Notes d'allocution pour l'honorable Scott Brison, président du Conseil du Trésor du Canada, à la conférence Mortgage Brokers Association of Atlantic Canada

Discours

Le discours prononcé fait foi

Le 26 septembre 2016

Je vous remercie de m’avoir invité à prendre la parole ce matin.

Je suis désolé de ne pouvoir m’adresser à vous en personne.

L’automne dernier, notre gouvernement a été élu et notre mandat consiste à renforcer la classe moyenne et à investir dans les emplois et la croissance.

Il n’y a aucun endroit au Canada où il est plus important de parler de la croissance économique qu’ici au Canada atlantique.

Nous comprenons peut-être mieux que quiconque les défis économiques auxquels les Canadiens doivent faire face dans l’ensemble du pays.

Et nous sommes confrontés à ces défis depuis beaucoup plus longtemps.

Notre gouvernement a hérité d’une croissance économique faible qui a laissé les familles canadiennes de la classe moyenne aux prises avec des difficultés.

Les Canadiens travaillent plus fort et plus longtemps, car le coût de la vie continue d’augmenter.

Les familles de la classe moyenne n’ont tout simplement pas l’impression que leur situation s’améliore – et les faits le montrent.

Au cours des 30 dernières années, tous les revenus –  à l’exception de ceux des 10 % des Canadiens les plus riches – ont stagné, ou ont même reculé.

C’est pourquoi le Budget 2016 a mis l’accent sur la croissance de la classe moyenne.

La classe moyenne n’est pas une invention politique.

C’est une réalité économique qu’il n’est pas possible d’avoir une croissance durable et une économie vigoureuse sans une classe moyenne forte.

Récemment, la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, a déclaré qu’elle espérait que les politiques économiques canadiennes pourront inspirer d’autres pays.

Elle faisait référence à notre baisse des impôts pour la classe moyenne et à la nouvelle Allocation canadienne pour enfants, deux mesures qui permettent de verser plus d’argent aux familles de la classe moyenne et à faible revenu.

Elle faisait aussi allusion à notre plan visant à investir 120 milliards de dollars dans l’infrastructure.

Lorsqu’on remet de l’argent aux familles qui en ont vraiment besoin, elles le dépensent pour des choses dont elles ont vraiment besoin.

Et cela permet de créer de la croissance pour la classe moyenne.

Cela contribue à une économie canadienne plus équitable et plus  prospère.

C’est pourquoi l’une des premières mesures de notre gouvernement lorsqu’il est arrivé au pouvoir a été de réduire les impôts de la classe moyenne. 

C’est la raison pour laquelle nous avons instauré l’Allocation canadienne pour enfants, qui permettra de verser plus d’argent à 9 familles canadiennes sur 10 et à sortir 350 000 enfants de la pauvreté.

Et c’est la raison pour laquelle nous avons réussi à négocier avec les provinces l’élargissement du Régime de pensions du Canda pour aider un plus grand nombre de Canadiens à profiter d’une retraite digne.

Je sais qu’une croissance économique plus forte et une diminution du nombre de familles en difficulté sont de bonnes choses pour votre industrie, étant donné que l’achat d’une maison est la décision financière la plus importante qu’une personne prend dans sa vie.

L’engagement de notre gouvernement d’investir 120 milliards de dollars dans l’infrastructure au cours des 10 prochaines années contribuera à bâtir des collectivités plus habitables, à créer des emplois et de la croissance et à construire une économie plus compétitive qui créera encore plus d’emplois et de croissance pour l’avenir.

Outre l’investissement dans les familles de la classe moyenne et l’infrastructure, l’immigration, le commerce et l’innovation sont essentiels à la croissance de notre économie.

Notre gouvernement a noué un nouveau partenariat avec le Canada atlantique.

En juillet dernier, les quatre premiers ministres de l’Atlantique se sont joints à six ministres fédéraux – quatre ministres des provinces de l’Atlantique, le ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Bains, et le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, John McCallum, – pour lancer la Stratégie de croissance pour l’Atlantique.

Cette stratégie a été conçue tout particulièrement pour le Canada atlantique et met l’accent sur cinq priorités pour créer des emplois et des possibilités économiques : l’innovation, l’infrastructure, l’investissement, le commerce et l’immigration.

J’aimerais prendre quelques minutes pour parler de l’importance de l’immigration pour notre région.

Le vieillissement de notre population est une question d’importance nationale, et pose un réel problème sur le plan de la croissance économique à long terme.

Au Canada atlantique, nous devons composer non seulement avec une population vieillissante, mais aussi avec une population en déclin.

On ne peut pas faire croître une économie avec une population vieillissante au bord du déclin.

Le Canada atlantique a enregistré une croissance démographique de 0,1 % par rapport à 4,4 % pour le Canada au cours des quatre dernières années.

Et l’âge moyen de notre population continue à augmenter.

Le vieillissement de la population signifie en fin de compte qu’un nombre moindre de personnes en âge de travailler soutiennent un plus grand nombre de personnes qui ont besoin de plus de prestations.

Non seulement cela nuit à la croissance, mais cela se traduit aussi par moins de services offerts et des taxes plus élevées dans un contexte financier affaibli.

C’est pourquoi le lancement d’un projet pilote d’immigration dans l’Atlantique a été la première mesure prise par notre gouvernement dans le cadre de la Stratégie de croissance pour l’Atlantique.

La Stratégie a été lancée plus tôt cet été par les quatre premiers ministres des provinces de l’Atlantique et le gouvernement fédéral.

Dans le cadre du projet pilote, on mettra à profit les approches novatrices qui font participer activement les employeurs au recrutement et au soutien des immigrants et de leurs familles.

Le projet s’intéressera particulièrement aux gens qui ont les compétences et l’expérience nécessaires pour remédier aux manques de main-d’œuvre  dans la région et faire croître notre économie.

Et il offrira plus de voies d’accès au statut de résident permanent et à la citoyenneté pour les étudiants étrangers qui sont ici.

Grâce à cette initiative, notre gouvernement admettra jusqu’à 2 000 immigrants et leurs familles en 2017, un nombre qui pourrait augmenter dans les années qui suivront, selon les résultats obtenus.

Ce projet s’ajoute aux volets des programmes actuels d’immigration fédéraux et provinciaux.

Les immigrants apportent une contribution importante à la croissance. Et puisque c’est de croissance dont nous avons besoin, il nous faut plus de gens dans notre région pour la soutenir.

Nous devons combattre les mythes préjudiciables sur l’immigration et souligner l’importance de l’immigration dans la création d’économies et de collectivités plus dynamiques.

Dans nos villes, nous voyons les répercussions sociales et économiques positives de l’immigration.

Les immigrants sont des entrepreneurs.

La décision de venir au Canada est une décision entrepreneuriale – celle de recommencer sa vie dans un nouveau pays.

Dans bien des cas, les nouveaux arrivants voient des possibilités et des solutions aux problèmes auxquels nous sommes confrontés depuis des siècles.

Ils créent des emplois non seulement pour eux, mais aussi pour les autres.

Je souhaite parler de quelques cas précis qui illustrent bien le lien entre l'immigration et l'innovation.

Il y a trois ans environ, un propriétaire de restaurant de Wolfville, dont la famille vit en Nouvelle-Écosse depuis longtemps, se plaignait à moi que c’était très difficile dans la région.

Il m'a dit que les gens n’avaient aucune raison de venir à Wolfville.

Je lui ai répondu que le commerce du vin prospérait et que des vins excellents étaient produits dans la région – cela devait bien attirer du monde dans la vallée.

Il a répliqué que nous ne pouvions pas rivaliser avec les régions viticoles de pays comme l'Italie et la France.

J’ai alors rétorqué que ces régions n’ont pas l’avantage de la région viticole de la vallée de l’Annapolis, qui est située à côté des marées les plus hautes du monde dans le bassin Minas.

Il a répondu que le bassin était à moitié vide la moitié du temps.

À l’époque, le nombre de vignobles dans la province était passé de deux à 20.

Il y a quelques mois, je me trouvais dans un restaurant de Winnipeg. Le vin mousseux le plus cher sur le menu provenait du vignoble Benjamin Bridge en Nouvelle-Écosse; pas de France ni d’Italie.

Il coûtait 160 $ la bouteille.

Ce désormais ancien propriétaire de restaurant de Wolfville n’était pas conscient du potentiel de croissance de l’industrie vinicole de la Nouvelle-Écosse ni de la possibilité pour le bassin Minas et la baie de Fundy d’être des destinations.

Le commentaire qu’il a fait au sujet du bassin Minas a particulièrement retenu mon attention.

Parlons maintenant de l’année dernière et du nouveau restaurant Flying Apron qui a ouvert ses portes à Summerville, près de la rive du bassin Minas.

Le restaurant appartient à Chris Velden, qui vient de l’Allemagne, et à sa femme Melissa, qui vient des États-Unis.

Chris a regardé les vasières à marée basse et n’y a pas vu un obstacle, mais une possibilité.

L’été dernier, il a lancé l’expérience culinaire « Dinner on the ocean floor » à Burntcoat, dans le comté de Hants, qui met en vedette les produits locaux accompagnés de vins et de bières de la Nouvelle-Écosse. Ces évènements ont affiché complet. 

Cette année, les repas étaient offerts à 560 $ par couple et comprenaient un repas gastronomique de quatre services sur nappe blanche. Ils ont tous trouvé preneurs.

Pour le restaurateur de Wolfville, le bassin Minas était à moitié vide. 

Pour le couple germano-américain, il était à moitié plein.

Chris et Melissa sont des innovateurs du secteur touristique qui créent des emplois pour eux-mêmes et pour d’autres personnes dans la région rurale du comté de Hants.

Parfois, nous pensons que l’innovation ne se produit que dans les laboratoires, mais l’innovation peut se produire partout.

Les nouveaux Canadiens voient les choses différemment.

Ils voient des possibilités là où parfois nous nous sommes habitués à voir des obstacles.

Voici un autre exemple.

En février de cette année, je me suis joint au ministre Navdeep Bains pour annoncer les nouvelles chaires de recherche du Canada à l’Université Dalhousie.

L’une d’entre elles, la chaire de recherche sur l’infrastructure durable, a pour titulaire le professeur Pedram Sadeghian.

Ce dernier étudie des matériaux de pointe et des nouvelles technologies pour augmenter la viabilité de l’infrastructure d’ingénierie.

En gros, ses expériences visent le mélange de différentes fibres, par exemple les fibres de carbone, dans le béton qui sert à construire nos ponts pour les rendre plus durables.

Le résultat de ses recherches est une durée de vie accrue, moins d’effet sur l’environnement, et un meilleur rendement de l’infrastructure dans son ensemble.

Le professeur Sadeghian est aussi un immigrant de l’Iran.

Ses recherches ont un potentiel énorme de créer des emplois et de la croissance, en particulier dans un pays où le Gouvernement fédéral investit 120 milliards de dollars dans l'infrastructure, et où de nombreuses entreprises du secteur de l'infrastructure font des affaires dans le monde entier.

Voilà l’exemple parfait d'un nouveau Canadien instruit et évidemment talentueux qui innove dans un domaine – l’ingénierie de l'infrastructure – qui est essentiel aux besoins du Canada et aux priorités du gouvernement.

Les recherches du professeur Sadeghian regroupent trois des priorités de notre gouvernement : l’innovation dans l’infrastructure qui est est possible grâce à l’immigration.

Voici un troisième exemple de la façon dont l'immigration peut favoriser l'innovation.

Tesla a récemment conclu un partenariat de recherche de cinq ans avec l'Université Dalhousie. Il s’agit de la première entente que Tesla signe avec une université canadienne.

La recherche est dirigée par le professeur Jeff Dahn.

M. Dahn est à la tête d'une équipe de 22 chercheurs qui permettront de créer des piles lithium-ion qui auront une vie utile plus longue, un coût moins élevé et une plus grande densité d’énergie pour Tesla.

Parmi les 22 chercheurs, 12 viennent de l'extérieur du Canada.

Cela signifie aussi que 10 emplois sont créés pour des chercheurs canadiens, ce qui n'aurait pas été possible sans le professeur Dahn.

J'aimerais maintenant parler un peu de l'industrie vinicole.

C'est la seule industrie qui a connu une croissance dans les régions rurales de la Nouvelle-Écosse au cours des 15 dernières années.

Et qui est responsable de cette croissance?

Vous l’aurez deviné! Ce sont les nouveaux Canadiens.

Souvent, l’implantation de nouvelles industries dans le Canada atlantique passe par les nouveaux arrivants dont le savoir-faire est nécessaire à leur prospérité.

En 1997, année où j'ai été élu pour la première fois, il y avait deux vignobles en Nouvelle-Écosse.

Aujourd'hui, on en compte 24.

Cette croissance est attribuable à des gens qui sont venus d'autres pays : la famille Jost, Hanspeter Stutz et Pete Luckett.

Ces personnes sont les pionniers et les leaders de l'industrie vinicole en Nouvelle-Écosse.

La recherche est essentielle au maintien de cette croissance.

C’est pourquoi notre gouvernement, ainsi que celui de la Nouvelle-Écosse, a annoncé récemment un important investissement dans le laboratoire d’analyse des vins à l'Université Acadia.

Ce laboratoire est dirigé par le professeur Anthony Tong, qui est né à l’extérieur du Canada.

J'espère que ces exemples concrets permettent d'illustrer le lien entre l'immigration et l'innovation, et le fait qu'elles contribuent, sur le plan économique, à la croissance dont nous bénéficions tous.

Puisque les immigrants constituent des ponts naturels qui nous lient à certaines des économies en plus forte croissance dans le monde, cela m’amène à parler du commerce.

Le premier ministre Trudeau se trouvait en Chine un peu plus tôt ce mois-ci, où il a visité le siège social d’Alibaba avec le président de l’entreprise, Jack Ma.

Durant la visite, Jack Ma a montré au premier ministre des homards vivants provenant de l’entreprise Clearwater de la Nouvelle-Écosse.

Les acheteurs en ligne de la Chine peuvent maintenant des produits canadiens en ligne sur la plateforme Tmall Global d’Alibaba, qui comprend entre autres des homards canadiens vivants.

John Risley nous montre la capacité du commerce de créer des emplois et des débouchés pour les Canadiens au pays.

Pendant qu’il était en Chine, le premier ministre a aussi parlé des jus santé produits par Van Dyk qui illustrent comment une entreprise peut tirer profit du commerce international, peu importe sa taille.

La Chine représente le deuxième partenaire commercial en importance du Canada.

À mesure que la classe moyenne de la Chine continue de prendre de l’expansion, les possibilités pour les exportateurs canadiens se multiplient aussi.

Notre défi est de veiller à ce qu’un plus grand nombre d’entreprises puissent connaître le même succès que Clearwater et Van Dyk.

Notre gouvernement saisira toutes les occasions pour promouvoir les produits canadiens partout dans le monde.

Ce n’est pas un hasard si, en janvier dernier, à la réception canadienne organisée lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos, les vins de premier ordre de la Nouvelle-Écosse ont été servis aux élites du monde, qui les ont dégustés.

L’histoire nous enseigne que le commerce peut créer des emplois et de la croissance, faciliter l’expansion de la classe moyenne, élever les niveaux de vie et sortir les gens de la pauvreté. 

En somme, le commerce est assurément le facteur de stimulation qui a résisté à l’épreuve du temps.

Cependant, comme l’a indiqué un récent rapport publié par Deloitte : « Le gouvernement ne peut pas agir seul. Il est temps que les chefs d’entreprise canadiens fassent preuve d’audace et se lancent à la conquête des marchés mondiaux. »

Nous voulons que davantage d’entreprises canadiennes, en particulier les PME, prennent des mesures audacieuses pour accroître leur présence sur le marché mondial.

Le Canada est un pays « maritime » et le commerce a été un élément essentiel de son développement.

Depuis l’époque du commerce des fourrures jusqu’à aujourd’hui, où les Canadiens exportent les produits de la mer, le pétrole, le bois d’œuvre, les produits pharmaceutiques, les pièces automobiles, les produits de l’aérospatiale et les bleuets, le commerce fait partie de notre identité nationale au même titre que le hockey.

Aujourd’hui, le commerce représente environ 60 p. 100 du produit intérieur brut annuel du Canada, et un emploi sur cinq au pays est lié aux exportations.

Un pays aussi grand que le Canada doit faire du commerce avec le reste du monde afin de favoriser la croissance économique, et notre gouvernement est fermement résolu à accroître les échanges commerciaux avec ses partenaires dans le monde.

Je vous remercie de m’avoir donné l’occasion d’être des vôtres aujourd’hui. Après sept élections et plus de 19 ans au Parlement, je suis plus enthousiaste que jamais à l’idée d’améliorer la vie des gens du Canada atlantique.

Nous avons une occasion exceptionnelle d’y parvenir et nous allons saisir cette occasion et passer à l’action!


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L'hon. Scott Brison Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada Économie et industrie

Détails de la page

2017-02-22