Notes d’allocution du ministre Goodale prononcées lors de la conférence législative annuelle de l’Association canadienne des policiers

Discours

Le 6 mars, 2017
Hôtel Marriott Ottawa

Priorité au discours prononcé

Je vous remercie, Monsieur le Président.

Bonjour à tous.

Je vous transmets les salutations et les meilleurs vœux du premier ministre Trudeau et du gouvernement du Canada. Je suis heureux d’avoir cette occasion de rencontrer à nouveau l’Association canadienne des policiers. Votre conférence annuelle à Ottawa est une rencontre que bon nombre de parlementaires anticipent avec fébrilité chaque année.

En ma qualité de député depuis de nombreuses années – et plus particulièrement maintenant en tant que ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile – j’ai en très haute estime les policiers canadiens et, bien entendu, tout l’éventail des premiers répondants! Le travail que vous accomplissez, parfois dans des circonstances difficiles et controversées, est essentiel à la sécurité des Canadiens. De plus, ce faisant, vous mettez souvent votre propre sécurité en jeu.

Votre pays vous dit « merci », mais nous ne le disons pas assez souvent.

En fin de semaine dernière, j’ai eu la chance de rencontrer un groupe de premiers répondants extraordinaires « en action » à Emerson, au Manitoba, où on est aux prises avec un nombre croissant de demandeurs d’asile étrangers – qui traversent la frontière canado-américaine de manière clandestine, ailleurs qu’aux points d’entrée officiels.

Entre les points d’entrée, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a bien entendu compétence pour protéger la frontière du côté canadien. Aux points d’entrée, les agents de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) sont responsables. De plus, lorsque les personnes qui traversent la frontière ou lorsque des membres de la collectivité préoccupés composent le « 911 », c’est souvent le service de pompiers volontaires local qui arrive en premier sur les lieux.

Je me suis rendu à Emerson pour les remercier tous de leur très bon travail, pour voir de mes yeux la logistique physique avec laquelle ils doivent composer, pour rassurer les Canadiens partout en disant que notre priorité est la sécurité publique et que toutes les lois canadiennes sont respectées et appliquées de manière adéquate, et que, ce faisant, nous honorons toutes les obligations humanitaires internationales du Canada.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a décrit la gestion de cette situation difficile par le Canada comme étant « pleine de compassion » et « impressionnante ». C’est un bel hommage aux policiers et aux autres premiers répondants canadiens qui occupent la première ligne. En outre, par votre entremise, je tiens à les féliciter tous de faire preuve de compétence, de professionnalisme et des meilleurs instincts des Canadiens.

Bien entendu, la situation aux frontières n’est pas le seul exemple.

Les événements de La Loche, en Saskatchewan, se sont également produits pendant mon mandat en tant que responsable de ce portefeuille, en janvier 2016. Un jeune tireur a fait un carnage, tuant quatre personnes innocentes et en blessant sept autres.

Cinq policiers courageux et bien formés sont arrivés rapidement sur les lieux, ont désarmé le tireur sans autre incident et ont rétabli la sécurité de la collectivité en quelques minutes – sauvant sans aucun doute de nombreuses autres vies.

En mai de l’année dernière, nous avons été confrontés à « la bête » – le pire incendie de forêt dans l’histoire du Canada qui a ravagé Fort McMurray, délogeant 90 000 personnes. Nous nous souvenons tous des images de ces policiers qui dirigeaient l’évacuation massive, et ce, même lorsque leurs propres maisons étaient en train de brûler.

Et puis, l’été dernier – à Strathroy, en Ontario – il y a eu le cas d’un aspirant terroriste ayant grandi au Canada. Un travail policier rapide, intelligent et sans heurt impliquant le FBI, la GRC, la Police provinciale de l’Ontario, le service de police de la ville de London ainsi que le service de police de Strathroy-Caradoc a permis de détecter et de désamorcer une situation très dangereuse.

La perte de toute vie humaine est une tragédie, mais la compétence et le courage des policiers canadiens en ce jour du mois d’août ont manifestement permis d’éviter une calamité beaucoup plus grande.

Cet événement a également souligné la nécessité d’une action concrète pleinement coordonnée à l’échelle nationale afin de remédier à la radicalisation insidieuse menant à la violence.

Cette menace est l’une de nos plus grandes préoccupations sur le plan de la sécurité – les loups solitaires ou les imitateurs des petites cabales qui sont aspirés par la propagande perverse, faisant la promotion de l’extrémisme violent. Et c’est l’extrémisme de toute sorte auquel nous devons nous attaquer, comme nous l’avons constaté à Sainte-Foy, au Québec, il y a quelques semaines seulement.

Six citoyens canadiens ont été abattus dans le dos pendant qu’ils priaient dans un lieu de culte – justement parce qu’ils priaient dans ce lieu de culte – un vil acte de haine dans le but de terroriser.

Le service de police de Québec, en collaboration avec la Sûreté du Québec et la GRC, a très bien agi cette nuit-là, pour parvenir à arrêter l’auteur et à rétablir la sécurité publique. Cependant, une fois encore, ces circonstances exigent de nous une intensification et une amélioration de nos efforts pour lutter contre la radicalisation autant que nous le pouvons AVANT le fait.

Nous avons reçu de l’argent à cette fin dans le budget fédéral de l’année dernière. Nous mettons sur pied un nouveau bureau national et un nouveau centre d’excellence pour la lutte contre la radicalisation. Ainsi, nous pourrons faire progresser et faire connaître la recherche et les connaissances, les activités de sensibilisation de la collectivité ainsi que les mesures de prévention et d’intervention efficace.

Je serai bientôt en mesure d’annoncer la nomination d’un conseiller principal pour diriger ces travaux, afin de poursuivre ce qui a été fait jusqu’à présent par les forces policières, les universitaires, les dirigeants des collectivités ainsi que certaines provinces et villes.

Si nous souhaitons conserver notre caractère national en tant que société ouverte, diversifiée, inclusive et généreuse – une société qui est également en sécurité – nous devons devenir parmi les meilleurs dans le monde à comprendre tous les types de radicalisation qui mènent à la violence et à composer de façon efficace avec ceux‑ci.

C’est là notre objectif. Les connaissances et les idées des policiers nous aideront à y parvenir.

En ce qui concerne les différentes questions dont nous avons discuté lors de votre réunion l’année dernière, je peux vous dire que les travaux avancent et qu’ils porteront bientôt des fruits.

Malgré l’opposition concertée de certains membres de l’ancien gouvernement, nous avons poursuivi les travaux portant sur le projet de loi C-4. Il est maintenant presque achevé et servira à abroger les projets de loi d’initiative parlementaire antisyndicaux C-377 et C-525. Ils seront bientôt supprimés, comme nous l’avions promis.

En outre, nous nous approchons d’une résolution finale en ce qui concerne le projet de loi C-7, le projet de loi qui honorera un jugement de la Cour suprême en conférant aux membres de la GRC le droit constitutionnel de s’organiser et de négocier de manière collective.

Tout juste avant Noël, le Sénat a exigé l’apport de modifications au projet de loi C-7 et nous y répondrons dans un avenir très rapproché – pour veiller à ce que, dans un esprit très constructif, les droits à la négociation qui seront conférés soient significatifs et authentiques.

Nous continuons de travailler sur une prestation d’indemnité qui reconnaîtra les besoins des familles des policiers, des pompiers et des ambulanciers paramédicaux qui perdent la vie dans l’exercice de leurs fonctions.

De plus, nous allons de l’avant avec une stratégie nationale en vue de traiter les traumatismes liés au stress post-traumatique qui touchent de manière disproportionnée les agents de la sécurité publique. Nous avons bénéficié de votre mobilisation et de vos conseils sur ce sujet crucial… à propos de la recherche qui est requise, des premiers signes de détection, de la nécessité d’un traitement efficace et accessible, des renseignements et des outils nécessaires afin de lutter contre la stigmatisation, ainsi que de la meilleure façon de permettre aux personnes de recouvrer la santé, de retourner au travail et de réussir à vivre.

Un rapport récent du Comité permanent de la sécurité publique et nationale de la Chambre des communes confirme en des termes très forts un grand nombre des orientations que vous et vos autres collègues des trois services avez recommandées.

Avant de terminer, permettez-moi de mentionner brièvement un certain nombre de dossiers en cours ou émergents qui constitueront des préoccupations importantes pour vous et pour nous au cours des prochaines semaines et des prochains mois. Nous aurons besoin de votre aide et de votre collaboration.

L’un de ces dossiers est notre proposition en ce qui concerne le nouveau cadre juridique portant sur la marijuana.

Nous avons maintenant entre nos mains les travaux et le rapport du groupe d’experts dirigé par Anne McLellan – qui comprend des commentaires de haut calibre provenant de policiers.

Nous prévoyons déposer le projet de loi au Parlement ce printemps – afin de légaliser, mais aussi de réglementer strictement et de restreindre la consommation de cannabis d’une manière qui nous permettra de mieux le tenir hors de portée de nos enfants et d’interrompre les entrées d’argent illégales de plusieurs milliards de dollars du crime organisé.

Votre travail pendant la transition entourant la nouvelle loi sera difficile, mais important. Dans une société civilisée, avant que les lois soient modifiées, les lois existantes demeurent en vigueur et doivent être respectées.

De plus, nous devons nous assurer qu’il est absolument clair que la conduite avec facultés affaiblies par la drogue est déjà une infraction criminelle grave aujourd’hui – et qu’elle continuera de l’être.

Dans le but d’améliorer la façon dont nous détectons ces crimes et intentons des poursuites contre leurs auteurs, nous avons travaillé sur la science et la technologie dans le domaine des contrôles routiers.

Au cours de l’hiver dernier, nous avons mené un projet pilote à l’aide de différents appareils afin de mettre à l’essai leur fiabilité scientifique et leur utilité technique dans différentes conditions – notamment dans le froid mordant du Nord, sur la côte Ouest, dans les Prairies, en Ontario et au Québec ainsi que dans la région de l’Atlantique.

  • Deux détachements de la GRC, un service de police provincial et quatre services de police municipaux ont participé aux essais.
  • Les résultats préliminaires sont prometteurs, jetant les bases en vue d’une application efficace de la loi.

Deuxièmement – en ce qui concerne les priorités pour l’avenir – permettez-moi de mentionner le fléau que représentent les opioïdes illicites.

Ma collègue, la ministre de la Santé Jane Philpott, a dévoilé une longue série de mesures ainsi qu’un nouveau financement fédéral en vue d’aider et d’appuyer les partenaires provinciaux et municipaux à s’attaquer à cette crise.

  • Les mesures comprennent une meilleure disponibilité de la naloxone.
  • Un processus plus pratique et réaliste est également prévu en vue d’approuver des centres d’injection supervisée.

En ce qui concerne les enquêtes criminelles et l’application de la loi :

  • nous resserrons l’étau sur l’importation illégale de presses à comprimés et d’autres dispositifs servant à la fabrication de drogues illicites.
  • nous élargissons les pouvoirs de l’ASFC pour lui permettre d’inspecter les petits paquets provenant de l’étranger lorsqu’il existe des motifs raisonnables d’entretenir des soupçons.

Certaines personnes nous demandent pourquoi nous nous donnons le mal d’inspecter de petits paquets de moins de 30 grammes.

La réponse est très évidente – un paquet de 30 grammes peut contenir suffisamment d’opioïdes pour tuer 15 000 personnes. De plus grands pouvoirs d’inspection sont donc tout à fait justifiés.

La GRC élargit la formation de ses chiens policiers afin de mieux détecter le fentanyl.

Les 139 équipes de chiens spécialisés en détection de narcotiques de la GRC au Canada doivent achever leur formation d’ici la mi-juillet – ce qui renforcera notre capacité de détection.

À l’échelle internationale, nous travaillons également en étroite collaboration avec le gouvernement des États-Unis afin de freiner l’entrée de fentanyl et de carfentanil au Canada et aux États-Unis en provenance du Mexique et de la Chine. Cette question a été notamment soulevée dans le bureau ovale lorsque le premier ministre Trudeau a rencontré le président Trump, il y a quelques semaines. En outre, les Chinois ont pris certaines mesures afin de bannir certains produits.

Cependant, même avant cela, le Canada avait signé un protocole d’entente avec la Chine l’automne dernier lorsque le premier ministre chinois a visité Ottawa – sur la collaboration dans le domaine de l’application de la loi.

La GRC a effectué un suivi, notamment à propos des opioïdes.

De plus, notre nouvel ambassadeur en Chine, John McCallum, désigne la lutte contre la crise des opioïdes comme l’une de ses principales priorités diplomatiques dans le cadre de son nouveau rôle – qui commencera bientôt à Beijing.

Finalement, je tiens à mentionner le travail que de nombreux services de police ont entrepris récemment afin d’examiner leurs pratiques en ce qui a trait aux enquêtes sur des agressions sexuelles.

Il s’agit de l’un des crimes les plus traumatisants dont une personne peut être victime. Il faut que ce soit parfaitement clair pour tous – plus particulièrement pour les victimes : aucun cas ne sera traité à la légère, la sécurité et le mieux‑être de la victime revêtent la plus haute importance et personne ne devrait être dissuadé de signaler une agression sexuelle de peur de ne pas être cru.

Nous avons tous un travail important à faire – en étroite collaboration avec les groupes et organismes qui servent les victimes – pour veiller à ce que les normes de formation soient élevées, que les procédures et les politiques soient le reflet de « pratiques exemplaires » partout, que la collecte de données soit fiable, uniforme et exhaustive, et que, en fin de compte, la collectivité soit plus en sûreté et que le nombre de victimes soit moindre.

Il y a beaucoup plus à l’horizon, mais j’ai déjà pris beaucoup de votre temps ce matin.

Permettez-moi de terminer en vous remerciant une fois de plus de votre service et en applaudissant les normes de conduite élevées auxquelles les policiers canadiens aspirent.

Votre respect de l’autorité civile, votre transparence et votre responsabilité, vos normes professionnelles ainsi que votre poursuite de l’excellence dans la formation et dans les résultats sont tous des éléments importants dans ce qui distingue le Canada à titre de démocratie spéciale – un pays qui assure le maintien de la sécurité des Canadiens, protège nos libertés et nos droits précieux et préserve les qualités qui font du Canada, le Canada.

Je vous en remercie et je vous demande de continuer à aspirer à ce qui se fait de mieux.


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