ARCHIVÉ : Chapitre 4 : Les jeunes au Canada : leur santé et leur bien-être – Le groupe de camarades

 

Les jeunes

L'établissement de liens d'amitié est essentiel au développement des adolescents. Le passage de la préadolescence à l'adolescence s'accompagne d'un changement dans la nature des relations avec les camarades. Les amitiés, pour mieux répondre aux nouveaux besoins sociaux, deviennent plus intimes et les amis deviennent des confidents (Buhrmester, 1996). Cette intimité fait en sorte que les adolescents communiquent facilement avec leurs camarades et se sentent à l'aise de parler avec eux de leurs problèmes et de leurs préoccupations. Le fait d'avoir de bons amis est associé à une bonne santé émotionnelle et à une bonne adaptation sociale. Les enfants qui ont de bons amis réussissent mieux à l'école et sont moins nombreux à se livrer à la délinquance et à abandonner prématurément l'école que ceux qui n'ont pas de tels amis auxquels ils peuvent se confier et sur lesquels ils peuvent compter s'ils ont besoin d'aide (Parker et Asher, 1987).

La nature des relations des adolescents avec leurs camarades, le nombre d'amis et le degré d'association à un groupe de jeunes de leur âge évoluent au cours de l'adolescence et peuvent influer sur la mesure dans laquelle les adolescents adoptent des comportements favorables ou nuisibles à la santé (Sieving, Perry et Williams, 2000). Dans le présent chapitre, nous examinons les amitiés que les adolescents entretiennent avec des jeunes du même sexe et du sexe opposé ainsi que l'incidence qu'ont sur eux les comportements nuisibles à la santé de leurs amis.

Les amitiés entre jeunes du même sexe

La plupart des élèves interrogés dans le cadre de l'enquête HBSC ont indiqué qu'ils avaient trois bons amis ou plus; bien que ce chiffre diminue légèrement autant chez les garçons que chez les filles de 10e année (figures 4.1 et 4.2).


Figure 4.1 Garçons qui ont trois bons amis ou plus de sexe masculin (%)

Figure 4.1 Garçons qui ont trois bons amis ou plus de sexe masculin (%)

Figure 4.2 Filles qui ont trois bonnes amies ou plus de sexe féminin (%)

Figure 4.2 Filles qui ont trois bonnes amies ou plus de sexe féminin (%)

On observe fréquemment des différences entre garçons et filles quant à leurs relations avec des amis du même sexe. Les filles ont habituellement des rapports de nature plus personnelle avec leurs amies, se confiant davantage les unes aux autres et s'entraidant plus volontiers sur le plan affectif, tandis que les garçons attachent plus d'importance, dans leurs rapports avec leurs amis, à « l'amélioration de leur prestige personnel » (Maccoby, 1990, p. 168) et aux choses qu'ils font ensemble (Wright, 1982).

Parmi les élèves interrogés dans le cadre de l'en-quête HBSC, plus de filles que de garçons, tous âges confondus, trouvaient facile de parler aux amis du même sexe qu'eux des choses qui les tracassent (figure 4.3). Cette constatation concorde avec les recherches qui ont démontré que les garçons mettaient plus de temps que les filles à se faire de bons amis auxquels ils acceptent de se confier (Sharabany, Gershoni et Hofman, 1981). Ainsi, les amitiés des garçons avec d'autres garçons sont moins axées sur les aspects affectifs de la relation et ont une fonction plus directement pratique, répondant par exemple à des besoins précis et concrets et leur permettant de s'aider les uns et les autres en cas d'ennuis. Les amitiés des filles avec d'autres filles, en revanche, sont centrées sur le soutien, l'aide et les conseils ainsi que sur les gestes familiers.


Figure 4.3 Élèves qui trouvent qu'il est facile ou très facile de parler à leurs amis ou amies du même sexe des choses qui les tracassent vraiment (%)

Figure 4.3 
          Élèves qui trouvent qu'il est facile ou
          très facile de parler à leurs amis ou amies du
          même sexe des choses qui les tracassent vraiment (%)

La facilité de parler à leurs amis de sexe masculin diminue chez les garçons de 6e et de 8e année entre la première et la troisième enquête HBSC, mais on note une légère amélioration à cet égard dans l'enquête de 2002 par rapport à celle de 1998 (figure 4.4). Parmi les garçons de 10e année, qui peuvent parler facilement à leurs amis masculins, on remarque une légère diminution au cours des quatre enquêtes. En ce qui concerne les filles, la proportion de celles qui disent pouvoir parler facilement à leurs amies est plus faible en 6e année, dans les enquêtes de 1994 et de 1998, et en 10e année, dans l'enquête de 2002 (figure 4.5).


Figure 4.4 Garçons qui trouvent qu'il est facile ou très facile de parler à leurs amis de sexe masculin des choses qui les tracassent vraiment, selon l'année de l'enquête (%)

Figure 4.4 Garçons qui trouvent qu'il est facile ou très facile de parler à leurs amis de sexe masculin des choses qui les tracassent vraiment, selon l'année de l'enquête (%)

Figure 4.5 Filles qui trouvent qu'il est facile ou très facile de parler à leurs amies de sexe féminin des choses qui les tracassent vraiment, selon l'année de l'enquête (%)

Figure 4.5 Filles qui trouvent qu'il est facile ou très facile de parler à leurs amies de sexe féminin des choses qui les tracassent vraiment, selon l'année de l'enquête (%)

Les amitiés entre jeunes de sexe opposé

Les jeunes

C'est souvent au cours de la période de l'adolescence qu'apparaissent les caractéristiques des rapports intimes de l'âge adulte. Les amitiés avec des personnes du sexe opposé sont considérées comme une forme d'amitié plus intime que les amitiés avec des personnes du même sexe et comme une étape d'apprentissage des relations sexuelles entre adultes (Sharabany et coll., 1981). Il est indispensable à la socialisation des adolescents d'établir des relations avec des amis ou amies du sexe opposé pour s'affranchir de la dépendance de leurs parents et assumer leurs rôles d'adultes (Buhrmester, 1990; Kuttler, La Greca et Prinstein, 1999).

Par opposition à ce que l'on observe pour les amitiés avec des personnes du même sexe, la proportion des garçons qui ont répondu avoir trois amies ou plus de sexe féminin augmente avec l'âge. Près de 70 p. 100 des garçons de 9e et de 10e année avaient ainsi trois bonnes amies ou plus, par rapport à seulement 55 p. 100 des garçons de 6e année (figure 4.6). Chez les filles, en revanche, on n'observe pas d'écarts importants entre les cinq niveaux considérés concernant les amitiés avec les garçons (figure 4.7).


Figure 4.6 Garçons qui ont trois amies ou plus de sexe féminin (%)

Figure 4.6 Garçons qui ont trois amies ou plus de sexe féminin (%)

Figure 4.7 Filles qui ont trois amis ou plus de sexe masculin (%)

Figure 4.7 Filles qui ont trois amis ou plus de sexe masculin (%)

Il importe que les jeunes développent des relations d'intimité qui leur permettent d'apprendre à communiquer et à parler plus aisément de leurs émotions, qu'il s'agisse de joies ou d'inquiétudes. À l'instar d'autres recherches qui montrent que les garçons aussi bien que les filles ont plus de facilité à avoir des rapports avec les jeunes de leur sexe (McBride et Field, 1997), les résultats de l'enquête HBSC révèlent que tant les garçons que les filles trouvent les amitiés avec des personnes du sexe opposé (figure 4.8) plus difficiles que les amitiés avec des personnes de leur sexe (figure 4.3). Plus particulièrement, les filles trouvent moins facile de parler des choses qui les tracassent à des garçons qu'à d'autres filles. Les écarts entre garçons et filles en ce qui concerne la communication avec le sexe opposé s'amenuisent toutefois avec l'âge. Ainsi, presque autant de garçons que de filles de 9e et de 10e année ont indiqué qu'ils trouvaient facile de parler à leurs amis ou amies du sexe opposé des choses qui les tracassent. Par ailleurs, près du tiers des élèves de 10e année ont indiqué qu'il était difficile pour eux de faire de même. Au fur et à mesure que les garçons et les filles vieillissent, ont davantage confiance en eux et se libèrent de leurs inhibitions, leurs relations avec le sexe opposé deviennent plus faciles (Lundy, Tiffany, McBride, Field et Largie, 1998). La proportion d'élèves qui trouvent facile la communication avec leurs amis ou amies du sexe opposé reste stable au cours des quatre enquêtes chez les garçons (figure 4.9), mais elle diminue chez les filles de 6e et de 8e année (figure 4.10).


Figure 4.8 Élèves qui trouvent qu'il est facile ou très facile pour eux de parler à leurs amis ou amies du sexe opposé des choses qui les tracassent vraiment (%)

Figure 4.8 Élèves qui trouvent qu'il est facile ou très facile pour eux de parler à leurs amis ou amies du sexe opposé des choses qui les tracassent vraiment (%)

Figure 4.9 Garçons qui trouvent qu'il est facile ou très facile pour eux de parler à leurs amies de sexe féminin des choses qui les tracassent vraiment, selon l'année de l'enquête (%)

Figure 4.9 Garçons qui trouvent qu'il est facile ou très facile pour eux de parler à leurs amies de sexe féminin des choses qui les tracassent vraiment, selon l'année de l'enquête (%)

Figure 4.10 Filles qui trouvent qu'il est facile ou très facile pour elles de parler à leurs amis de sexe masculin des choses qui les tracassent vraiment, selon l'année de l'enquête (%)

Figure 4.10 Filles qui trouvent qu'il est facile ou très facile pour elles de parler à leurs amis de sexe masculin des choses qui les tracassent vraiment, selon l'année de l'enquête (%)

Les meilleurs amis

Il ressort de l'enquête qu'il est plus facile pour les filles que pour les garçons de parler à leur meilleur ami des choses qui les tracassent (figure 4.11). La proportion de jeunes qui peuvent ainsi facilement parler à leur meilleur ami augmente toutefois avec l'âge, tant chez les garçons que chez les filles. Les recherches montrent que des changements importants surviennent concernant la nature et l'importance des liens d'amitié durant l'adolescence. Ces changements prennent particulièrement la forme d'une plus grande intimité entre amis, qui multiplient alors les échanges, les confidences et les gestes de soutien affectif (Buhrmester, 1990).


Figure 4.11 Élèves qui trouvent qu'il est facile ou très facile pour eux de parler à leur meilleur ami ou amie des choses qui les tracassent, selon l'année de l'enquête (%)

Figure 4.11 Élèves qui trouvent qu'il est facile ou très facile pour eux de parler à leur meilleur ami ou amie des choses qui les tracassent, selon l'année de l'enquête (%)

Le temps passé avec les amis

« Jouer ensemble », « se réunir » et « faire des choses ensemble » comptent parmi les plus importantes caractéristiques des amitiés entre jeunes (Savin-Williams et Berndt, 1990). Le temps que passent les adolescents avec leurs amis est une bonne indication de la mesure dans laquelle ils adhèrent à leur groupe d'amis. Dans l'enquête HBSC, le temps que les garçons passent avec leurs amis après l'école (figure 4.12) ou en soirée (figure 4.15) était stable à travers les niveaux scolaires. En revanche, les filles des classes des niveaux supérieurs passent moins de temps avec leurs amis tout de suite après l'école (figure 4.12) et voient leurs amis moins de soirées par semaine (figure 4.15) que celles des classes des niveaux inférieurs. Cette diminution de la fréquence à laquelle les filles voient leurs amis en vieillissant pourrait être due aux restrictions qu'imposent les parents à leurs filles quand elles avancent en âge ou au fait que les filles consacrent plus de temps à leurs travaux scolaires, à un emploi à temps partiel ou à d'autres activités à la maison. On observe par ailleurs une tendance à la diminution de la proportion des élèves qui voient leurs amis quatre ou cinq jours par semaine tout de suite après l'école ou cinq soirées ou plus par semaine depuis l'enquête de 1994, particulièrement chez les filles de 10e année (figures 4.13 et 4.14; figures 4.16 et 4.17).


Figure 4.12 Élèves qui voient leurs amis ou amies quatre ou cinq jours par semaine tout de suite après l'école (%)

Figure 4.12 Élèves qui voient leurs amis ou amies quatre ou cinq jours par semaine tout de suite après l'école (%)

Figure 4.13 Garçons qui voient leurs amis ou amies quatre ou cinq jours par semaine tout de suite après l'école, selon l'année de l'enquête (%)

Figure 4.13  Garçons qui voient leurs amis ou amies quatre ou cinq jours par semaine tout de suite après l'école, selon l'année de l'enquête (%)

Figure 4.14 Filles qui voient leurs amis ou amies quatre ou cinq jours par semaine tout de suite après l'école, selon l'année de l'enquête (%)

Figure 4.14 Filles qui voient leurs amis ou amies quatre ou cinq jours par semaine tout de suite après l'école, selon l'année de l'enquête (%)

Figure 4.15 Élèves qui voient leurs amis ou amies cinq soirées par semaine ou plus (%)

Figure 4.15 Élèves qui voient leurs amis ou amies cinq soirées par semaine ou plus (%)

Figure 4.16 Garçons qui voient leurs amis ou amies cinq soirées par semaine ou plus, selon l'année de l'enquête (%)

Figure 4.16 Garçons qui voient leurs amis ou amies cinq soirées par semaine ou plus, selon l'année de l'enquête (%)

Figure 4.17 Filles qui voient leurs amis ou amies cinq soirées par semaine ou plus, selon l'année de l'enquête (%)

Figure 4.17 Filles qui voient leurs amis ou amies cinq soirées par semaine ou plus, selon l'année de l'enquête (%)

Les comportements à risque des camarades et leur con sommation d'alcool et de drogues

Dans la présente section, nous évaluons l'usage de tabac ainsi que la consommation d'alcool et de drogue des amis des élèves interrogés et l'influence de ces comportements à risque des amis sur les propres comportements à risque de ces élèves. Bien que plus de filles que de garçons de 9e année aient dit avoir des amis ou amies qui fument, on note la situation inverse en 10e année, mais l'écart est faible (figure 4.18). La situation est sensiblement la même pour ce qui concerne la consommation de drogues par les amis ou amies. La proportion de garçons de 10e année dont les amis ou amies se droguent dans le but de se geler est toutefois notablement plus élevée que celle des filles (figure 4.19). C'est l'inverse en ce qui concerne la consommation occasionnelle excessive d'al-cool : un peu plus de filles que de garçons ont répondu avoir des amis ou amies qui se sont enivrés au moins une fois (figure 4.20).


Figure 4.18 Élèves qui ont répondu que la plupart de leurs amis ou tous leurs amis fument (%)

Figure 4.18 Élèves qui ont répondu que la plupart de leurs amis ou tous leurs amis fument (%)

Figure 4.19 Élèves qui ont répondu que la plupart de leurs amis ou tous leurs amis se droguent dans le but de se « geler » (%)

Figure 4.19 Élèves qui ont répondu que la plupart de leurs amis ou tous leurs amis se droguent dans le but de se « geler » (%)

Figure 4.20 Élèves qui ont répondu que la plupart de leurs amis ou tous leurs amis se sont déjà enivrés (%)

Figure 4.20 Élèves qui ont répondu que la plupart de leurs amis ou tous leurs amis se sont déjà enivrés (%)

L'intégration sociale et l'influence des camarades

Afin de mieux expliquer le lien entre les comportements relatifs à la santé des élèves et ceux de leurs camarades, nous avons établi deux échelles englobant les aspects fondamentaux des relations des adolescents avec leurs camarades. La première échelle, servant à évaluer le degré d'intégration sociale (IS), est composée des éléments suivants : a) le nombre de bons amis des deux sexes; b) les rapports avec les autres (le nombre de fois par semaine que les jeunes voient leurs amis ou amies après l'école, l'utilisation du téléphone et du courrier électronique, etc.); c) la facilité de parler aux amis ou amies. La seconde échelle, destinée à mesurer l'influence des camarades (IC), est composée des facteurs suivants : a) la mesure dans laquelle les amis ou amies des élèves interrogés ont des comportements à risque; b) l'attitude des amis ou amies à l'égard des parents et de l'école. En combinant les parties supérieures et inférieures de ces deux échelles, on a défini les quatre catégories d'élèves de 9e et de 10e année suivantes :

  1. IS élevée et IC positive
  2. IS élevée et IC négative
  3. IS faible et IC positive
  4. IS faible et IC négative

Les liens entre chacune de ces quatre catégories d'élèves et les attitudes, la santé émotionnelle et les facteurs possibles de risque pour la santé sont présentés au tableau 4.1. Les élèves qui ne sont pas bien intégrés socialement et qui subissent la mauvaise influence de leurs camarades (4e catégorie) sont moins satisfaits de leur vie et ont une vie familiale moins heureuse, et ils sont plus susceptibles de vouloir parfois partir de la maison. Ils sont aussi moins susceptibles d'aimer être à l'école et d'avoir un sentiment d'appartenance à leur école et plus susceptibles de se sentir souvent seuls et d'avoir souvent l'impression d'être délaissés. Cependant, le fait de subir une influence positive des camarades améliore l'état émotionnel des élèves qui ne sont pas bien intégrés socialement (3e catégorie) ainsi que leur attachement pour la maison et l'école. Ainsi, bien que 31 p. 100 des élèves de cette 3e catégorie aient indiqué qu'ils se sentaient seuls et avaient l'impression d'être délaissés, près de la moitié (47 p. 100) d'entre eux étaient satisfaits de leur vie, sur une échelle de 0 à 10, et ils ont indiqué dans une proportion de 72 p. 100 qu'ils avaient une vie familiale heureuse.

Les jeunes au Canada : leur santé et leur bien-être - Chapitre 10 : La santé émotionnelle

La santé émotionnelle devrait préoccuper tous les Canadiens. Environ 20 p. 100 des habitants du Canada contracteront une maladie mentale quelconque dans leur vie (la dépression, la schizophrénie, la psychose, etc.). On estime que 2,5 millions de Canadiens de plus de 18 ans souffriront de troubles dépressifs (Association canadienne pour la santé mentale, 2002). De plus, une proportion élevée (66 p. 100) du phénomène des sans-abri (Association canadienne pour la santé mentale, 2002) et des suicides (Moscicki, 1999) au Canada est liée à une piètre santé émotionnelle. Malgré ces pourcentages élevés, l'importance réelle du problème peut être sous-estimée, puisque les gens peuvent ne pas toujours être disposés à admettre qu'ils souffrent de problèmes affectifs. Cette proportion relativement élevée de personnes souffrant de problèmes affectifs s'accompagne de coûts financiers et sociétaux. Un récent rapport soulignait qu'on consacre 14,4 milliards de dollars par année au traitement des maladies mentales au Canada (Joubert et Stephens, 2001). Ils prévoient même que ce montant augmentera au point où la maladie mentale représentera la principale dépense en santé au pays d'ici à 2020 (Association des psychiatres du Canada, 2001).

Les problèmes de santé émotionnelle qui surviennent à l'adolescence ne persistent pas nécessairement toute la vie (Elder et Crosnoe, 2002). La plupart des individus peuvent mener une vie saine et productive moyennant un traitement approprié, tel que le soutien psychologique individuel et/ou collectif ou des médicaments appropriés (Diverty et Beaudet, 1997). Il est donc essentiel de comprendre l'ampleur et l'origine des troubles émotifs chez les adolescents canadiens de façon qu'ils puis-sent être traités convenablement.

L'enquête HBSC de 2002 mesurait l'état de santé émotionnelle des jeunes de la 6e à la 10e année sur deux plans : sur le plan symptomatique et sur le plan global. Au niveau symptomatique, une liste de contrôle de huit points a été dressée. Quatre points mesuraient les indicateurs psychologiques de la santé émotionnelle (le fait d'être déprimé ou d'avoir le cafard, l'irritabilité ou la mauvaise humeur, la nervosité et les étourdissements) et quatre points mesuraient les facteurs somatiques (les maux de tête, les maux d'estomac, les maux de dos et la difficulté à s'endormir). L'échelle est flexible en ce sens que les scores sommaires (Haugland, Wold, Stevenson, AarØ et Woynarowska, 2001) et les scores individuels (Torsheim et Wold, 2001) sont significatifs. On a demandé aux adolescents à quelle fréquence ils avaient souffert de ces malaises, qui représentent des indicateurs de la santé émotionnelle, dans les six derniers mois (« presque chaque jour », « plus d'une fois par semaine », « presque chaque semaine », « presque chaque mois » et « rarement ou jamais »).

Les élèves ont dû répondre à deux questions globales sur la perception qu'ils ont de leur état de santé. Pour répondre à la première question sur la satisfaction au regard de leur vie, les élèves devaient évaluer leur vie au moyen d'une échelle de 11 niveaux, « 10 » correspondant à la meilleure vie possible et « 0 », à la pire vie possible. Cette échelle s'est montrée un instrument valable de l'évaluation du degré de satisfaction chez les adultes (Cantril, 1965), bien qu'il faille encore la valider comme mesure de la satisfaction chez les adolescents. Deuxièmement, les jeunes devaient décrire simplement leur état de santé en choisissant parmi « excellent », « bon », « moyen » ou « mauvais ». Cette question s'est révélée une mesure utile de la santé émotionnelle dans le cadre d'enquêtes épidémiologiques d'envergure (Idler et Benyamini, 1997).

Les indicateurs psychosomatiques de la santé émotionnelle

Pour les besoins du présent rapport, notre examen a porté sur quatre symptômes individuels de la santé émotionnelle (deux symptômes somatiques et deux symptômes psychologiques) : les maux de tête, les maux de dos, le fait d'être déprimé ou d'avoir le cafard et l'irritabilité ou la mauvaise humeur. Ces symptômes ont été retenus parce qu'ils avaient été étudiés dans les rapports HBSC précédents au Canada (King, Boyce et King, 1999).

Les maux de tête

Les maux de tête ont de plus en plus fait l'objet de recherches ces dernières années, étant donné que leur corrélation avec le stress des adolescents a été très bien établie (Reynolds, O'Koon, Papademetriou et Szczygiel, 2001; Waldie, 2001). La figure 10.1 montre les pourcentages d'adolescents qui ont dit avoir souffert de maux de tête au moins une fois par semaine. À chaque niveau, un nombre considérablement plus élevé de filles que de garçons ont déclaré souffrir de maux de tête chaque semaine. Par exemple, tandis que 19 p. 100 des garçons de 6e année déclaraient avoir des maux de tête chaque semaine, 27 p. 100 des filles de ce niveau en faisaient autant. En outre, le nombre de répondants qui disaient souffrir de maux de tête augmentait à chaque niveau, tant chez les garçons que chez les filles. Cette augmentation était plus marquée chez les filles entre la 7e et la 8e année (33 p. 100 et 43 p. 100 respectivement).


Figure 10.1 Élèves qui ont souffert de maux de tête au moins une fois par semaine au cours des six derniers mois (%)

Figure 10.1 Élèves qui ont souffert de maux de tête au moins une fois par semaine au cours des six derniers mois (%)

En ce qui concerne les maux de tête, la tendance à la baisse signalée dans le rapport précédent (King et coll., 1999) se poursuit en 2002, à l'exception des filles de 8e année et des garçons de 10e année (figure 10.2). Chez ces deux groupes en effet, le pourcentage d'élèves souffrant de maux de tête était plus élevé que dans les deux enquêtes HBSC précédentes. C'est chez les garçons de 8e année - le seul groupe où la proportion d'élèves souffrant de maux de tête a augmenté de 1994 à 1998 - que les maux de tête étaient à leur plus faible niveau dans les trois dernières enquêtes.

Figure 10.2 Éleves qui ont souffert de maux de tête au moins une fois par semaine au cours des six derniers mois, selon l'année de l'enquête (%)

Figure 10.2 Éleves qui ont souffert de maux de tête au moins une fois par semaine au cours des six derniers mois, selon l'année de l'enquête (%)

Les maux de dos

Contrairement à ce que l'on observait relativement à la plupart des autres indicateurs de la santé émotionnelle, le nombre de garçons et de filles déclarant souffrir de maux de dos était sem blable (figure 10.3). Le nombre d'élèves disant souffrir de maux de dos a régulièrement grandi par niveau, la hausse la plus marquée survenant après la 7e année (semblable en cela à la tendance relative aux maux de tête pour les filles).


Figure 10.3 Élèves qui ont souffert de maux de dos au moins une fois par mois au cours des six derniers mois (%)

Figure 10.3 Élèves qui ont souffert de maux de dos au moins une fois par mois au cours des six derniers mois (%)

L'analyse des tendances relatives aux maux de dos (figure 10.4) ne met au jour aucun schéma systématique pour les trois dernières enquêtes. Cependant, le nombre d'élèves déclarant des maux de dos a diminué à chaque niveau 6e année 7e année 8e année 9e année 10e année chez les garçons et les filles depuis 1998. Les garçons de 8e année représentaient la seule exception; le nombre de maux de dos déclarés chez ce groupe est demeuré stable à 46 p. 100. La plus importante baisse entre les enquêtes a été enregistrée chez les élèves de 6e année : de 40 p. 100 à 29 p. 100 chez les garçons et de 38 p. 100 à 29 p. 100 chez les filles.

Figure 10.4 Élèves qui ont souffert de maux de dos au moins une fois par mois au cours des six derniers mois, selon l'année de l'enquête (%)

Figure 10.4 Élèves qui ont souffert de maux de dos au moins une fois par mois au cours des six derniers mois, selon l'année de l'enquête (%)

La dépression (avoir le cafard)

La figure 10.5 montre le pourcentage d'élèves qui ont déclaré avoir été déprimés (avoir eu le cafard) au moins une fois par semaine dans les six derniers mois. Pour ce qui est des garçons de la 6e à la 10e année, l'incidence des épisodes de déprime déclarés a légèrement augmenté de 21 p. 100 à 25 p. 100, tandis qu'elle a été nettement à la hausse chez les filles, passant de 23 p. 100 à 36 p. 100. Même s'ils sont légèrement plus élevés, ces pourcentages cadrent avec les constatations de l'Association canadienne pour la santé mentale (2002) selon lesquelles des troubles psychiatriques pouvant être diagnostiqués existent chez près de 20 p. 100 des enfants et des jeunes. Les différences entre les sexes étaient également semblables à celles relevées par des mesures cliniques de la dépression (Wade, Cairney et Pevalin, 2002). L'analyse des résultats des enquêtes précédentes révèle que le nombre d'élèves déclarant être déprimés ou avoir le cafard est demeuré essentiellement le même au fil des ans (figure 10.6).


Figure 10.5 Élèves qui ont été déprimés (qui ont eu le cafard) au moins une fois par semaine au cours des six derniers mois (%)

Figure 10.5 Élèves qui ont été déprimés (qui ont eu le cafard) au moins une fois par semaine au cours des six derniers mois (%)

Figure 10.6 Élèves qui ont été déprimés (qui ont eu le cafard) au moins une fois par semaine au cours des six derniers mois, selon l'année de l'enquête (%)

Figure 10.6 Élèves qui ont été déprimés (qui ont eu le cafard) au moins une fois par semaine au cours des six derniers mois, selon l'année de l'enquête (%)

L'irritabilité ou la mauvaise humeur

Les écarts relevés entre les garçons et les filles concernant les maux de tête et le fait d'être déprimé étaient moins prononcés pour ce qui est de l'irritabilité ou de la mauvaise humeur (voir la figure 10.7). Chez les élèves de 8e année, un plus grand nombre de filles que de garçons ont déclaré être irritables ou de mauvaise humeur (23 p. 100 par rapport à 16 p. 100), tandis que les différences entre les sexes étaient négligeables chez les élèves des autres niveaux. La plus forte augmentation de l'incidence de la mauvaise humeur est observée chez les filles, entre la 7e et la 8e année (de 17 p. 100 à 23 p. 100). Cette tendance est semblable à celle constatée plus tôt concernant les maux de tête et les maux de dos.


Figure 10.7 Élèves qui ont été irritables ou de mauvaise humeur au moins une fois par semaine au cours des six derniers mois (%)

Figure 10.7 Élèves qui ont été irritables ou de mauvaise humeur au moins une fois par semaine au cours des six derniers mois (%)

La figure 10.8 révèle une forte tendance à la baisse du nombre d'élèves déclarant avoir été irritables plus d'une fois par semaine chez les jeunes de la 6e année de 1994 à 2002. En effet, tant les garçons que les filles de 6e année ont déclaré avoir été moins souvent irritables au cours des périodes visées par les trois dernières enquêtes. Cette tendance s'observe aussi chez les garçons de 8e année et, dans une moindre mesure, chez les filles de 10e année. Les raisons de cet état de choses ne sont toutefois pas évidentes.

Figure 10.8 Élèves qui ont été irritables ou de mauvaise humeur au moins une fois par semaine au cours des six derniers mois, selon l'année de l'enquête (%)

Figure 10.8 Élèves qui ont été irritables ou de mauvaise humeur au moins une fois par semaine au cours des six derniers mois, selon l'année de l'enquête (%)

Un profil d'ensemble de la santé émotionnelle

La satisfaction au regard de la vie

Un nombre relativement peu élevé d'élèves, quel que soit le niveau, se sont dits satisfaits de leur vie au plus haut degré en s'attribuant la note « 10 » (figure 10.9). Les filles de 10e année étaient particulièrement peu susceptibles de s'accorder la note la plus élevée à cet égard (4 p. 100). Par contraste, 18 p. 100 des garçons de 6e année étaient entièrement satisfaits de leur vie (note de « 10 »).

Figure 10.9 Opinion qu'ont les élèves de leur vie sur une échelle de 0 à 10 (%)

Figure 10.9 Opinion qu'ont les élèves de leur vie sur une échelle de 0 à 10 (%)

Même si relativement peu d'adolescents se sont dits entièrement satisfaits de leur vie (« 10 »), la majorité des élèves de chaque groupe se sont attribués une note d'au moins « 8 » sur l'échelle de satisfaction. Ici encore, les garçons de 6e année constituaient le groupe le plus satisfait (67 p. 100 d'entre eux se situaient entre « 8 » et « 10 »), et les filles de 10e année formaient le groupe le moins satisfait (52 p. 100 d'entre elles se situaient entre « 8 » et « 10 »). En fait, le degré de satisfaction au regard de la vie est constamment plus élevé chez les garçons que chez les filles, quelle que soit le niveau, tandis qu'il diminuait progressivement d'un niveau à l'autre.

Le tableau 10.1 établit un lien entre le degré de satisfaction des élèves au regard de leur vie et d'autres éléments d'évaluation de l'étude. Les coefficients de corrélation de Pearson qu'on y trouve indiquent la force de la corrélation entre les éléments d'évaluation et l'ensemble des échelles, les coefficients les plus élevés étant associés aux liens les plus forts. Le zéro indique l'absence de corrélation, tandis que le chiffre un dénote une corrélation parfaite. La direction du lien était établie suivant le libellé des questions.

Tableau 10.1 Facteurs associés à l'opinion positive qu'ont les élèves de leur vie (coefficients de corrélation*)
  Grade 6 Grade 8 Grade 10
Boys Girls Boys Girls Boys Girls
Bonne ou excellente santé 0,41 0,39 0,38 0,42 0,45 0,40
Estime de soi positive** 0,45 0,44 0,44 0,51 0,45 0,55
Absence de symptômes psychosomatiques** 0,35 0,38 0,38 0,33 0,29 0,38
Relations positives avec les parents** 0,48 0,47 0,52 0,52 0,50 0,54
Prise de décisions positives** 0,20 0,23 0,16 0,25 0,17 0,25
Bonne intégration sociale** 0,18 0,15 0,23 0,10 0,22 0,20
* Coefficient de corrélation : faible (inférieur ou égal à 0,20); modéré (entre 0,21 et 0,39); fort (égal ou supérieur à 0,40). ** Notes établies selon une échelle.

Comme l'on pouvait s'y attendre, le degré de satisfaction était associé de façon positive à d'autres éléments d'évaluation de la santé émotionnelle, tels que la perception qu'avaient les élèves de leur état de santé et l'absence de symptômes psychosomatiques (tableau 10.1). En outre, les adolescents satisfaits de leur vie avaient tendance à avoir une meilleure estime de soi. La plus forte influence sur le niveau de satisfaction au regard de la vie était la relation qu'entretiennent les élèves avec leurs parents. La famille peut servir de base aux relations sociales en garantissant aux adolescents un sentiment de sécurité (Chubb et Fertman, 1992) et en les encourageant à développer un puissant sentiment d'identité (Noller et Callan, 1991). Le fonctionnement de la famille, sous l'angle de la résolution de problèmes par les parents (Vuchinich et de Baryshe, 1997), les responsabilités assumées par la famille (Taylor et coll., 1997) et le traitement parental positif (DeHaan et MacDermid, 1998) peuvent contribuer à une santé émotionnelle positive, telle que mesurée par le degré de satisfaction au regard de la vie.

Par contraste, le lien entre une bonne intégration sociale et une opinion positive de sa vie était moins solide chez les élèves qui ont répondu aux questions de l'enquête. Une bonne intégration sociale ne fait que refléter le degré d'intégration sociale et non la nature de l'influence des camarades utilisée dans la mesure connexe employée au chapitre 4 (Le Groupe de camarades). Certains auteurs ont soutenu que les besoins sociaux changent à l'adolescence et que le besoin d'intimité interpersonnelle augmente (Erdley, Nangle, Newman et Carpenter, 2001). Toutefois, la contribution apparente de l'intégration sociale à l'opinion positive qu'ont les élèves de leur vie dans l'échantillon de l'enquête HBSC était faible. Cette plus grande influence de la famille par rapport à celle des camarades peut être liée au fait que les parents fournissent un soutien continu aux enfants pendant de nombreuses années et aussi au fait que la santé émotionnelle se développe sur une période prolongée.

Afin d'établir si les adolescents qui avaient une opinion positive de leur vie étaient moins enclins à avoir des symptômes psychosomatiques, le nombre moyen de symptômes (de 0 à 8) ressentis par un élève une fois par semaine ou plus a été calculé. Comme prévu, plus les élèves avaient une opinion positive de leur vie, moins ils étaient susceptibles d'avoir des problèmes de santé émotionnelle (figure 10.10). Le contraste à ce chapitre était particulièrement spectaculaire entre ceux qui étaient le moins satisfait de leur vie et ceux qui l'étaient le plus. Par exemple, les filles qui s'étaient attribué la note « 10 » avaient en moyenne 1,3 symptôme psychosomatique. Par comparaison, celles qui s'étaient attribué la note « 0 » avaient en moyenne 5,8 symptômes. Chez les garçons, les moyennes comparables étaient de 1,1 et 4,2 symptômes. Les plus hauts niveaux de symptômes psychosomatiques chez les garçons allaient à ceux qui s'étaient attribué la note « 1 ». Chez les filles, cette note était « 2 ».

Figure 10.10 Nombre moyen de symptômes psychosomatiques, selon l'opinion que les élèves ont de leur vie sur une échelle de 0 à 10

Figure 10.10 Nombre moyen de symptômes psychosomatiques, selon l'opinion que les élèves ont de leur vie sur une échelle de 0 à 10

De plus, indépendamment du degré de satisfaction au regard de la vie, les filles connaissaient davantage de problèmes de santé émotionnelle. Compte tenu du nombre élevé de problèmes de santé signalés par les filles d'un bout à l'autre de l'échelle de satisfaction de sa vie, il serait peut-être préférable d'utiliser les symptômes psychosomatiques plutôt que cette échelle pour distinguer les filles qui risquent plus que d'autres d'avoir des problèmes de santé émotionnelle.

La perception de l'état de santé

La perception qu'ont les adolescents de leur état de santé constitue un second élément d'évaluation de la santé émotionnelle (figure 10.11). Toutes classes confondues, les garçons ont plus souvent dit être en « excellente » ou en « bonne » santé que les filles. Cependant, bien que l'écart entre les sexes soit minime en 6e et en 7e année (91 p. 100 contre 88 p. 100 en 6e année et 89 p. 100 contre 88 p. 100 en 7e année), la différence augmente de la 8e à la 10e année. Ce changement soudain entre la 7e et la 8e année chez les filles était également perceptible dans les symptômes psychosomatiques. Il est possible que les filles de 7e et de 8e année traversent une période particulièrement difficile de leur vie, comme en témoigne leur perception de leur état de santé. Cette situation est peut-être attribuable aux changements sur le plan du développement et de la puberté ainsi qu'aux symptômes physiques et émotionnels qui accompagnent l'apparition des premières règles, tels que les maux de tête, les maux d'estomac, les maux de dos, les épisodes de déprime et l'irritabilité.


Figure 10.11 Élèves qui se considèrent en bonne ou en excellente santé (%)

Figure 10.11 Élèves qui se considèrent en bonne ou en excellente santé (%)

Les facteurs associés à la perception de l'état de santé vont de pair avec ceux associés à l'opinion qu'ont les élèves de leur vie (tableau 10.2). Ici encore, les rapports avec les parents jouent un rôle plus important au regard de la perception de l'état de santé que ne le fait l'intégration sociale.

Tableau 10.2 Facteurs associés à une perception positive de l'état de santé (coefficients de corrélation*)
  6e année 8e année 10e année
Garçons Filles Garçons Filles Garçons Filles
Opinion positive à l'égard de sa vie 0,41 0,39 0,38 0,42 0,45 0,40
Estime de soi positive** 0,32 0,28 0,29 0,37 0,29 0,36
Absence de symptômes psychosomatiques** 0,29 0,29 0,23 0,33 0,29 0,32
Relations positives avec les parents** 0,32 0,23 0,23 0,29 0,29 0,27
Prise de décisions positives** 0,21 0,21 0,11 0,17 0,13 0,13
Bonne intégration sociale** 0,09 0,13 0,17 0,12 0,18 0,13
* Coefficient de corrélation : faible (inférieur ou égal à 0,20); modéré (entre 0,21 et 0,39); fort (égal ou supérieur à 0,40). ** Notes établies selon une échelle.

Principales constatations

  • Les filles étaient plus susceptibles de déclarer des symptômes somatiques (mal de tête) et psychologiques (épisodes de déprime), et cette tendance s'accentuait avec l'âge.
  • Les élèves qui déclaraient peu de symptômes psychosomatiques étaient plus satisfaits de leur vie.
  • La santé émotionnelle médiocre était associée au faible degré de satisfaction de sa vie et au mauvais état de santé subjectif chez les élèves des classes des niveaux les plus élevés.
  • Les bonnes relations avec les parents et les camarades étaient liées aux mesures globales de satisfaction au regard de la vie et de la santé générale.
  • La corrélation de la satisfaction au regard de la vie était plus forte avec les relations positives avec les parents qu'avec l'intégration sociale avec les camarades.
Tableau 4.1 Facteurs associés au degré (élevé ou faible) d'intégration sociale (IS) et à l'influence des camarades (IC) (%)
 
Catégorie 1
IS élevée
IC positive
Catégorie 2
IS élevée
IC négative
Catégorie 3
IS faible
IC positive
Catégorie 4
IS faible
IC négative
Ont une vie familiale heureuse 83* 70 72 53
Sont satisfaits de leur vie 66 52 47 32
Voudraient parfois partir de la maison 20 42 30 60
Éprouvent un sentiment d'appartenance à leur école 70 51 54 35
Pensent que leur école est un bon endroit où il fait bon vivre 74 48 53 30
Aiment les activités à l'école 73 55 55 39
Se sentent souvent seuls 15 20 31 47
Ont souvent l'impression d'être délaissés 17 18 31 46
Se sont enivrés plus de quatre fois 13 40 5 34
Fument des cigarettes 34 72 21 60
Ont consommé du cannabis plus de trois fois au cours des 12 derniers mois 11 47 7 39
Boivent de la bière au moins une fois par semaine 8 27 5 27
Ont pris de l'Ectasy plus de trois fois 0,3 4 0 13
Ont pris des amphétamines plus de cinq fois 0,4 6 0 14
Ont pris de l'héroïne, de l'opium ou de la morphine plus de cinq fois 0,6 2,8 0 10
Ont pris des médicaments pour se droguer plus de cinq fois 0,9 8 1 14
Ont pris de la cocaïne plus de trois fois 0,3 4 0 10
Ont inhalé de la colle ou des solvants plus de trois fois 0,3 4 0 11
Ont pris du ritalin pour se droguer plus de trois fois 0,5 6 0,5 7
Ont pris du LSD plus de trois fois 0,3 4 0 9
Ont pris des stéroïdes anabolisants 0,6 2 0 1.4
Ont eu des rapports sexuels 14 39 4 32
* Par exemple, 83 % des élèves dont l'IS est élevée et dont l'IC est positive ont indiqué qu'ils avaient une vie familiale heureuse.

Par ailleurs, parmi les élèves bien intégrés socialement (1re et 2e catégories), ceux qui subissent une mauvaise influence de leurs camarades sont plus susceptibles de fumer, de s'enivrer et de consommer de la marijuana. Cependant, la consommation de drogues dures - la forme la plus extrême d'usage de stupéfiants - est plus fréquente chez les élèves qui sont moins bien intégrés socialement et qui subissent la mauvaise influence de leurs camarades (4e catégorie) que chez ceux qui sont bien intégrés socialement, mais qui subissent la même mauvaise influence de leurs camarades (2e catégorie). Cela semble indiquer que les jeunes bien intégrés socialement sont plus nombreux à fumer, à boire de l'alcool et à consommer de la marijuana, peutêtre durant les danses, les soirées et les autres occasions où les jeunes se rencontrent, et que ces comportements à risque qu'ils ont en commun peuvent créer des liens d'amitié (Engels et ter Bogt, 2001).

Enfin, les élèves de 9e et de 10e année qui sont bien intégrés socialement, mais qui subissent une mauvaise influence de leurs camarades (2e catégorie), étaient plus nombreux à avoir eu des relations sexuelles au moins une fois. Les élèves qui sont mal intégrés socialement et qui subissent une mauvaise influence de leurs camarades étaient aussi relativement plus nombreux à avoir déjà eu des relations sexuelles. Les élèves qui sont positivement influencés par leurs camarades étaient en revanche moins nombreux à avoir déjà eu des relations sexuelles, et ce, aussi bien dans le cas des élèves qui sont bien intégrés que de ceux qui sont mal intégrés socialement (1re et 3e catégories).

Principales constatations

  • Plus de garçons que de filles trouvent qu'il est difficile de parler à leurs amis ou amies du même sexe qu'eux.
  • La communication entre garçons et filles est plus difficile pour les élèves plus jeunes, et plus particulièrement pour les filles.
  • Les garçons - surtout ceux des classes des niveaux inférieurs - ont plus de difficulté à communiquer avec leurs meilleurs amis.
  • Les filles plus âgées voient généralement leurs camarades moins souvent aussi bien après l'é-cole que durant la soirée.
  • Les élèves qui sont bien intégrés socialement sont davantage satisfaits de leur vie.
  • Les élèves qui sont exposés à une influence positive de leurs camarades sont davantage satisfaits de leur vie.
  • Les élèves qui subissent une mauvaise influence de leurs camarades ont davantage de comportements à risque.
  • Les élèves qui sont bien intégrés socialement ont plus souvent des comportements qui les exposent à des dangers relativement légers.
  • Les élèves qui sont mal intégrés socialement ont plus souvent des comportements qui les exposent à des dangers graves (la consommation de drogues dures, par exemple).
  • Les jeunes qui subissent la mauvaise influence de leurs camarades sont plus nombreux à avoir des relations sexuelles, qu'ils soient bien ou mal intégrés socialement.
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