Sommaire : Le diabète au Canada : Rapport du Système national de surveillance du diabète, 2009

Sommaire

Le diabète

  • Le diabète est une maladie chronique qui survient lorsque l'organisme est incapable de produire ou d'utiliser l'insuline. Or, l'organisme a besoin de l'insuline pour transformer le glucose en énergie. Le diabète peut entraîner de graves complications et le décès prématuré. Cependant, les personnes atteintes de diabète peuvent toutefois prendre des mesures pour contrôler la maladie et ainsi réduire les risques de complications.

Le Système national de surveillance du diabète (SNSD)

  • Le Système national de surveillance du diabète (SNSD) est un réseau de systèmes provinciaux et territoriaux de surveillance du diabète soutenu par l'Agence de la santé publique du Canada. Ce réseau a été créé pour élargir l'éventail des données disponibles au sujet du fardeau occasionné par le diabète au Canada afin que les gouvernements, les chercheurs, les professionnels de la santé et le grand public puissent prendre de meilleures décisions de santé publique ou personnelle. Le SNSD consulte régulièrement des groupes autochtones, des organisations non gouvernementales et des chercheurs pour améliorer et interpréter l'information du système.
  • Le système de surveillance rassemble des données sur les résidents du Canada qui ont utilisé les services de santé canadiens. On présumait qu'une personne avait reçu un diagnostic lorsqu'il y avait suffisamment de données d'utilisation des services, en lien avec le diabète, pour cette personne. Plus précisément, on considérait qu'une personne était diabétique si elle avait eu, à l'intérieur d'une période de deux ans, au moins une hospitalisation ou deux actes facturés par un médecin avec un code de diabète.

Les faits saillants du SNSD

  • Le présent rapport expose les plus récentes données disponibles pour l'année financière 2006-2007, ainsi que certaines données de tendance temporelle pour la période de 2000-2001 à 2006-2007. Les données du Nunavut n'étaient pas disponibles aux fins du présent rapport et celles du Québec n'étaient pas disponibles pour certaines statistiques, tel qu'indiqué dans les sections concernées.

Prévalence

  • Le taux de prévalence du diabète ajusté selon l'âge a augmenté de 21 % entre 2002-2003 et 2006-2007.
  • En 2006-2007, approximativement deux millions de Canadiens et de Canadiennes âgés d'un an et plus, soit 6,2 % de la population ou environ 1 personne sur 16, avaient reçu un diagnostic de diabète (5,9 % des filles/femmes et 6,6 % des garçons/hommes).
  • D'ici 2012, on prévoit que le nombre de Canadiens et de Canadiennes atteints du diabète sera d'environ 2,8 millions, ce qui représente une augmentation annuelle d'environ 6% et un accroissement global d'environ 25 % par rapport à 2007. Après ajustement des taux de prévalence pour tenir compte des différences dans les structures d'âge des populations des provinces et des territoires, la prévalence du diabète était généralement plus élevée à Terre-Neuve-et-Labrador, en Nouvelle-Écosse, au Manitoba et au Nouveau-Brunswick, et moins élevée dans l'Ouest (Alberta, Colombie-Britannique et Saskatchewan). Par ailleurs, alors que la prévalence du diabète en Ontario dépassait la moyenne nationale, celle du Québec était inférieure à cette moyenne. La prévalence de l'obésité au niveau provincial et territorial suivait la même tendance, les provinces de l'Ouest ayant des taux plus faibles que la moyenne nationale.Note en bas de page 1

Incidence

  • En 2006-2007, le nombre de nouveaux cas de diabète était de 211 168, soit 6,7 pour 1 000 individus âgés d'un an et plus (6,1 pour 1 000 filles/femmes et 7,3 pour 1 000 garçons/hommes).
  • Le taux de nouveaux cas de diabète ajusté selon l'âge a augmenté de près de 9 % entre 2002-2003 et 2006-2007. L'augmentation de l'obésité et du dépistage du diabète contribuent vraisemblablement à l'accroissement du nombre de personnes diagnostiquées chaque année.Note en bas de page 1
  • La prévalence ajustée selon l'âge augmente à un rythme trois fois plus rapide que l'incidence ajustée selon l'âge, ce qui indique une amélioration de la survie des personnes diabétiques. Ce phénomène est particulièrement marqué chez les hommes et les femmes âgés de 40 à 69 ans.

Taux de mortalitéNote en bas de page 2

  • Parmi les adultes âgés de 20 ans et plus, les taux de mortalité chez les diabétiques étaient deux fois plus élevés que chez les non-diabétiques.
  • Le diabète réduit l'espérance de vie des personnes de tous les âges. Par exemple, la réduction était en moyenne d'environ 9 ans chez les femmes de 20 à 39 ans atteintes du diabète, et d'environ 8 ans chez les hommes diabétiques du même groupe d'âge.

Utilisation des services de santéNote en bas de page 2

  • Les adultes diabétiques de 20 à 49 ans ont consulté presque 2 fois plus souvent un médecin de famille, et 3 à 4 fois plus souvent un spécialiste, que les individus non diabétiques du même groupe d'âge.
  • La durée des séjours à l'hôpital était plus longue chez les adultes atteints du diabète que chez ceux qui n'étaient pas atteints de la maladie. Le nombre de jours d'hospitalisation était en effet 5 à 6 fois plus élevé chez les adultes âgés de 20 à 29 ans atteints de diabète, et presque 5 fois plus élevé chez les adultes âgés de 35 à 49 ans atteints de diabète, comparativement aux adultes non diabétiques du même âge.
  • Les enfants et les adolescents atteints du diabète ont consulté environ 5 fois plus souvent un spécialiste que les enfants et adolescents non diabétiques.
  • Le nombre de jours d'hospitalisation chez les enfants et les adolescents atteints du diabète était environ 11 fois plus élevé que chez les enfants et adolescents non diabétiques.

Diabète et autres problèmes de santé

  • Soixante-trois pour cent (63 %) des adultes atteints de diabèteNote en bas de page 3(1,3 million) avaient également reçu un diagnostic d'hypertension, soit 3 fois plus souvent que les adultes non diabétiques.
  • Comparativement aux adultes non diabétiques, les adultes atteints de diabèteNote en bas de page 4 ont présenté plus souvent, au cours d'une hospitalisation, d'autres problèmes de santé ayant fait l'objet d'un diagnostic ou d'un traitement, et ce :
    • environ 3 fois plus souvent pour une cardiopathie ischémique (incluant les crises  cardiaques);
    • presque 4 fois plus souvent pour une insuffisance cardiaque;
    • environ 6 fois plus souvent pour une maladie rénale chronique;
    • presque 3 fois plus souvent pour un accident vasculaire cérébral (AVC);
    • presque 19 fois plus souvent pour l'amputation d'un membre inférieur.

Population des Premières Nations de la Colombie-BritanniqueNote en bas de page 5

  • La prévalence du diabète ajustée selon l'âge était de 6,7 % chez les membres des Premières Nations âgés d'un an et plus, soit un taux environ 40 % plus élevé que celui observé chez les autres résidents de la Colombie-Britannique.
  • Entre 2002-2003 et 2006-2007, la prévalence du diabète ajustée selon l'âge a augmenté d'environ 15,5 % chez les hommes et les femmes des Premières Nations.

Introduction

Le diabète

Le diabète est une maladie chronique qui survient lorsque l'organisme est incapable de produire ou d'utiliser l'insuline. Or, l'organisme a besoin de l'insuline pour transformer le glucose en énergie. Le diabète peut entraîner de graves complications et le décès prématuré. Cependant, les personnes atteintes de diabète peuvent prendre des mesures pour contrôler la maladie et ainsi réduire les risques de complications.

  • Le diabète de type 1 apparaît lorsque les cellules bêta du pancréas sont détruites par le système immunitaire et cessent de produire de l'insuline. Les personnes atteintes de diabète de type 1 ont absolument besoin d'un apport extérieur régulier d'insuline pour remplacer l'absence de sécrétion par le pancréas. Le diabète de type 1 se manifeste habituellement au cours de l'enfance ou de l'adolescence et on ne connaît à ce jour aucun moyen de le prévenir.
  • Le diabète de type 2 se développe quand l'organisme ne peut produire suffisamment d'insuline ou lorsqu'il est incapable de bien utiliser celle qu'il produit. Bien que ce type de diabète affecte généralement les personnes âgées de plus de 40 ans, on commence aussi à l'observer chez les jeunes adultes, les enfants et les adolescents.
  • Le diabète gestationnel est une forme de diabète qui se manifeste chez les femmes pendant la grossesse et qui disparaît généralement après l'accouchement. Ce type de diabète survient dans environ 4 % de toutes les grossesses et il accroît le risque de développer le diabète de type 2.

Il est possible de réduire le risque de développer le diabète de type 2 en optant pour un mode de vie sain, notamment en mangeant sainement, en maintenant un poids santé et en  faisant régulièrement de l'activité physique. Il est d'ailleurs reconnu qu'une perte de poids de 5 à 10 %, soit 4,5 à 9 kg environ (10 à 20 livres) chez une personne de 90 kg (200 livres), réduit significativement le risque de développer la maladie.

Le traitement de la maladie varie selon le type de diabète et peut comprendre la modification des habitudes de vie ou la prise de médicaments, dont l'insuline. L'activité physique régulière et le maintien d'un poids santé sont des facteurs importants pour un bon contrôle de la maladie. Pour réduire les risques de complications liées au diabète, il est nécessaire de contrôler à la fois la glycémie, la tension artérielle et les lipides sanguins. L'autogestion des soins de santé constitue également un élément essentiel de la prise en charge globale de la maladie. Un traitement efficace peut aider à prévenir ou à retarder bon nombre des problèmes de santé liés au diabète, comme les maladies cardiovasculaires, l'insuffisance rénale, la cécité, la neuropathie (atteinte des nerfs), la crise cardiaque et l'accident vasculaire cérébral.

Le Système national de surveillance du diabète (SNSD)

  • Le Système national de surveillance du diabète (SNSD) est un réseau de systèmes provinciaux et territoriaux de surveillance du diabète soutenu par l'Agence de la santé publique du Canada. Ce réseau a été créé pour élargir l'éventail des données disponibles au sujet du fardeau occasionné par le diabète au Canada afin que les gouvernements, les chercheurs, les professionnels de la santé et le grand public puissent prendre de meilleures décisions de santé publique ou personnelle. Le SNSD consulte régulièrement des groupes autochtones, des organisations non gouvernementales et des chercheurs pour améliorer et interpréter l'information du système.
  • Le présent rapport rassemble les plus récentes données disponibles pour l'année financière 2006-2007, ainsi que certaines données de tendance temporelle pour la période de 2000-2001 à 2006-2007. Les données du Nunavut n'étaient pas disponibles aux fins du présent rapport et celles du Québec n'étaient pas disponibles pour certaines statistiques, tel qu'indiqué dans les sections concernées.
  • Le système de surveillance rassemble les données sur les résidents du Canada qui ont utilisé les services de santé canadiens. Dans chaque province et territoire, la base de données du registre de l'assurance-maladie est jumelée au fichier de facturation des médecins ainsi qu'à celui des hospitalisations. On présumait ensuite qu'une personne avait reçu un diagnostic lorsqu'il y avait suffisamment de données d'utilisation des services, en lien avec le diabète, pour cette personne. Plus précisément, on considérait qu'une personne était diabétique si elle avait eu, à l'intérieur d'une période de deux ans, au moins une hospitalisation ou deux actes facturés par un médecin avec un code de diabète. La définition de cas du SNSD est conçue de manière à exclure les femmes atteintes de diabète gestationnel car ce type de diabète disparaît généralement après l'accouchement.
  • L'utilisation des données administratives à des fins de surveillance, comme c'est le cas avec le SNSD, implique des compromis lorsqu'il s'agit de recenser les personnes atteintes d'une maladie donnée. Il faut en effet contrebalancer la possibilité de ne pas inclure dans le SNSD un individu qui a réellement été diagnostiqué (faux négatif), avec la possibilité d'identifier à tort un individu comme étant atteint de diabète alors qu'il ne l'est pas (faux positif). Des études de validation ont indiqué que la définition de cas utilisée par le SNSD permet de réduire au minimum à la fois le nombre de faux négatifs et le nombre de faux positifs afin de brosser un tableau relativement fiable du diabète au Canada. Par ailleurs, la base de données du SNSD ne peut inclure les personnes atteintes de diabète mais qui n'ont pas été diagnostiquées.
  • Les diabètes de type 1 et de type 2 représentent respectivement environ 5 à 10 % et 90 à 95 % de la population totale atteinte de diabète.Note en bas de page 6 La base de données actuelle du SNSD ne permet toutefois pas de différencier le diabète de type 1 et le diabète de type 2 en raison des limites que présentent les données de facturation des médecins et les données du fichier des hospitalisations. On suppose donc que la base de données du SNSD reflète la même proportion de diabètes de type1 et de type 2 que dans l'ensemble de la population.
  • Les modifications récentes apportées aux procédures de codification des données d'hospitalisation pourraient toutefois permettre d'améliorer le système à l'avenir. En effet, la dernière version du système de codification (CIM-10-CA) de la Classification internationale des maladies (CIM) utilisée par les hôpitaux pour saisir les données détaillées sur les hospitalisations prévoit des codes différents pour les diabètes de type 1 et de type 2. Ainsi, au fur et à mesure que les données des hôpitaux codifiées avec la CIM-10-CA s'accumuleront et seront validées, il sera éventuellement possible d'analyser et de rendre compte des taux associés aux hospitalisations selon le type de diabète. En outre, depuis 2006-2007, les Normes nationales de codification de la CIM-10-CA et la CCI, 2009Note en bas de page 7 exigent que les provinces et les territoires incluent toute information relative aux patients diabétiques dans leurs données d'hospitalisation. Cette nouvelle pratique pourrait éventuellement permettre au SNSD d'identifier un plus grand nombre de personnes atteintes de diabète et de les repérer plus rapidement à partir des données d'hospitalisation. Un suivi sera effectué afin de déterminer l'effet de cette nouvelle exigence de codification sur l'ampleur des données recueillies par le système de surveillance.
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