Panbio, bien que les auteurs soutiennent que ces deux cas étaient probablement de vrais positifs sur la base des antécédents (Stokes et coll., 2021). Ces résultats révèlent un rendement légèrement meilleur que celui d'autres études, dont le pourcentage de concordance positif varie de 72 % à 86 %, bien que ces études aient utilisé des méthodes et des tests de confirmation quelque peu différents, ce qui pourrait expliquer la variation (Fenollar et coll., 2020; Gremmels et coll. 2021; Linares et coll., 2020). La constatation selon laquelle les valeurs de seuil de cycle supérieures à 25 ont des répercussions importantes sur le rendement reflète les données internes du Laboratoire national de microbiologie qui montrent une meilleure concordance dans les échantillons ayant une charge virale plus élevée.

L'utilisation de tests d'antigènes pour détecter les personnes infectées par le SRAS-CoV-2 qui sont soit asymptomatiques soit présymptomatiques demeure un domaine d'étude intense. Une publication préliminaire décrivant les tests de dépistage chez les joueurs de football a montré que 52/2 425 tests étaient positifs par RT-PCR. Parmi ceux-ci, la sensibilité pour un test Panbio couplé allait de 61,8 % à 69,1 %, tandis que la spécificité allait de 99,5 % à 100 %. L'éventail de rendement a été influencé par 16 tests non concluants, difficiles à interpréter (Winkel et coll., 2020). L'incertitude dans l'interprétation des bandes est une considération importante dans la mise en œuvre des tests d'antigènes, comme nous le verrons plus loin. En revanche, une prépublication portant sur une étude réalisée auprès de contacts asymptomatiques familiaux et non familiaux de cas connus a montré une sensibilité plus faible (48,1 %), mais une excellente spécificité (100 %) (Torres et coll., 2020). Dans cette étude, la majorité des cas non détectés par TDRA, mais positifs par PCR avaient des valeurs de seuil de cycle > 25, ce qui concorde avec les résultats d'autres études. Aucune charge virale établie ne facilite la transmission, mais il semble qu'une charge virale plus élevée soit liée à une plus grande probabilité de transmission (Kawasuji et coll., 2020).

À mesure que les systèmes de soins de santé et de santé publique continuent d'en apprendre sur les tests de détection d'antigènes, un équilibre entre une sensibilité globale plus faible et d'autres caractéristiques utiles (délai d'exécution plus rapide, coût moindre par test, possibilité de faire le test dans un cadre non professionnel sur une base plus fréquente, entre autres) indique plusieurs cadres dans lesquels l'utilisation des TDRA peut être envisagée.

Établir un juste milieu entre la sensibilité des tests et d'autres considérations

Les caractéristiques de rendement intrinsèques d'un test ne sont pas les seuls facteurs qui en déterminent l'utilité. L'interprétation finale d'un test doit tenir compte des paramètres de rendement, de la prévalence de l'infection, des valeurs prédictives ainsi que de l'utilisation prévue du résultat du test. Par conséquent, la tolérance aux seuils de sensibilité et de spécificité pour un type de test donné variera en fonction de la raison pour laquelle le test a été commandé et de la mesure prévue à la suite d'un résultat positif ou négatif.

Situations cliniques nécessitant une sensibilité élevée

Dans les scénarios où les décisions et les interventions critiques dépendent sur un résultat de test (p. ex. résident symptomatique dans un foyer de soins de longue durée, patient de l'unité de soins intensifs qui a besoin de remdésivir), le test recommandé serait celui qui est le plus précis. Au moment de rédiger le présent document, le test indiqué (le meilleur) serait la RT-PCR effectuée sur un échantillon nasopharyngé (ou un autre échantillon respiratoire convenable). Veuillez consulter le document d'orientation national sur les indications de dépistage de la COVID-19 par tests réaction en chaîne de la polymérase (PCR) pour obtenir une liste à jour des types d'échantillons privilégiés pour les tests RT-PCR selon le tableau clinique.

Situations cliniques où la sensibilité élevée n'est pas la considération principale

Comme il est décrit précédemment, les TDRA présentent une sensibilité plus faible que les tests RT-PCR, mais une excellente spécificité. Par conséquent, la mise en œuvre des TDRA doit se faire avec des protocoles appropriés pour tirer le meilleur parti de la technologie. Lorsqu'ils sont utilisés chez des personnes symptomatiques dans le contexte d'une transmission communautaire suffisante, les TDRA positifs représentent un résultat exploitable et peuvent ne pas nécessiter de test de confirmation. Leur sensibilité variable chez les personnes symptomatiques (de 72 % à 88 %) devrait inciter les personnes dont le test est négatif à recevoir un test RT-PCR pour confirmation.
Une deuxième grande catégorie d'utilisation comprend les situations impliquant la surveillance prospective de personnes asymptomatiques pour l'introduction du SRAS-CoV-2 dans des contextes à risque élevé. Comme il est indiqué précédemment, les données s'accumulent, mais la sensibilité est relativement faible (de 49 % à 69 %) et est, comme prévu, liée à la charge virale.Note de bas de page 1 Les TDRA utilisés dans ce contexte semblent capables de détecter les personnes ayant une charge virale plus élevée, qui sont considérées comme les plus susceptibles de transmettre le virus, mais ne détecteront pas un nombre important de cas si on les utilise comme un seul point dans le temps. Des tests répétés peuvent permettre d'atténuer ce risque, comme le montre la plus grande sensibilité (de 61 % à 69 %) du scénario de tests fréquents utilisé par Winkel et coll. par rapport à un point dans le temps (49 %, Torres et coll., 2020), mais la fréquence optimale des tests répétés n'a pas encore été déterminée. Il est important de noter qu'à l'heure actuelle, les autorisations de mise en marché du Bureau des matériels médicaux (BMM) de Santé Canada sont axées sur le dépistage des symptômes au début de la maladie, l'utilisation dans un contexte de surveillance doit donc être fondée sur la validation clinique.

Figure 1. Organigramme proposé pour l'évaluation des tests de détection d'antigènes
Figure 1 : Texte descriptif

L'image est un organigramme qui montre le processus accepté pour évaluer les tests de détection d'antigènes.

Le déroulement du processus débute par la question « Cette situation répond-elle aux critères de test PCR + NP tels que décrits dans le document d'orientation de base? »

Sous cette case se trouvent 2 cases intitulées « Oui » et « Non ».

Si « Oui », alors « Aiguillage de la personne vers un test PCR+NP ou algorithme en deux étapes (détection d'antigènes suivie de PCR). » Le flux de processus se termine.

Si « Non », alors « effectuez un test de détection d'antigènes ».

Sous la case « Non » se trouvent 2 cases intitulées « Négatif » et « Positif ».

Si le résultat du test est « positif », alors « Aiguillage de la personne vers un test PCR+NP pour confirmation. Santé publique informée, isolements individuels en attente d'un test de confirmation. » Le flux du processus se termine. Remarque : À ce stade, les TDRA positifs nécessiteront des tests de confirmation par RT-PCR. Après une évaluation approfondie, les tests de confirmation pendant les périodes de forte prévalence pourraient être interrompus à condition que la spécificité soit suffisante.

Si le résultat du test est « Négatif », alors « Probabilité élevée d'infection prétest par le SRAS-CoV-2 (p. ex. contact connu, très symptomatique, transmission élevée dans la communauté). »

Sous la case « Négatif » se trouvent 2 cases intitulées « Oui » et « Non »

Si « Oui », alors « Aiguillage vers le test PCR+NP ». Le flux du processus se termine.

Si « Non », alors « Retour aux soins réguliers ». Le flux du processus se termine.

Cas d'utilisation proposés

Au moment de la rédaction du présent document, les TDRA sont autorisés pour le diagnostic précoce de la maladie. Il existe plusieurs utilisations potentielles élargies qui ont été explorées à ce jour, ayant différents objectifs de santé. Il convient de souligner que ces utilisations élargies sont destinées à compléter la capacité de dépistage existante au Canada et doivent être mises en œuvre en lien avec les systèmes locaux et la santé publique, afin d'assurer des mesures adaptées aux besoins. D'une manière générale, elles relèvent des catégories suivantes :

  1. Utilisation chez les personnes symptomatiques : comme indiqué ci-dessus, cette utilisation est conforme à l'autorisation actuelle de Santé Canada. De nombreuses approches de mise en œuvre comprennent des tests d'antigènes positifs confirmés par PCR. Toutefois, une fois que l'on est satisfait d'un processus particulier, la confirmation peut être interrompue lorsqu'elle est utilisée chez des personnes symptomatiques dans la fenêtre temporelle appropriée à partir de l'apparition des symptômes, étant donné la spécificité élevée chez les personnes symptomatiques (Stokes et coll., 2021).
  2. Tests en série sur des personnes asymptomatiques en complément d'autres mesures de prévention et de contrôle de l'infection : ces situations représentent des scénarios où des entrées et sorties fréquentes multiplient l'introduction potentielle du virus dans des lieux de rassemblement à risque élevé où la propagation de l'infection est connue. Il est clair qu'un test faussement négatif peut se produire au début de l'infection, même avec les méthodes RT-PCR les plus sensibles. C'est pourquoi il est probablement nécessaire de répéter les tests en série pour soutenir ce type d'approche. Les protocoles de tests répétés soulèvent des considérations importantes concernant les ressources nécessaires pour recueillir, traiter, rapporter les résultats et agir sur ces derniers. En outre, l'acceptabilité des protocoles de tests répétés peut être moindre, à moins que des prélèvements moins invasifs, tels que des échantillons nasaux, puissent être proposés. Il convient de noter que Santé Canada a autorisé plusieurs tests fondés sur des prélèvements nasaux. Étant donné que les caractéristiques de rendement et l'impact d'un protocole de tests répétés dépendent de multiples facteurs, dont la charge de morbidité locale, il est recommandé de mobiliser les autorités locales de santé publique pour mettre en œuvre un tel programme. Les tests répétés dans des populations asymptomatiques ne devraient généralement pas nécessiter de tests de confirmation de tests négatifs, étant donné que cela met à rude épreuve les systèmes de laboratoire et n'a qu'une valeur ajoutée limitée. Cela ne doit pas être confondu avec la confirmation de tests négatifs chez des individus symptomatiques, pour lesquels des tests de confirmation sont recommandés (voir la section sur les approches ci-dessous).
  3. Déploiement pour fournir des tests à des populations précises : La facilité d'utilisation relative de ces tests et la rapidité d'exécution font que les TDRA sont adaptés à des situations où le délai d'obtention des résultats est une préoccupation majeure.

Pour le moment, il est impossible de fournir une liste exhaustive de tous les cas où des tests de détection rapides d'antigènes (TDRA) pourraient être utiles. Quelques scénarios sont donnés à titre d'exemple ci-dessous, mais ils n'ont pas de visée prescriptive :

Les TDRA ont également montré leur utilité dans le cadre d'activités de dépistage « mobiles » pour les personnes asymptomatiques dans un cadre communautaire (tels que les centres communautaires et les établissements de divertissement ou de restauration). Dans ce modèle, les tests peuvent être réalisés de manière souple et mobile et permettent d'accéder à des populations qui, autrement, ne reçoivent pas de soins régulièrement (jeunes adultes en bonne santé qui sont susceptibles d'être asymptomatiques, mais pouvant tout de même transmettre la maladie).

Le modèle a été utilisé avec succès en Nouvelle-Écosse, où il a été élaboré comme couche supplémentaire de dépistage pour compléter les tests symptomatiques fournis par les services de soins de santé traditionnels. Le modèle néo-écossais, selon lequel des volontaires et des personnes n'appartenant pas au secteur de la santé sont formés pour effectuer des tests, a permis aux habitants des communautés de toute la province de participer à la situation, de se l'approprier et de faire partie d'un mouvement visant à ralentir la propagation de la COVID-19 tout en préservant les ressources de soins de santé. Il est important de noter que ce modèle a également permis :

  • de renforcer les capacités des communautés dans toute la province par la mobilisation, la sensibilisation et l'autonomisation;
  • d'accroître la sensibilisation à l'importance du dépistage en tant que mesure de santé publique et de mobiliser la communauté à renforcer les mesures de santé publique en cours pour contribuer à atténuer la transmission;
  • de lutter contre la stigmatisation et d'augmenter le nombre de tests effectués pour toutes les populations de l'administration.

Les TDRA sont également potentiellement utiles pour tester les personnes qui sont très mobiles ou qui ne demandent pas régulièrement de soins, comme celles qui ont un logement provisoire ou qui sont mal logées, où les résultats rapides peuvent aider à la gestion et l’engagement en matière de santé publique.

Déploiement dans les régions nordiques, éloignées et isolées

Les régions nordiques, éloignées et isolées (NEI) sont confrontées à des obstacles supplémentaires pour obtenir les résultats des tests en temps voulu, en raison du temps de transport. Compte tenu de l'importance de détecter avec précision les nouveaux cas dans les communautés NEI afin de prévenir la propagation face aux ressources limitées des soins de santé, le test RT-PCR est le test recommandé pour ces milieux.  Bien que des efforts extraordinaires aient été déployés jusqu'à présent pour introduire le test PCR au point de service dans ces établissements cliniques, certains problèmes de formation et d'assurance de la qualité persistent dans les petits centres de santé, ainsi que de liaison avec les systèmes P/T pour l'action de santé publique.

Les TDRA sont généralement des tests moins complexes puisqu'ils sont à usage unique et ont un indicateur visuel. Cela signifie qu'ils sont une option de dépistage de rechange où ils pourraient être une option utile comme test initial, à suivre par une confirmation PCR. En cas de résultat positif, des mesures présomptives peuvent être rapidement mises en place. Étant donné que les zones isolées sont particulièrement vulnérables aux éclosions de COVID-19, compte tenu des ressources limitées en matière de soins de santé, les TDRA positifs et négatifs dans ce contexte devraient faire l'objet d'un test de confirmation par PCR. À ce titre, le double prélèvement devrait être envisagé, de même que l'importance d'un lien avec un laboratoire agréé pour les activités de confirmation des tests.

Approches de l'utilisation des tests de détection rapides d'antigènes

Ces recommandations sont provisoires et représentent une mise à jour des recommandations publiées le 7 octobre 2020. Elles seront révisées périodiquement et sont susceptibles d'être modifiées par des études supplémentaires et des déploiements pilotes.

L'interprétation correcte des résultats d'un TDRA est essentielle à la réussite du déploiement. Un résultat positif à un TDRA chez une personne symptomatique peut ou non nécessiter une confirmation supplémentaire en fonction du contexte local et de l'expérience acquise avec le test en question. Un TDRA positif chez une personne asymptomatique qui a été testée dans le cadre d'un programme de « dépistage » doit être considéré comme un cas « présumé positif » jusqu'à ce qu'il soit confirmé par une méthode RT-PCR de référence. Malgré la grande spécificité des TDRA, l'interprétation des bandes peut être difficile. Comme l'a montré la publication préliminaire de Winkel et coll., et en accord avec les données internes du LNM générées lors de l'évaluation de ces dispositifs, une attention particulière doit être accordée à la formation des utilisateurs des tests à l'interprétation des bandes et à la gestion des résultats potentiellement non concluants. Ce problème peut être particulièrement prononcé lorsque les utilisateurs utilisent les tests pour la première fois et ont une expérience limitée dans la gamme d'intensité des bandes. Ce problème, associé à une probabilité de prétest plus faible, peut contribuer au taux plus élevé de faux positifs observé dans certains contextes « mobiles ». Tous les patients ayant un résultat positif doivent s'isoler en attendant la confirmation. Si le test RT-PCR de confirmation est négatif, l'interruption de l'isolement peut être envisagée en fonction du contexte clinique qui a généré le test initial.

Dans l'interprétation d'un TDRA négatif, l'utilisateur doit tenir compte du contexte clinique du test (asymptomatique ou symptomatique) et de la probabilité d'infection prétest chez la personne testée. Chez les patients pour lesquels la probabilité prétest de la COVID-19 demeure élevée (p. ex. contact connu, transmission communautaire élevée), la personne devrait subir d'autres tests au moyen de la méthode RT-PCR avec le prélèvement approprié selon le tableau clinique, afin d'orienter la prise en charge.

Si la probabilité prétest était faible, la personne peut être surveillée et n'a pas besoin de s'isoler et doit être informée qu'un test négatif ne signifie pas qu'elle peut abandonner les mesures de santé publique.

Toutes les personnes doivent être informées que, même si leur test est négatif, il est possible que le virus soit en période d'incubation ou qu'elles soient exposées à une infection dans les jours ou les semaines qui suivent. Il est donc essentiel qu'elles continuent à suivre les conseils de santé publique pour se protéger et protéger les autres (éloignement physique, port d'un masque, lavage des mains et maintien de la petite taille de leur bulle sociale).

Comme souligné ci-dessus, ces tests sont idéalement utilisés dans le cadre d'un programme qui permet aux personnes de subir des tests répétés; cependant, la fréquence idéale des tests n'est pas encore définie. L'efficacité dépend de la proportion d'infections asymptomatiques, de la sensibilité du test et du délai d'exécution (en supposant que l'auto-isolement se produirait en cas de test positif). Il existe des données de modélisation fondées sur la transmission communautaire continue qui semblent indiquer que la conduite de tests deux fois par semaine avec un test PCR dans des contextes à risque élevé (comme dans le cas des travailleurs dans les établissements de soins de longue durée) réduirait la transmission du SRAS-CoV-2. Il peut être raisonnable d'effectuer un test une seule fois par semaine en période de faible transmission communautaire (Chin et coll., 2020). D'autres données de modélisation semblent indiquer que la conduite de tests hebdomadaires chez les travailleurs de la santé asymptomatiques ou présymptomatiques, avec un délai d'exécution de 24 heures afin de permettre l'isolement volontaire des cas positifs, réduirait la transmission de 23 % (Grassly et coll., 2020).

Le contraste de sensibilité entre les tests fréquents (Winkel et coll., 2020) et les tests à un seul point dans le temps (Torres et coll., 2020) (de 61 % à 69 % contre 49 %) confirme l'idée que les tests fréquents améliorent effectivement le rendement, mais la fréquence optimale reste à définir et sera probablement différente selon le contexte.

TDRA et variants préoccupants

À la fin de l'année 2020, de nombreux variants préoccupants sont apparus dans le monde entier. Les variants préoccupants ont deux répercussions importantes sur le potentiel de déploiement des TDRA. Tout d'abord, des mutations pourraient survenir et avoir un impact négatif sur le rendement des tests eux-mêmes. Au moment de la rédaction du présent document, cette répercussion n'avait pas été observée, mais cela demeure une considération importante. Santé Canada fournit des évaluations des risques à jour concernant l'impact des variants préoccupants sur les tests de diagnostic.

La deuxième répercussion des variants préoccupants sur les TDRA est la nécessité pour les utilisateurs de se rappeler que la caractérisation du séquençage ne peut pas être faite à partir d'un TDRA. Par conséquent, il est important de s'assurer que les personnes ayant un résultat positif à un TDRA qui pourrait nécessiter une caractérisation approfondie (comme un voyageur récent, un cas positif de COVID-19 après la vaccination, etc.) fournissent quand même un échantillon pour le test PCR. Une liste actualisée des populations de patients qui pourraient nécessiter un séquençage prioritaire se trouve ici.

Rapport sur les résultats

L'utilisation des TDRA se fera très probablement hors laboratoire. Bien que les autorisations actuelles de Santé Canada exigent la supervision de la procédure de test par un fournisseur de soins de santé qualifié, le modèle mobile utilisé en Nouvelle-Écosse a montré que des personnes sans antécédents en matière de soins de santé peuvent être formées pour effectuer efficacement les tests, y compris les prélèvements nasopharyngés, bien qu'il soit important de noter que le programme exigeait la supervision des fournisseurs de soins de santé. Dans le déploiement des TDRA, il est essentiel qu'un mécanisme de déclaration des résultats positifs soit mis en place dans le système de santé publique. Pour certaines indications, l'intégration des résultats dans un système de laboratoire et dans le dossier du patient devra être élaborée pour assurer une saisie des données et un contrôle de qualité appropriés, tandis que dans d'autres situations, comme les cliniques mobiles communautaires, la notification des résultats positifs ainsi que le dénominateur des volumes globaux de tests peuvent suffire à soutenir l'action de santé publique.

Échange des connaissances, pratiques exemplaires et conseils externes

De nombreuses informations ont été générées par l'utilisation des TDRA au cours des dernières semaines partout au Canada, avec plusieurs approches soutenant des objectifs de santé publique différents, mais complémentaires. Un comité fédéral d'experts, composé d'un large éventail d'experts, a récemment publié un rapport sur l'utilisation des TDRA, qui comprend plusieurs considérations relatives à l'éthique, à l'accessibilité et aux comportements. Lors de la rédaction de la présente version des recommandations, la consultation s'est appuyée sur le rapport d'experts ainsi que sur l'échange de connaissances à l'échelle du Réseau des laboratoires de santé publique du Canada et de plusieurs comités fédéraux, provinciaux et territoriaux. L'échange des connaissances ainsi que la mise en œuvre des résultats scientifiques et des pratiques exemplaires ont été des processus essentiels à l'élaboration des présentes recommandations. Ces processus se poursuivront parallèlement à la réponse à la pandémie et permettront d'actualiser les présentes lignes directrices à mesure que les données scientifiques et les technologies sur le marché évolueront. Il est essentiel de continuer à recueillir des renseignements sur les stratégies de déploiement et leurs répercussions.

Références

Note de bas de page 1

Chin ET et coll. 2020. « Frequency of routine testing for Coronavirus Disease 2019 (COVID-19) in high-risk healthcare environments to reduce workplace outbreaks ». Clinical Infectious Diseases. https://doi.org/10.1093/cid/ciaa1383.

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Note de bas de page 2

Fenollar F et coll. 2020. « Evaluation of the Panbio COVID-19 Rapid Antigen Detection Test Device for the Screening of Patients with COVID-19 ». Journal of Clinical Microbiology. DOI: 10.1128/JCM.02589-20.

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Note de bas de page 3

Grassly NC et coll. 2020. « Comparison of molecular testing strategies for COVID-19 control: a mathematical modelling study ». The Lancet Infectious Diseases. doi: 10.1016/S1473-3099(20)30630-7.

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Note de bas de page 4

Gremmels H et coll. 2021. « Real-life validation of the Panbio™ COVID-19 antigen rapid test (Abbott) in community-dwelling subjects with symptoms of potential SARS-CoV-2 infection ». The Lancet. https://doi.org/10.1016/j.eclinm.2020.100677.

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Note de bas de page 5

Kawasuji H et coll. 2020. « Viral load dynamics in transmissible symptomatic patients with COVID-19 ». medRxiv. doi: https://doi.org/10.1101/2020.06.02.20120014

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Note de bas de page 6

Linares M et coll. 2020. « Panbio antigen rapid test is reliable to diagnose SARS-CoV-2 infection in the first 7 days after the onset of symptoms ». Journal of Virology. https://doi.org/10.1016/j.jcv.2020.104659.

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Note de bas de page 7

Stokes W et coll. 2021. « Real-World Clinical Performance of the Abbott Panbio with Nasopharyngeal, Throat and Saliva Swabs Among Symptomatic Individuals with COVID-19 ». medRxiv. doi: https://doi.org/10.1101/2021.01.02.21249138.

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Note de bas de page 8

Torres I et coll. 2020. « Real-life evaluation of a rapid antigen test (Panbio™ COVID-19 Ag Rapid Test Device) for SARS-CoV-2 detection in asymptomatic close contacts of COVID-19 patients ». medRxiv. doi: https://doi.org/10.1101/2020.12.01.20241562.

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Note de bas de page 9

Winkel BMF et coll. 2020. « Screening for SARS-CoV-2 infection in asymptomatic individuals using the Panbio™ COVID-19 Antigen Rapid Test (Abbott) compared to RT-qPCR ». medRxiv. doi: https://doi.org/10.1101/2020.12.03.20243311

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Notes de fin de document

Note de fin de page 1

Il convient de souligner que, dans certains documents sur les stratégies de tests pour la COVID-19, un tel rôle de surveillance proposé en ce qui a trait aux méthodes de détection des antigènes ou qui ne font pas appel à la PCR est appelé « dépistage ».

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