Déclaration concernant les voyageurs internationaux qui ont l'intention de rendre visite à des amis et à des parents

Une déclaration du Comité consultatif (DCC)
Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages (CCMTMV)

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Déclaration concernant les voyageurs internationaux qui ont l'intention de rendre visite à des amis et à des parents (Document PDF - 979 ko - 52 pages)

Table des matières

Préambule

Le Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages (CCMTMV) donne de façon continue à l'Agence de la santé publique du Canada des conseils opportuns de nature médicale, scientifique et de santé publique concernant les maladies tropicales infectieuses et les risques pour la santé associés aux voyages internationaux. L'Agence reconnaît que les recommandations et les conseils formulés dans cette déclaration reposent sur les pratiques médicales et les connaissances scientifiques les plus récentes et les diffuse dans le but d'informer les voyageurs ainsi que les professionnels de la santé qui sont appelés à leur prodiguer des soins.

Les personnes qui administrent ou utilisent des médicaments, des vaccins ou d'autres produits devraient bien connaître la monographie des produits, ainsi que toute autre norme ou instruction approuvée concernant leur usage. Les recommandations relatives à l'usage des produits et les autres renseignements présentés ici peuvent différer de ceux qui figurent dans la monographie ou toute autre norme ou instruction approuvée pertinente établie par les fabricants autorisés. Les fabricants font approuver leurs produits et démontrent l'innocuité et l'efficacité de ceux-ci uniquement lorsque ces produits sont utilisés conformément à la monographie ou à toute autre norme ou instruction approuvée semblable.

Points clés

  • Les taux de maladies liées aux voyages chez les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents ont tendance à être plus élevés pour de nombreuses maladies, notamment la tuberculose, le paludisme ainsi que certaines maladies et infections transmissibles sexuellement et par des parasites qui sont évitables par la vaccination. La déclaration traite des recommandations et des facteurs de risque propres aux maladies. Les recommandations précises sont mises en évidence et résumées dans les annexes 6 et 7.
  • Diverses caractéristiques expliquent les risques élevés chez les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents, notamment une plus grande possibilité de plans de voyage de dernière minute, une plus grande probabilité de séjours plus longs, une réticence à manger différemment des hôtes, une probabilité accrue de consommation d'eau potable non traitée et une proximité immédiate de la population locale.
  • Les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents et les voyageurs nés à l'étranger sont moins susceptibles d'avoir recours à des consultations de santé avant le voyage, et sont plus susceptibles d'avoir recours à des conseils à une date plus près du départ et de refuser un vaccin recommandé. Ces différences ont été associées à la faible perception du risque de contracter personnellement la maladie chez les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents, mais elles peuvent également refléter des obstacles langagiers, culturels ou financiers qui préviennent l'utilisation de ces services.
  • Les enfants rendant visite à des amis et à des parents présentent un risque accru de contracter des maladies liées aux voyages et sont particulièrement à risque de maladie fébrile (surtout causée par le paludisme), de tuberculose, de typhoïde, d'hépatite A et de méningite à méningocoques. L'augmentation de ces risques met l'accent sur l'importance de l'évaluation effectuée avant un voyage et de l'observance des interventions recommandées pour les enfants.
  • La consultation avant le voyage pour les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents est une occasion de promotion de la santé, de détermination des affections préexistantes et de réduction des risques. Des niveaux élevés de non-immunité à des maladies pouvant être prévenues par la vaccination et une augmentation de la prévalence des infections chroniques telles que le VIH et l'hépatite virale chez les personnes nées à l'étranger rendant visite à des amis et à des parents devraient être pris en considération dans le cadre de l'évaluation effectuée avant un voyage. L'importance de l'observance et de la détermination des éventuels obstacles à l'observance des conseils aux voyageurs devraient faire l'objet d'une discussion.
  • Les fournisseurs de soins de santé doivent évaluer l'état immunitaire des personnes nées à l'étranger rendant visite à des amis et à des parents afin de s'assurer que les vaccins systématiquement recommandés pour les adultes et les enfants sont à jour pour les nouveaux arrivants au Canada. Le vaccin contre la typhoïde est recommandé pour les voyageurs qui rendent visite à des amis et à des parents en Asie du Sud et il peut être envisagé pour les autres voyageurs. Les voyageurs qui ne sont pas immunisés contre le virus de l'hépatite A et B devraient être vaccinés avant le voyage. Pour les enfants rendant visite à des amis et à des parents, les possibilités pour accélérer le calendrier de vaccination systématique devraient être évaluées afin de fournir une protection maximale pendant le voyage.
  • Les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents devraient recevoir des conseils sur l'importance de la prévention du paludisme lorsqu'ils voyagent dans des pays impaludés. Les recommandations doivent comprendre l'utilisation de mesures de protection individuelle pour prévenir les piqûres de moustiques, ainsi que l'utilisation potentielle de la chimioprophylaxie selon la destination.
  • Les précautions en matière de consommation d'eau et d'aliments devraient faire l'objet d'une discussion, et l'accent devrait être mis sur le lavage fréquent des mains. Les stratégies de prévention pour éviter les infections parasitaires telles que la schistosomiase et la strongyloidïose devraient être recommandées pour les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents dans des régions endémiques. En raison des taux plus élevés de diagnostics d'infection transmissible sexuellement chez les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents, l'importance de l'adoption de pratiques sexuelles plus sécuritaires devrait être soulignée.
  • Les personnes qui se rendent dans des pays où l'incidence de la tuberculose est élevée doivent éviter tout contact avec des personnes ayant une tuberculose pulmonaire connue ou une toux chronique inexpliquée. Des tests cutanés de dépistage de la tuberculose effectués avant et après le voyage peuvent être recommandés pour certains voyageurs conformément à l'annexe 5.
  • Lors des visites régulières de santé, les fournisseurs de soins de santé doivent discuter d'éventuels voyages avec les personnes qui rendent visite à des amis et à des parents. Les fournisseurs de soins de santé doivent posséder des connaissances et des ressources cliniques en matière de santé des voyageurs pour être en mesure de fournir les recommandations de base et essentielles appropriées. Les cliniciens peuvent avoir besoin de déterminer la priorité des recommandations en fonction d'une évaluation des risques du voyageur et de la destination de voyage, lorsque le coût représente un obstacle à l'observance.

Objectif

La présente déclaration, préparée par le Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages (CCMTMV), vise à sensibiliser et à informer les professionnels de la santé canadiens qui offrent des soins avant un voyage aux voyageurs qui prévoient rendre visite à des amis et à des parents. Les risques liés au voyage précis, y compris l'épidémiologie des maladies infectieuses et leur fardeau dans cette population, seront examinés et des recommandations seront fournies dans le but d'essayer d'atténuer ces risques.

Introduction

Les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents constituent un groupe précis de voyageurs qui ont été déterminés comme présentant un risque accru de morbidité liée au voyage. Les Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis définissent un voyageur rendant visite à des amis et à des parents comme « un immigrant, présentant une race et une ethnie différentes de celles de la majorité de la population de leur pays de résidence (un pays à revenu plus élevé), qui retourne dans son pays d'origine (pays à revenu plus faible) pour rendre visite à des amis ou à des parents. Les membres de la famille qui sont nés dans le pays de résidence, comme le conjoint ou les enfants, sont inclus dans la catégorie des voyageurs rendant visite à des amis et à des parents. »Référence 1. En ce qui concerne cette définition « classique » des voyageurs rendant visite à des amis et à des parents, certains se questionnent sur la pertinence de l'état d'immigrant et de l'origine ethniqueRéférence 2,Référence 3. On a fait valoir que la contrainte que présente la définition « classique » est que les hypothèses sous-jacentes de ce qui constitue un voyageur rendant visite à des amis et à des parents ne s'appliquent plus en raison des profils de voyage actuels et de la mobilité de la populationRéférence 3. La proposition de révision de la définition d'un voyageur rendant visite à des amis et à des parents comprend le fait que l'objectif du voyage est de rendre visite à des amis et à des parents, et qu'il existe un gradient épidémiologique du risque pour la santé entre les deux endroits qui est appuyé par une évaluation des déterminants de la santéRéférence 3. Elle omet également l'exigence d'être un immigrant ou de présenter une race ou une ethnie différente de celle de la population du pays de résidenceRéférence 3. Le raisonnement derrière cela est de mettre l'accent sur l'objectif du voyage plutôt que sur l'ethnicité ou l'état d'immigrant. Ainsi, les renseignements obtenus seront plus utiles pour les consultations de santé des voyageurs fondées sur l'évaluation des risques pour la santé individuelleRéférence 3. En outre, la nouvelle définition comprendrait des risques non contagieux pour la santé, comme les blessures, la pollution de l'air ou les températures extrêmesRéférence 3.

La présente déclaration se concentrera sur les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents en vertu de la définition « classique », car il s'agit de celle qui est la plus couramment utilisée dans la littérature. Elle présentera également les risques accrus auxquels font face les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents et les recommandations actuelles fondées sur la littérature existante. Toutefois, il est raisonnable d'étendre ces recommandations aux personnes définies comme des voyageurs rendant visite à des amis et à des parents en vertu de la proposition de définition plus large pour les raisons décrites ci-dessus.

Méthodes

Une recherche documentaire effectuée dans quatre bases de données électroniques a été effectuée à l'aide de combinaisons des mots « visit », « friend », « relative », « travel », « health » et « emporiatrics ». La recherche a été effectuée dans la base de données Medline de 1946 à juin 2013, dans Embase de 1996 à juin 2013, dans Global Health de 1973 à juin 2013 et dans Scopus de 2010 à juin 2013. Une recherche dans la littérature grise a été réalisée en utilisant Google Scholar et la base de données Access Medicine à l'aide des mots-clés « rendre visite à des amis et à des parents », « travel » et « health ». Les résumés retenus ont été passés en revue et le texte intégral des articles pertinents a été obtenu aux fins d'examen. Les rapports ou les publications de Statistique Canada, de Citoyenneté et Immigration Canada et de l'Agence de la santé publique du Canada ont également été utilisés pour effectuer des recherches afin de trouver des données sur les Canadiens, les voyageurs et les maladies. Ces recherches ont fourni un aperçu initial de la littérature sur les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents, et des sujets de section ont été choisis en conséquence aux fins d'examen. D'autres recherches documentaires ciblées ont été effectuées pour chacun des sujets de section sélectionnés afin de fournir des renseignements plus détaillés sur l'épidémiologie et le fardeau des maladies précises dans la population des voyageurs rendant visite à des amis et à des parents, avec un accent sur la littérature et les données probantes provenant du Canada.

La déclaration ne contient pas un aperçu complet de tous les risques liés au voyage, puisque le contenu a été mis en ordre de priorité en fonction des risques qui sont particulièrement plus élevés pour les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents. Par conséquent, il est important de bien connaître et de traiter tous les risques liés à la destination, en mettant un accent particulier sur les sujets abordés ci-dessous. Une liste complète des déclarations actuelles du CCMTMV se trouve sur le site Web sur la santé des voyageurs de l'ASPCRéférence 4.

Les recommandations formulées dans la présente déclaration ne comprennent pas une description de la force de la recommandation ou de catégorie de la qualité des données probantes comme cela a déjà été fait dans d'autres déclarations du CCMTMV. La présente déclaration représente un examen narratif de la littérature sur la médecine de voyage à propos des voyageurs rendant visite à des amis et à des parents et les recommandations fondées sur l'opinion d'experts du CCMTMV découlant de cet examen. La synthèse des données pertinentes et les recommandations formulées dans des déclarations précédentes du CCMTMV, destinées à tous les voyageurs ou à des groupes plus larges de voyageurs (enfants, voyageurs âgés), sont réaffirmées pour les maladies ayant fait l'objet de discussions comme présentant des risques plus élevés pour les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents.

Épidémiologie et tendances en matière de voyage

En 2012, les principaux pays d'origine des immigrants canadiens étaient la Chine (13 %), les Philippines (13 %) et l'Inde (11 %)Référence 5. Toutefois, chaque province et territoire présente un profil d'immigration différent (annexe 1).

De 2000 à 2010, les voyageurs canadiens dont le but était de rendre visite à des amis et à des parents ont augmenté au fil du temps, mais cette proportion de voyageurs a légèrement diminué de 2010 à 2012. En 2012, rendre visite à des amis et à des parents était le deuxième motif le plus courant des voyages internationaux après les loisirs avec environ deux millions de visites avec nuitées dans des pays outre-mer, et représentait 17 % des voyages effectués par des voyageurs canadiens qui se rendaient dans des pays outre-mer. Bien que la plupart (56 %) de ces voyageurs se rendaient en Europe (ce qui ne répond pas strictement aux critères d'un voyage effectué par un voyageur rendant visite à des amis et à des parents), la plus grande partie des autres voyageurs se rendaient dans des pays présentant un gradient de risque pour la santé par rapport au Canada (y compris 24 % des voyageurs rendant visite à des amis et à des parents en Asie)Référence 6.

Évaluation des voyageurs rendant visite à des amis et à des parents

Avant d'envisager l'itinéraire et d'autres détails du voyage, il est important de vérifier les antécédents médicaux pertinents des voyageurs. À cet égard, la consultation avant le voyage est une occasion pour la promotion de la santé, y compris la détermination d'affections non diagnostiquées ou de vulnérabilités acquises dans leur pays d'origineRéférence 7. Les immigrants de première génération au Canada présentent un taux de prévalence plus élevé de certaines maladies chroniques, telles que l'hépatite B (HB) et le virus de l'immunodéficience humaine (VIH)Référence 8,Référence 9, ce qui pourrait avoir une incidence sur les types de conseils donnés durant la consultation avant le voyage. En outre, selon les soins qu'ils ont déjà reçus avant et après leur arrivée au Canada, les voyageurs adultes rendant visite à des amis et à des parents ne sont pas nécessairement immunisés contre des infections évitables par la vaccination, y compris la varicelle, les oreillons, la rubéole, la rougeole ou le tétanosRéférence 10-Référence 13. Des tests de dépistage et des recommandations supplémentaires peuvent donc être nécessaires pour cette population. De ce point de vue, la consultation avant le voyage pour les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents peut fournir relativement plus de possibilités de réduction des risques que pour les voyageurs qui ne rendent pas visite à des amis et à des parents, et elle peut nécessiter plus de temps et d'efforts.

Facteurs de risque

Les taux des maladies liées aux voyages chez les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents ont tendance à être plus élevés pour un grand nombre d'affections, même si les risques pour chaque voyageur varient en fonction des caractéristiques du voyageur, de la destination, de la durée du voyage et des activités pratiquées pendant le voyage. Le risque plus élevé de maladie chez les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents peut s'expliquer par plusieurs caractéristiques. Les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents peuvent avoir des plans de voyage de dernière minute pour rendre visite à des parents malades ou assister à des funérailles, ce qui limite le temps disponible pour obtenir des conseils avant le voyageRéférence 14. Les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents sont plus enclins à avoir des séjours plus longs, ce qui augmente le risque de morbidité et de mortalitéRéférence 14, probablement en raison du temps d'exposition accru. Les personnes qui séjournent chez des membres de la famille peuvent être réticentes à l'idée de manger différemment de leurs hôtes et sont plus susceptibles de boire de l'eau non traitéeRéférence 14,Référence 15. En outre, leur hébergement pourrait ne pas comprendre de moustiquaires de portes et de fenêtres ni de moustiquaires de litRéférence 15. Les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents sont plus enclins à utiliser les transports en commun, ou même à conduire eux-mêmes, ce qui augmente leur risque de blessureRéférence 14. La proximité immédiate de la population locale accroît également le risque de contracter certaines maladies, comme la tuberculoseRéférence 14.

Les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents peuvent ne pas avoir conscience des risques et des mesures préventives possiblesRéférence 1, Référence 14, Référence 16, Référence 17. Les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents et les voyageurs nés à l'étranger sont moins susceptibles d'avoir recours à des consultations de santé avant le voyageRéférence 18-Référence 21, et sont plus susceptibles d'avoir recours à des conseils à une date plus rapprochée du départRéférence 22 et de refuser un vaccin recommandéRéférence 22. Ces différences ont été associées à la faible perception du risque de contracter personnellement la maladie chez les voyageurs rendant visite à des amis et à des parentsRéférence 15, mais elles pourraient également refléter des obstacles langagiers, culturels ou financiers qui préviennent l'utilisation de ces servicesRéférence 1,Référence 16. Les immigrants au Canada ont tendance à gagner moins que les travailleurs comparables non immigrants; la proportion d'immigrants récents dont le revenu familial se situe sous le seuil de faible revenu en 2009 était de 24 %, 16 %, 16 % et 25 % au Québec, en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique, respectivementRéférence 23. En outre, les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents croient souvent qu'ils sont immunisés contre les maladies dans leur pays d'origineRéférence 1, Référence 14, Référence 17. Cela peut être vrai pour certaines infections virales comme l'hépatite A, mais faux pour d'autres infections. Dans le cas du paludisme, les personnes qui vivent dans des zones hautement endémiques peuvent développer une immunité partielle. Cependant, pour que l'immunité soit maintenue, une exposition continue est nécessaireRéférence 14. La survie au paludisme pendant l'enfance peut entraîner une immunité partielle et une incidence relativement plus faible du paludisme à l'âge adulte, ce qui donne aux voyageurs rendant visite à des amis à des parents l'impression erronée que le paludisme n'est pas une maladie d'adulte. Toutefois, même si les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents ont été exposés au paludisme il y a longtemps, ils ont probablement perdu leur immunité partielle et sont donc exposés à un risque accru de paludisme cliniqueRéférence 14. En outre, les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents peuvent rechercher des fournisseurs de soins de santé provenant du même type de milieu ethnique qui peuvent partager leurs croyances au sujet de l'immunité préexistante et, par conséquent, ne pas recommander une chimioprophylaxie contre le paludisme ou d'autres stratégies de préventionRéférence 24,Référence 25.

Même si la plupart des facteurs de risque mentionnés ci-dessus qui entraînent un risque plus élevé de maladie pour les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents peuvent être classés comme des facteurs liés au voyageur (c.-à-d. des caractéristiques du voyageur et de sa destination), des facteurs de risque peuvent également faire partie des risques liés aux systèmes et aux fournisseurs. Les risques liés aux systèmes comprennent le fait que, au Canada, les services de santé aux voyageurs ne sont généralement pas remboursés par un régime d'assurance de santé public ou privé. Par conséquent, les vaccins et les médicaments non remboursables peuvent être coûteux, ce qui pourrait décourager les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents (en particulier ceux ayant un revenu plus faible) de recevoir les soins dont ils ont besoinRéférence 14,Référence 17. Les principaux problèmes liés aux fournisseurs touchant les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents se situent dans le domaine des soins primaires, y compris le manque de connaissances et de formation à jour sur les sujets de santé des voyageurs et sur les risques propres à une destination ainsi que le peu de ressources et de temps disponibles qui peuvent être consacrés à des problèmes complexes dans les soins primaires.

Paludisme

La plupart des études indiquent que les voyageurs nés à l'étranger rendant visite à des amis et à des parents semblent présenter un risque beaucoup plus grand de contracter le paludisme que les touristes (un risque jusqu'à 4,5 fois plus élevé selon certaines étudesRéférence 26. Toutefois, il est difficile de quantifier l'ampleur des risques en raison du manque de données précises sur les dénominateurs (c.-à-d. le nombre et les types de voyageurs ainsi que leurs destinations). Une récente analyse documentaire comprenant principalement des études américaines et européennes a révélé que les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents représentent le groupe de voyageurs le plus important pour les cas de paludisme importés dans des pays où le paludisme n'est pas endémiqueRéférence 27. Cette étude a révélé que les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents représentent de 21 % à 68 % des cas de paludismeRéférence 27. Les données de surveillance nationale sur les cas de paludisme au Canada ne comprennent pas de renseignements sur les groupes de population. Des 214 cas de formes graves de paludisme déclarés au Réseau canadien sur le paludisme entre juin 2001 et décembre 2013 comptant des renseignements sur le motif du voyage, 45 % ont indiqué que le motif du voyage était de rendre visite à des amis et à des parentsRéférence 28. Selon une étude publiée par le registre provincial des maladies à déclaration obligatoire du Québec, la majorité des cas de paludisme (53 %) ont été observés chez des voyageurs rendant visite à des amis et à des parentsRéférence 29. La vaste majorité de ces cas déclarés chez des voyageurs rendant visite à des amis et à des parents s'étaient rendus en Afrique subsaharienne, la deuxième destination la plus courante étant l'AsieRéférence 29. Cela reflète probablement à la fois le risque de transmission du paludisme dans ces régions et la proportion de voyageurs qui se rendent dans ces destinations. Il est intéressant de noter qu'une étude récente menée au Royaume-Uni a révélé que, même si les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents représentaient la majorité des cas importés de paludisme, le risque de mortalité était 8,2 fois plus élevé chez les cas de paludisme diagnostiqués chez des touristesRéférence 30. L'immunité résiduelle ou la présentation plus tôt en raison d'une plus grande sensibilisation à l'égard du paludisme chez les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents sont considérées comme des explications possibles.

L'examen de la documentation précitée a également permis de noter que chez les voyageurs atteints de paludisme, 59 % à 99 % n'avaient pas eu recours à la chimioprophylaxie du paludisme ou la prenaient de façon inappropriée (médicament inapproprié ou observance inadéquate du traitement)Référence 27. Une étude canadienne portant sur les voyageurs qui se rendent en Inde (87 % desquels étaient des voyageurs rendant visite à des amis et à des parents) a révélé que seuls 31 % avaient l'intention d'utiliser la chimioprophylaxie et que moins de 10 % utilisaient des mesures pour prévenir les piqûres de moustiquesRéférence 31. Parmi les personnes ayant l'intention d'utiliser une chimioprophylaxie, seulement 24 % avaient reçu une ordonnance de traitement médicamenteux appropriéRéférence 31. Dans une série de cas de diagnostics de paludisme au Canada, la vaste majorité des cas touchaient des voyageurs qui n'avaient pas demandé de conseils avant leur voyage ou qui n'avaient pas pris de prophylaxie antipaludéenne appropriéeRéférence 32,Référence 33.

Les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents devraient être ciblés pour des services de consultation au sujet de l'importance de la prévention du paludisme, notamment pour aborder les possibles idées fausses concernant le risque personnel. Les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents dans des régions impaludées devraient être avisés d'utiliser des mesures de protection individuelle contre les piqûres de moustiques. Si une chimioprophylaxie est recommandée, les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents devraient être encouragés à l'acheter au Canada avant un voyage, plutôt qu'à l'étranger. De plus, les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents devraient être avisés de demander des soins de santé s'ils souffrent de fièvre pendant le voyage ou après leur retour au Canada.

Pour obtenir d'autres recommandations en matière de chimioprophylaxie, le lecteur est prié de consulter les Recommandations canadiennes pour la prévention et le traitement du paludisme du CCMTMVRéférence 34

Maladies pouvant être prévenues par la vaccination

Les immigrants canadiens, tant les adultes que les enfants, peuvent être plus à risque de contracter des maladies pouvant être prévenues par la vaccination en raison du manque d'accès à des vaccins ou à l'existence de différents calendriers de vaccination dans leur pays d'origine.

Immunisation systématique

Il a été constaté que de nombreux immigrants canadiens en provenance de pays en développement sont sensibles à au moins une de ces maladies infectieuses infantiles : la rougeole, les oreillons, la rubéole et la varicelleRéférence 10, Référence 12, Référence 35. Des éclosions de rubéoleRéférence 36 et des taux d'incidence de la varicelle de 2,0 à 3,1 fois plus élevésRéférence 37 chez les immigrants en Espagne soulignent le fardeau de la non-immunisation contre des maladies pouvant être prévenues par la vaccination chez les populations d'immigrants, les immigrants adultes étant un groupe à risque important. Des études réalisées aux États-Unis, en Australie et en Allemagne ont également révélé un taux élevé de non-immunisation chez les enfants immigrants et réfugiésRéférence 38-Référence 40.

La consultation avant le voyage représente une précieuse occasion d'évaluer l'état immunitaire et de mettre à jour les vaccins systématiques pour les adultes comme pour les enfants. L'examen médical obligatoire requis aux fins d'immigration au Canada vise à déterminer les affections touchant l'admissibilité (les affections qui représentent un risque pour la santé publique ou qui entraînent des demandes excessives au système de soins de santé canadien), et son mandat ne comprend pas la mise à jour de la vaccination. Les enfants nés à l'étranger qui s'établissent au Canada peuvent être vaccinés conformément aux normes canadiennes dans le cadre de l'évaluation après l'arrivée au pays ou pour l'admission au système d'éducation publique; cependant, cela peut varier selon la communauté ou la province ou le territoire. Les adultes peuvent être relativement moins susceptibles de subir des évaluations détaillées après l'arrivée au pays ainsi qu'un examen détaillé de l'état immunitaire, même si cela peut être un exercice rentable, du moins pour certaines maladiesRéférence 41, Référence 42. La plupart des adultes n'ont également pas de carnet de vaccination, ce qui peut rendre la mise à jour des vaccins particulièrement difficileRéférence 10.

Les fournisseurs de soins de santé devraient évaluer l'état immunitaire et l'immunité contre des maladies pouvant être prévenues par la vaccination des voyageurs rendant visite à des amis et à des parents, et veiller à ce que les vaccins systématiques soient à jour. Pour les jeunes voyageurs rendant visite à des amis et à des parents, même si leurs immunisations peuvent être considérées comme étant à jour conformément aux calendriers provinciaux et territoriaux, il peut y avoir des possibilités d'accélérer le calendrier de vaccination systématique en vue d'offrir une protection maximale pendant un voyage (lorsque le risque de contracter des maladies pouvant être prévenues par la vaccination pourrait être plus élevé ou lorsque les soins aux enfants atteints de telles infections pourraient ne pas être optimaux). Ces possibilités existent lorsque les vaccins peuvent être administrés à un plus jeune âge ou à un intervalle plus court que ceux établis dans le cadre du calendrier de vaccination systématique. Pour obtenir de plus amples renseignements sur les calendriers de vaccination accélérés, veuillez consulter le tableau à l'annexe 2 (« Vaccinations pour une possible accélération du calendrier d'immunisation systématique des enfants »), ainsi que la Déclaration relative aux jeunes voyageurs du CCMTMVRéférence 43.

Typhoïde

La majorité des cas de fièvre typhoïde en Amérique du Nord sont associés aux voyages et une proportion considérable (37 à 91 % des cas) est associée aux voyages à destination de l'Asie du Sud [définie conformément à la classification de la Banque mondialeRéférence 44, et qui comprend l'Afghanistan, le Pakistan, l'Inde, le Népal, le Bangladesh, les Maldives, le Sri Lanka et le Bhoutan]Référence 16. Dans la Déclaration concernant les voyageurs internationaux et la typhoïde du CCMTMV, une analyse détaillée et une synthèse des données probantes ont révélé que l'estimation du risque de contracter la typhoïde lors d'un voyage est d'environ 1 voyageur sur 3 000 dans cette régionRéférence 45. Ce risque est beaucoup plus faible dans d'autres régions où la typhoïde est endémique (de 1/50 000 à 1/100 000 en Afrique subsaharienne, en Afrique du Nord, au Moyen-Orient ou en Amérique du Sud; et < 1/300 000 dans les Caraïbes et en Amérique centrale)Référence 45. On a déterminé que les voyages effectués par des personnes rendant visite à des amis et à des parents sont un facteur de risque important de la fièvre typhoïde liée aux voyages, puisque 66 % des cas aux États-UnisRéférence 46 et plus de 90 % des cas au QuébecRéférence 29 étaient attribuables à ce type de voyages. Même si les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents semblent être exposés à un risque accru de contracter la typhoïde, on ignore l'ampleur du risque additionnel attribuable aux voyages effectués pour rendre visite à des amis et à des parents ainsi qu'aux destinations de voyage. Dans une étude réalisée par le réseau GeoSentinel, les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents étaient 7,0 fois plus à risque de recevoir un diagnostic de fièvre typhoïde que les touristesRéférence 26.

Les personnes qui voyagent dans des pays où les conditions de salubrité et d'hygiène sont mauvaises devraient être avisées d'employer des précautions en matière de salubrité des aliments et de l'eau et de se laver les mains fréquemment. Le CCMTMV recommande la vaccination contre la typhoïde adaptée à l'âge chez les adultes et les enfants qui rendent visite à des amis et à des parents en Asie du SudRéférence 45. Le vaccin contre la typhoïde n'est pas systématiquement recommandé pour les voyageurs qui se rendent dans d'autres destinations; cependant, il peut être envisagé pour les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents dans situations particulières à risque élevé (p. ex. longues périodes de séjour, enfants ou impossibilité d'éviter les expositions aux aliments ou à l'eau à risque élevé)Référence 45.

La Déclaration concernant les voyageurs internationaux et la typhoïde du CCMTMVRéférence 45. offre de plus amples renseignements sur la prévention de la fièvre typhoïde et l'utilisation du vaccin contre la typhoïde.

Hépatite A

Des études européennes portant sur l'épidémiologie de l'hépatite A ont révélé que les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents constituent un important facteur du nombre de cas, puisqu'ils représentent de 28 à 78 % des cas d'hépatite A observés chez les voyageurs; les jeunes voyageurs rendant visite à des amis et à des parents représentent la plupart de ces casRéférence 47-Référence 50. Les taux d'incidence calculés par région à partir de ces études semblent indiquer que les taux d'acquisition de l'hépatite A vont de 6 à 49 cas pour 100 000 voyages par mois dans l'ensemble des régions où l'hépatite A est endémique, y compris en Afrique subsaharienne, en Afrique du Nord, au Moyen-Orient, en Asie centrale et du Sud et en Amérique latine. Parmi les cas d'hépatite A observés au Québec, 57 % étaient des voyageurs rendant visite à des amis et à des parents, parmi lesquels 60 % des cas avaient contracté la maladie en Afrique (32 % en Afrique du Nord) ou dans le sous-continent indienRéférence 29.

Les personnes qui voyagent dans des pays où les conditions de salubrité et d'hygiène sont mauvaises devraient être avisées d'employer des précautions en matière de salubrité des aliments et de l'eau et de se laver les mains fréquemmentRéférence 51. Les voyageurs non immunisés rendant visite à des amis et à des parents dans des pays en développement devraient être vaccinés, et une immunisation adaptée à l'âge est recommandée pour les enfantsRéférence 51. L'immunité chez les voyageurs nés à l'étranger rendant visite à des amis et à des parents peut être confirmée par un test sérologique pour déterminer la nécessité de la vaccination.

Hépatite B

Plusieurs caractéristiques comportementales des voyageurs rendant visite à des amis et à des parents (périodes plus longues dans le pays, contacts étroits avec la population locale, plus grand risque de blessure ou contact avec le système médical) devraient être considérées comme des facteurs de risque précis pour l'acquisition de l'hépatite B. Un risque accru d'infection par le VHB liée aux voyages a été démontré chez des voyageurs hollandais rendant visite à des amis et à des parentsRéférence 52, qui présentaient un risque 2,8 fois plus élevé que celui des autres voyageurs. La majorité des voyageurs rendant visite à des amis et à des parents qui ont contracté l'hépatite B dans le cadre de cette étude étaient des voyageurs à court terme chez qui on soupçonnait des facteurs de risque pour l'acquisition, y compris des contacts sexuels, des contacts familiaux et des soins médicaux. D'autres études n'ont pas démontré un risque particulier d'hépatite B liée aux voyages chez les voyageurs rendant visite à des amis et à des parentsRéférence 53,Référence 54. Cependant, les risques d'infection au cours d'un voyage ont été estimés à 5 cas pour 100 000 voyageurs dans l'ensembleRéférence 52 et à une valeur de 10 à 25 cas pour 100 000 voyages par moisRéférence 55,Référence 56 pour les infections symptomatiques. Étant donné qu'une méta-analyse et un examen systématique récents ont révélé que plus de la moitié des immigrants et des réfugiés ne sont pas immunisés contre l'hépatite BRéférence 9, ces estimations du risque de contracter la maladie pendant un voyage appuient des recommandations pour le dépistage de l'infection passée ou actuelle et pour la proposition du vaccin aux voyageurs non immunisésRéférence 7.

Les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents dans des pays où l'hépatite B est endémique (c.-à-d. dont la prévalence de l'antigène de surface de l'hépatite B est ≥ 2 %) ou qui pourraient adopter des comportements augmentant leur risque de contact avec du sang et des liquides organiques doivent recevoir des conseils concernant les pratiques sécuritaires (utilisation du condom, utilisation d'équipement médical stérile)Référence 57. Les voyageurs non immunisés rendant visite à des amis et à des parents devraient être vaccinés, et une immunisation adaptée à l'âge est conseillée pour les enfantsRéférence 51.

De plus amples recommandations sur la prévention de l'hépatite A et de l'hépatite B se trouvent dans le Résumé des recommandations pour la prévention de la contraction d'hépatites virales en voyage du CCMTMVRéférence 51.

Tuberculose

Les voyageurs qui se rendent dans des pays où l'incidence de la tuberculose est plus élevée sont à risque de contracter l'infection durant le voyage. En 2012, les personnes nées à l'étranger représentaient 64 % de tous les cas de tuberculose déclarés au CanadaRéférence 58. Les taux d'incidence les plus élevés chez les personnes nées à l'étranger ont été observés chez les personnes venant de l'Afrique, de l'Asie du Sud-Est et du Pacifique occidental et de la Méditerranée orientaleRéférence 58. Ces cas comprennent des cas de tuberculose contractée dans le pays d'origine avant l'immigration, de même que durant des voyages visant à rendre visite à des amis et à des parents. Des études effectuées au Royaume-Uni et aux Pays-Bas ont révélé des proportions importantes, au sein de populations d'immigrants, de tuberculose attribuée à des voyages visant à rendre visite à des amis et à des parents (22 % en Asie du Sud et 56 % au Maroc, respectivement)Référence 59,Référence 60. Une étude néerlandaise des voyageurs de retour au pays a signalé un taux d'incidence de tuberculose de 280 cas d'infection pour 100 000 voyageurs par mois dans des pays où la maladie est endémique, et de 60 cas de tuberculose active pour 100 000 voyageurs par moisRéférence 61. Les taux d'infection les plus élevés ont été observés chez les voyageurs qui se rendent en Afrique, en Amérique centrale et en Asie du Sud-Est. En outre, les voyages ayant pour but un travail médical (p. ex. travail de missionnaire) étaient associés à un risque élevéRéférence 61. Même s'il y avait très peu de voyageurs rendant visite à des amis et à des parents dans le cadre de cette étude, d'autres études chez les enfants ont démontré que les voyages à l'étranger (principalement pour rendre visite à des membres de la famille) constituent un facteur de risque de l'infection tuberculeuse latenteRéférence 62,Référence 63.

Les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents dans des pays où l'incidence de la tuberculose est élevée devraient éviter la consommation de produits laitiers non pasteurisés afin de réduire le risque de contracter M. bovis Référence 64. Ces voyageurs devraient être mis en garde d'éviter les personnes atteintes de tuberculose pulmonaire connue (jusqu'à ce que la personne ait été jugée non contagieuse) ou d'une toux chronique inexpliquée. Dans certains cas, le vaccin bacille de Calmette-Guérin (BCG) peut être envisagé pour les voyageurs qui se rendent dans des pays où la prévalence de la tuberculose est élevée, en particulier pour les nourrissons et les jeunes enfants (âgés de moins de 5 ans) qui voyagent dans des pays où la tuberculose est hautement endémique ou pour les personnes qui pourraient avoir une vaste exposition à la tuberculose multirésistante. Des lignes directrices détaillées sur les indications et l'administration du vaccin BCG se trouvent dans les Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuse (chapitre 16)Référence 65 et le Guide canadien d'immunisationRéférence 109, respectivement.

Des lignes directrices détaillées sur les conseils offerts avant le voyage pour éviter un risque d'infection tuberculeuse et dépister la tuberculose après un voyage se trouvent dans l'Évaluation du risque de tuberculose et prévention de cette maladie chez les voyageurs du CCMTMVRéférence 64. Des renseignements à jour sur les conditions à risque de tuberculose et le niveau de stratification du risque des pays se trouvent dans les chapitres 6 et 13, respectivement, des Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuseRéférence 65. Le risque d'acquisition de la tuberculose pendant un voyage peut être estimé en fonction des taux dans la population de tous les cas de tuberculose dans le pays de destination et de la durée et du but du voyage (voir l'annexe 3 ou le tableau 4 du chapitre 13 des Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuse)Référence 65. Le risque de développer une tuberculose active après l'acquisition peut être prédit à l'aide des problèmes médicaux sous-jacents ou des facteurs de risque (voir l'annexe 4 ou le tableau 1 du chapitre 6 des Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuse)Référence 65.

Les recommandations pour le test cutané de dépistage de la tuberculose avant et après le voyage sont résumées à l'annexe 5. En résumé, pour les voyageurs exposés de façon importante (en fonction de la durée du séjour et de l'incidence de la tuberculose à la destination) ou qui présentent un risque accru d'activation de la tuberculose après l'exposition (p. ex. immunosuppression à un âge inférieur à 5 ans), un test cutané de dépistage de la tuberculose après le voyage est recommandé plus de 8 semaines après leur retour. Un test cutané de dépistage de la tuberculose avant le voyage est recommandé pour les personnes à risque d'hépatotoxicité causée par le traitement pour les infections tuberculeuses latentes (âge > 50 ans, hépatite virale chronique ou autres maladies du foie comorbides) et présentant une probabilité accrue d'avoir un test positif avant le voyage (nées ou ayant vécu dans un pays où la prévalence de la tuberculose est élevée, professionnel de la santé ou Autochtone), ou pour celles qui nécessitent un suivi systématique au moyen du test cutané dans le cadre de leur travail (p. ex. professionnels de la santé). Pour les personnes à risque d'hépatotoxicité causée par un traitement pour les infections tuberculeuses latentes par l'isoniazide, ce type de traitement serait réservé aux personnes atteintes d'une infection récente au cours d'un voyage. Le test cutané de dépistage de la tuberculose avant le voyage est donc important pour les immigrants rendant visite à des amis et à des parents qui sont plus susceptibles d'obtenir un résultat positif au test de dépistage avant le voyage.

Infections parasitaires

Comparativement aux autres voyageurs, on a démontré que les immigrants rendant visite à des amis et à des parents ont significativement plus d'infections parasitaires intestinales non diarrhéiques, peu importe la destinationRéférence 26. Même si bon nombre de ces infections sont résolutives et comportent peu de risques d'effets importants sur la santé, certaines infections, telles que la schistosomiase, la strongyloidïose, l'échinococcose et la cysticercose, peuvent être chroniques et avoir le potentiel de provoquer une morbidité importante, voire la mortalité. Comme dans le cas de la tuberculose, lors de la consultation après un voyage, il est difficile de différencier les infections incidentes contractées lors de voyages visant à rendre visite à des amis et à des parents des infections chroniques non diagnostiquées qui sont antérieures à l'arrivée des voyageurs immigrants au Canada. Les zones présentant un risque pour le voyageur de contracter ces dernières infections comprennent l'Afrique subsaharienne, l'Asie du Sud-Est et l'Amérique latineRéférence 26. Ces risques sont pris en compte dans le fardeau de ces agents pathogènes chez les réfugiés, avec des taux de strongyloidïose chez les réfugiés africains et asiatiques du Sud-Est de 9 à 77 % et de schistosomiase chez les réfugiés africains de 2 à 73 %Référence 13. Une étude menée auprès de patients fréquentant une grande clinique GeoSentinel canadienne à leur retour de voyage a révélé que les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents sont plus susceptibles de présenter ces parasites intestinaux ainsi que divers autres parasitesRéférence 66. Une étude de la comparaison des maladies chez les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents avec celles chez les autres voyageurs dans l'ensemble du réseau GeoSentinel a révélé que les taux de morbidité des pathogènes intestinaux non diarrhéiques chez les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents a considérablement augmenté, avec des rapports de cotes variant de 3,8 à 6,8 selon la destination de voyageRéférence 26.

De façon semblable à la mise à jour de la vaccination, l'évaluation avant le voyage peut représenter une occasion de déterminer les risques et de recommander le dépistage de ces infections parasitaires chroniques traitables chez les immigrants (s'il n'a pas déjà été réalisé dans le passé), même si les coûts et les avantages d'un tel dépistage chez les voyageurs asymptomatiques n'a pas fait l'objet d'une étude poussée. La prévention de ces infections au cours d'un voyage devrait être recommandée selon les risques que présente la destination. Ces recommandations comprennent l'évitement des activités en eau douce comme la baignade en Afrique, en Asie du Sud-Est et dans certaines régions de l'Amérique du Sud pour la schistosomiase, l'évitement de la marche pieds nus ou d'autres contacts entre la peau et le sol dans tous les pays tropicaux pour la strongyloidïose et l'utilisation des précautions standard pour la consommation d'eau et d'aliments pour d'autres infections intestinales et non intestinales transmises par voie oro-fécale.

Infections transmissibles sexuellement et VIH

Il existe peu de données publiées traitant spécifiquement des infections transmissibles sexuellement (ITS) chez les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents. Récemment, une vaste étude GeoSentinel des ITS chez les voyageurs a révélé qu'environ 1 % des 112 000 voyageurs malades ont reçu un diagnostic d'ITSRéférence 67. Les voyages visant à rendre visite à des amis et à des parents ont été associés à un rapport de cotes de 2,1 de diagnostic des ITS; les infections les plus courantes étaient le VIH aigu, la syphilis et l'urétriteRéférence 67. D'autres études antérieures de moindre envergure ont révélé que les ITS étaient plus probables chez les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents que chez les autres voyageurs, les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents étant de 2,6 à 5,0 fois plus susceptibles de recevoir un diagnostic de ces infectionsRéférence 26,Référence 68. Des études de surveillance au Royaume-Uni et en Australie-Occidentale ont documenté l'acquisition du VIH chez les immigrants pendant un voyage dans leur pays de naissanceRéférence 69,Référence 70. Même si les données probantes à l'appui du fardeau réel des ITS et du VIH chez les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents sont plus ou moins limitées, les études sur les comportements sexuels à risque chez les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents indiquent un risque élevé de contracter de telles infections. Des relations sexuelles non protégées et de nouveaux partenaires sexuels sont courants chez les voyageurs en généralRéférence 71, y compris les voyageurs rendant visite à des amis et à des parentsRéférence 72, Référence 73. Toutefois, les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents dans des pays où les taux d'endémie d'infection par le VIH et d'autres ITS sont plus élevés courent un risque relativement plus élevé de contracter ces maladies en raison de ces comportements à risque. Les facteurs de risque des voyageurs pour les relations sexuelles occasionnelles à l'étranger (et donc l'acquisition des ITS pendant un voyage) sont les suivants : le jeune âge, le sexe masculin, les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes, le célibat, voyager seul ou avec des amis, une durée plus longue du voyage et le fait d'avoir des antécédents de diagnostic d'ITS ou plus de cinq partenaires sexuels au cours de l'année précédenteRéférence 74.

Il est recommandé que les fournisseurs de soins de santé discutent avec les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents et de la possibilité d'activités sexuelles au cours de leur voyage, ainsi que des taux d'ITS et de VIH à leur destination. Il faut insister sur l'importance d'adopter des pratiques sexuelles plus sécuritaires et les voyageurs devraient être encouragés à apporter des condoms du Canada, pour assurer leur qualitéRéférence 75. Le vaccin contre le VPH peut être envisagé pour les voyageurs adolescents et adultes qui n'ont pas déjà été vaccinés. Le vaccin contre l'hépatite B est recommandé comme il est indiqué ci-dessus.

Des recommandations supplémentaires liées à la réduction du risque d'ITS se trouvent dans la Déclaration sur les voyageurs et les infections transmissibles sexuellement du CCMTMVRéférence 75.

Blessure

Même si on consacre beaucoup de temps, pendant la consultation avant le voyage, aux stratégies de prévention de l'infection, les blessures représentent une cause de morbidité et de mortalité beaucoup plus répandue et potentiellement évitable chez les voyageurs. Les blessures sont la cause du décès dans 18 à 25 % des cas de mortalité des voyageurs à l'étrangerRéférence 76-Référence 78, un taux plus élevé que celui de décès attribuable aux infections, qui est de 1 à 2 %Référence 77, Référence 79. Même si la littérature sur les blessures liées aux voyages n'a pas précisément étudié le fardeau des blessures chez les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents, de nombreuses caractéristiques de ces derniers augmenteraient le risque de blessures. Ces caractéristiques comprennent une plus grande probabilité d'utilisation de modes de transport locaux, de plus longues durées de séjour et la participation à des activités locales.

Lorsque l'utilisation de motocyclettes ou de bicyclettes est nécessaire, les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents devraient être encouragés à porter un casqueRéférence 80. L'utilisation d'autres précautions de sécurité routière disponibles, comme les ceintures de sécurité et les sièges d'auto pour les nourrissons et les enfants, devrait également être recommandéeRéférence 80. Pour obtenir de plus amples renseignements sur le risque de blessure et les recommandations en matière de prévention, veuillez consulter la Déclaration sur les risques de blessure chez les voyageurs du CCMTMVRéférence 80.

Populations spéciales

Jeunes voyageurs rendant visite à des amis et à des parents

Les enfants nés de parents immigrants dans des pays développés comme le Canada sont considérés comme des voyageurs rendant visite à des amis et à des parents. Au cours d'un voyage, ces enfants sont vraisemblablement plus à risque que leurs parents ou les jeunes voyageurs nés à l'étranger rendant visite à des amis et à des parents en raison de l'absence d'antécédents d'immunité aux infections locales (comme l'hépatite A) ainsi que d'autres caractéristiques démographiques et d'autres caractéristiques liées aux voyages. Comparativement aux jeunes touristes, les jeunes voyageurs rendant visite à des amis et à des parents qui avaient eu une consultation avant le départ en Espagne et aux États-Unis étaient plus susceptibles d'être plus jeunes (moins de 5 ans), de voyager pendant des périodes plus longues, de se rendre dans des régions rurales, de se présenter à une date rapprochée de celle de départ prévue (ce qui laisse moins de temps pour la vaccination et l'amorce d'une chimioprophylaxie antipaludéenne) et de se rendre dans des destinations à risque plus élevé de maladies tropicalesRéférence 81,Référence 82. Il a été démontré que les jeunes voyageurs rendant visite à des amis et à des parents présentent un risque plus élevé de certains résultats après le voyage que les voyageurs adultes rendant visite à des amis et à des parents ou d'autres jeunes voyageurs. Une étude GeoSentinel sur les enfants a permis d'observer que les enfants malades se présentant pour un traitement après le voyage étaient significativement plus susceptibles d'être des voyageurs rendant visite à des amis et à des parents que les adultes, et les jeunes voyageurs rendant visite à des amis et à des parents étaient plus susceptibles de présenter une maladie fébrile systémique en général et le paludisme en particulierRéférence 83. Une étude menée en Suisse auprès de jeunes voyageurs revenus malades au pays a révélé que 75 % des maladies potentiellement graves nécessitant une admission à l'hôpital (le paludisme, la tuberculose, la fièvre typhoïde, la méningite à méningocoques) étaient observées chez des voyageurs rendant visite à des amis et à des parentsRéférence 84.

Une récente étude de surveillance des jeunes voyageurs rendant visite à des amis et à des parents du Canada a révélé que la fièvre entérique, le paludisme, les maladies diarrhéiques et l'hépatite A représentaient 75 % des maladies liées aux voyages dans ce groupeRéférence 85. Seulement 26 % de ces voyageurs avaient reçu des conseils avant leur voyage. La majorité des jeunes voyageurs rendant visite à des amis et à des parents dans le cadre de cette étude (71 %) ont nécessité une hospitalisation après leur retour au Canada.

Chez les voyageurs, le paludisme touche de façon disproportionnée les enfants, avec des taux d'infection pédiatrique plus élevés même si les enfants constituent une plus faible proportion des voyageursRéférence 34. Une récente étude a révélé qu'aux États-Unis et en Europe, de 50 % à 84 % des cas importés de paludisme chez les enfants sont attribuables à des voyageurs rendant visite à des amis et à des parentsRéférence 86. Au Canada, la surveillance des cas de formes graves de paludisme (2001-2013) a révélé que 18 % des cas étaient âgés de moins de 18 ansRéférence 28. Dans le registre du Québec de tous les cas de paludisme (2004-2007), 17 % des cas étaient âgés de moins de 19 ansRéférence 29. L'utilisation de la chimioprophylaxie est faible dans ce groupe de populationRéférence 87-Référence 90 et dans les cas où la chimioprophylaxie est prescrite, seulement 0 à 30 % des jeunes voyageurs rendant visite à des amis et à des parents la reçoivent de la façon dont elle a été prescriteRéférence 86.

Les enfants sont exposés à un risque accru de contracter la fièvre typhoïde et présentent également des taux plus élevés de complications connexes, d'hospitalisations et de décèsRéférence 45,Référence 91-Référence 95. Les données probantes examinées dans la Déclaration concernant les voyageurs internationaux et la typhoïde du CCMTMV ont révélé un fardeau disproportionné chez les jeunes voyageursRéférence 45. Les voyageurs québécois rendant visite à des amis et à des parents de moins de 20 ans représentaient 50 % des cas de typhoïde de 2004 à 2007Référence 29, et en Suède, les jeunes voyageurs âgés de 0 à 6 ans et de 7 à 18 ans présentaient des rapports de cotes de 44,2 et de 14,2, respectivement, de contracter la typhoïde par rapport aux voyageurs âgés de 46 à 65 ansRéférence 96.

Les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents courent un risque d'exposition à la tuberculose et au développement d'une infection tuberculeuse latenteRéférence 62,Référence 63. Il s'agit d'un point particulièrement préoccupant pour les enfants de moins de cinq ans en raison de leur risque élevé de développer une tuberculose active et des formes plus graves de tuberculose (la méningite, la tuberculose miliaire) après l'infectionRéférence 97.

Les jeunes voyageurs rendant visite à des amis et à des parents sont également à risque élevé de contracter l'hépatite A, ce qui correspond à 65 % des cas de voyageurs rendant visite à des amis et à des parents au Québec et 53 % des cas liés à des voyages dans l'ensembleRéférence 29,Référence 48. En outre, pendant un voyage, les jeunes enfants peuvent contracter une infection par le VHA qui cause des maladies asymptomatiques ou bénignes pour eux, mais qui peut poser des risques de contracter la maladie pour les enfants plus âgés et les adultes non immunisés avec qui ils sont en contact à leur retour au Canada.

Ces données mettent l'accent sur l'importance de l'évaluation effectuée avant un voyage et de l'observance des interventions recommandées pour les enfants. Les parents devraient recevoir des conseils à propos du fait que les taux de maladie nécessitant une hospitalisation sont plus élevés chez les jeunes voyageurs rendant visite à des amis et à des parents et que l'apparition d'une maladie pendant et après un voyage exige une évaluation urgente. De plus, les parents de jeunes voyageurs nés au Canada rendant visite à des amis et à des parents devraient recevoir des conseils à propos du fait que leur enfant ne possède pas d'immunité innée contre les maladies liées aux voyages en raison de son identité génétique ou ethnoraciale. Pour obtenir de plus amples renseignements sur les jeunes voyageurs ainsi que des recommandations, veuillez consulter la Déclaration relative aux jeunes voyageurs du CCMTMVRéférence 43; les calendriers de vaccination accélérés chez les enfants se trouvent à l'annexe 2.

Voyageurs âgés

Contrairement aux jeunes voyageurs rendant visite à des amis et à des parents, il n'y a pas eu de publications qui mettaient l'accent sur les risques particuliers pour la santé des voyageurs âgés rendant visite à des amis et à des parents. Néanmoins, les voyageurs âgés possèdent de nombreuses caractéristiques (maladies comorbides, réponses immunitaires plus faibles ou contre-indications liées aux vaccins et fragilité entraînant des risques de blessure) qui entraînent une augmentation des risques pour la santé en voyage. Les voyageurs âgés rendant visite à des amis et à des parents peuvent donc présenter un risque synergétique résultant et devraient recevoir des conseils en conséquence. Pour obtenir de l'information sur les voyageurs âgés ainsi que des recommandations, veuillez consulter la Déclaration sur les voyageurs âgés du CCMTMVRéférence 98. En outre, pour les recommandations et l'évaluation du risque de tuberculose et les recommandations sur le test de dépistage cutané de la tuberculose avant le voyage, veuillez consulter l'annexe 5 du chapitre 6 des Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuse et l'Évaluation du risque de tuberculose et prévention de cette maladie chez les voyageurs du CCMTMVRéférence 64, Référence 65.

Voyageurs immunodéprimés

Comme pour les voyageurs âgés, peu de recherches ont porté sur les risques pour la santé propres aux voyageurs immunodéprimés rendant visite à des amis et à des parents. Toutefois, un certain nombre d'études d'enquête sur les voyages dans divers groupes immunodéprimés ont été signalées au cours des dernières années, y compris les Canadiens infectés par le VIHRéférence 99 et les receveurs de transplantation d'un organe plein au Canada, aux États-Unis et aux Pays-BasRéférence 100-Référence 102. Dans le cadre de ces enquêtes, les voyages à l'étranger étaient courants parmi ces groupes puisque 46 % de patients atteints du VIH et de 27 à 36 % des receveurs de transplantation d'organe plein avaient entrepris des voyages internationaux, le but du voyage étant de rendre visite à des amis et à des parents pour 35 % et pour 12 à 46 % des cas, respectivementRéférence 99-Référence 102. Des conseils avant le voyage ont été demandés par seulement 44 % des patients atteints du VIH, et par 4 à 78 % des receveurs de transplantation d'organe plein. Les médecins cliniques chargés du VIH et de la transplantation représentaient la source de conseils la plus courante pour chaque groupe de patients. Des maladies nécessitant des soins médicaux ont été observées chez 18 % des patients atteints du VIH et 8 à 29 % des receveurs de transplantation d'organe plein, et les infections étaient des causes courantes de maladie. Malheureusement, aucune de ces études d'enquête n'a évalué les résultats ci-dessus, en particulier de façon à comparer les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents aux autres voyageurs. Une étude de cohorte rétrospective chez des patients atteints de cancer aux États-Unis observés avant et après le voyage a révélé que 20 % d'entre eux étaient des voyageurs rendant visite à des amis et à des parents; 13 % du nombre total de patients immunodéprimés ont signalé une maladie liée à leur voyageRéférence 103. Il convient de noter que les taux de maladie révélés par ces études dépassent ceux observés chez le voyageur moyenRéférence 104.

Les risques d'infection pour les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents selon le degré et la nature de l'immunodépression, ainsi que les risques propres à la destination devraient être examinés, et le caractère approprié du voyage devrait faire l'objet d'une discussion avec le patient. Pour des renseignements sur la santé des voyageurs immunodéprimés ainsi que des recommandations détaillées sur des affections précises, veuillez consulter la déclaration sur Le voyageur immunodéprimé du CCMTMVRéférence 105. Pour une évaluation et des recommandations sur le risque de tuberculose dans certains états d'immunodépression, veuillez consulter l'annexe 4 du chapitre 6 des Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuse et l'Évaluation du risque de tuberculose et prévention de cette maladie chez les voyageurs du CCMTMVRéférence 64,Référence 65.

Ciblage des voyageurs rendant visite à des amis et à des parents pour des conseils avant leur voyage

Étant donné que les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents présentent un plus grand risque de contracter la maladie, mais sont moins susceptibles d'avoir recours à des conseils avant leur voyage, les fournisseurs de soins de santé doivent aborder les futurs voyages potentiels pour rendre visite à des amis et à des parents avec les personnes qui se présentent à des visites de santé régulières. La consultation d'un spécialiste de la santé des voyageurs devrait être recommandée pour tous les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents, et plus particulièrement pour les personnes présentant des facteurs de risque de maladie grave (personnes immunodéprimées, enfants, maladies comorbides). Cependant, si les patients ne veulent pas ou ne peuvent pas payer le coût de la consultation en médecine de voyage, les fournisseurs de soins primaires doivent reconnaître qu'ils pourraient être le seul point de contact à offrir des conseils aux voyageurs rendant visite à des amis et à des parents. À ce titre, les fournisseurs de soins doivent acquérir les connaissances et les ressources cliniques liées à la santé des voyageurs, de façon à ce que les recommandations de base et essentielles appropriées puissent être formulées avant le voyage des voyageurs rendant visite à des amis et à des parents (p. ex. vaccins, prophylaxie antipaludéenne, etc.). Dans les situations où le coût est un obstacle important à l'observance des recommandations, le clinicien peut avoir besoin de déterminer la priorité des recommandations en fonction d'une évaluation des risques du voyageur et de la destination.

Besoins en matière de recherche

De plus amples recherches sont nécessaires pour déterminer les facilitateurs et les obstacles à l'accès aux conseils offerts avant le voyage et à leur observance par les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents. La participation des communautés ethniques et du personnel de soins de santé qui offrent des soins est nécessaire pour évaluer les connaissances, les attitudes et les comportements en matière de santé des voyageurs et pour déterminer les meilleures façons de fournir de l'information aux voyageurs rendant visite à des amis et à des parents. Certaines campagnes de sensibilisation communautaires prometteuses ciblant les voyageurs potentiels et imminents rendant visite à des amis et à des parents ont récemment été mises au pointRéférence 106,Référence 107; toutefois, des évaluations officielles de leur efficacité sont nécessaires afin de déterminer si ces initiatives sont utiles. Des estimations exactes des risques de maladies précises lors de voyages selon le but et la durée du voyage sont nécessaires afin de fournir de meilleurs renseignements aux voyageurs sur les précautions nécessaires. En outre, une analyse des coûts du fardeau des maladies liées aux voyages chez les voyageurs canadiens rendant visite à des amis et à des parents ainsi que du rapport coût-efficacité des interventions préventives serait très utile.

Résumé

L'évaluation de la santé de la famille avant le voyage des voyageurs rendant visite à des amis et à des parents devrait être réalisée de la même façon que celle des touristes. Toutefois, une attention supplémentaire est nécessaire pour aborder des questions comme l'état de santé actuel des voyageurs rendant visite à des amis et à des parents, les croyances relatives à la santé et la probabilité accrue d'une exposition antérieure à certaines affections dans leur pays d'origine. La nécessité de l'observance et de la détermination des défis éventuels à l'atteinte de l'observance des conseils aux voyageurs doit faire l'objet d'une discussion.

Remerciements

Le CCMTMV tient à remercier Maggie Bryson, Jennifer Cutler et Kelsie Jagt pour leur contribution dans l'élaboration de cette déclaration.

note . Membres du CCMTMV : McCarthy A (Chair), Boggild A, Brophy J, Bui Y, Crockett M, Ghesquire W, Greenaway C, Henteleff A, Libman M, Teitelbaum P, Vaughan S.

Membres de liaison : Hui C (Société canadienne de pédiatrie), Gershman M (Centres for Disease Control and Prevention [É.-U.]) et Pernica J (Association pour la microbiologie médicale et infectiologie Canada).

Membres d'office : McDonald P (Division des médicaments anti-infectieux, Santé Canada), Tepper M (Direction de la protection de la santé de la Force, ministère de la Défense nationale), Schofield S (Entomologie de la lutte antiparasitaire, ministère de la Défense nationale), Marion D (Centres des services de santé des Forces canadiennes, ministère de la Défense Nationale).

Membre émérite : Jeanes C.W.L.

note † La présente déclaration a été préparée par Brophy J, Bui Y, Crockett M, Greenaway C, McCarthy A, Ellia L, Geduld J et elle a été approuvée par le CCMTMV.

Références

Annexes

Annexe 1 : Profil d'immigration canadienne des provinces et des territoires en 2012

Profil d'immigration canadienne des provinces et des territoires en 2012
Province/territoire Région d'origine des résidents permanents (%)
Afrique et Moyen-Orient Asie et Pacifique Amérique centrale et du Sud
Terre-Neuve-et-Labrador, Île-du-Prince-Édouard et Nouveau-Brunswick 1 050 (26,1) 2 026 (50,3) 649 (16,1)
Nouvelle-Écosse 593 (25,3) 866 (37,0) 563 (24,1)
Québec 19 270 (35,0) 9 611 (17,5) 13 623 (24,7)
Ontario 21 849 (22,1) 52 910 (53,4) 10 336 (10,4)
Manitoba 2 646 (19,9) 8 345 (62,7) 1 342 (10,1)
Saskatchewan 1 408 (12,6) 8 112 (72,6) 1 098 (9,8)
Alberta 5 733 (15,9) 22 497 (62,3) 3 805 (10,5)
Colombie-Britannique 3 470 (9,6) 24 888 (68,7) 4 343 (12,0)
Yukon, Territoires du Nord-Ouest et Nunavut 32 (7,0) 333 (72,5) 70 (15,3)
Canada 56 051 (21,7) 129 588 (50,2) 35 829 (13,9)

Source : Citoyenneté et Immigration CanadaRéférence 108

Annexe 2 : Vaccins pour une possible accélération du calendrier d'immunisation systématique chez les enfants

Vaccins pour une possible accélération du calendrier d'immunisation systématique chez les enfants
Vaccin Calendrier systématiqueTable 2 - Annotation *. Âge le plus jeune Intervalle minimal Commentaires
*Veuillez consulter les programmes d'immunisation systématique provinciaux et territoriaux pour les calendriers de vaccination précis Référence 123
DCaT-VPI-HibRéférence 109 2, 4, 6, 18 mois 6 sem. 4 sem.
Vaccin conjugué contre le pneumocoqueRéférence 109 2, 4,(6), 12 mois 6 sem. 4 sem.Référence 110-Référence 112
RotavirusRéférence 109 2, 4 mois (Rotarix) ou
2, 4, 6 mois (Rotateq)
6 sem. 4 sem.
Rougeole, oreillons et rubéole (ROR)Référence 109 12 mois, 4-6 ans 6 mois 4 sem. Remarque : Si le vaccin ROR est administré avant l'âge de 12 mois, 2 doses devraient être administrées après 12 mois pour assurer une immunité à long terme.
VaricelleRéférence 109 12-15 mois, 4-6 ans 12 mois 4 sem.Référence 113
Hépatite ARéférence 109,Référence 114 ≥ 12 mois, 0, 6 mois 6 moisRéférence 115,Référence 116 6 mois Utilisation non approuvée; voir le chapitre du GCI sur la vaccination contre l'hépatite ARéférence 109.
Hépatite BRéférence 109 0, 1, 6 mois à partir de la naissance ou à l'école intermédiaire/secondaire Naissance 0, 1, 2, 12 moisRéférence 117
0, 7, 21 jours, 12 moisRéférence 118
0, 10, 21 joursRéférence 119

Vaccin conjugué contre le méningocoque (Men-C monovalent; Men-A/C/Y/W135 quadrivalent)Référence 109,Référence 120

  • Men-C monovalent : dose unique à 12 mois
  • Men-A/C/Y/W135 quadrivalent : dose unique à l'école intermédiaire/secondaire
  • Men-B - la vaccination n'est pas systématique, seulement en cas d'éclosions ou pour les personnes à risque élevé.

Men-C : 2 mois

Men-A/C/Y/W135 :

  • Menveo - 2 mois
  • Menactra - 9 mois
  • Nimenrix - 12 mois

Men-B : 2 mois

produits de Men-C :

  • Menjugate - 4 sem.
  • NeisVac-C ou Meningitec - 8 sem.

produits de Men-A/C/Y/W135 :

  • Menveo - 8 sem.
  • Menactra - dose unique seulement
  • Nimenrix - dose unique seulement

Men-B - 4 semaines

Veuillez consulter le chapitre du GCI sur le vaccin contre le méningocoque et les déclarations du CCNI sur divers vaccins contre le méningocoque pour obtenir les calendriers détaillésRéférence 121.

Envisager la vaccination précoce contre le méningocoque à l'aide d'un produit jugé plus approprié en fonction de l'épidémiologie locale à destination.

Virus de l'encéphalite japonaise Ixiaro - autorisé seulement pour les >/= 18 ans; 2 doses à 0 et 28 joursRéférence 109 Données des essais d'Ixiaro sur les nourrissons jusqu'à 2 mois Demi-dose (0,25 mL) pour les < 3 ans; dose complète (0,5 mL) ≥ 3 ans 28 jours L'utilisation non approuvée d'Ixiaro est recommandée par le CCMTMVRéférence 122

Par ailleurs, les parents peuvent envisager de se faire vacciner dans le pays de destination au moyen des produits locaux (p. ex. vaccin Green Cross pour les > 9 mois ou Chengdu SA14-14-2 pour les > 6 mois ou Imojev pour les > 12 mois).
RageRéférence 109 Imovax - aucune limite d'âge inférieure; calendrier préexposition à 3 doses 0, 7, 21-28 jours; calendrier post-exposition à 4 doses 0, 3, 7, 14 jours Aucune limite d'âge inférieure
TyphoïdeRéférence 109 Injectable - dose unique - âge >/= 2 ans.
Oral - 4 doses prises à 2 jours d'intervalle - 6 ans
Aucun autre conseil. S.O.
Fièvre jauneRéférence 109 YF-VAX - dose unique pour les enfants âgés de 9 mois et plus; dose de rappel tous les 10 ans Pourrait être administré à un âge aussi jeune que 6-8 mois si le voyage dans la zone où la fièvre jaune est endémique est inévitable Si on administre un vaccin antiamaril à un nourrisson ágé de 6 à 8 mois et qu'il voyage après ses 9 mois, il faut effectuer un test sérologique (si possible) et une dose de rappel doit être envisagée

Annexe 3 : Critères du pays de destination et de durée du voyage pour le test cutané de dépistage de la tuberculose après le voyage

Critères du pays de destination et de durée du voyage pour le test cutané de dépistage de la tuberculose après le voyage
Incidence des cas de tuberculose dans les pays de destination Durée du voyage
≥ 400/100 000 et ≥ 3 mois;
200-399/100 000 et ≥ 6 mois;
100-199/100 000 et ≥ 12 mois;
≥ 100/100 000 et ≥ 1 mois de voyage comportant des contacts à risque très élevé, particulièrement des contacts directs avec les patients dans un hôpital ou à l'intérieur, mais y compris également le travail dans les prisons, les refuges pour sans-abri, les camps de réfugiés ou les bidonvilles.

Source : Adaptation des Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuse, 7e éditionRéférence 65

Annexe 4 : Facteurs de risque pour le développement de la tuberculose active chez les personnes ayant obtenu un résultat positif au test cutané à la tuberculine (infection présumée par Mycobacterium tuberculosis)

Facteurs de risque pour le développement de la tuberculose active chez les personnes ayant obtenu un résultat positif au test cutané à la tuberculine (infection présumée par Mycobacterium tuberculosis)
Facteurs de risque Estimation du risque de tuberculose par rapport aux personnes qui n'ont
aucun facteur de risque connu
RISQUE ÉLEVÉ
Syndrome d'immunodéficience acquise (sida) 110-170
Infection par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) 50-110
Transplantation (liée au traitement immunosuppresseur) 20-74
Silicose 30
Insuffisance rénale chronique nécessitant une hémodialyse 10-25
Carcinome de la tête et du cou 11,6
Infection tuberculeuse récente (≤ 2 ans) 15
Radiographie pulmonaire anormale - maladie fibronodulaire 6-19
RISQUE MODÉRÉ
Inhibiteurs du facteur de nécrose tumorale alpha 1,5-45,8
Diabète sucré (tous les types) 2,0-3,6
Traitement avec des glucocorticoïdes (≥ 15 mg/j de prednisone) 4,9-7,7
Infection à un jeune âge (0-4 ans) 2,2-5,0
RISQUE LÉGÈREMENT ACCRU
Consommation excessive d'alcool (≥ 3 consommations/jour) 3-4
Déficit de poids (< 90 % du poids idéal; pour la plupart des gens, il s'agit d'un indice de masse corporelle ≤ 20) 2-3
Fumeur (1 paquet/jour) 1,8-3,5
Radiographie pulmonaire anormale - granulome 2
RISQUE FAIBLE
Personne ayant obtenu un résultat positif au test cutané à la tuberculine, aucun facteur de risque connu, radiographie pulmonaire normale (« faible risque de réaction ») 1
RISQUE TRÈS FAIBLE
Personne ayant obtenu un résultat positif au test cutané à la tuberculine en deux étapes (dose de rappel), aucun autre facteur de risque connu et radiographie pulmonaire normale 0,5

Source : Adaptation des Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuse, 7e éditionRéférence 65

Annexe 5 : Résumé du modèle décisionnel pour orienter le test cutané de dépistage de la tuberculose chez les voyageurs

Résumé du modèle décisionnel pour orienter le test cutané de dépistage de la  tuberculose chez les voyageurs
Équivalent textuel

Description - Annexe 5 : Résumé du modèle décisionnel pour orienter le test cutané de dépistage de la tuberculose chez les voyageurs

La figure est un modèle décisionnel pour guider le dépistage de la tuberculose chez les voyageurs avant et après un voyage.

Après une évaluation précédant un voyage, la décision de faire passer un test cutané à la tuberculine à un voyageur après le voyage repose sur a) le risque d'exposition prévu et b) le risque d'activation de la tuberculose chez le voyageur.

A) Risque d'exposition prévu

Pour le risque d'exposition prévu, la décision repose sur le taux d'incidence de tuberculose à frottis positif du pays de destination et sur la durée de la visite du voyageur dans ce pays. Il est recommandé que le candidat passe un test cutané à la tuberculine huit semaines après avoir quitté la région où l'incidence de la tuberculose est élevée si l'un des quatre critères d’exposition suivants est rempli :

  1. Le taux de frottis positifs est supérieur à 200 pour 100 000 habitants dans le pays de destination et la durée de la visite est de trois mois ou plus.
  2. Le taux de frottis positifs est entre 100 et 199 pour 100 000 habitants dans le pays de destination et la durée de la visite est de six mois ou plus.
  3. Le taux de frottis positifs est entre 50 et 99 pour 100 000 habitants dans le pays de destination et la durée de la visite est de douze mois ou plus.
  4. Le taux de frottis positifs est supérieur à 50 pour 100 000 habitants dans le pays de destination et la durée de la visite est d'un mois ou plus pour du travail en soins de santé.

B) Risque d'activation de la tuberculose chez le voyageur

Selon les caractéristiques individuelles, si le voyageur possède une des caractéristiques associées à un risque accru d'activation de la tuberculose, et que l'exposition à la tuberculose est plus importante que lors des activités touristiques courantes, mais ne répond pas nécessairement à l'un des quatre critères d’exposition susmentionnés, il est recommandé de passer un test cutané à la tuberculine (TCT) postérieur au voyage, huit semaines après avoir quitté le pays à forte incidence :

  1. Voyageurs présentant une forte immunosuppression (c.-à-d. ceux considérés à risque élevé selon le tableau 1)
  2. Voyageurs suivant un traitement avec des glucocorticoïdes ou prenant des inhibiteurs de facteur de nécrose tumorale alpha
  3. Voyageurs âgés de moins de cinq ans

Test cutané à la tuberculine préalable au voyage

Si le candidat répond aux critères relatifs au test cutané à la tuberculine postérieur au voyage, que ce soit en raison des critères d’exposition ou des caractéristiques associées à un risque d’activation de la tuberculose, il faudra décider si le voyageur doit passer un test cutané à la tuberculine préalable au voyage.

Si l'un des trois critères ci-dessous est rempli, un test cutané à la tuberculine préalable au voyage est recommandé.

  1. Si une surveillance systématique au moyen du test cutané à la tuberculine est prévue, par exemple si le voyageur est un professionnel de la santé, il est recommandé de faire passer un test cutané à la tuberculine de référence en deux étapes selon le protocole local de santé au travail.
  2. Si le voyageur est susceptible de contracter une maladie du foie (p. ex. hépatite C, abus d'alcool) et a une probabilité accrue d'un test cutané à la tuberculine déjà positif (p. ex. est né ou a vécu dans un pays où l'incidence de la tuberculose est élevée, est un professionnel de la santé ou est un Autochtone), un test cutané à la tuberculine préalable au voyage est recommandé, en deux étapes si possible.
  3. Si le voyageur a 50 ans ou plus et a une probabilité accrue d'un test cutané à la tuberculine déjà positif (p. ex. est né ou a vécu dans un pays où l'incidence de la tuberculose est élevée, est un professionnel de la santé ou est un Autochtone), un test cutané de dépistage à la tuberculine préalable au voyage est recommandé, en deux étapes si possible.)

Source : Adapté de l'Évaluation du risque de tuberculose et prévention de cette maladie chez les voyageurs du CCMTMVRéférence 64

Annexe 6 : Tableau des risques et des recommandations propres à des maladies pour les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents

Tableau des risques et des recommandations propres à des maladies pour les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents
Maladie Ampleur de
l'augmentation du risque
Raison de
l'augmentation du risque
Stratégies visant à réduire les risques associés aux voyages des voyageurs rendant visite à des amis et à des parents
*L'Asie du Sud est définie conformément à la Classification de la Banque mondiale Référence 44 et elle comprend l'Afghanistan, le Pakistan, l'Inde, le Népal, le Bangladesh, les Maldives, le Sri Lanka et le Bhoutan. La grande majorité (90 % et plus) des cas de typhoïde chez les voyageurs s'étant rendus dans ces pays provenait de l'Inde, du Pakistan et du Bangladesh.

Paludisme

  • Les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents sont exposés à un risque 4,5 fois plus élevé de paludismeRéférence 26.
  • Moins susceptibles d'avoir recours à une consultation de santé avant le voyage
  • Faible utilisation de la chimioprophylaxie et des mesures de protection individuelle
  • Croyance d'être déjà immunisés
  • Plus portés à rester dans les régions où la transmission du paludisme est intense
  • L'hébergement ne comprend pas nécessairement de moustiquaires de portes et de fenêtres, de moustiquaires de lit ou de climatisation
  • Les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents devraient être ciblés pour recevoir des conseils en ce qui concerne l'importance de la prévention du paludisme; les conseils doivent aborder les idées fausses en matière de niveau de risque personnel.
  • Les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents dans des régions impaludées devraient être avisés d'utiliser des mesures de protection individuelle pour prévenir les piqûres ou morsures de moustiques anophèles. Des renseignements détaillés se trouvent dans la Déclaration relative aux mesures de protection individuelle pour prévenir les piqûres ou morsures d'arthropodes du CCMTMVRéférence 124.
  • Pour connaître les recommandations sur la chimioprophylaxie, veuillez consulter les recommandations canadiennes pour la prévention et le traitement du paludisme du CCMTMVRéférence 34.
  • ENFANTS : Pour obtenir plus de détails sur la prévention et le traitement du paludisme chez les enfants, veuillez consulter la Déclaration relative aux jeunes voyageurs du CCMTMVRéférence 43.
  • Les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents devraient être encouragés à acheter une chimioprophylaxie antipaludéenne au Canada plutôt qu'à l'étranger; s'interroger sur la présence de préoccupations concernant les coûts peut être une façon utile de lancer la discussion.
  • Les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents devraient être avisés de demander des soins de santé s'ils font de la fièvre pendant le voyage ou après leur retour au Canada.

Maladies pouvant être prévenues par la vaccination

  • Les immigrants adultes sont plus susceptibles d'être non immunisés contre les oreillons, la rubéole et la varicelleRéférence 10,Référence 35. Leurs taux de varicelle sont 2,0 à 3,1 fois plus élevésRéférence 37, ce qui reflète la non-immunité.
  • Différences en matière d'exigences ou de calendriers d'immunisation dans le pays de naissance
  • Les fournisseurs de soins de santé doivent évaluer l'état immunitaire et l'immunité des jeunes voyageurs nés à l'étranger rendant visite à des amis et à des parents à l'égard de maladies qui sont généralement contractées ou pour lesquelles on reçoit un vaccin au cours de l'enfance, ainsi que veiller à ce que les vaccins systématiques soient à jour (comme le vaccin contre la rougeole et la varicelle).
  • ENFANTS : Évaluer les possibilités d'offrir une protection maximale contre les maladies évitables en accélérant la primovaccination dans la mesure du possible. Veuillez consulter la Déclaration relative aux jeunes voyageurs du CCMTMVRéférence 43; la partie 3 du Guide canadien d'immunisation, Immunisation des voyageursRéférence 109; et l'annexe 2, tableau des calendriers de vaccination accélérés chez les enfants.

Typhoïde

  • Les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents sont 7 fois plus à risque de recevoir un diagnostic de typhoïde que les touristesRéférence 26.
  • La majorité des cas de typhoïde sont diagnostiqués chez des voyageurs rendant visite à des amis et à des parents, en particulier chez les enfants et les personnes qui voyagent en Asie du SudRéférence 29,Référence 46.
  • Peuvent être réticents à l'idée de manger différemment de leurs hôtes
  • Plus susceptibles de boire de l'eau non traitée
  • Les voyages plus longs peuvent augmenter le risque d'exposition
  • Les personnes qui voyagent dans des pays où les conditions de salubrité et d'hygiène sont mauvaises devraient être avisées d'employer des précautions en matière de salubrité des aliments et de l'eau et de se laver les mains fréquemment.
  • Le CCMTMV recommande que les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents en Asie du SudTable 6 - Annotation *. reçoivent le vaccin contre la typhoïde; veuillez consulter la Déclaration concernant les voyageurs internationaux et la typhoïde du CCMTMV pour obtenir de plus amples renseignementsRéférence 45.
  • ENFANTS : La vaccination contre la typhoïde appropriée à l'âge est recommandée pour les enfants qui voyagent en Asie du Sud.
  • Le vaccin contre la typhoïde n'est pas systématiquement recommandé pour les voyageurs qui se rendent dans des destinations autres que l'Asie du Sud; cependant, il peut être envisagé pour les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents dans des situations qui posent un risque important (p. ex. les enfants, de longues périodes de séjour, l'impossibilité d'éviter les expositions alimentaires/hydriques à risque élevé)Référence 45.

Hépatite A

  • Peuvent être réticents à l'idée de manger différemment de leurs hôtes
  • Plus susceptibles de boire de l'eau non traitée
  • Les personnes qui voyagent dans des pays où les conditions de salubrité et d'hygiène sont mauvaises devraient être avisées d'employer des précautions en matière de salubrité des aliments et de l'eau et de se laver les mains fréquemment.
  • Les voyageurs non immunisés rendant visite à des amis et à des parents dans des pays en développement devraient être vaccinés. Veuillez consulter le Résumé des recommandations pour la prévention de la contraction d'hépatites virales en voyage du CCMTMVRéférence 51.
  • ENFANTS : Le vaccin contre l'hépatite A approprié à l'âge est recommandé pour les enfants.

Hépatite B

  • Les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents présentent un risque d'infection par le VHB 2,8 fois plus élevé que les autres types de voyageursRéférence 52.
  • Plus de la moitié des immigrants ne sont pas immunisés contre l'hépatite BRéférence 9.
  • Peuvent être en contact étroit avec des membres de la population locale infectés par le VHB (ménage, relations sexuelles)
  • Peuvent être plus susceptibles d'entrer en contact avec du sang ou du matériel médical contaminés (recherche de soins réguliers ou d'urgence, soins dentaires, tatouage ou perçage)
  • Tous les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents dans des pays où l'hépatite B est endémique (c.-à-d. présentant une prévalence de l'antigène de surface de l'hépatite B ≥ 2 %) ou qui pourraient adopter des comportements augmentant leur risque de contact avec du sang ou des liquides organiques doivent recevoir des conseils en matière de pratiques sécuritaires (utilisation du condom, utilisation de matériel médical stérile). Les voyageurs non immunisés rendant visite à des amis et à des parents devraient être vaccinés. Veuillez consulter le Résumé des recommandations pour la prévention de la contraction d'hépatites virales en voyage du CCMTMVRéférence 51 et la carte des pays endémiques de l'OMSRéférence 125.
  • ENFANTS : Le vaccin contre l'hépatite B approprié à l'âge est recommandé pour les enfants.

Tuberculose

  • Le risque d'une personne de contracter la tuberculose dépend de la durée et du risque d'exposition à destination; cependant, des études ont révélé que de 20 à 50 % des cas de tuberculose chez les immigrants sont contractés en voyageRéférence 59,Référence 60.
  • Les professionnels de la santé présentent le risque le plus élevé de contracter la tuberculoseRéférence 61.
  • Grande proximité avec la population locale
  • Les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents devraient éviter tout contact avec des personnes atteintes de tuberculose pulmonaire connue (jusqu'à ce que ces personnes aient été considérées comme non contagieuses par leur fournisseur de soins de santé) ou des personnes présentant une toux chronique inexpliquée.
  • Pour les voyageurs dont l'exposition est importante (selon la durée du séjour et l'incidence de la tuberculose à destination) ou qui présentent un risque accru d'activation de la tuberculose post-exposition (p. ex. immunosuppression, âgés de moins de cinq ans), un test cutané de dépistage de la tuberculose après le voyage est recommandé > 8 semaines après leur retour.
  • Un test cutané de dépistage de la tuberculose avant le voyage est recommandé pour les personnes à risque d'hépatotoxicité en raison du traitement d'une infection tuberculeuse latente (infection par le virus de l'hépatite C, maladies du foie alcoolisées, âge ≥ 50 ans) ET ayant une probabilité accrue d'obtenir un résultat positif au test de dépistage avant le voyage (nées ou ayant vécu dans des pays où la prévalence de la tuberculose est élevée, professionnel de la santé ou Autochtone), OU pour celles nécessitant une surveillance systématique au moyen du test cutané de dépistage dans le cadre de leur travail (p. ex. professionnels de la santé). Veuillez consulter l'Évaluation du risque de tuberculose et prévention de cette maladie chez les voyageurs du CCMTMVRéférence 64 et les Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuse (chapitres 6 et 13)Référence 65.
  • Le vaccin bacille de Calmette-Guérin (BCG) peut être envisagé pour les voyageurs qui se rendent à long terme dans des pays où la prévalence de la tuberculose est élevée dans certaines circonstances exceptionnelles. Veuillez consulter la Déclaration relative aux jeunes voyageurs du CCMTMVRéférence 43, l'Évaluation du risque de tuberculose et prévention de cette maladie chez les voyageurs du CCMTMVRéférence 64, et les Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuseRéférence 65.
  • Les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents dans des pays où l'incidence de la tuberculose est élevée devraient éviter la consommation de produits laitiers non pasteurisés afin de réduire le risque de contracter M. bovis.

Infections parasitaires

  • Les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents présentent un risque d'infection parasitaire intestinale de 3,8 à 6,8 fois plus élevé que celui des autres types de voyageursRéférence 26.
  • Plus d'expositions d'origine environnementale, hydrique et alimentaire aux pathogènes au cours du voyage
  • Temps d'exposition plus long
  • Les voyageurs devraient éviter les activités en eau douce, telles que la baignade, en Afrique, en Asie du Sud-Est et dans certaines régions de l'Amérique du Sud pour prévenir la schistosomiase.
  • Les voyageurs devraient éviter de marcher pieds nus ou d'avoir d'autres contacts entre la peau et le sol dans les pays tropicaux pour prévenir la strongyloidïose.
  • L'observance des précautions standard en matière de consommation d'eau et d'aliments est recommandée pour la prévention d'autres infections parasitaires.

Infections transmissibles sexuellement (ITS) et VIH

  • Les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents présentent un risque de diagnostic d'ITS de 2,6 à 5,0 fois plus élevé que les autres voyageursRéférence 26,Référence 68.
  • Taux plus élevés de partenaires occasionnels et de relations sexuelles non protégées en voyage
  • Voyage dans des régions où les taux d'endémie d'infection par le VIH et d'ITS sont plus élevés
  • Discuter avec les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents de la possibilité d'activités sexuelles au cours de leur voyage, ainsi que des taux d'ITS et de VIH dans la population générale et la population des travailleurs du sexe à destination.
  • Insister sur l'importance d'adopter des pratiques sexuelles plus sécuritaires et sur la préparation en prévision d'un voyage en apportant des condoms du Canada (pour assurer la qualité des condoms).
  • Le vaccin contre l'hépatite B devrait être recommandé comme il est indiqué ci-dessus.
  • Le vaccin contre le VPH peut être envisagé pour les voyageurs adolescents et adultes qui n'ont pas déjà été vaccinés.
  • Veuillez consulter la Déclaration sur les voyageurs et les infections transmissibles sexuellement du CCMTMVRéférence 75.

Blessure

  • Aucune donnée disponible
  • Plus enclins à utiliser les transports en commun ou à conduire eux-mêmes
  • Voyages plus longs
  • Les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents devraient éviter l'utilisation de motocyclettes ou de bicyclettes, mais si ce n'est pas possible, ils devraient être encouragés à porter un casque.
  • Les voyageurs rendant visite à des amis et à des parents devraient être encouragés à utiliser les précautions standard en matière de sécurité routière comme le port de la ceinture de sécurité et l'utilisation de sièges d'auto pour nourrissons et pour enfants.
  • Veuillez consulter la Déclaration sur les risques de blessure chez les voyageurs du CCMTMVRéférence 80

Annexe 7 : Tableau des risques et des recommandations pour des populations particulières de voyageurs rendant visite à des amis et à des parents

Tableau des risques et des recommandations pour des populations particulières de voyageurs rendant visite à des amis et à des parents
Population particulière Ampleur de
l'augmentation du risque
Raison de
l'augmentation du risque
Stratégies visant à réduire les risques associés aux voyages des voyageurs rendant visite à des amis et à des parents

Jeunes voyageurs

  • Moins grande immunité et immaturité du système immunitaire
  • Plus d'expositions d'origine environnementale
  • Prodiguer des conseils aux parents sur le fait que les taux d'incidence de la maladie nécessitant une hospitalisation (comme le paludisme et la fièvre typhoïde) sont plus élevés chez les jeunes voyageurs rendant visite à des amis et à des parents et qu'une maladie qui apparaît pendant et après un voyage nécessite une évaluation urgente.
  • Les personnes nées à l'étranger dont les enfants sont nés au Canada devraient recevoir des conseils sur le fait que leur enfant n'a pas d'antécédents d'immunité en raison de l'identité génétique seulement.
  • Veuillez consulter les recommandations pour les ENFANTS dans les sections ci-dessus et à l'annexe 2 pour les calendriers de vaccination accélérés.
  • Pour les recommandations en matière de test cutané de dépistage de la tuberculose après le voyage, veuillez consulter l'Évaluation du risque de tuberculose et prévention de cette maladie chez les voyageurs du CCMTMVRéférence 64 et les Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuse (chapitres 6 et 13)Référence 65.
  • Pour les recommandations en matière de BCG pour les jeunes voyageurs qui entreprennent un voyage de longue durée, veuillez consulter l'Évaluation du risque de tuberculose et prévention de cette maladie chez les voyageurs du CCMTMVRéférence 64, les Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuse (chapitre 16)Référence 65 et le Guide canadien d'immunisationRéférence 109.
  • Veuillez consulter la Déclaration relative aux jeunes voyageurs du CCMTMVRéférence 43.

Voyageurs âgés

  • Aucune donnée disponible
  • Plus grande probabilité de maladies comorbides et potentiel d'interactions médicamenteuses
  • Réponses immunitaires sous-optimales aux vaccins
  • Le risque d'effet indésirable au vaccin contre la fièvre jaune augmente avec l'âge
  • Fragilité entraînant des risques de blessure

Voyageurs immunodéprimés

  • Aucune donnée disponible
  • Plus grand risque d'infection et fragilité médicale générale
  • Possibles contre-indications aux vaccins à virus vivants ou diminution de l'efficacité du vaccin
  • Plus grande probabilité de maladie nécessitant des soins médicaux
  • Les risques d'infection pour le voyageur selon le degré et la nature de l'immunodépression, ainsi que les risques propres à la destination devraient être examinés et le caractère approprié du voyage devrait faire l'objet d'une discussion avec le patient.
  • Veuillez consulter les recommandations sur la tuberculose ci-dessus à propos du test cutané de dépistage de la tuberculose après le voyage, conformément à l'Évaluation du risque de tuberculose et prévention de cette maladie chez les voyageurs du CCMTMVRéférence 64 et aux Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuse (chapitres 6 et 13)Référence 65.
  • Veuillez consulter la Déclaration sur Le voyageur immunodéprimé du CCMTMVRéférence 105 pour obtenir des conseils détaillés sur des conditions particulières.
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