Transmission du virus de l'hépatite C au sein de la population carcérale

Introduction

La présence de l'infection par le virus de l'hépatite C (VHC) dans les établissements correctionnels du monde est bien établie. L'infection à VHC chez les détenus constitue une menace sérieuse pour le personnel des établissements correctionnels et les autres détenus ainsi que pour leur famille et la collectivité après la mise en liberté(1).

Les établissements correctionnels du Canada sont administrés par le gouvernement fédéral (peines 2 ans) ou les gouvernements provinciaux ou territoriaux (peines 2 ans)(2). Le Service correctionnel du Canada (SCC) gère les 53 établissements correctionnels fédéraux des différents niveaux de sécurité au Canada(2,3). En 1999-2000, la population carcérale adulte comptait 32 000 détenus, dont 13 000 purgeaient une peine dans des établissements fédéraux et 19 000, dans des prisons provinciales ou territoriales(4).

Les détenus présentent un plus grand risque d'exposition au VHC que la population générale, car ils adoptent souvent divers comportements à risque élevé (5). Le partage du matériel d'injection de drogues est considéré comme un comportement à risque élevé fréquent dans les établissements correctionnels. En 2002, le SCC estimait que 70 % des détenus qui commencent à purger une peine d'emprisonnement admettent avoir des problèmes d'abus de drogues ou d'alcool qui justifient un traitement(4,6,7). Par ailleurs, plus de 50 % des détenus considèrent que leurs comportements criminels sont associés à l'abus d'alcool et d'autres drogues(6). Le SCC a récemment mis en branle une stratégie nationale de lutte contre la drogue afin d'empêcher l'approvisionnement en stupéfiants dans les établissement fédéraux. Le but de cette stratégie est de réduire la demande en drogues parmi les détenus fédéraux par la mise en place de programmes de prévention et de traitement(1).

Le présent article propose une revue de la littérature portant sur les facteurs de risque et les comportements à risque qui font en sorte que la population carcérale présente un risque plus élevé d'infection à VHC et sur les facteurs qui favorisent la transmission du VHC au sein de ces établissements.

Méthodologie

Des recherches ont été effectuées dans les bases de données CAB Health, CINAHL, Current Contents et Silver Platter MEDLINE pour la période de 1990 à 2003 à l'aide des mots-clés suivants : hepatitis C, correctional institutions, risk behaviour et prison. Les articles pertinents et offrant des plans et des mesures fiables et valides ont été extraits à l'aide de méthodes normalisées. Les articles choisis pour la revue étaient ceux qui contenaient de l'information sur les facteurs de risque et les comportements à risque en matière d'infection à VHC dans la population carcérale et ceux qui décrivaient l'incidence et la prévalence de l'infection à VHC au Canada; 42 articles ont été sélectionnés. Par ailleurs, sept rapports commandés par le SCC ont aussi été recensés et retenus pour la revue de la littérature.

Résultats

Au Canada, dans la population générale, l’incidence du VHC est d’environ 3,6
pour 100 000 personnes-années(8) et la prévalence, d’environ 0,8 %, ce qui
é quivaut à environ 250 000 personnes infectées(9). Actuellement, il n’existe
aucun vaccin contre l’hépatite C(10), bien que divers traitements contre cette
maladie soient offerts, dont la chimiothérapie et la greffe de foie.

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