Discours sur le commerce par le ministre Goodale à la Chambre de commerce du Kentucky

Discours

Merci beaucoup votre excellence l’ambassadrice Craft et bonne année à tous! Je vous transmets les salutations et les meilleurs vœux du Premier ministre Trudeau et du Gouvernement du Canada. Et mes sincères remerciements à la Chambre de commerce du Kentucky de m’avoir invité à être avec vous aujourd’hui.

Je suis très heureux de passer les toutes premières journées de 2018 dans le grand état de pâturin des prés qu’est le Kentucky. Votre TEMPÉRATURE me fait très certainement me sentir chez moi, merci d’avoir organisé cela pour moi. Mais encore plus important, c’est un honneur pour moi de visiter l’état dont la nouvelle ambassadrice des États-Unis au Canada est originaire.

Votre excellence ambassadrice Craft, félicitations pour votre nomination. Le Canada est très heureux du choix du représentant diplomatique américain dans notre pays. Et vous prenez vos nouvelles fonctions avec un excellent début.

Les Canadiens étaient ravis de vous accueillir ainsi que Joe à Ottawa, et nous avons hâte de travailler ensemble sur le commerce et l’investissement, les enjeux de sécurité publique, la défense et la sécurité et beaucoup plus encore.

C’est un travail important. Le Canada et les États-Unis sont des partenaires dans la relation la plus prospère, vaste, dynamique et mutuellement bénéfique dans le monde. Cette relation mérite et exige notre attention assidue, en tant qu’alliés, voisins, amis et (dans beaucoup de cas) en tant que famille.

De mon côté maternel, NOTRE famille vient de Bushnell, Illinois. La famille Myers. Pendant les allées et venues de nos visites alors que j’étais préoccupé par le hockey, tous mes cousins américains étaient des mordus de basketball.

Je les ai presque fait doucement sombrer dans les méandres lorsque j’ai souligné que le basketball avait en fait été inventé par un Canadien, James Naismith de l’Ontario. Mais ils se sont fixés sur ce mot « DE », en soulignant que l’invention du jeu avait eu lieu APRÈS que Naismith ait déménagé DU Canada à Springfield, Massachusetts.

La ville de Lexington est une superbe région pour le basketball. Je sais que l’ambassadrice encourage beaucoup le basketball au Kentucky.

Les Wildcats ont inclus des joueurs canadiens dans leur programmation pendant quatre saisons de suite, y compris Jamal Murray, un choix de repêchage parmi les 10 meilleurs de la NBA. Et l’un des plus grands admirateurs de l’équipe des Wildcats est le Canadien Drake, que vous pouvez parfois trouver à l’aréna Rupp.

Drake est aussi un grand admirateur des Raptors de Toronto, dont l’entraîneur Dwane Casey a joué au basket de collège ici, au Kentucky dans les années 1970.

Tout cela pourrait être rejeté comme un simple jeu. Mais, en fait c’est plus que ça. Ce n’est qu’une petite fraction de la montagne de preuves que vous trouvez vraiment partout pour témoigner de la profondeur, des interconnexions complexes entre les Américains et les Canadiens dans tellement de dimensions de nos vies : dans les sports, les divertissements, la vie de famille, les affaires, la sécurité, la défense, la diplomatie… Et nos valeurs communes de liberté et de démocratie.

Nous avons combattu ensemble pour ces valeurs au cours de deux guerres mondiales, et en Corée, dans les Balkans et en Afghanistan. Nous sommes unis aujourd’hui dans notre détermination inébranlable à combattre le fléau mortel du terrorisme mondial. Dans quelques semaines, nous allons organiser une réunion internationale importante à Vancouver au sujet des menaces posées par la Corée du Nord.

Du côté économique, notre partenariat fait l’envie dans le monde entier.

Et, laissez-moi exprimer la reconnaissance profonde des Canadiens envers la Chambre du commerce du Kentucky qui aide à renforcer ce message. La lettre que vous (et plus de 300 autres Chambres majeures de partout aux États-Unis) avez envoyée au président Trump en octobre dernier était éloquente, puissante et convaincante.

La relation Canada/États-Unis a BESOIN d’intervenants mobilisés, informés et influents comme vous, afin de la défendre, de la promouvoir et de la renforcer. Ces actions sont importantes pour les deux pays.

Nous savons que – des DEUX côtés de notre frontière commune – il existe des préoccupations et des susceptibilités par rapport au commerce. Si une industrie ou un secteur en particulier tombe en difficulté, c’est très souvent facile de trouver une excuse pour la justifier avec le commerce étranger, en portant des accusations de concurrence injuste. L’instinct d’établir des barrières existe… des deux côtés de la frontière.

Mais premièrement, il est essentiel de s’assurer que tous les faits et tous les chiffres sont bien corrects et lorsque des injustices sont déterminées, il faut traiter ces instances en particulier rapidement, plutôt que de miner la relation entière. Parce que, des deux côtés de la frontière, les industries et les secteurs qui font du commerce à l’international ont tendance à être plus efficaces, plus innovateurs, à payer de meilleurs salaires et à obtenir de meilleurs résultats pour leurs communautés, leurs états ou provinces (le cas échéant) et leur pays.

Entre nous, nous avons la frontière non militarisée la plus longue, la plus ouverte, la plus sécuritaire et la plus efficace dans l’histoire du monde.

Presque 400 000 personnes traversent cette frontière chaque jour.

Environ 1,8 milliard de dollars É.-U. en commerce traversent cette frontière chaque jour.

Les dernières données démontrent que le commerce bilatéral Canada–États-Unis incluant tous les biens et les services se chiffre à environ 635 milliards de dollars par année et c’est normalement en équilibre, des deux côtés, avec les États-Unis qui profitent d’un petit surplus de près de 8 milliards de dollars.

Nos deux économies sont grandement intégrées dans pratiquement tous les secteurs. Les chaînes d’approvisionnement traversent la frontière et s’étendent partout sur notre continent. Elles sont essentielles pour notre croissance et notre prospérité mutuelles. Et elles aident à assurer que nos produits fabriqués ensemble en Amérique du Nord restent concurrentiels avec le reste du monde.

Voici un facteur intéressant : lorsque les États-Unis importent un bien fabriqué au Canada, ils contiennent, en moyenne, 26 % de contenu américain, et un pourcentage encore bien plus élevé pour les secteurs automobiles et de machinerie. Voilà un exemple de la façon dont nous sommes liés.

Votre lettre au président mettait l’accent sur l’importance particulière de ces chaînes d’approvisionnement transfrontalières efficaces pour les petites et moyennes entreprises et pour l’agriculture dans les deux pays. Elles aident aussi à pourvoir de bons emplois solides pour la classe moyenne.

Environ 9 millions d’emplois américains dépendent directement du commerce et des investissements au Canada. De plus, 48 des 50 états comptent le Canada parmi leurs trois meilleurs clients.

Pour le Kentucky (et pour plus de 30 autres États), le Canada est votre MEILLEUR client!

Vous connaissez les chiffres :

Le commerce bilatéral de biens entre le Canada et le Kentucky est évalué à 10,9 milliards de dollars américains par année. Et VOS exportations vers nous comptent pour environ 70 % de ce total – 7,5 millions de dollars américains – c’est un avantage commercial de biens de 2-sur-1 en votre faveur.

De plus, il y a aussi 400 millions de dollars en SERVICES du Kentucky qui sont exportés au Canada.

Plusieurs milliers de personnes du Kentucky bénéficient d’une vie confortable en raison d’un bon emploi ici, ce qui n’existerait pas sans les liens de commerce et d’investissement avec le Canada.

Prenez une compagnie comme Martinrea, par exemple. C’est une entreprise canadienne qui fabrique des produits de métal sophistiqués ainsi que des pièces d’automobile. Elle emploie 1 700 personnes dans des endroits comme Hopkinsville et Shelbyville.

Et Martinrea est seulement l’une de plus d’une centaine de compagnies canadiennes qui ont choisi de bâtir et d’investir au Kentucky. D’autres, seulement dans CE district électoral, incluent CGI Consulting, Stantec Engineering ainsi que les détaillants Aldo et Lululemon.

Ensemble, les entreprises canadiennes qui font affaire ici au Kentucky sont responsables de 9 500 emplois dans tout l’État. Et le commerce et l’investissement globaux avec le Canada créent des emplois pour environ 113 000 personnes au Kentucky.

Les secteurs automobile et agricole sont les deux grosses composantes de cette prospérité.

Presque la moitié des ventes annuelles du Kentucky au Canada est constituée de voitures de haut de gamme, de camions et de pièces automobiles. Le Kentucky est parmi les 5 premiers États pour la production de véhicules de tourisme et de camions. Quatre usines de montage majeures existent dans cet État.

Le Kentucky bénéficie donc de façon majeure de l’industrie automobile intégrée en Amérique du Nord et une perturbation quelconque pourrait avoir de sérieuses conséquences.

En agriculture, le Canada a été le plus grand marché d’exportation pour le Kentucky l’année dernière. Nous avons acheté 19 % de vos ventes d’exportation dans ce secteur, ce qui correspond précisément aux exportations au Japon et au Royaume-Uni combinés. Le ketchup et les sauces tomates étaient en tête de liste, tout de suite après… les boissons alcoolisées. Les Canadiens développent en effet une soif croissante pour votre bon bourbon du Kentucky.

Suivant le bon exemple de votre chambre, environ 80 groupes d’alimentation et d’agriculture américains ont écrit à Wilbur Ross, le secrétaire du commerce, pour souligner les « dommages immédiats et importants » qui seraient causés à leur secteur si les É.-U. se retiraient de l’ALÉNA.

Comme Mitch McConnell du Kentucky lui-même l’a fait remarquer, notamment pour l’agriculture, « rien n’est plus important que le commerce ».

Sans l’ALÉNA, vos exportations agricoles feraient probablement l’objet de tarifs à la frontière canadienne de plus de 12 %. Quelque 50 000 emplois américains seraient en péril. Les pertes qui toucheraient l’agriculture américaine pourraient atteindre 13 milliards de dollars.

Dans le secteur automobile, sans l’ALÉNA, les tarifs varieraient probablement de six à neuf pour cent et rappelez-vous que les pièces d’auto traversent notre frontière commune plusieurs fois durant le processus de montage. Les coûts et les pertes s’ajouteraient rapidement.

Les barrières à l’entreprise transfrontalière existante de libre circulation entre les frontières causeraient beaucoup de dommages au Kentucky et au Canada. Des études indépendantes avancent que, sans l’ALÉNA, le commerce en Amérique du Nord diminuerait de plus de 120 milliards de dollars américains au cours des six prochaines années.

Sans un cadre prévisible, équilibré et fondé sur des règlements, faire affaire avec leur plus grand partenaire en commerce serait plus difficile, plus cher et moins profitable pour le Kentucky. Il existerait de nouveaux risques de décisions soudaines et arbitraires, interrompant des plans établis soigneusement. Des choses acquises deviendraient des paris risqués. Les profits, les emplois et les salaires seraient en péril.

Mais nous ne devons pas en arriver là.

Le Canada croit que l’ALÉNA a, en grande partie, généré des avantages justes et équilibrés des deux côtés de la frontière et nous devrions nous efforcer de continuer dans cette direction.

Nous voulons bâtir sur ce qui a déjà été réalisé. Là où des mises à jour sont nécessaires et où des améliorations peuvent être obtenues, nous sommes prêts et nous voulons les réaliser, afin que tous les partenaires de l’ALÉNA puissent en bénéficier et créer de bons emplois pour la classe moyenne dans les trois pays. Comme le vice-président Pence l’a dit, nous devons en faire une situation « gagnante – gagnante – gagnante ».

Par votre lettre au président, c’est clair que vous partagez cette approche.

Les négociations continuent. Quelques progrès ont été accomplis, mais les enjeux sont extrêmement élevés et nous entrons dans une phase critique.

Je vous implore de renouveler et d’amplifier votre message : de promouvoir la relation économique exemplaire, profitable, durable et vitale entre le Canada et le Kentucky… Et d’éviter une perturbation du commerce ou des arriérés qui provoqueraient des dommages à l’économie du Kentucky et la perte de beaucoup d’emplois pour la classe moyenne.

Oui, modernisons l’ALÉNA. Harmonisons-la pour en faire une meilleure réflexion des nouvelles réalités dans le domaine du commerce et des investissements. Mais choisissons des résultats qui nous feront tous avancer, pas reculer ou dévier. Comme vous l’avez dit dans votre lettre, d’abord et avant tout, nous ne devons pas faire de dommage.

Tandis que le commerce et l’ALÉNA dominent le calendrier public de ces jours-ci entre nos deux pays, il existe beaucoup plus de problèmes que nous devons résoudre régulièrement, particulièrement dans le domaine de la sécurité publique et la sécurité nationale.

J’ai bénéficié d’une bonne relation de travail avec le Général John Kelly lorsqu’il dirigeait le Département de la Sécurité intérieure des É.-U. (DHS). Cette relation a continué avec la secrétaire intérimaire Elaine Duke. Et j’ai hâte de commencer un autre partenariat solide avec la nouvelle Secrétaire Kirstjen Nielsen. Nous prévoyons nous rencontrer dans les prochains jours.

Au cours des derniers mois, il y a eu de nombreuses illustrations pratiques où une collaboration efficace transfrontalière parmi nos agences a contribué à la sécurité et la sûreté de nous deux pays de façon majeure. Et au-delà de notre relation bilatérale, nous travaillons en étroite collaboration grâce aux groupes de ministres de la Sécurité du G7, Interpol, NATO et l’alliance de sécurité des Cinq Yeux qui incluent aussi la participation du Royaume-Uni, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande.

Nous améliorons notre efficacité mutuelle grâce au partage de renseignements. Nous mettons en œuvre un nouveau système de partage de données relatives aux entrées /sorties afin de mieux déterminer qui reste et qui quitte nos pays respectifs. Nous cherchons de nouvelles technologies frontalières afin de mieux répondre aux problèmes de trafic d’opioïdes et de traite de personnes.

Nous poussons les fournisseurs des services Internet à devenir plus efficaces pour combattre la terreur et la haine sur l’ensemble du Web. Et, ensemble, nous mettons à jour nos capacités de défendre nos réseaux numériques essentiels, nos systèmes de renseignements et nos infrastructures critiques contre les cyber attaques hostiles, qu’elles viennent de forces militaires étrangères ou du crime organisé ou même du technophile pirate tout seul dans son sous-sol dans ses sous-vêtements. La cybersécurité fait surface en tant que priorité absolue.

Donc il y a beaucoup de bon travail en cours entre nous.

Le général Kelly a mentionné plusieurs fois que nous devrions avoir en tant que priorité commune d’insister pour que la frontière entre le Canada et les États-Unis soit encore plus mince, mais qu’elle reste solide et sécuritaire, mais efficace et rapide pour le commerce et le déplacement légitime. Dans l’esprit de l’ALÉNA, l’amélioration des vies et des moyens de subsistance de millions d’Américains et de Canadiens est le but que nous visons tous.

En illustration pratique, nous collaborons afin d’étendre les opérations de précontrôle à la frontière afin que plus de voyageurs puissent finaliser les procédures de douane et d’immigration nécessaires AVANT qu’ils ne partent plutôt que lorsqu’ils arrivent.

Le précontrôle pour le voyage aérien du Canada aux États-Unis existe depuis 1952. Il est maintenant en service pour environ 12 millions de passagers chaque année, au départ des huit principaux aéroports canadiens. Il permet des vols directs vers des destinations américaines qui autrement ne seraient qu’en mesure de traiter des vols intérieurs.

Grâce au précontrôle, l’aéroport Toronto Pearson est devenu le 4ème plus grand port d’entrée AÉRIEN aux États-Unis, après JFK, Miami et LAX.

Donc, afin de bâtir sur de bonnes bases, nous avons négocié une expansion du précontrôle afin de couvrir plus d’aéroports et également d’autres moyens de transport et pour permettre la circulation aux voyageurs qui font aussi le voyage dans l’autre direction, du sud au nord.

La législation nécessaire a été établie dans les deux pays.

Et notre prochaine étape, comme elle l’a été signalée par le Premier ministre Trudeau et le président Trump est de concevoir un système de précontrôle efficace pour le déplacement efficace et rapide de FRET en toute sécurité entre nos deux pays.

Mesdames et messieurs, vous avez été très généreux de votre temps ce matin. Je vous remercie de votre accueil au Kentucky.

Et merci d’avoir traité votre meilleur client d’exportation avec une hospitalité si chaleureuse, malgré la température.

En ce qui concerne le commerce, les investissements, les entreprises, les emplois et la prospérité mutuelle, le Canada et le Kentucky sont des amis et des partenaires des plus proches.

Nous avons hâte de travailler avec vous afin de maintenir le cadre commercial international qui fait de notre succès commun le succès motivant qu’il est devenu aujourd’hui.

Merci!


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