Surveillance nationale de la maladie de Lyme au Canada en 2013 : rapport sur le Web

Table des matières

Sommaire

La maladie de Lyme est une maladie infectieuse en émergence au Canada, surtout parce que la tique qui transmet la maladie se propage vers le nord à partir des États-Unis dans les régions du sud-est et du centre-sud. La maladie de Lyme est devenue une maladie à déclaration obligatoire à l'échelle nationale au Canada en 2009. Les cas de maladie de Lyme sont déclarés au Système canadien de surveillance des maladies à déclaration obligatoire (SSMDO) de l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Certaines provinces (Alberta, Manitoba, Ontario, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse et Île-du-Prince-Édouard) participent au système de Surveillance Renforcée de la Maladie de Lyme (SRML), qui vise à mieux repérer les Canadiens à risque au moyen de l'analyse des données renseignements de cas humains déclarés en plus des informations habituellement transmises au Système canadien de surveillance des maladies à déclaration obligatoire.

La collecte et l'analyse des données ont deux objectifs : i) appuyer la prévention de la maladie de Lyme en aidant à cibler les activités de contrôle et de prévention pour la population la plus à risque; et ii) appuyer l'amélioration du diagnostic et du traitement des canadiens infectés en informant les travailleurs de la santé des manifestations cliniques de la maladie de Lyme les plus fréquemment déclarées au Canada. Ensemble, ces objectifs visent à réduire au minimum les répercussions de la maladie de Lyme au Canada.

Le présent rapport a pour objet de présenter la mise à jour annuelle des données de surveillance. Le rapport de 2009-2012 Surveillance nationale de la maladie de Lyme au Canada est en ligne en ce moment.

Voici les principales conclusions du rapport de 2013 :

  • Le nombre de cas déclarés au Canada a plus que quadruplé en cinq ans. Il est passé de 144 en 2009 à 682 en 2013. Par ailleurs, le nombre de cas a plus que doublé de 2012 à 2013 (de 338 cas à 682 cas, respectivement), la plus forte augmentation de l'incidence étant signalée en Nouvelle-Écosse. L'augmentation du nombre de cas est principalement attribuable à l'augmentation du nombre d'infections contractées au Canada.
  • Un plus grand nombre d'hommes que de femmes sont touchés (56 % et 44 % des cas, respectivement). Les adultes âgés de 55 à 74 ans et les enfants âgés de 5 à 14 ans sont particulièrement susceptibles d'être atteints de la maladie de Lyme. Des cas ont été rapportés entre avril et novembre pour culminer en juillet, mois pendant lequel les tiques qui transmettent le virus de la maladie de Lyme sont actives et que les Canadiens prennent souvent part à des activités de plein air dans les boisés où vivent les tiques.
  • Près de 90 % des infections ont été contractées dans certains endroits des Maritimes, du sud et du centre-sud du Canada. Les activités de surveillance y indiquent la présence de populations établies de tiques qui transmettent la maladie de Lyme.
  • Une proportion élevée de cas (>68 %) présentaient les symptômes de la maladie de Lyme au stade précoce (c.-à-d. que les cas présentaient une éruption cutanée caractéristique d'un érythème migrant). Cependant, 55 % des cas ont déclaré des symptômes de la maladie à un stade avancé, tandis qu'environ 40 % des cas seulement en étaient au stade précoce de la maladie. Par conséquent, soit les Canadiens touchés ne se font pas traiter par un professionnel de la santé au cours des premiers stades de la maladie, soit les professionnels de la santé de première ligne ne signalent pas tous ces cas (ou les deux situations s'appliquent). Cela pourrait être attribuable à la sensibilisation sous-optimale des travailleurs de la santé et la population. Cette sensibilisation sous-optimale est un problème potentiel et constitue par conséquent l’une des priorités du Plan d'action sur la maladie de Lyme de l'ASPC.

Résumé des cas de la maladie de Lyme

En 2013, 682 cas (y compris les cas classés comme étant des cas probables et confirmés selon les définitions de cas) ont déclaré par huit provinces (Colombie-Britannique, Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Ontario, Québec, Nouveau-Brunswick et Nouvelle-Écosse : figure 1). Le nombre de cas déclarés au Canada a plus que quadruplé en cinq ans : de 144 en 2009 à 682 en 2013 (tableaux 1 et 2, figure 2 : veuillez consulter les notes techniques sur ces données), ce qui représente une augmentation de l'incidence de 0,4 à 1,9 cas pour 100 000 habitants. À titre de comparaison, l'incidence de la maladie de Lyme aux États-Unis en 2013 était de 8,6 cas pour 100 000 habitantsNote de bas de page 1. Le nombre de cas a plus que doublé de 2012 à 2013 – de 338 à 682 cas, respectivement – la plus forte augmentation de l'incidence ayant été signalée en Nouvelle-Écosse (tableau 1). L'augmentation de l'incidence à l'échelle nationale était principalement due à une hausse du nombre d'infections fort probablement contractées au Canada, représentant 65 % des cas en 2009 et 87,8 % des cas en 2013 (figure 2). Depuis que la maladie de Lyme est devenue une maladie à déclaration obligatoire à l'échelle nationale en 2009, l'Ontario a déclaré le nombre le plus élevé de cas chaque année. De tous les cas rapportés de 2009 à 2013, 61,8 % des cas d'infection contractée au Canada ont été déclarés comme des cas confirmés selon la définition des cas de surveillance (c.-à-d. qu'il s'agissait principalement des infections au stade disséminé de la maladie de Lyme avec confirmation en laboratoire au moyen de méthodes sérologiques et contractées dans une zone endémique connue), tandis que 38,2 % des infections ont été déclarées comme des cas probables selon la définition de la surveillance des cas. Les cas probables sont des cas de maladie de Lyme au stade précoce contractée dans une zone endémique connue, ou des cas au stade disséminé de la maladie et confirmés en laboratoire, mais sans déplacement dans une zone endémique connueNote de bas de page 2.

Figure 1. Nombre de cas de la maladie de Lyme déclarés au Canada en 2013, par province.

Figure 1, Nombre de cas de la maladie de Lyme déclarés au Canada en 2013, par province.
Description de la figure 1

Cette figure est un graphique à barre avec des barres verticales qui montrent le nombre de cas confirmés (barres gris clair), probable (barres hachurées avec des croix gris lumière) et le total (barres gris foncé) des cas de maladie de Lyme déclarés par chaque province (de gauche à droite la Colombie-Britannique, Alberta, Manitoba, Ontario, Québec, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse et Île-du-Prince-Édouard) et, totalement à droite les totaux (338) pour le Canada. Ces nombres de cas sont détaillés dans le tableau suivant :

Nombre de cas de la maladie de Lyme déclarés au Canada en 2013, par province.
Province Classification des cas Total
Confirmés % confirmés Probable % probable
Colombie-Britannique 5 100,0 0 0,0 6
Alberta 17 89,5 2 10,5 19
Saskatchewan 1 100,0 0 0,0 1
Manitoba 15 51,7 14 48,3 29
Ontario 183 56,0 144 44,0 327
Québec 142 100,0 0 0,0 142
Nouveau-Brunswick 5 100,0 0 0,0 5
Nouvelle-Écosse 116 75,8 37 24,2 153
Canada 485 71,1 197 28,9 682

Il est à noter que tous les cas rapportés par l'Alberta sont des infections contractées au cours d'un voyage à l'extérieur de la province. La Colombie-Britannique, la Saskatchewan, le Québec et le Nouveau-Brunswick déclarent seulement des cas confirmés.

Tableau 1 : Incidence (cas pour 100 000 habitants) Note de bas de page * des cas de la maladie de Lyme déclarés de 2009 à 2013, par province et par année
Province Année
2009 2010 2011 2012 2013

Notes de bas de page du tableau 1

Footnote *

Les dénominateurs utilisés pour calculer l'incidence ont été obtenus auprès de Statistique Canada..

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Footnote 1

La Colombie-Britannique, la Saskatchewan et le Québec ne déclarent pas si les cas sont endémiques ou liés à des voyages.

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Footnote 2

Les cas rapportés par l'Alberta, et Terre-Neuve-et-Labrador sont tous des infections contractées pendant des voyages à l'extérieur du Canada.

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Tous les cas
Colombie-BritanniqueNote de bas de page 1 0,2 0,2 0,4 0,4 0,1
AlbertaNote de bas de page 2 0,0 0,0 0,2 0,2 0,5
SaskatchewanNote de bas de page 2 0,0 0,0 0,1 0,0 0,1
Manitoba 0,4 1,0 1,0 1,5 2,3
Ontario 0,8 0,7 1,0 1,4 2,4
QuébecNote de bas de page 1 0,2 0,1 0,4 0,5 1,7
Nouveau-Brunswick 0,0 0,3 0,7 0,9 0,7
Nouvelle-Écosse 1,7 1,8 5,7 5,4 16,3
Île-du-Prince-Édouard 0,0 0,0 0,7 1,4 0,0
Terre-Neuve-et-LabradorNote de bas de page 2 0,0 0,2 0,0 0,0 0,0
Canada 0,4 0,4 0,8 1,0 1,9
Infections contractées au Canada pour les provinces qui fournissent des renseignements sur le lieu de l'acquisition
Manitoba 0,3 0,6 0,6 1,0 2,0
Ontario 0,5 0,5 0,8 0,8 2,1
Nouveau-Brunswick 0,0 0,3 0,4 0,7 0,7
Nouvelle-Écosse 1,5 1,5 5,2 5,3 16,2
Île-du-Prince-Édouard 0,0 0,0 0,0 0,7 0,0

Figure 2. Nombre de cas de la maladie de Lyme déclarés au Canada de 2009 à 2013.

Figure 2. Nombre de cas de la maladie de Lyme déclarés au Canada de 2009 à 2013.
Description de la figure 2

Nombre de cas de la maladie de Lyme déclarés au Canada de 2009 à 2013. Cette figure est un graphique à barre verticale qui montre le nombre de cas déclarés chaque année, de gauche à droite, de 2009 à 2012. Chaque année est représentée par deux barres. Les barres en carnet indiquent le nombre de tous les cas déclarés (144, 143, 266, 338 et 682 respectivement pour les années 2009 à 2013), tandis que les barres hachurées montrent le nombre de cas déclarés comme acquis au Canada (qui ont augmenté de 79 en 2009 à 86 en 2010, 160 en 2011, 222 en 2012 jusqu’à 468 en 2013). Des valeurs de pourcentage sont au-dessus des barres hachurées, et correspondent pour chaque année, aux proportions de cas déclarés pour lesquels les données de localité d’acquisition de l’infection étaient fournies et indiquaient qu’ils ont été acquis au Canada (65%, 69%, 78%, 82% et 88% pour les années 2009 à 2013).

Nombre de cas de la maladie de Lyme déclarés au Canada de 2009 à 2013.
Année Cas acquis au Canada Tous les cas déclarés Proportions de cas acquis au Canada
2009 79 144 65 %
2010 86 143 69 %
2011 160 266 78 %
2012 222 338 82 %
2013 468 682 88 %

Nombre de cas déclaré comme contracté au Canada. Ce ne sont pas toutes les provinces qui consignent et déclarent si les cas de la maladie de Lyme ont été contractés au Canada ou lors d’un voyage à l'étranger. Les pourcentages au-dessus des colonnes remplies indiquent, pour chaque année, la proportion de cas où l'infection a été contractée au Canada parmi ceux pour lesquels des informations sur le lieu de l'infection ont été fournis. Puisque les renseignements sur les déplacements ne sont pas fournis pour tous les cas, les colonnes remplies indiquent le nombre minimum estimé de cas pour lesquels une infection a été contractée au Canada.

Tableau 2 : Cas de la maladie de Lyme déclarés de 2009 à 2013 et leur classification, par année
Classification des cas Année
2009 2010 2011 2012 2013 Total
N (%) N (%) N (%) N (%) N (%) N (%)

Note de bas de page du tableau 2

Footnote *

L'information sur le lieu d'exposition à la maladie, au Canada ou au cours d'un voyage à l'étranger, n'est pas fournie par toutes les provinces.

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Tous les cas
Confirmés 115 (79,9) 109 (76,2) 195 (73,3) 232 (68,6) 485 (71,1) 1 136 (72,2)
Probable 29 (20,1) 34 (23,8) 71 (26,7) 106 (31,4) 197 (28,9) 437 (27,8)
Total 144 s.o. 143 s.o. 266 s.o. 338 s.o. 682 s.o. 1 573 s.o.
Cas pour lesquels l'infection déclarée a été contractée au CanadaNote de bas de page *
Confirmés 56 (70,9) 56 (65,1) 96 (60) 133 (59,9) 286 (61,1) 627 (61,8)
Probable 23 (29,1) 30 (34,9) 64 (40) 89 (40,1) 182 (38,9) 388 (38,2)
Total 79 s.o. 86 s.o. 160 s.o. 222 s.o. 468 s.o. 1 015 s.o.

Cas de maladie de Lyme liés au voyage

En 2013, 65 personnes en tout ont déclaré avoir contracté l'infection en dehors du Canada (12,2 % des cas pour lesquels des informations étaient accessibles). Pour la période de 2009 à 2013, des données sur le pays d'exposition étaient disponibles pour 80,5 % des cas provenant des provinces participant au système de Surveillance Renforcée de la Maladie de Lyme. Depuis 2009, les nombres annuels de cas liés aux voyages à l'extérieur du Canada sont demeurés semblables (41, 38 et 41 et 48 en 2009, en 2010, en 2011 et en 2012, respectivement). Pour tous les cas en Alberta, l'infection a été contractée dans une autre province ou pendant un voyage à l'extérieur du Canada. Au cours de la période de 2009 à 2013, parmi les 120 cas pour lesquels le lieu du voyage à l'extérieur du Canada a été fourni, 66 % étaient des infections contractées aux États-Unis et 34 % étaient des infections contractées en Europe.

Cas de la maladie de Lyme par âge et par sexe

Un plus grand nombre d'hommes que de femmes ont été infectés (56 % par rapport à 44 %). L'incidence des cas déclarés était la plus élevée chez les adultes âgés de 55 à 74 ans. Quant aux enfants, l'incidence était la plus élevée chez ceux âgés de 5 à 14 ans (figure 3).

Figure 3. Incidence des cas de la maladie de Lyme déclarés de 2009 à 2013, selon le sexe et la catégorie d'âge.

Figure 3. Incidence des cas de la maladie de Lyme déclarés de 2009 à 2013, selon le sexe et la catégorie d'âge.
Description de la figure 3

Incidence des cas de la maladie de Lyme déclarés de 2009 à 2013, selon le sexe et la catégorie d'âge. Cette figure est un graphique à barres verticales qui montre l'incidence (nombre de cas pour 100,000 habitants par année) des cas de maladie de Lyme déclarés de 200 à 2013 regroupés en 18 catégories d'âge allant des enfants de 0-4 ans à gauche, aux adultes âgés de 85 ans à droite. Le graphique montre que l'incidence était plus élevée dans la catégorie des personnes âgées de 55-74 ans, alors que parmi les enfants l'incidence était plus élevée chez ceux âgés de 5-14 ans. La barre pour chaque catégorie d'âge comprend deux parties, une barre supérieure gris foncé et une barre inférieure gris lumière représentant respectivement, l'incidence chez les hommes et chez les femmes. Les détails de l'incidence dans les différents groupes d'âge et sexe sont présentés dans le tableau suivant :

Incidence des cas de la maladie de Lyme déclarés de 2009 à 2013, selon le sexe et la catégorie d'âge.
Catégorie d'âge Femme Homme
0-4 1,5 2,6
5-9 4,4 5,1
10-14 3,0 4,5
15-19 2,4 3,8
20-24 2,5 3,7
25-29 2,7 4,6
30-34 3,0 5,0
35-39 4,0 5,1
40-44 3,5 4,8
45-49 3,4 5,8
50-54 5,0 5,8
55-59 7,9 8,0
60-64 7,1 8,1
65-69 7,8 6,5
70-74 5,9 8,3
75-79 4,4 5,3
80-84 2,4 5,5
>=85 0,7 1,4

Les données étaient disponibles pour tous les cas de l'ensemble des provinces. Les dénominateurs pour ces catégories selon l'âge et le sexe ont été obtenus auprès de Statistique Canada.

Variation saisonnière du risque de la maladie de Lyme

Des données sur la date d'apparition ou de diagnostic de la maladie ont été fournies par les provinces participant au système de Surveillance Renforcée de la Maladie de Lyme. La plupart des infections contractées au Canada ont été signalées d'avril à novembre (95 %), mois pendant lesquels les tiques vectrices sont actives. Le nombre de cas déclarés culmine en juillet, mois pendant lequel les Canadiens participent fréquemment à des activités de plein air et les tiques au stade nymphal sont actives (figure 4). Les tiques au stade nymphal sont très petites et moins susceptibles d'être détectées et enlevées avant de transmettre la bactérie qui cause la maladie de Lyme. La déclaration de quelques cas de la maladie de Lyme, au cours de chaque mois de décembre à mars, laisserait supposer qu'il peut exister un risque en dehors de la saison où les tiques sont habituellement actives et que les tiques peuvent devenir actives durant les périodes chaudes de l'hiver à certains endroits. Toutefois, cette observation pourrait être attribuable à un diagnostic tardif ou à l'apparition retardée des manifestations cliniques dans certains casNote de bas de page 3. Par rapport à 2012, on a observé une augmentation du nombre de cas déclarés tous les mois, à l'exception de février et d'avril en 2013. La plus forte augmentation s'est produite en juillet, mois pendant lequel le nombre de cas déclarés était presque trois fois plus élevé qu'en 2012.

Figure 4. Nombre de cas de maladie de Lyme déclarés par les provinces participant au système de surveillance renforcée de la maladie de Lyme par mois d'apparition de la maladie et par année, de 2009 à 2013.

Figure 4. Nombre de cas de maladie de Lyme déclarés par les provinces participant au système de surveillance renforcée de la maladie de Lyme par mois d'apparition de la maladie et par année, de 2009 à 2013.
Description de la figure 4

Nombre de cas de maladie de Lyme contractés au Canada et déclarés au système de Surveillance Renforcée de la Maladie de Lyme, par mois d'apparition de la maladie et par année, de 2009 à 2013. Ceci est un graphique à ligne qui montre le nombre de cas avec une date de début estimée de la maladie pour chaque mois de l’année. La ligne ininterrompue affiche le mois d’apparition de tous les cas contractés au Canada et déclarés de 2009 à 2013, alors que les différentes lignes brisées avec motifs indiquent le nombre de cas par mois pour chaque année. Le graphique montre que, de façon générale (et pour la plupart des années) le début de la maladie se situe durant la période allant de mai à septembre (avec un sommet en juillet), bien que de faible nombre de cas avaient des dates de début dans les premiers mois de l’hiver, au printemps et à l’automne. Les chiffres détaillés sont présentés dans le tableau suivant:

Incidence des cas de la maladie de Lyme déclarés de 2009 à 2013, selon le sexe et la catégorie d'âge.
Mois Années
2009 2010 2011 2012 2013 2009-2013
Janvier 3 0 3 3 4 13
Février 1 1 0 2 1 5
Mars 1 1 3 3 5 13
Avril 4 3 5 11 6 29
Mai 11 9 7 14 24 65
Juin 11 9 7 14 24 173
Juillet 16 22 46 68 178 330
Août 11 21 39 25 85 181
Septembre 5 4 18 18 40 85
Octobre 10 5 7 12 28 62
Novembre 5 5 8 11 17 46
Décembre 1 1 3 2 6 13

Lieux d'acquisition des cas de maladie de Lyme au Canada

En 2013, 468 (68,6 %) des infections ont été contractées au Canada, soit une augmentation de 25 % depuis 2009 (54,9 %). Parmi les 780 cas (49,6 %) déclarés de 2009 à 2013 et pour lesquels des informations sur le lieu de l'acquisition au Canada étaient disponibles, près de 90 % étaient des infections contractées dans les Maritimes, dans le sud, l'est et le nord-ouest de l'Ontario et dans le sud du Manitoba. La surveillance permet de confirmer que les tiques vectrices de la maladie de Lyme sont présentes à ces endroitsNote de bas de page 4 (figure 5).

L’identification des cas d'infection qui ont été déclarés comme ayant été contractés dans des zones où les populations de tiques n'ont pas encore été précisées permettra d'éclairer les futurs efforts de surveillance des tiques sur le terrain.

Figure 5. Nombre de cas de maladie de Lyme par municipalités d'acquisition, Canada, de 2009 à 2013.

Figure 5. Nombre de cas de maladie de Lyme par municipalités d'acquisition, Canada, de 2009 à 2013.
Description de la figure 5

Nombre de cas de maladie de Lyme par municipalités d’acquisition, Canada, de 2009 à 2013. Cette figure est une carte du Canada à partir de l’est du Manitoba avec des agrandissements qui montrent le sud de l’Ontario et les maritimes. Les localités à risque de la maladie de Lyme (c’est-à-dire les localités ou la surveillance terrain a montré ou suggère qu’il existe des populations établies de la tique vectrice de la maladie de Lyme) sont indiquées par les lieux hachurés en rouge, dans la carte principale et les agrandissements comme décrit en détail dans ce qui suit. Les municipalités d’acquisition des cas de maladie de Lyme déclarés sont indiquées par des cercles bleus. La taille des cercles représente la catégorie du nombre de cas déclarés pour chaque municipalité d’acquisition. Les cercles représentent les catégories suivantes par ordre croissant de taille : 1 à 4 cas, 5 à 8 cas, 9 à 12 cas, 13 à 21 cas et 22 à 41 cas. Les localités à risque de la maladie de Lyme et les localisations des cas humains de la maladie de Lyme sont les suivantes :

  1. Les localités à risque de la maladie de Lyme ont été identifiées dans le sud du Manitoba et l’ouest de l’Ontario. Ces localités incluent six zones endémiques connues au Manitoba: une localité à l’ouest de Lake of the Woods, la localité de la falaise de Pembina incluant le parc provincial de Pembina Valley, la région de St. Malo, la région de Vita/Arbakka incluant la rivière Roseau, le parc provincial de Beaudry et la rivière Assiniboine, les localités adjacentes aux forêts provinciales Agassiz et Sandilands. Les localités à risque où des tiques ont été collectées incluent le sud du Manitoba le long de la frontière avec les Étas-Unis allant du sud de Brandon au Lake of the Woods, autour de Winnipeg, et dans l’ouest de l’Ontario à proximité de Lake of the Woods, dans le sud du Manitoba/ nord-ouest de l’Ontario, le sud de l’Ontario le long de la rive nord des lacs Érié et Ontario, le long de la vallée du Saint-Laurent dans l’est de l’Ontario et le sud du Québec, et dans des localités au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse. Au Manitoba, des cas humains ont été déclarés comme acquis dans des localités autour de la région de Pembina Valley adjacentes à la frontière des États-Unis, la région de St. Malo et autour du Lake of the Woods. Dans l’ouest de l’Ontario, des cas ont été déclarés comme acquis dans des localités proches de Lake of the Woods, Kenora et Thunder Bay.
  2. Des localités à risque de la maladie de Lyme ont été identifiées dans le sud et l’est de l’Ontario et dans le sud du Québec. Il y a sept zones endémiques connues qui sont au Parc National de Pointe-Pelee, Parc provincial Rondeau, Parc provincial de Turkey Point, la péninsule de Long Point incluant le parc provincial de Long Point et la Réserve nationale de faune, la tourbière de Wainfleet à proximité de Welland dans la péninsule de Niagara, Prince Edward Point et certaines parties du Parc National des Mille-Îles. Il y a cinq zones endémiques connues en Montérégie dans le sud du Québec. Les localités à risque de la maladie de Lyme en Ontario sont les localités autour de Kingston dans la vallée du Saint-Laurent qui s’étendent au nord-ouest vers Ottawa, des localités dans l’ouest de l’Ontario dans la région de Lake of the Woods, Pinery Parc sur les rives du lac Huron et la région de Rouge Valley à l’est de Toronto. Les localités à risque de la maladie de Lyme au Québec couvrent une grande partie de la Montérégie et certaines parties de l’Estrie et du Centre-du-Québec. Des cas humains déclarés en Ontario ont été acquis dans chacune des zones endémiques et localités à risque, avec particulièrement un nombre plus grand de cas déclarés comme acquis à ou autour de Long Point et du Parc National des Mille-Îles. Un petit nombre de cas a été déclaré comme acquis dans certaines localités non connues à présent comme localités à risque dans le sud de l’Ontario incluant les localités dans le sud-ouest, centre-ouest, centre-est, Hamilton/Niagara, Toronto, les régions du sud-est et de l’est, aussi bien dans la région de North Bay et Georgian Bay.
  3. Les localités à risque de la maladie de Lyme ont été identifiées dans les provinces Maritimes. Deux zones endémiques sont connues et identifiées au Nouveau-Brunswick (la localité de Millidgeville dans Saint John et la localité de North Head sur l’Île de Grand Manan) aussi bien que six zones endémiques connues en Nouvelle-Écosse (des localités de la Municipalité Régionale de Halifax et des localités des comtés de Lunenburg, Shelburne, Yarmouth, Pictou et Queens) sont montrés sur la carte. Des localités à risque potentiels montrés sont des localités adjacentes aux zones endémiques dans les comtés de Pictou et de Lunenburg en Nouvelle-Écosse. Des cas humains sont déclarés comme acquis dans et autour de toutes les zones endémiques, à l’exception de la zone endémique de l’Île de Grand Manan. Le plus grand nombre de cas est acquis dans le comté de Lunenburg, en Nouvelle-Écosse. Un petit nombre de cas est déclaré comme acquis à Charlottetown à l’Île-du-Prince-Édouard et dans l’extension nord-est de la partie continentale de la Nouvelle-Écosse.

Le nombre de cas et les municipalités pour lesquels la localité d’acquisition était déclarée sont détaillés le tableau suivant :

Nombre de cas de maladie de Lyme par municipalités d'acquisition, Canada, de 2009 à 2012.
Province Nombre de cas Nombre de municipalités
Les données sur la localité d'acquisition ne sont pas disponibles pour les cas de Colombie-Britannique et de Québec, par conséquent, il n'y a pas de cas sur la carte pour ces deux provinces.
Manitoba 44 14
Ontario 438 147
Nouveau-Brunswick 11 2
Nouvelle-Écosse 275 73
Île-du-Prince-Édouard 1 2
Total 770 237

La taille des cercles représente le nombre de cas déclarés pour chaque municipalité. La figure présente aussi les lieux où l'on sait qu'il existe un risque de contracter la maladie de Lyme selon la surveillance des tiques sur le terrain menée à ce jourNote de bas de page 4. Il est à noter que les données sur le lieu de l'acquisition ne sont pas disponibles pour les cas d'infection contractée en Colombie-Britannique, en Saskatchewan et au Québec. Aussi, les cas déclarés en Alberta, et à Terre-Neuve-et-Labrador sont tous des infections contractées pendant des voyages à l'extérieur de la province ou à l’extérieur du Canada.

Symptômes de la maladie de Lyme déclarés au Canada

Au cours de la période de 2009 à 2013, une proportion élevée d'infections contractées au Canada (68,7 %) présentaient des symptômes de la maladie de Lyme au stade précoce (c.-à-d. un érythème migrant). Dans 25,7 % des cas, des symptômes du stade disséminé précoce de la maladie de Lyme (c.-à-d. des symptômes neurologiques et cardiaques) ont été rapportés, tandis des symptômes du stade avancé de la maladie de Lyme (c.-à-d. arthrite) ont été rapporté dans 41,9 % des cas (figure 6). Toutefois, les données sur les infections contractées dans une zone endémique ou une zone à risque connue de la maladie de Lyme au Canada (ces zones sont définies dans un récent article),Note de bas de page 4 ont permis de déterminer qu'environ 30 % des cas étaient probablement au stade précoce de la maladie (c.-à-d. qu'un érythème migrant était la seule manifestation déclarée). Pour plusieurs cas acquis au Canada pour lesquels, l’érythème migrant a été rapporté, des manifestations cliniques du stade avancé de la maladie de Lyme ont été aussi rapportés.

Figure 6. Manifestations cliniques de la maladie de Lyme pour les cas déclarés de 2009 à 2013 pour lesquels les données étaient disponibles.

Figure 6. Manifestations cliniques de la maladie de Lyme pour les cas déclarés de 2009 à 2013 pour lesquels les données étaient disponibles.
Description de la figure 6

Manifestations cliniques de la maladie de Lyme pour les cas déclarés de 2009 à 2013 pour lesquels les données étaient disponibles. C’est une figure à barres avec des barres horizontales qui montrent la proportion de cas de maladie de Lyme déclarés comme ayant présentés des manifestations cliniques (de haut en bas) les symptômes cardiaques (4.5%), la paralysie faciale (9.4%), les autres symptômes neurologiques (17.7%), l’arthrite (41.9%) et l’érythème migrant (68.7%).

Il est à noter que pour de nombreux cas, plusieurs manifestations cliniques ont été signalées. Les détails complets des manifestations cliniques de la maladie de Lyme ne sont pas fournis par toutes les provinces.

Interprétation et conclusions

La maladie de Lyme est présente ou est en émergence dans certaines régions de l'est et du centre du Canada, notamment en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick, au Québec, en Ontario et au Manitoba (tableau 1, figures 1, 2 et 5). La maladie de Lyme est également endémique dans des régions du sud de la Colombie-Britannique. Des cas de la maladie de Lyme pour lesquels l'infection a été contractée pendant un voyage aux États-Unis ou en Europe continuent d'être déclarés à une proportion assez constante depuis le début de la surveillance (tableau 2). Les hommes, les enfants âgés de 5 à 14 ans et les adultes âgés de 55 à 74 ans pourraient courir un risque particulièrement élevé (figure 3). Des cas de la maladie de Lyme sont déclarés tous les mois, mais le pic de l'incidence a lieu au cours de l'été (figure 4). Dans la plupart des cas, l'infection avait été déclarée comme contractée dans une zone où le risque de la maladie de Lyme et des populations établies de tiques sont connus (figure 5). Dans certains cas, l'infection avait été déclarée comme contractée dans une zone où des populations établies de tiques et un risque de la maladie de Lyme n'ont pas été identifiés à ce jour (figure 5). Ces rapports de cas sporadiques peuvent se produire à la suite d'une exposition à des tiques infectées et dispersées par des oiseaux migrateursNote de bas de page 5. Il pourrait s'agir des premiers signes indiquant que de nouvelles populations de tiques s'établissent dans des endroits où la surveillance sur le terrain n'a pas encore lieu, ou que la personne affectée ne se souvient pas du véritable lieu d'exposition.Note de bas de page 4 Un érythème migrant a été rapporté chez une proportion élevée de cas (figure 6), mais la maladie de Lyme a été diagnostiquée ou déclarée à ce stade précoce de l'infection (lorsqu'un érythème migrant est le seul symptôme) chez une faible proportion de cas (41 %) par rapport à la proportion de cas rapportés comme étant au stade précoce de la maladie de Lyme dans la surveillance aux États-Unis (> 60 %)Note de bas de page 6. La sensibilisation à la maladie de Lyme parmi la population générale et les professionnels de la santé pourrait être plus importante aux États-Unis qu'au Canada, étant donné l'apparition de cette maladie aux États-Unis il y a plus de 30 ans. Les différentes proportions de déclaration de la maladie à son stade précoce au Canada et aux États-Unis pourraient être attribuables à des niveaux de sensibilisation différents du public et des professionnels de la santé, avec pour conséquences la consultation tardive d’un professionnel de la santé par les canadiens et des diagnostics et déclarations tardives par les cliniciensNote de bas de page 7-9. La sensibilisation sous-optimale des travailleurs de la santé et de la population est un problème potentiel et par conséquent elle constitue un enjeu prioritaire dans le plan d'action sur la maladie de LymeNote de bas de page 10.

Remerciements

L'Agence de la santé publique du Canada tient à remercier tous ses partenaires à l'échelle provinciale et régionale dans l'ensemble du Canada qui contribuent à la collecte et au transfert de données et qui ont rendu possible le présent rapport.

Références

    Notes de bas de page

    Note de bas de page 1

    Centers for Disease Control and Prevention. Lyme disease incidence rates by state, 2004-2013. 2014. Accès : [consulté le 12 août 2014].

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    Notes techniques

    1. Les données analysées et présentées dans le présent rapport sont fournies par les autorités provinciales de santé publique. Les données représentent les cas déclarés aux autorités de santé publique et enregistrés dans les différents systèmes provinciaux de surveillance des maladies à déclaration obligatoire. Les nombres de cas par province sont sujets à divers degrés de sous-déclaration.
    2. De nombreux systèmes provinciaux de surveillance des maladies à déclaration obligatoire sont dynamiques et permettent d'apporter des mises à jour continues aux données si de nouveaux renseignements sur les cas sont découverts. Par conséquent, les données extraites d'un système provincial de surveillance des maladies à déclaration obligatoire représentent un aperçu au moment de l'extraction et peuvent différer des rapports précédents ou subséquents.
    3. Certaines provinces utilisent une définition des cas de surveillance légèrement différente de la définition des cas nationale.
    4. Pour toutes ces raisons, les données dans le présent rapport peuvent différer légèrement des données publiées par les autorités provinciales.
    5. Des données sur des zones d'exposition, des déplacements et des symptômes potentiels sont fournies par les provinces participant au système de Surveillance Renforcée de la Maladie de Lyme.
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