Les commotions cérébrales et leur association avec la santé mentale chez les adolescents canadiens

Les commotions cérébrales et leur association avec la santé mentale chez les adolescents canadiens

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Organisation : Agence de la santé publique du Canada

Publiée : 2022-01-04

Conclusions de l'Enquête de 2018 sur les comportements de santé des jeunes d'âge scolaire (Enquête HBSC).

Sur cette page

Introduction

Le public est de plus en plus conscient de l'importance des commotions cérébrales dans la vie des jeunes Canadiens (ASPC, 2020b). Il est essentiel de disposer de données à l'échelle de la population sur les commotions cérébrales et sur leurs causes pour planifier les initiatives de promotion de la santé.

Les commotions cérébrales ont des effets à court terme et à long terme sur le cerveau (McCrory et coll., 2013). Il est plausible que les commotions cérébrales aient une influence sur des domaines de la santé mentale qui sont importants pour les jeunes.

Le présent rapport décrit la fréquence des commotions cérébrales chez les jeunes Canadiens et examine la relation entre les commotions cérébrales et les indicateurs de l'état de santé mentale des jeunes.

Ce rapport s'appuie sur des données qui proviennent du rapport national de l'Enquête HBSC (ASPC, 2020) et de Farmer et coll., 2021.

Fréquence des commotions cérébrales chez les jeunes

En 2018, 11,0 % des élèves de la 6e à la 10e année ont indiqué avoir reçu un diagnostic de commotion cérébrale au cours de la dernière année. Un pourcentage de 8,7 % des élèves ont affirmé avoir eu une seule commotion cérébrale et 2,3 % plus d'une commotion cérébrale.

Les commotions cérébrales sont plus courantes chez les élèves de la 8e à la 10e année que chez les élèves de 6e et 7e année*.

Figure 1 : Environ 1 jeune sur 10 a eu une commotion cérébrale au cours de la dernière année
Figure 1 : Environ 1 jeune sur 10 a eu une commotion cérébrale au cours de la dernière année
Figure 1 : Équivalent textuel

Environ 1 jeune sur 10 a eu une commotion cérébrale au cours de la dernière année.

Source : Enquête sur les comportements de santé des jeunes d'âge scolaire (Enquête HBSC), Canada.

* Consulter le chapitre 9 du rapport national de l'Enquête HBSC pour en savoir plus sur les commotions cérébrales, notamment la fréquence selon l'année d'études et selon le sexe

Fréquence des commotions cérébrales selon l'origine ethnique

Cette figure illustre le pourcentage de jeunes qui ont indiqué avoir eu une commotion cérébrale au cours de la dernière année, selon l'origine ethnique.

Les commotions cérébrales sont plus fréquentes chez les jeunes Autochtones (14,2 %) et moins fréquentes chez les jeunes Indiens d'Asie et les jeunes sud-asiatiques (6,2 %).

Figure 2 : Pourcentage (intervalles de confiance à 95 %) d'élèves qui déclarent avoir subi au moins une commotion cérébrale au cours de la dernière année, selon l'origine ethnique
Figure 2 : Pourcentage (intervalles de confiance à 95 %) d'élèves qui déclarent avoir subi au moins une commotion cérébrale au cours de la dernière année, selon l'origine ethnique
Figure 2 : Équivalent textuel
Pourcentage (intervalles de confiance à 95 %) d'élèves qui déclarent avoir subi au moins une commotion cérébrale au cours de la dernière année, selon l'origine ethnique
Origine ethnique Autochtones Blancs Autres groupes raciaux Latino Américains Asiatiques de l'Est ou du Sud-Est Noirs Arabes ou Asiatiques de l'Ouest Indiens d'Asie et sud-asiatiques
% d'élèves ayant subi une commotion 14,2 11,7 10,5 8,8 8,7 8,3 7,1 6,2
Pourcentage faible à élevé 11,5 à 17,0 11,1 à 12,2 9,2 à 11,7 5,8 à 12,6 6,5 à 11,1 6,6 à 10,4 4,7 à 10,3 4,5 à 8,2
Source : Enquête sur les comportements de santé des jeunes d'âge scolaire (Enquête HBSC), Canada, 2018

Activités physiques associées aux commotions cérébrales

Près de 6 commotions cérébrales sur 10 chez les jeunes sont survenues pendant la pratique d'un sport. Les commotions cérébrales se sont produites autant lors de sports de contact que de sports sans contact. Les garçons sont plus susceptibles que les filles d'avoir subi leur commotion cérébrale la plus récente lors de la pratique d'un sport.

Figure 3 : Pourcentage de commotions cérébrales chez les jeunes selon différentes activités
Figure 3 : Pourcentage de commotions cérébrales chez les jeunes selon différentes activités
Figure 3 : Équivalent textuel
Pourcentage de commotions cérébrales chez les jeunes selon différentes activités
S/O Garçons Pourcentage Filles Pourcentage
Sport

Garçons :

  • 32,0 %, sport d'équipe avec contact intentionnel
  • 18,5 %, sport d'équipe sans contact intentionnel
  • 8,3 %, sport individuel avec contact intentionnel
  • 6,5 %, sport individuel sans contact intentionnel
65,4 %

Filles :

  • 22,9 %, sport d'équipe avec contact intentionnel
  • 19,4 %, sport d'équipe sans contact intentionnel
  • 6,4 %, sport individuel avec contact intentionnel
  • 3,9 %, sport individuel sans contact intentionnel
52,6 %
Conducteur ou passager dans un véhicule motorisé (comprend les véhicules hors route) - 4,6 % - 3,9 %
Toutes les autres activités - 30,0 % - 43,5 %
Source : Enquête sur les comportements de santé des jeunes d'âge scolaire (Enquête HBSC), Canada, 2018

Lieux où se produisent les commotions cérébrales

Ce sont dans les installations communautaires, notamment les bâtiments récréatifs et les terrains de sport, que les commotions cérébrales se produisent le plus souvent.

Figure 4 : Pourcentage de commotions cérébrales chez les jeunes selon le lieu
Figure 4 : Pourcentage de commotions cérébrales chez les jeunes selon le lieu
Figure 4 : Équivalent textuel
Pourcentage de commotions cérébrales chez les jeunes selon le lieu
Bâtiment de loisirs communautaires ou terrain de sport 40,0 %
Bâtiment ou terrain de l'école 28,1 %
Rue ou stationnement 5,4 %
Tous les autres lieux 26,5 %

Source : Enquête sur les comportements de santé des jeunes d'âge scolaire (Enquête HBSC), Canada, 2018

Association entre les commotions cérébrales et la santé mentale

Les jeunes qui ont eu une commotion cérébrale au cours de la dernière année sont moins susceptibles d'être très satisfaits de leur vie et plus susceptibles de faire état de nombreux problèmes émotionnels et d'un piètre bien-être psychologique.

Les commotions cérébrales sont associées à de nombreux résultats médiocres/négatifs en matière de santé mentale chez les jeunes.

Figure 5 : Pourcentage (intervalles de confiance à 95 %) de jeunes qui indiquent certains résultats de santé mentale selon la présence ou l'absence de commotion cérébrale au cours de la dernière année
Figure 5 : Pourcentage (intervalles de confiance à 95 %) de jeunes qui indiquent certains résultats de santé mentale selon la présence ou l'absence de commotion cérébrale au cours de la dernière année
Figure 5 : Équivalent textuel
Pourcentage (intervalles de confiance à 95 %) de jeunes qui indiquent certains résultats de santé mentale selon la présence ou l'absence de commotion cérébrale au cours de la dernière année
Pourcentage de jeunes Résultats de santé mentale
Grande satisfaction à l'égard de la vie Graves problèmes affectifs Faible niveau de bien-être psychologique
Aucune commotion cérébrale 53,0 % 26,4 % 24,6 %
(% de bas en haut) (52,3 à 53,8) (25,7 à 27,0) (23,9 à 25,2)
Au moins une commotion cérébrale 45,6 % 38,5 % 29,0 %
(% de bas en haut) (43,5 à 47,8) (36,4 à 40,6) (27,1 à 31,0)
Source : Enquête sur les comportements de santé des jeunes d'âge scolaire (Enquête HBSC), Canada, 2018
  • Satisfaction élevée à l'égard de sa vie : L'élève évalue son degré de bonheur à au moins 8 sur une échelle de 1 à 10.
  • Problèmes émotionnels importants : L'élève indique qu'il a souvent de la difficulté à s'endormir et se sent souvent déprimé, de mauvaise humeur ou nerveux.
  • Piètre bien-être psychologique : L'élève indique que sa vie n'est pas « remplie de choses qui l'intéressent », et qu'il ou elle ne se sent pas souvent « de bonne humeur », « calme et détendu(e) », « actif(ve) et rempli(e) d'énergie », ou « frais(fraîche) et reposé(e) ».

Limites

Toutes les études comportent des limites et il est important d'interpréter les résultats à la lumière de ces limites.

  1. Toutes les données de l'Enquête HBSC ont été recueillies par autodéclaration, ce qui présente un risque de biais de déclaration (Choi et Pak, 2005). Cela pourrait avoir conduit à une sous-estimation du nombre réel de commotions cérébrales. Le diagnostic de commotion cérébrale peut être difficile à établir et le taux de diagnostic peut varier selon les groupes démographiques (Bressan et Babl, 2016, Bergeron, 2019).
  2. Toutes les données de l'Enquête HBSC ont été recueillies dans les écoles. Les élèves qui étaient absents de l'école alors qu'ils se remettaient d'une commotion cérébrale n'auraient pas participé à l'enquête, ce qui entraîne une sous-estimation du nombre de commotions cérébrales chez les élèves.
  3. La conception transversale de l'Enquête HBSC ne permet pas d'établir une inférence causale. Des plans longitudinaux seraient nécessaires pour déterminer que les commotions cérébrales conduisent à de moins bons résultats en matière de santé mentale.
  4. Les élèves devaient répondre à la question « Es-tu de sexe masculin ou féminin? » en choisissant l'une des trois réponses, « masculin », « féminin », ou « aucun de ces termes ne me décrit ». Les élèves qui ont indiqué « aucun de ces termes ne me décrit » ne constituaient pas un groupe de taille suffisante pour être inclus dans les analyses statistiques.

Conclusions

  • Environ 1 jeune sur 10 indique avoir eu une commotion cérébrale au cours des 12 derniers mois.
  • Les garçons, les élèves plus âgés et les jeunes Autochtones sont plus exposés au risque d'avoir une commotion cérébrale.
  • Environ 6 commotions cérébrales sur 10 chez les jeunes se produisent lorsque ceux-ci pratiquent un sport, et les commotions cérébrales se produisent lors de sports de contact et de sports sans contact.
  • La plupart des commotions cérébrales surviennent dans des lieux communautaires et scolaires où les jeunes font du sport et d'autres activités physiques.
  • Les commotions cérébrales sont associées à de nombreux résultats négatifs en matière de santé mentale.

Méthodes

Source des données

Les données proviennent du 8e cycle de l'Enquête sur les comportements de santé des jeunes d'âge scolaire (Enquête HBSC), une étude multinationale de l'Organisation mondiale de la Santé qui porte sur la santé des élèves de 11 à 15 ans et qui est réalisée tous les quatre ans.

Les buts principaux de l'Enquête HBSC sont de comprendre la santé et le bien-être des jeunes et d'éclairer l'élaboration des politiques en matière d'éducation et de santé et des programmes de promotion de la santé à l'échelle nationale et internationale.

Des classes d'écoles admissibles d'un bout à l'autre du Canada ont été sélectionnées au hasard et invitées à participer à l'étude. En 2018, toutes les provinces et deux territoires ont participé. Au total, 21 753 jeunes Canadiens provenant de 394 écoles ont participé à l'étude*.

* Consulter le chapitre 1 du rapport national de l'Enquête HBSC pour en savoir plus sur les méthodes d'enquête de l'Enquête HBSC.

Analyses statistiques

Des statistiques descriptives standards ont été utilisées pour décrire l'échantillon. Des estimations représentatives à l'échelle nationale ont été calculées à l'aide de poids d'enquête, qui reflètent les inscriptions d'élèves de la 6e à la 10e année selon la province ou le territoire.

Des tests du chi carré augmentés d'intervalles de confiance ont été utilisés pour déterminer si la fréquence des commotions cérébrales différait selon le sexe, l'origine ethnique et le statut socioéconomique, ainsi que pour déterminer la façon dont la fréquence des résultats en matière de santé mentale différait chez les jeunes en fonction de la présence ou non de commotion cérébrale. Pour compléter les analyses qui comparent la prévalence (probabilité) des groupes de résultats en matière de santé mentale des enfants avec et sans commotions cérébrales, des modèles de régression ont également été utilisés. Des modèles de régression logistique à deux variables ont été utilisés pour comparer les probabilités relatives des résultats de santé mentale en fonction du statut à l'égard des commotions cérébrales. Les modèles ultérieurs ont été ajustés pour tenir compte des variables confusionnelles.*

* Consulter le chapitre 1 du rapport national de l'Enquête HBSC pour en savoir plus sur les méthodes d'enquête de l'Enquête HBSC.

Bibliographie

Agence de la santé publique du Canada [ASPC]. (2020). La santé des jeunes Canadiens :
Conclusions de l'enquête sur les comportements de santé des jeunes d'âge scolaire
. Sur Internet : https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/publications/science-recherche-et-donnees/jeunes-conclusions-enquete-comportements-sante-jeunes-age-scolaire.html

Agence de la santé publique du Canada (2020b). Pleins feux sur les traumatismes crâniens tout au long de la vie, Ottawa, ASPC, Cat. : HP15-14/2019F-PDF, 183 pages.

Bergeron, G. L. (2019). « Incidence, Awareness, and Reporting of Sport-Related Concussions in Manitoba High Schools », Canadian Journal of Neurological Sciences, vol. 46, no 4, p. 443-450. https://doi.org/10.1017/cjn.2019.58

Bressan, S., et Babl, F. E. (2016). « Diagnosis and management of paediatric concussion », Journal of Paediatrics and Child Health, vol. 52, no 2, p. 151-157. https://doi.org/10.1111/jpc.12967

Choi, B. C. K., et Pak, A. W. P. (2005). « A catalog of biases in questionnaires », Preventing Chronic Disease, vol. 2, A13.

Farmer, M., Pickett, W., et Janssen, I. (2021). Concussions and their associations with mental health amongst Canadian youth. Manuscrit soumis pour publication.

McCrory P., Meeuwisse W.H., Aubry M., et coll. (2013). « Consensus statement on concussion in
sport: the 4th International Conference on Concussion in Sport held in Zurich, November 2012 », British Journal of Sports Medicine, 2013; vol. 47, p. 250-258.

Remerciements

  • L'Enquête sur les comportements de santé des jeunes d'âge scolaire (Enquête HBSC) est une étude internationale menée en collaboration avec l'Organisation mondiale de la Santé, Région européenne (OMS/Europe). La coordonnatrice à l'échelle internationale de l'Enquête HBSC était Joanna Inchley, Ph. D., (Université de Glasgow, Écosse) pour l'enquête de 2017-2018 et le gestionnaire de la banque de données était Oddrun Samdal, Ph. D., (Université de Bergen, Norvège). L'Enquête HBSC du Canada de 2017-2018 a été financée par l'Agence de la santé publique du Canada; les chercheurs principaux étaient John Freeman, Ph. D., William Pickett, Ph. D., et Wendy Craig, Ph. D., (Université Queen's), et le coordonnateur national était Matthew King (Groupe d'évaluation des programmes sociaux, Université Queen's).
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