Tendances associées aux inégalités en matière de santé chez les adolescents canadiens, de 2002 à 2018

Tendances associées aux inégalités en matière de santé chez les adolescents canadiens, de 2002 à 2018

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Organisation : Agence de la santé publique du Canada

Publiée : 2022-01-04

Conclusions de l'Enquête de 2018 sur les comportements de santé des jeunes d'âge scolaire (Enquête HBSC).

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Introduction

Les caractéristiques sociales qui s'observent en matière de santé durant l'enfance et l'adolescence laissent une forte empreinte à l'âge adulte (Patton et coll., 2016). Par conséquent, les tendances associées aux inégalités en matière de santé à l'adolescence entre les genres et entre groupes socioéconomiques peuvent laisser présager de futures inégalités en matière de santé dans la population adulte.

Malgré la croissance de la richesse et la multiplication des preuves scientifiques de l'existence de différences systémiques dans la santé des populations, peu de progrès ont été accomplis à l'échelle mondiale pour réduire les inégalités en matière de santé (Mackenbach, 2012). Les données de l'Enquête sur les comportements de santé des jeunes d'âge scolaire (Enquête HBSC) montrent que les inégalités dans certains domaines de la santé des adolescents se sont creusées entre les groupes socioéconomiques des populations mondiales (Elgar et coll., 2015) et entre les groupes des deux sexes des populations canadiennes (Gariépy et Elgar 2016), ce qui correspond aux tendances observées dans les populations adultes (Hu et coll., 2016; Mackenbach et coll., 2015; Shahidi et coll., 2018).

L'Enquête HBSC du Canada fournit une vision à long terme de ces tendances sur des échantillons nationaux représentatifs d'adolescents dans de multiples domaines de la santé. Le présent rapport décrit les tendances en matière d'inégalités socioéconomiques et de genre dans six domaines de la santé des adolescents, mesurées au cours de cinq cycles d'enquête consécutifs (de 2002 à 2018) :

  • activité physique
  • excès de poids
  • symptômes physiques fréquents
  • symptômes psychologiques fréquents
  • faible satisfaction de vivre
  • état de santé autodéclaré moyen ou mauvais

Caractéristiques de l'échantillon étudié

Les ménages composés de deux parents (familles biparentales) ont connu une baisse entre 2002 (84,9 %) et 2014 (78,0 %). Bien que le pourcentage soit toujours inférieur à celui de 2002, une augmentation des familles biparentales a été constatée entre 2014 et 2018 (81,3 %).

La fréquence de l'excès de poids a augmenté entre 2002 (19,7 %) et 2014 (25,1 %). Bien qu'elle soit encore plus élevée qu'en 2002, on a constaté une diminution de l'excès de poids entre 2014 et 2018 (23,0 %).

Sur l'ensemble des années d'enquête, c'est en 2002 que les adolescents présentaient la plus faible fréquence de symptômes psychologiques, de faible satisfaction de vivre et d'état de santé moyen ou mauvais, des augmentations étant observées au cours des années d'enquête suivantes.

Tableau 1 : Caractéristiques de l'échantillon étudié (pourcentages pondérés et intervalles de confiance à 95 %) par cycle d'enquête (n= 94 887)
S/O 2002 2006 2010 2014 2018
Filles

53,41
(50,58, 56,23)

52,92
(51,72, 54,15)

50,83
(49,29, 52,41)

50,63
(49,53, 52,21)

51,33
(51,12, 53,81)

Garçons

46,59
(43,79, 49,43)

47,06
(45,86, 48,24)

49,14
(47,60, 50,71)

48,87
(47,76, 50,41)

46,52
(46,20, 48,88)

Structure familiale :
famille biparentale

84,94
(83,68, 86,16)

78,93
(77,80, 80,02)

77,68
(76,74, 78,51)

77,98
(76,96, 78,92)

81,33
(80,34, 82,21)

Structure familiale :
famille monoparentale

13,84
(12,76, 14,91)

18,25
(17,25, 19,21)

18,67
(17,86, 19,54)

17,64
(16,79, 18,55)

16,35
(15,47, 17,23)

Structure familiale : autre

1,23
(0,93, 1,62)

2,82
(2,47, 3,21)

3,65
(3,30, 4,03)

4,38
(3,96, 4,83)

2,32
(2,00, 2,70)

Actifs physiquementTableau 1 Note de bas de page a

22,27
(20,68, 23,91)

23,18
(22,00, 24,42)

22,80
(21,90, 23,73)

24,00
(23,03, 24,97)

24,98
(23,73, 26,25)

Excès de poidsTableau 1 Note de bas de page b

19,67
(18,17, 21,21)

21,39
(20,27, 22,51)

21,43
(20,51, 22,34)

25,05
(23,97, 26,15)

23,01
(21,85, 24,22)

Deux symptômes physiques ou plusTableau 1 Note de bas de page c

24,35
(22,90, 25,87)

27,50
(26,42, 28,62)

26,85
(25,96, 27,77)

25,98
(25,13, 26,88)

25,42
(24,33, 26,56)

Deux symptômes psychologiques ou plusTableau 1 Note de bas de page d

38,12
(36,33, 39,93)

42,21
(41,04, 43,34)

41,33
(40,37, 42,21)

40,95
(39,90, 42,12)

42,73
(41,50, 43,97)

Faible satisfaction de vivreTableau 1 Note de bas de page e

14,32
(13,10, 15,63)

14,91
(13,99, 15,81)

16,93
(16,20, 17,68)

17,09
(16,37, 17,85)

17,86
(16,86, 18,84)

État de santé moyen ou mauvaisTableau 1 Note de bas de page f

12,95
(11,85, 14,20)

15,87
(15,04, 16,71)

16,17
(15,44, 16,94)

17,05
(16,30, 17,84)

17,10
(15,99, 18,23)

Différences socioéconomiques dans six domaines de la santé

Des différences socioéconomiques ont été observées dans cinq domaines de la santé, les adolescents dont le niveau de privation matérielle était le plus bas (c.-à-d. au statut socioéconomique le plus élevé) faisant plus d'activité physique, ayant moins d'excès de poids, moins de symptômes psychologiques, moins de faible satisfaction de vivre, et déclarant moins souvent un état de santé moyen ou mauvais par rapport aux adolescents se situant au niveau le plus élevé de privation matérielle. La fréquence des symptômes physiques ne différait pas d'un groupe socioéconomique à l'autre.

Entre 2002 et 2018, les différences en matière de santé entre les groupes socioéconomiques se sont accrues dans quatre domaines : l'excès de poids, les symptômes physiques, la faible satisfaction de vivre et l'état de santé moyen ou mauvais. Dans chaque cas, la différence absolue de fréquence entre le groupe socioéconomique le plus élevé et le groupe socioéconomique le plus bas a augmenté. Toutefois, des différences relatives (c.-à-d. le rapport des taux pour le groupe socioéconomique le plus bas par rapport au groupe le plus élevé) n'ont été trouvées que dans l'excès de poids. La signification de ces tendances est résumée dans le tableau 2. Les mesures du statut socioéconomique et des inégalités en matière de santé sont décrites dans la section Méthodes.

Figure 1 : Estimation de la fréquence dans six domaines de la santé selon les niveaux de statut socioéconomique (le plus bas, moyen et le plus élevé; n=94 887)
Figure 1 : Estimation de la fréquence dans six domaines de la santé selon les niveaux de statut socioéconomique (le plus bas, moyen et le plus élevé; n=94 887)
Figure 1 : Équivalent textuel
Actifs physiquement
Privation Cycle d'enquête Fréquence (%) Intervalle de confiance à 95 %
(limite inférieure)
Intervalle de confiance à 95 %
(limite supérieure)
Privation la plus faible 2002 25,56 % 23,17 % 27,95 %
2006 28,51 % 26,74 % 30,28 %
2010 26,97 % 25,51 % 28,43 %
2014 28,21 % 26,67 % 29,74 %
2018 30,44 % 28,61 % 32,27 %
Privation moyenne 2002 21,89 % 20,72 % 23,07 %
2006 23,25 % 22,39 % 24,11 %
2010 22,75 % 22,02 % 23,47 %
2014 23,64 % 22,88 % 24,40 %
2018 24,35 % 23,46 % 25,23 %
Privation la plus élevée 2002 18,23 % 16,02 % 20,44 %
2006 17,99 % 16,42 % 19,56 %
2010 18,52 % 17,16 % 19,88 %
2014 19,07 % 17,62 % 20,53 %
2018 18,25 % 16,64 % 19,87 %
Excès de poids
Privation Cycle d'enquête Fréquence (%) Intervalle de confiance à 95 %
(limite inférieure)
Intervalle de confiance à 95 %
(limite supérieure)
Privation la plus faible 2002 16,24 % 13,66 % 18,82 %
2006 18,64 % 16,74 % 20,54 %
2010 17,24 % 15,66 % 18,83 %
2014 17,99 % 16,30 % 19,68 %
2018 16,54 % 14,53 % 18,55 %
Privation moyenne 2002 19,69 % 18,33 % 21,06 %
2006 21,40 % 20,43 % 22,38 %
2010 21,21 % 20,37 % 22,06 %
2014 24,98 % 24,04 % 25,91 %
2018 23,33 % 22,22 % 24,43 %
Privation la plus élevée 2002 23,15 % 20,35 % 25,94 %
2006 24,17 % 22,12 % 26,21 %
2010 25,19 % 23,40 % 26,98 %
2014 31,96 % 29,93 % 33,99 %
2018 30,12 % 27,70 % 32,53 %
Deux symptômes physiques ou plus
Privation Cycle d'enquête Fréquence (%) Intervalle de confiance à 95 %
(limite inférieure)
Intervalle de confiance à 95 %
(limite supérieure)
Privation la plus faible 2002 26,81 % 24,41 % 29,22 %
2006 26,81 % 25,03 % 28,60 %
2010 25,61 % 24,19 % 27,02 %
2014 25,10 % 23,60 % 26,59 %
2018 24,15 % 22,41 % 25,89 %
Privation moyenne 2002 25,97 % 24,77 % 27,18 %
2006 26,91 % 26,02 % 27,80 %
2010 26,85 % 26,11 % 27,59 %
2014 25,99 % 25,22 % 26,75 %
2018 25,94 % 25,05 % 26,83 %
Privation la plus élevée 2002 25,13 % 22,80 % 27,46 %
2006 27,01 % 25,23 % 28,78 %
2010 28,09 % 26,59 % 29,60 %
2014 26,88 % 25,33 % 28,42 %
2018 27,74 % 25,97 % 29,50 %
Faible satisfaction de vivre
Privation Cycle d'enquête Fréquence (%) Intervalle de confiance à 95 %
(limite inférieure)
Intervalle de confiance à 95 %
(limite supérieure)
Privation la plus faible 2002 9,14 % 7,49 % 10,78 %
2006 9,83 % 8,62 % 11,04 %
2010 9,94 % 8,91 % 10,96 %
2014 9,04 % 8,02 % 10,06 %
2018 9,70 % 8,43 % 10,97 %
Privation moyenne 2002 14,87 % 13,87 % 15,88 %
2006 14,90 % 14,19 % 15,61 %
2010 16,74 % 16,11 % 17,38 %
2014 16,73 % 16,05 % 17,40 %
2018 17,02 % 16,24 % 17,79 %
Privation la plus élevée 2002 20,61 % 18,49 % 22,72 %
2006 19,97 % 18,45 % 21,48 %
2010 23,55 % 22,19 % 24,92 %
2014 24,42 % 22,96 % 25,87 %
2018 24,33 % 22,70 % 25,96 %
État de santé moyen ou mauvais
Privation Cycle d'enquête Fréquence (%) Intervalle de confiance à 95 %
(limite inférieure)
Intervalle de confiance à 95 %
(limite supérieure)
Privation la plus faible 2002 10,97 % 9,29 % 12,64 %
2006 10,30 % 9,03 % 11,58 %
2010 10,92 % 9,84 % 12,00 %
2014 10,74 % 9,67 % 11,80 %
2018 11,30 % 9,96 % 12,65 %
Privation moyenne 2002 14,10 % 13,15 % 15,04 %
2006 15,39 % 14,65 % 16,12 %
2010 15,64 % 15,02 % 16,26 %
2014 16,57 % 15,91 % 17,23 %
2018 16,76 % 15,99 % 17,52 %
Privation la plus élevée 2002 17,22 % 15,29 % 19,16 %
2006 20,47 % 18,91 % 22,02 %
2010 20,37 % 19,04 % 21,69 %
2014 22,41 % 21,00 % 23,81 %
2018 22,21 % 20,61 % 23,81 %
Deux symptômes psychologiques ou plus
Privation Cycle d'enquête Fréquence (%) Intervalle de confiance à 95 %
(limite inférieure)
Intervalle de confiance à 95 %
(limite supérieure)
Privation la plus faible 2002 37,61 % 34,82 % 40,40 %
2006 38,57 % 36,56 % 40,58 %
2010 38,39 % 36,75 % 40,03 %
2014 36,66 % 34,94 % 38,38 %
2018 40,72 % 38,64 % 42,81 %
Privation moyenne 2002 39,59 % 38,20 % 40,98 %
2006 41,76 % 40,76 % 42,77 %
2010 41,65 % 40,81 % 42,49 %
2014 41,19 % 40,31 % 42,08 %
2018 44,16 % 43,11 % 45,21 %
Privation la plus élevée 2002 41,58 % 38,80 % 44,35 %
2006 44,96 % 42,93 % 46,99 %
2010 44,91 % 43,18 % 46,63 %
2014 45,73 % 43,90 % 47,55 %
2018 47,60 % 45,51 % 49,69 %

Les estimations de la fréquence ont été pondérées et ajustées en fonction du sexe, de l'âge et de la structure familiale. La zone ombrée représente l'intervalle de confiance à 95 %. Le statut socioéconomique est un indicateur basé sur la régression qui se fonde sur un rang proportionnel de privation matérielle. L'évolution des inégalités en matière de santé au fil du temps a été testée en effectuant une régression de chaque mesure de santé par rapport aux interactions entre la privation et le cycle d'enquête (voir la section Méthodes).

Source : Enquête sur les comportements de santé des jeunes d'âge scolaire (Enquête HBSC), Canada, 2002-2018.

Différences entre les sexes dans six domaines de la santé

Dans les cinq cycles d'enquête, les filles ont déclaré être en moins bonne santé que les garçons dans tous les domaines, à l'exception de l'excès de poids, qui était plus répandu chez les garçons.

Entre 2002 et 2018, les différences en matière de santé entre les genres se sont creusées en ce qui a trait aux symptômes physiques, aux symptômes psychologiques et à la faible satisfaction de vivre. Les différences de santé entre les genres sont restées stables en ce qui concerne l'activité physique et l'état de santé moyen ou mauvais.

Figure 2 : Estimations de la fréquence dans six domaines de la santé, selon le genre (n=94 887)
Figure 2 : Estimations de la fréquence dans six domaines de la santé, selon le genre (n=94 887)
Figure 2 : Équivalent textuel
Actifs physiquement
Genre Année Fréquence (%) Intervalle de confiance à 95 %
(limite inférieure)
Intervalle de confiance à 95 %
(limite supérieure)
Garçons 2002 26,92 % 25,03 % 28,81 %
2006 30,64 % 29,25 % 32,04 %
2010 28,45 % 27,32 % 29,59 %
2014 30,76 % 29,54 % 31,99 %
2018 31,17 % 29,72 % 32,61 %
Filles 2002 17,04 % 15,54 % 18,55 %
2006 16,89 % 15,84 % 17,93 %
2010 17,49 % 16,57 % 18,42 %
2014 17,48 % 16,54 % 18,43 %
2018 18,23 % 17,12 % 19,34 %
Excès de poids
Genre Année Fréquence (%) Intervalle de confiance à 95 %
(limite inférieure)
Intervalle de confiance à 95 %
(limite supérieure)
Garçons 2002 23,11 % 21,02 % 25,20 %
2006 25,73 % 24,23 % 27,23 %
2010 24,72 % 23,48 % 25,96 %
2014 28,38 % 27,00 % 29,76 %
2018 25,62 % 23,96 % 27,27 %
Filles 2002 16,30 % 14,52 % 18,07 %
2006 17,43 % 16,17 % 18,68 %
2010 17,66 % 16,53 % 18,78 %
2014 21,13 % 19,87 % 22,38 %
2018 20,24 % 18,77 % 21,71 %
Deux symptômes physiques ou plus
Genre Année Fréquence (%) Intervalle de confiance à 95 %
(limite inférieure)
Intervalle de confiance à 95 %
(limite supérieure)
Garçons 2002 20,64 % 18,97 % 22,30 %
2006 20,27 % 19,08 % 21,46 %
2010 20,07 % 19,10 % 21,03 %
2014 18,59 % 17,62 % 19,56 %
2018 17,91 % 16,80 % 19,03 %
Filles 2002 30,09 % 28,27 % 31,92 %
2006 32,80 % 31,46 % 34,14 %
2010 32,87 % 31,72 % 34,01 %
2014 32,94 % 31,75 % 34,12 %
2018 33,69 % 32,32 % 35,06 %
Faible satisfaction de vivre
Genre Année Fréquence (%) Intervalle de confiance à 95 %
(limite inférieure)
Intervalle de confiance à 95 %
(limite supérieure)
Garçons 2002 12,23 % 10,96 % 13,51 %
2006 12,34 % 11,45 % 13,24 %
2010 14,02 % 13,22 % 14,82 %
2014 12,57 % 11,77 % 13,38 %
2018 12,20 % 11,28 % 13,11 %
Filles 2002 17,17 % 15,71 % 18,63 %
2006 17,42 % 16,37 % 18,47 %
2010 18,61 % 17,65 % 19,57 %
2014 20,34 % 19,33 % 21,36 %
2018 21,67 % 20,50 % 22,84 %
État de santé moyen ou mauvais
Genre Année Fréquence (%) Intervalle de confiance à 95 %
(limite inférieure)
Intervalle de confiance à 95 %
(limite supérieure)
Garçons 2002 12,78 % 11,56 % 14,00 %
2006 13,02 % 12,07 % 13,97 %
2010 14,16 % 13,34 % 14,98 %
2014 14,86 % 14,00 % 15,72 %
2018 14,84 % 13,81 % 15,87 %
Filles 2002 15,73 % 14,40 % 17,06 %
2006 17,57 % 16,50 % 18,63 %
2010 16,86 % 15,96 % 17,76 %
2014 17,74 % 16,79 % 18,69 %
2018 18,33 % 17,23 % 19,44 %
Deux symptômes psychologiques ou plus
Genre Année Fréquence (%) Intervalle de confiance à 95 %
(limite inférieure)
Intervalle de confiance à 95 %
(limite supérieure)
Garçons 2002 36,27 % 34,25 % 38,30 %
2006 35,73 % 34,29 % 37,17 %
2010 34,81 % 33,65 % 35,98 %
2014 31,74 % 30,55 % 32,93 %
2018 34,73 % 33,28 % 36,18 %
Filles 2002 42,17 % 40,21 % 44,14 %
2006 47,09 % 45,67 % 48,51 %
2010 47,74 % 46,53 % 48,96 %
2014 50,07 % 48,80 % 51,33 %
2018 52,80 % 51,34 % 54,27 %

Les estimations de la fréquence ont été pondérées et ajustées en fonction du statut socioéconomique, de l'âge et de la structure familiale. La zone ombrée représente l'intervalle de confiance à 95 %. L'évolution des inégalités en matière de santé au fil du temps a été testée en effectuant une régression de chaque mesure de santé par rapport aux interactions entre le sexe et le cycle d'enquête (voir la section Méthodes).

Source : Enquête sur les comportements de santé des jeunes d'âge scolaire (Enquête HBSC), Canada, 2002-2018.

Tendances dans la fréquence et dans les inégalités associées à la santé chez les adolescents

Entre 2002 et 2018, la fréquence de la mauvaise santé a augmenté dans quatre domaines. Toutefois, la fréquence de l'activité physique quotidienne est passée de 22 à 25 %. L'activité physique est la seule mesure de santé qui n'a montré aucun changement dans l'inégalité entre les groupes socioéconomiques et les genres au cours des cinq cycles d'enquête.

Les différences dans la fréquence de la mauvaise santé entre les groupes socioéconomiques se sont accrues dans quatre domaines : excès de poids, symptômes physiques, faible satisfaction de vivre, et état de santé moyen ou mauvais. Le changement le plus important a été constaté dans l'excès de poids, où la différence entre les groupes socioéconomiques les plus élevés et les plus bas est passée de 7 points en 2002 à 14 points en 2018.

Les différences en matière de santé entre les genres sont restées stables en ce qui concerne l'activité physique quotidienne et l'état de santé moyen ou mauvais, et elles ont augmenté dans trois domaines en termes absolus et relatifs : symptômes physiques, symptômes psychologiques, et faible satisfaction de vivre. Dans chaque cas, les filles ont indiqué un moins bon état de santé que les garçons et ces écarts entre garçons et filles se sont creusés au fil du temps.

Une diminution des inégalités en matière de santé a été constatée pour l'excès de poids, qui a diminué en termes relatifs entre les genres. En 2002, la fréquence de l'excès de poids chez les filles représentait 71 % de celle des garçons. En 2018, ce pourcentage a légèrement diminué, pour atteindre 69 %.

Tableau 2. Tendances dans la fréquence et dans les inégalités associées à la santé des adolescents, de 2002 à 2018
S/O Fréquence Inégalité socioéconomique Inégalité de genre
AbsolueTableau 2 Note de bas de page a RelativeTableau 2 Note de bas de page b AbsolueTableau 2 Note de bas de page a RelativeTableau 2 Note de bas de page b
Actifs physiquement (de 22 à 25 %)Tableau 2 Note de bas de page 1 (de de -7 à -12)Tableau 2 Note de bas de page 3 (de 71 à 60 %)Tableau 2 Note de bas de page 3 (de -10 à -13)Tableau 2 Note de bas de page 3 (de 63 à 58 %)Tableau 2 Note de bas de page 3
Excès de poids (de 20 à 23 %)Tableau 2 Note de bas de page 1 (de 7 à 14)Tableau 2 Note de bas de page 1 (de 142 à 182 %)Tableau 2 Note de bas de page 1 (de -7 à -8)Tableau 2 Note de bas de page 3 (de 71 à 69 %)Tableau 2 Note de bas de page 2
Deux symptômes physiques ou plus (de 24 à 25 %)Tableau 2 Note de bas de page 3 (de -2 à 4)Tableau 2 Note de bas de page 1 (de 94 à 114 %)Tableau 2 Note de bas de page 3 (de 6 à 16)Tableau 2 Note de bas de page 1 (de 146 à 188 %)Tableau 2 Note de bas de page 1
Deux symptômes psychologiques ou plus (de 38 à 43 %)Tableau 2 Note de bas de page 1 (de 4 à 7)Tableau 2 Note de bas de page 3 (de 111 à 117 %)Tableau 2 Note de bas de page 3 (de 6 à 18)Tableau 2 Note de bas de page 1 (de 116 à 152 %)Tableau 2 Note de bas de page 1
Faible satisfaction de vivre (de 14 à 18 %)Tableau 2 Note de bas de page 1 (de 11 à 15)Tableau 2 Note de bas de page 1 (de 225 à 251 %)Tableau 2 Note de bas de page 3 (de 5 à 10)Tableau 2 Note de bas de page 1 (de 140 à 178 %)Tableau 2 Note de bas de page 1
État de santé moyen ou mauvais (de 13 à 17 %)Tableau 2 Note de bas de page 1 (de 6 à 11)Tableau 2 Note de bas de page 1 (de 156 à 196 %)Tableau 2 Note de bas de page 3 (de 3 à 4)Tableau 2 Note de bas de page 3 (de 123 à 124 %)Tableau 2 Note de bas de page 3

Limites

Toutes les études comportent des limites et il est important d'interpréter les résultats à la lumière de ces limites.

  1. Toutes les données de l'Enquête HBSC ont été recueillies par autodéclaration, ce qui présente un risque de biais de déclaration (Choi et Pak, 2005).
  2. Le statut socioéconomique est estimé à l'aide d'un indice des biens matériels qui procurent ou symbolisent l'aisance au sein de la famille (p. ex. possession d'une voiture, vacances). L'échelle d'aisance familiale de l'Enquête HBSC est un outil valide et adapté en fonction de l'âge pour les adolescents, mais ces données ne présentent pas de corrélation étroite avec le revenu du ménage ou le rang professionnel des parents (Elgar et coll., 2017). Par conséquent, les inégalités en matière de santé présentées ici peuvent différer d'autres estimations qui reposent sur d'autres évaluations socioéconomiques. De plus, deux éléments ont été ajoutés à l'échelle dans les cycles de 2014 et 2018 qui n'étaient pas inclus dans les cycles précédents. Notre utilisation d'un indice de rang proportionnel (score fondé sur la méthode « ridit ») pour estimer le statut socioéconomique tient compte de ce facteur et harmonise la variable en conséquence.
  3. Des mesures binaires du sexe (masculin/féminin) ont été utilisées de 2002 à 2014, ce qui excluait ou représentait mal les adolescents qui ne s'identifiaient ni à l'un ni à l'autre. L'enquête de 2018 permettait une option de réponse non binaire (« aucun de ces termes ne me décrit »), comme le feront les cycles futurs.

Conclusions

Cinq cycles d'enquête de l'Enquête HBSC du Canada révèlent une augmentation des inégalités en matière de santé entre les groupes socioéconomiques et entre les genres, entre 2002 et 2018.

Le fardeau de la mauvaise santé s'est déplacé vers les adolescents défavorisés en ce qui concerne l'excès de poids, les symptômes physiques, la faible satisfaction de vivre, et l'état de santé moyen ou mauvais.

Les inégalités entre les genres ont augmenté en ce qui concerne les symptômes physiques et psychologiques fréquents et la faible satisfaction de vivre.

Des tendances similaires ont été rapportées dans la population adulte canadienne (Vahid Shahidi et coll., 2018) et chez les adolescents de plusieurs pays européens (Inchley, 2020).

La surveillance des inégalités en matière de santé chez les adolescents permet de définir des approches stratégiques visant à réduire ces écarts au début du parcours de vie.

Méthodes

Source des données

Les données ont été recueillies à partir de cinq cycles d'enquête (du 4e au 8e cycle) de l'Enquête sur les comportements de santé des jeunes d'âge scolaire (Enquête HBSC), une étude multinationale de l'Organisation mondiale de la Santé qui porte sur la santé des élèves de 11 à 15 ans et qui est réalisée tous les quatre ans.

Les buts principaux de l'enquête HBSC sont de comprendre la santé et le bien-être des jeunes et d'éclairer l'élaboration des politiques en matière d'éducation et de santé et des programmes de promotion de la santé à l'échelle nationale et internationale (Agence de la santé publique du Canada, 2020).

Des classes d'écoles admissibles d'un bout à l'autre du Canada ont été sélectionnées au hasard et invitées à participer à l'étude. Les données ont été recueillies en milieu scolaire au moyen d'un échantillonnage aléatoire en grappes en deux étapes représentatif à l'échelle nationale d'adolescents de la 6e à la 10e année de toutes les provinces et de tous les territoires du Canada.

Mesures

Les questionnaires comprenaient une mesure en six points des biens matériels du foyer (échelle d'aisance familiale de l'Enquête HBSC), à savoir le nombre de voitures, le fait d'avoir sa propre chambre, le nombre d'ordinateurs à la maison, le nombre de salles de bain, les vacances en famille au cours de l'année écoulée et le fait d'avoir un lave-vaisselle. Les réponses ont été compilées dans un indice de rang proportionnel de privation matérielle dans la famille, allant d'un score de 0 (privation la plus faible) à un score de 1 (privation la plus forte) avec une moyenne de 0,5 (Elgar et coll., 2017). Les questionnaires comprenaient également des mesures de l'activité physique (pratique de 60 minutes ou plus d'une activité physique modérée à vigoureuse chaque jour au cours de la semaine précédente), des valeurs autodéclarées de taille et de poids, huit symptômes psychologiques et physiques (Gariépy et coll., 2016), et des mesures de la satisfaction de vivre (Cantril, 1965) et de l'état de santé (moyen, mauvais, bon ou excellent).

Analyses statistiques

Nous avons évalué les différences en matière de santé entre les groupes socioéconomiques et entre les genres dans six domaines de la santé. La mesure du statut socioéconomique a permis de calculer des indicateurs basés sur la régression des inégalités socioéconomiques (Mackenbach et Kunst, 1997). Le statut socioéconomique a été utilisé comme paramètre d'interaction avec le cycle d'enquête afin d'évaluer les tendances significatives en matière d'inégalités socioéconomiques au fil du temps, tout en tenant compte de l'âge, du genre et de la structure familiale dans des modèles de régression multiniveaux. L'analyse de l'inégalité entre les genres a utilisé le genre comme paramètre d'interaction avec le cycle d'enquête pour évaluer les tendances significatives de l'inégalité au fil du temps, tout en tenant compte de l'âge, du statut socioéconomique et de la structure familiale dans des modèles de régression multiniveaux. Des coefficients de pondération ont été appliqués pour s'assurer que les résultats étaient représentatifs de la population canadienne et pour équilibrer l'importance de chaque cycle d'enquête dans l'analyse. Toutes les analyses ont utilisé une pondération normalisée pour tenir compte des variations de l'échantillonnage et un niveau de signification fixé à p < 0,05, et ont été effectuées dans Stata 16.0 (Stata Press, 2019).

Bibliographie

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Shahidi, Vahid, F., Muntaner, C., Shankardass, K., Quiñonez, C., et Siddiqi, A. (2018). « Widening health inequalities between the employed and the unemployed: A decomposition of trends in Canada (2000-2014) », PloS one, vol. 13, no 11, e0208444. https://dx.doi.org/10.1371%2Fjournal.pone.0208444

Remerciements

  • L'Enquête sur les comportements de santé des jeunes d'âge scolaire (Enquête HBSC) est une étude internationale menée en collaboration avec l'Organisation mondiale de la Santé, Région européenne (OMS/Europe). La coordonnatrice à l'échelle internationale de l'Enquête HBSC était Joanna Inchley, Ph. D., (Université de Glasgow, Écosse) pour l'enquête de 2017-2018 et le gestionnaire de la banque de données était Oddrun Samdal, Ph. D., (Université de Bergen, Norvège). L'Enquête HBSC du Canada de 2017-2018 a été financée par l'Agence de la santé publique du Canada; les chercheurs principaux étaient John Freeman, Ph. D., William Pickett, Ph. D., et Wendy Craig, Ph. D., (Université Queen's), et le coordonnateur national était Matthew King (Groupe d'évaluation des programmes sociaux, Université Queen's).
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