Faire des connexions d’énergies de remplacement pour l’Arctique de l’Ouest à la Nordic Bioeconomy Trade Mission 2016 (mission commerciale nordique sur la bioéconomie

Par : Sheena Adams

Les énergies renouvelables de remplacement pour le Nord constituent l’une des actuelles priorités de recherche de POLAIRE. Savoir polaire canada (POLAIRE) travaille avec les communautés, les gouvernements, le milieu universitaire et les industries du Nord dans le but de réduire la dépendance aux énergies importées à coût élevé, d’étudier la viabilité de sources locales d’énergie et de mobiliser l’application de technologies nordiques propres, y compris les technologies d’énergie provenant de la biomasse. Plusieurs communautés de l’Arctique de l’Ouest sont à concevoir et utiliser des installations alimentées à la biomasse.

L’Europe du Nord est un chef de file mondial dans l’utilisation de la biomasse comme source d’énergie. Pendant des décennies, les pays nordiques ont développé et utilisé la biomasse pour chauffer et électrifier des grandes villes aussi bien que de petites collectivités. La Suède et la Finlande sont réputées pour leurs recherches pointues et leur innovation dans le domaine, leurs modèles uniques d’entreprenariat et leurs chaînes avancées d’approvisionnement. L’établissement de liens avec des exploitants et organisations nordiques de la biomasse alimenterait la croissance de l’industrie de la biomasse dans le Nord canadien en mettant à profit l’expérience nordique. C’est pour cette raison que Savoir polaire Canada a appuyé la participation de Sheena Adams, de l’Arctic Energy Alliance, à l’édition 2016 de la mission commerciale nordique sur la bioéconomie. Cette mission a permis à des Canadiens œuvrant au sein de cette industrie d’établir des contacts avec les bioéconomies avancées de la Suède et la Finlande. Voici comment Mme Adams a relaté son expérience au sein de l’équipe de délégués canadiens.

Je suis la coordonnatrice régionale des projets d’énergie pour l’Arctic Energy Alliance, une organisation sans but lucratif ayant pour mission de promouvoir l’adoption, par toutes les collectivités des Territoires du Nord‑Ouest (T.N.‑O.), des pratiques énergétiques efficientes, renouvelables et neutres en carbone. Je me déplace partout dans l’Arctique de l’Ouest pour promouvoir l’efficience et la conservation de l’énergie et coordonner des projets d’énergie renouvelable. Je prends contact avec des jeunes, des aînés, des propriétaires de maisons, des organismes sans but lucratif, des administrations communautaires et des entreprises pour les éduquer, communiquer avec eux et me pencher sur leurs préoccupations en matière d’énergie.
Avec le soutien financier de Savoir polaire Canada, j’ai participé à la Nordic Bioeconomy Trade Mission 2016 (mission commerciale nordique sur la bioéconomie), tenue en Suède et en Finlande du 23 au 29 mai et organisée par le Biomass North Development Centre. Cette mission comportait une importante conférence sur les bioénergies et une foire commerciale, des séminaires sur les bioéconomies et des visites d’installations bioénergétiques du sud de la Suède et de la Finlande. L’équipe de délégués canadiens était formée de représentants d’administrations et d’industries et de gens du milieu universitaire venus de partout au pays.
En Suède, nous avons assisté à la International Wood Biorefining conference, trois journées complètes de conférences et de séminaires sur la bioéconomie. Là, je me suis familiarisée avec des technologies nouvelles et émergentes, comme les sacs de granules compostables, le matériel de séchage de copeaux et les biocarburants, et j’ai eu l’occasion de voir du matériel de bioénergie dernier cri et de rencontrer des représentants d’entreprises dont les produits pourraient convenir aux T.N.‑O. Nous avons passé deux jours à visiter l’un des nombreux systèmes de chauffage de district de Stockholm, en plus d’assister à des projets de démonstration de biomasse comprenant des exploitations agricoles et des entreprises. Le moment fort de notre visite en Suède a été le séminaire canadien sur la bioéconomie organisé par l’ambassade du Canada; ce fut une après‑midi instructive durant laquelle nous avons entendu des exposés sur les initiatives bioéconomiques menées à l’échelle du Canada. Il a été particulièrement intéressant d’en apprendre davantage sur les efforts déployés par le gouvernement de l’Ontario pour encourager l’utilisation de la bioénergie au moyen de règlements et d’incitatifs fiscaux.
Dans mon exposé, j’ai présenté une vue d’ensemble des initiatives d’énergie de la biomasse aux T.N.‑O., y compris l’entreposage en gros et la livraison par camions à Inuvik, ainsi que les programmes territoriaux de rabais et d’installation pour les poêles à bois et les poêles à granules. Les T.N.‑O. sont un chef de file canadien dans le domaine de la biomasse, et notre industrie a été créée par les investissements locaux privés, avec le soutien du gouvernement des Territoires du Nord‑Ouest et de la NWT Biomass Energy Association. La conférence a été une fabuleuse vitrine pour montrer à nos voisins circumpolaires nos points forts en biomasse et leur présenter des occasions de collaboration.
Une séance de réseautage nous a permis d’en apprendre encore plus, d’échanger et de nouer des liens entre le Canada et la région nordique. J’ai eu d’excellents contacts, notamment avec Martin Karlsson, président‑directeur général d’Ulma AB, une entreprise suédoise qui conçoit et fabrique des incinérateurs de biomasse, et avec Lauri Sikanen, du Finnish Forest Research Institute.
Après une semaine fructueuse passée en Suède, l’équipe de délégués s’est envolée pour Helsinki, pour les deux jours de visites et de séminaires coordonnés par l’ambassade du Canada en Finlande. Ce fut une excellente occasion de mettre en commun de l’information entre les deux pays et d’apprendre de nos expériences mutuelles. Des experts finlandais de la bioénergie et du biorafinage nous ont donné des séminaires et fait faire des visites, notamment Matti Kymenvaara, de Spinverse, une entreprise qui capitalise et commercialise des technologies émergentes, et Tage Fredriksson, de l’Association finlandaise de bioénergie.J’en ai appris sur le dimensionnement des systèmes de biomasse et sur les systèmes qui sont viables dans une région arctique semblable à celle que je dessers. Les visites finlandaises ont inclus un système de chauffage à la biomasse dans une ferme bovine biologique, une serre de plantes annuelles destinées à la vente au détail et un lot boisé privé fournissant des billes de bois brut à une usine locale de production de bioénergie. J’ai également pu observer la chaîne de production à deux centrales locales de bioénergie utilisant des copeaux de bois pour la fabrication d’énergie et de chaleur. Ce fut très inspirant pour moi, car il est possible de produire et d’utiliser des copeaux dans l’Arctique de l’Ouest. J’ai été très impressionnée par la façon dont la Finlande gère ses forêts et utilise des ressources locales pour produire chaleur et électricité. J’espère voir ces technologies émerger dans le Nord canadien.
La mission a été un excellent point de départ pour établir des relations bioéconomiques entre le Canada, la Suède et la Finlande, et elle m’a donné la possibilité de nouer des liens qui me permettront d’importer aux T.N.‑O. des technologies à l’efficacité éprouvée venant de ces pays et de faire une différence positive dans la production de chauffage et d’électricité à la biomasse. Ce que j’ai vu en Suède m’a incitée à encourager davantage de chauffage de district dans ma région. J’ai aussi vu le potentiel qu’il y a dans la production de copeaux de bois, qui pourrait réduire le transport de carburant et créer des emplois locaux dans les communautés.
L’expertise interne en biomasse des T.N.‑O. continuera de croître à mesure que je partagerai constations et contacts avec le personnel de l’Arctic Energy Alliance, de la NWT Biomass Energy Association, des foires commerciales régionales et du gouvernement territorial. Des experts nordiques contribueront aussi à constituer une capacité dans ma région : mes nouveaux contacts en Suède et en Finlande planifient déjà de venir dans les T.N.‑O. et cherchent des emplacements pour des projets de démonstration. Les T.N.‑O. peuvent aider ces pays à développer et tester leurs produits dans nos contrées au climat plus rigoureux, et les occasions ne manquent pas d’échanger produits et savoir entre les trois pays.
Mes trois buts premiers sur le plan professionnel sont d’aider à réduire le coût de la vie dans l’Arctique, d’assurer la sécurité énergétique de la région et de continuer à contribuer à l’atténuation des changements climatiques. Ce voyage a été pour moi une source d’inspiration et d’expansion de mon champ d’action, ce qui m’aidera à atteindre ces buts. Je mettrai à profit cette expérience en aidant à la création d’emplois locaux, en augmentant la capacité, en introduisant des technologies éprouvées et en appuyant la croissance de la biomasse dans les T.N.‑O. Je remercie sincèrement Savoir polaire de m’avoir parrainée dans cette incroyable occasion et d’avoir contribué à renforcer l’industrie bioéconomique de l’Arctique de l’Ouest canadien.

ShSheena Adams aux installations de chauffage de district de Norrenergi à Solna, au nord de Stockholm.
Sheena Adams aux installations de chauffage de district de Norrenergi à Solna, au nord de Stockholm.

Détails de la page

2017-02-13